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Second souffle

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Second souffle

Message par Pan le Jeu 15 Jan 2015 - 8:01

//Du background pour Panpan. La suite ne devrait pas tarder. //

Une légère averse tombait sur la cite depuis maintenant quelques heures. Les petites gouttelettes glacées mouillaient et faisaient frissonner tous ceux qu’elles touchaient, impitoyable légion liquide. Murof était encore plongée dans le clair-obscur matinal, et presque tous dormaient. Pan, cependant, désormais plus mort que vivant, échappait à cette contrainte réservée à ceux dont le sang parcourt encore les veines. Il était décédé, il y avait quelques mois de cela.

Sa démission avait été remise depuis quelques jours déjà. Il ne savait pas exactement ce qu’il faisait, mais il se disait qu’il avait besoin de voir du pays. L’enveloppe spirituelle offerte par Sacrieur elle-même au valeureux l’accablait, le tourmentait. Ne pas ressentir de douleur, de chaleur, de froid, de faim ou de sommeil commençait à peser. Il avait été mortel toute sa vie, et s’il avait été amusant de ne plus avoir de besoins humains pendant quelque temps, ce n’était plus le cas. Besoins. Le nom l’indiquait, il en avait besoin. Il lui en fallait pour se sentir vivant, pour exister, hors, on l’en avait privé, bien que c’eut été fait en étant animé de bonnes intentions.

Quelques mois plus tôt, il était mort. Mort à Blancfort, un important poste frontalier attaqué par quelques bataillons Brakmariens. Il était bon guerrier, un excellent guerrier, même, mais son corps le faisait souffrir de douleurs atroces. Cette souffrance était au-delà des capacités d’un Sacrieur, et il n’arrivait plus à les subir continuellement. Leur cause ? La décomposition de son être. Pan n’avait jamais été pourvu de Wakfu, à proprement parler, et donc incapable d’utiliser une magie quelconque durant de longues années. Après qu’il eut commencé à tuer pour le compte de Bonta, la Stasis avait naturellement prise le dessus sur le Wakfu lui permettant simplement de vivre, lui permettant de se servir de sa magie à un coût plus élevé qu’il ne l’avait cru. Les premiers symptômes à apparaître avaient été des nausées de plus en plus violentes. Elles avaient été suivies de vomissements ensanglantés, et de cuisantes douleurs au niveau du ventre et de la poitrine.

 Quand Pan eut quitté l’armée et cessé le combat de manière aussi intense, les maux se calmèrent, pour un temps. Malheureusement, le mal ayant été fait, et ce n’était qu’une question de temps. Une grande fatigue envahit lentement le Sacrieur, puis les douleurs reprirent. Ces dernières étaient d’une intensité épouvantable, et le laissaient haletant et en sueur, que ce soit dans son lit ou adossé à un mur, un rictus de souffrance tordant ses traits. Tout son être le torturait, et les idées suicidaires se brisèrent contre son esprit plus qu’elles ne l’effleurèrent, mettant sa volonté à rude épreuve. Finalement, il avait tenté de rompre ses attachements avec ses proches, car sa décision était prise; cette existence était trop misérable pour qu’il ne l’endure plus longtemps. Il avait décidé de faire les choses en grand, et de livrer une dernière bataille avant de rendre les armes.

Pan s’était jeté dans la mêlée, corps et âme. Une dernière fois, il avait renoué avec ses talents meurtriers, donnant la mort à quelques personnes avant de succomber à son tour. Tout s’était déroulé comme dans un récit digne de l’Aurore Pourpre. Il était tombé à genoux, son amante s’était précipitée vers lui pour l’accompagner dans ses derniers instants, et il avait rendu l’âme. Peu de temps après que son âme ait quittée son corps, la stasis emmagasinée dans ce dernier s’était libérée d’un seul coup, provoquant une petite explosion rasant tout sur une dizaine de mètres à la ronde. Plus tard, il avait découvert qu’il avait pu, grâce aux soins de Sacrieur, se réincarner dans une enveloppe spirituelle ayant l’apparence de son corps. Le reste de l’histoire n’étant un secret pour personne.

Il déambula dans les rues et ruelles de la ville qu’il habitait depuis près de deux ans, désormais. Il ne savait s’il allait y revenir, ni même s’il survivrait à ce voyage. Où allait-il ? Il n’en avait pas la moindre idée. Il avait l’impression que le corps fait d’énergie qu’il habitait le rendait tranquillement fou. Récemment, il avait perdu jusqu’aux rires qui le prenaient spontanément lorsqu’il voyait quelqu’un glisser dans la rue, ou un ivrogne tenter d’avancer en ligne droite. Il ne songeait plus à se suicider comme avant, mais il fallait encore qu’il change sa condition; son corps faisait encore des siennes.

Son appartement était verrouillé, ses affaires y étaient bien rangées et tout était en ordre. Rien ne le retenait plus à Murof. Pas même Xelina, Nannerl ou un quelconque autre membre. La Iop avait été assez claire quant à ce qu’elle pensait de lui et de leur relation. Il n’y avait plus rien, et elle désirait s’occuper des enfants. Tant mieux. Quant à Nannerl, il avait de l’affection pour elle, il ne pouvait le nier. Il n’en avait cependant pas assez pour rester. Il s’engagea sur les pavés rendus glissants par la pluie, et se dirigea, sans se précipiter, vers la sortie de la ville. Il se perdit rapidement dans ses pensées, absorbé par le voyage qui l’attendait. Il n’apportait aucun effet personnel avec lui, rien; il n’en avait plus besoin.

En passant devant une école à l’intérieur dépourvu de la moindre lueur à cette heure, il eut une pensée pour sa propre enfance. Les 17 premières années de son existence avaient été douces, dans la région de Bonta. Il y avait vécu avec son père, sa mère, ses cinq frères et ses deux sœurs. Autant dire que la famille était nombreuse. Après toutes ces années à être séparé d’eux, cependant, il ne savait plus qui était toujours en vie. Il n’était même pas certain de se souvenir de tous les prénoms de ses proches. En y repensant, il arriva à reconstruire son arbre familial, en partie.

Il y avait Darius, de trois ans son aîné; un grand gaillard costaud, l’homme en tête de liste pour hériter de la ferme familiale et s’en occuper comme il se devait. Pan n’arrivait pas à se souvenir s’il avait choisi une classe ou s’il était resté un simple Bontarien sans allégeance à une divinité en particulier. Peu importe, il était tout de même franchement imposant et devait bien désormais mesurer près de deux mètres de haut.

Le second de la famille était Kaï, un garçon qui était devenu Sram très tôt, et n’avait pas manqué une seule fois d’entraîner son plus jeune frère Edric dans ses mauvaises blagues, ses plaisanteries et ses bêtises. Le Sram avait un an de plus que Pan, mais était très proche de lui, passant le plus clair de son temps en sa compagnie.

Pan était le troisième de la famille, baptisé Edric à la naissance. Un accident au canon de Stasis dans la caserne lui avait valu le surnom de « Pan », et de presque être condamné à la cour martiale. Il avait décidé d’être Sacrieur assez tôt, vers ses 13 ans. Malgré tout, ça ne l’avait pas empêché de faire les mille et un coups avec Kaï et d’être souvent réprimandé à ce sujet.

En quatrième et cinquième position, les jumelles Alice et Émilie, deux blondinettes un peu timides et douces, constamment accrochées aux jupes de leur mère, puis s’étant naturellement portées volontaires pour veiller sur les plus jeunes enfants de la famille, et essayer de limiter les dégâts que pouvaient causer Edric et Kaï. Naturellement, elles étaient devenues Eniripsa afin de soigner tous les petits bobos qui arrivaient sur la ferme, et Pan n’aurait pas été surpris qu’elles aillent travailler dans un hôpital du centre-ville Bontarien.

Le sixième enfant de la famille était Maxence, un véritable petit érudit qui avait rapidement choisi d’être Feca et d’étudier les mystères de l’univers en étant envoyé dans une institution nationale, où son éducation était probablement désormais supérieure à celle du reste de la petite famille réunie.

Le septième avait été Xavier, un jeune Iop impétueux, admirant ses aînés Sram et Sacrieur. Il était malheureusement décédé à l’âge de 10 ans en tombant du toit de la grange. Une bien triste histoire.

Finalement, le benjamin était Alexandre, un autre sans classe s’efforçant de reproduire les moindres faits et gestes de Darius. En pâmoison devant l’aîné, il tentait toujours de l’impressionner avec des prouesses ridicules, mais ses efforts avaient portés leurs fruits, et le colosse portait souvent de petites attentions particulières au plus jeune, notamment en brisant les jambes d’un inconscient ayant osé lever la main sur son petit protégé.


Si les calculs de Pan étaient bons, Darius devait avoir 30 ans, Kaï devait en avoir 28, lui-même en avait 27, les jumelles avaient… 25 ? Maxence devait en avoir 23, Xavier aurait eu 20, et Alexandre avait dû atteindre la majorité, 18 ans, au cours des derniers mois. Il se demandait ce qu’ils étaient tous devenus, à présent. Sans trop faire dans les sentiments, il continua d’avancer.
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Re: Second souffle

Message par Nannerl le Jeu 15 Jan 2015 - 19:44

J'exige de lire la suite !
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Re: Second souffle

Message par Pan le Sam 17 Jan 2015 - 8:44

//Chose promise, chose due.//

Entre-temps, le soleil s’était levé; il devait être environ 9h ou 10h de l’avant-midi. Le réincarné se dit que de renouer avec ses proches ne lui ferait pas de mal, après près d’une décennie. Il prit donc la direction de Bonta. Heureusement, il avait assez d’argent pour payer le zaap, et pu donc l’emprunter sans problèmes. En sortant, il remarqua que sa peau grésillait, à quelques endroits, affectée par l’énergie spatiale de la porte.  Sans y accorder plus d’importance, il se dirigea vers le Nord-Ouest de la région de Bonta, afin de retrouver la ferme où il avait autrefois habité. C’était la seule piste qu’il lui restait et il comptait bien l’exploiter. Traverser la campagne Bontarienne lui fit le plus grand bien, il y avait longtemps qu’il ne s’était pas retrouvé dans ce décor. Il se souvint du jour où, avec Kaï, il avait grimpé sur le dos d’un bouftou du troupeau du vieux Conrad, avant de sauter la clôture, et qu’il avait fallu trois heures pour que les gardes leur mettent finalement la main dessus. Ce souvenir heureux lui arracha un sourire, chose qui n’arrivait guère en ce temps difficile. Il sut qu’il était sur la bonne voie.

Au bout d’un moment, la nuit finit par tomber. Le Sacrieur ne s’en fit pas outre mesure. Après tout, il n’avait plus besoin de dormir, alors autant en profiter pour continuer d’avancer. 

Deux jours similaires s’écoulèrent avant qu’il n’arrive finalement en vue de la maison de son enfance. Midi était passé depuis peu et le soleil tapait fort. Le blé, à perte de vue, ondulait au lent rythme de la brise estivale de Bonta et offrait une vision magnifique à Pan, le replongeant dans son enfance. Il se laissa aller à une petite course, trop impatient qu’il était d’arriver à la maison. Cela faisait plusieurs heures qu’il voyageait sans arrêt, tout de même, et il commençait à ne plus trop savoir à quoi penser. Il coupa par le champ car le chemin était plus court et atteignit finalement son but.

Le sacrieur frappa trois coups à la porte et attendit patiemment sur le pas. Des bruits de pas se firent entendre et les gonds mal huilés grincèrent alors qu’un colosse bien familier à Pan ouvrait. Le grand Iop resta un instant immobile en apercevant son frère disparu depuis bien longtemps, puis poussa un rugissement de joie en le reconnaissant. Il enlaça le défunt et le souleva de terre durant quelques instants.

-Edric, bon sang, c’est bien toi ? s’exclama-t-il, incrédule.

-Tu aurais peut-être dû t’en assurer avant de me broyer les os, cervelle de Iop, réplica le plus jeune du tac au tac.

Tous deux éclatèrent de rire et Darius invita Pan à entrer. L’intérieur de la demeure était exactement comme dans les souvenirs du vétéran. À quelques exceptions près, tous les objets semblaient être encore à leur place. Les deux hommes se dirigèrent vers la cuisine et s’assirent à la table. Pan se remémora la table massive en chêne noueux trônant au centre de la pièce, ce meuble autour du lequel toute la famille s’assoyait à chaque repas pour partager ce que la mère avait préparé. Quelques portes d’armoires avaient été changées et étaient légèrement plus pâles que les anciennes, le comptoir était désormais un peu plus craquelé qu’autrefois et deux chaises-hautes étaient placées de sorte à ce que de de très jeunes enfants soient à la hauteur de la table. En remarquant cela, le Sacrieur se tourna vers son frangin avec un regard plein de malice.

-Alors, Dada, tu ne m’avais pas dit que tu avais des enfants ! Fais-moi voir cette marmaille, je suis content que quelqu’un perpétue la lignée des Cœur-de-ronce !

-Oh pitié, Ed, tu sais bien que tu es le dernier à qui ce nom va bien, tu es le seul Sacrieur de la famille, c’est pour ça que papa t’as toujours sorti du pétrin !

« Papa »… Ce surnom rendait Pan amer. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas vu son père, et il se doutait que ce dernier ne s’en était pas tiré. Le pauvre homme avait développé une santé très fragile, avec le temps, et lorsque le Sacrieur était parti, ce dernier ne semblait pas en pleine forme. Malgré sa toux et ses articulations douloureuses, le chef de la famille s’était occupé de tout ce qu’il y avait à faire sur la propriété. Il se chargeait des moissons, des réparations et de la protection de la famille. Lorsqu’il était devenu assez vieux, Darius l’avait aidé pour toutes ces tâches, car tous savaient qu’il ne pourrait pas continuer à ce rythme très lontemps.

-En parlant de Papa, il…?

Le gamin semblait refaire surface, Edric était incapable de terminer sa phrase. Est-ce que son père était mort ? Était-ce réellement sa question ? Lui-même était mort, ce n’était pas quelque chose qu’il souhaitait à ses proches. Son paternel avait toujours été une figure forte, comme pour n’importe quel garçon. Il avait vu son père braver mille et un dangers. Il avait vu son père grimper sur le toit pour y chercher un ballon coincé. Il avait vu son père calmer un chienchien enragé. Il avait vu son père affronter stoïquement la mort de Xavier alors que tous fondaient en larme.

-Ça fait six ans, tout le monde était là sauf toi, Ed. Il était content qu’on soit avec lui quand il est parti, mais il aurait voulu te voir aussi, laissa tomber son aîné.

Ces paroles bouleversèrent l’ancien soldat.  Il était en poste, à l’époque, dans une tour de guet perdue au beau milieu de nulle part; il n’avait jamais reçu de missive l’informant des dernières volontés de son paternel. Toute la famille avait été réunie, peut-être pour la dernière fois, sauf lui. L’amertume le submergea. Il avait toujours adoré son père et avait l’impression de l’avoir déçu une ultime et dernière fois. Le vieil homme n’avait jamais compris l’intérêt de son fils pour la guerre, et avait toujours désapprouvé ces pratiques qu’il qualifiait de barbares. Selon lui, un conflit se résolvait autour d’une table avec de bonnes bouteilles d’alcool fort à portée de main. Pan resta silencieux et son frère respecta son besoin d’être un peu seul avec ses pensées.

-Mais… Papa n’était pas… déçu de moi, tout de même..?

Il redevenait le petit garçon qu’il avait toujours été, celui qui ne cherchait que l’attention de son père trop occupé à faire fonctionner la ferme. En ce moment, tout ce qu’il voulait, c’était que Darius le rassure sur ce sujet, qu’il lui dise que son père n’était pas parti en regrettant tout ce que son fils était devenu. Le sans-classe passa au salon un instant et revint avec une vieille épée noire émoussée. L’ex soldat la reconnut tout de suite; il s’agissait d’une arme qui était dans la famille depuis des générations. Il y avait bien longtemps, l’un de leurs ancêtres avait vaincu un Champion Brakmarien et l’avait arrachée à sa dépouille en guise de trophée. Elle avait toujours été accrochée au-dessus de l’âtre et avait très souvent tentée les jeunes garçons vivant dans la demeure. Le respect qu’ils portaient à l’artéfact les avait pourtant empêchés d’y toucher. Le frère de Pan déposa l’arme avec précaution sur la table.

-Il voulait qu’elle te revienne. Il savait ce que ce genre de chose voulait dire pour toi, laissa tomber Darius.

Le cœur gros, Pan toucha le plat de la lame du bout des doigts. Elle était glaciale, d'une manière surnaturelle. Il laissa glisser son index de la pointe à la garde, ressentant les runes inscrites sur l’étrange métal. Pourtant, il n’aurait jamais cru qu’il y ait quoique ce soit d’inscrit, la lame était trop sombre. « Sombre », c’était un terme bien faible. Le matériau dont était faite l’arme absorbait littéralement toute la lumière, rendant impossible la moindre distinction quant à ses détails. On aurait dit qu'elle était faite de néant. La garde et le pommeau étaient en argent rendu mat par le temps, ornés de rubis sanglants. Ce n’était pas grand-chose, c’était son seul héritage, mais ça lui convenait, et son père le savait. Il hocha la tête avec un sourire doux-amer et reporta son attention sur son frangin.

-Et les autres membres de la famille, commença Pan, comment se portent-ils ?
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Re: Second souffle

Message par Nannerl le Sam 17 Jan 2015 - 10:28

blblblblblbllblblbl LA SUITE
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Re: Second souffle

Message par Pan le Dim 18 Jan 2015 - 21:17

-Eh bien, Maman est à Sufokia, tu sais qu’elle était bonne couturière ? Elle a ouvert une boutique qui est assez populaire, les affaires vont bien, et puis elle a des apprenties. Elle était très sensible,ça lui change les idées, après ce qui est arrivé à Papa et… aux jumelles. Bonta avait besoin de médecins, sur certains fronts. Elles n’aimaient pas la guerre, mais tu sais comme moi que c’était dans leur nature d’aider les autres. Elles se disaient qu’elles te verraient peut-être, alors elles se sont portées volontaires. On a reçu les avis de décès il y a quatre ans.

Un silence inconfortable s’installa. Alice et Émilie étaient de bonnes personnes, elles ne méritaient pas un tel sort. Il ne pouvait pas blâmer les brakmariens; il avait lui-même tué des médecins, parfois. Ce n’était pas quelque chose qui était toléré par le moindre camp, mais dans le feu de l’action, en prenant des positions ennemies par exemple, il était parfois difficile de faire la différence. Sans compter qu’on n’avait pas toujours le temps d’écarter les innocents. On frappait à l’aveugle devant soit, jusqu’à ce que plus rien ne bouge. Darius reprit la parole.

-Maxence est devenu archiviste à la grande bibliothèque de Bonta, il me semble, enfin bref, il passe toutes ses journées dans les livres, tu sais que c’est ce qu’il aimait. Alex, lui, est l’apprenti d’un cordonnier, en ville, il passe souvent ici, c’est bien le seul qui nous rende visite à moi et… En parlant du loup, justement.

Ils furent interrompus lorsqu’une jolie brunette entra dans la cuisine. Elle s’immobilisa en apercevant l’inconnu, mais lâcha un soupir de soulagement en voyant bien que son mari semblait le connaître. Ce dernier se leva et alla la saluer d’un rapide baiser.

-Ed, il faut que je te présente quelqu’un. Voici Arianna, ma femme. Arianna, c’est Edric, mon petit frère.

Il s’adressa à Pan.

-Je l’ai rencontrée quelques années après ton départ, depuis, nous nous sommes mariés, et nous avons deux enfants. Je crois qu’ils jouent dans leur chambre en ce moment -il eut la confirmation de son épouse- oui ils y sont en ce moment, je pourrai te les présenter tantôt.

-Messieurs, si ça ne vous dérange pas, j’aimerais bien préparer le repas, alors, si vous pouviez passer au salon... fit remarquer Arianna.

D’un accord commun, les deux frères se déplacèrent pour continuer leur discussion en paix. La décoration du salon surprit le mort. Elle était totalement différente. Les vieux fauteuils de leurs parents avaient été remplacés pour d’autres en meilleur état. Une table basse trônait au centre de la pièce et l’âtre était toujours là, un peu difficile à déplacer, en convint Pan. Un support vide était au-dessus du foyer, et le Sacrieur y replaça l’épée qu’il avait prise en quittant la cuisine. Darius le regarda en haussant un sourcil.

-Mieux vaut la laisser ici. Ce n’est qu’une vieille relique, un souvenir familial, je ne pourrai pas l’emporter avec moi là où je vais… D’ailleurs, à ce sujet, je dois te parler de quelques choses, alors assieds-toi, ça risque d’être long.

Il raconta tout à son frère. Ses huit ans de service militaire, ses deux années de vie à Murof, sa mort; tout. La perplexité, la tristesse et la surprise passèrent souvent sur le visage de son interlocuteur, mais il n’en tint pas compte. Edric avait bien conscience que c’était dur à avaler, mais il laissa le temps au grand gaillard de tout assimiler. C’était un périple peu commun qu’il avait vécu.

-Donc, si je comprends bien, résuma Darius, tu es mort ? C’est un peu difficile à croire, tu te tiens devant moi.

-Je sais, moi aussi j’ai du mal à y croire, et pourtant… Tu te souviens que je n’ai jamais eu de Wakfu, et que Kaï me taquinait souvent avec ça, eh bien j’ai réussi à utiliser la Stasis, plutôt. Je sais ce que tu vas me dire; ce n’est utilisable que par les machines steamers, mais c’est ce que je croyais aussi. Cependant, ça m’a bouffé de l’intérieur, ce truc, je ne fais pas de dessin. J’en suis mort. C’est là que ça devient assez étrange; je n’arrive qu’à me souvenir d’une succession d’images, c’est flou, ça va trop vite, mais à mon réveil, j’étais vivant, plus ou moins, dans ce… ce corps spirituel. Il semble contenir mon âme, mais est dépourvu de presque tout ce qui fait qu’un être vivant est vivant. C’est… difficile à vivre, c’est ce qui m’a poussé à quitter Murof pour venir ici, j’avais besoin de revoir du pays et de renouer avec la famille. D’ailleurs, jusqu’à présent, c’est une des seules choses qui m’a fait ressentir de l’émotion. Plus le temps passe, plus je me sens mort. Je tente d’y remédier, mais je ne sais pas par où commencer. Je songeais peut-être aller voir Kaï, parce qu’il me manque ce sale farceur, et Max, depuis que je sais qu’il travaille dans la grande bibliothèque. Il aura peut-être une piste pour moi.

-C’est compliqué, soupira le colosse en se frottant la tête. Je sais où est Kaï, enfin, plus ou moins. Il m’a laissé un truc, pour que je puisse le retrouver, si jamais j’avais besoin de lui. Il n’a jamais vraiment respecté l’autorité, et puis toi non plus d’ailleurs, ça m’étonne que tu aies si bien réussi dans l’armée. Enfin, il fait partie d’une guilde de voleurs assez réputée de Bonta, tu devrais faire un tour à la taverne de la Chopenbois et présenter ce kama -il lui tendit ledit kamas- pour qu’on te laisse entrer dans leur « repaire ».

Pan examina la pièce. Au premier regard, elle semblait bien normale, mais quand on la regardait de plus près on voyait bien que… bon sang, mais oui ! C’était bel et bien le visage de Kaï qui se trouvait frappé sur la pièce, au lieu du K habituel. Il semblait plus vieux, mais c’était bel et bien lui. Ça alors, s’il s’était douté d’une pareille chose. Son frangin était décidément plein de surprises. Il empocha la pièce de monnaie avec un sourire. Il reconnaissait bien son meilleur ami.

-Je crois que je vais déjà me remettre en route. Je sais que c’était une visite rapide, mais il faut que je règle tout ça au plus vite.

-Je comprends, ne t’en fais pas, le rassura Darius. Si jamais tu repasses dans le coin, ça me fera plaisir de t’héberger, ne l’oublie pas !

-Tu as décidément toujours été un homme de famille, le taquina Edric. Prends soin de tes gamins, je suis certain que papa serait fier de voir ce que tu es devenu.


Ils échangèrent une autre accolade fraternelle et le sacrieur quitta la maison de son enfance. Il était temps pour lui de se rendre dans la grande cité pour retrouver ses deux autres frères.
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Re: Second souffle

Message par Nannerl le Lun 19 Jan 2015 - 19:43

la suite la suite la suuuuite /bam
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Re: Second souffle

Message par Pan le Sam 24 Jan 2015 - 6:04

//Encore une fois, peu de descriptions, je vais droit au but//

Le Sacrieur reprit la route et refit tout presque tout le chemin en sens inverse, jusqu’au Zaap. Ce dernier donnait sur la grande route qui se rendait jusqu’aux portes de Bonta, et c’est le chemin qu’il prit, cette fois. Il marcha de nombreuses heures, si bien que la nuit finit par tomber avant qu’il n’arrive à destination. Il redoutait qu’on ne le laisse pas rentrer lorsqu’il arriverait. Au loin, il voyait un halo lumineux émaner du haut des fortifications, et aurait peut-être pu entendre toute la vie s’agiter. La basse-ville ne dormait jamais réellement, et il y avait toujours moyen d’y trouver ce qu’on cherchait.

Les gardes ne lui posèrent aucun problème. À vrai dire, ils semblaient plutôt ennuyés par leur travail, et ils n’auraient sûrement pas réagi à l’arrivée de qui que ce soit, à moins que ce qui que ce soit en question ne soit lourdement armé. L’uniforme n’avait pas changé, depuis le temps, et ils étaient toujours vêtus de bleu royal et de blanc, comme à l’époque. Le Sacrieur sourit légèrement en songeant qu’il avait déjà porté cet uniforme avec fierté par le passé, bien que le sien ait été en moins bon état que le leur, déchiré et couvert de sang. Il passa les portes.

Enfin, les rues de la grande cité s’offrirent à lui. Il se souvenait vaguement des pavés grisâtres sur lesquels il avait couru, il y avait dix ans de cela, avec son frère, lorsqu’ils s’étaient enfuis de la ferme pour quelques heures. Pan n’était pas majeur, à l’époque, mais ça n’avait pas embêté Kaï outre mesure, et il l’avait emmené prendre un coup à la taverne de la Chopenbois. Ça avait été une soirée mémorable pour les deux frères, et le benjamin était rentré en tenant à peine sur ses pieds. Il ne se souvenait pas de toute, mais il était certain que ce n’était pas un hasard si, quelques années plus tard, le Sram avait choisi cet endroit pour y installer son repaire. Ce n’était pas non plus un hasard s’il en avait avisé Darius, ce dernier n’y serait jamais allé, mais il n’aurait pas manqué d’en informer le vétéran si ce dernier était repassé à la maison.

Quelques ivrognes et mendiants étaient allongés par-ci par-là, mais la plupart des habitants encore éveillés vaquaient à leurs occupations. Il ne faisait jamais vraiment nuit dans cette section de la ville, justement car un genre de cycle s’y était instauré, et où lorsqu’une personne dormait, une autre était éveillée. Puis lorsque cet éveillé allait dormir, l’endormi se réveillait, assurant un équilibre quasi mystique. Toutefois, vivre de nuit n’avait pas autant d’avantages que de vivre le jour. La lumière était plus rare, et il faisait plus froid. On avait donc installé des torches un peu partout, et les magasins dotés de quatre murs et d’un toit étaient très courus.

Des étals de fruits, de légumes, mais aussi d’armes et de bijoux étaient répartis de chaque côté des rues les plus passantes, et c’est dans une véritable mer humaine que Pan se déplaçait. Il avait pris son kama dans sa main car les pickpockets n’étaient pas rares et il était hors de question qu’il perde son seul moyen de retrouver son frère aux mains d’un petit voleur de pacotille. Il savait que Kaï en était aussi un, pas un pickpocket mais plutôt un voleur, sauf que quelque chose lui disait qu’il jouait dans une toute autre ligue. Il ne savait pas à quel point c’était sérieux, à quel point Kaï s’était amélioré depuis l’époque des bibelots qui disparaissaient dans la maison.
Son apparence étrange attirait les regards. Il n’était pas grand, mais son auréole au-dessus de sa tête était suffisamment élevée pour qu’on la discerne dans la foule et qu’on se demande ce que c’était. À deux reprises il sentit un imperceptible frottement sur ses poches, et sut qu’on les fouillait, mais ne fit rien. Il n’était pas armé et ne cherchait pas les problèmes. En temps normal, le petit garnement qui se serait essayé à lui dérober ce qu’il avait aurait eu les doigts brisés.

Après de longues minutes dans cette marée humaine, Pan arriva à la taverne. Elle était immense, c’était la plus grande de toute la ville, haute ville y comprise. Même la bourgeoisie Bontarienne n’avait réussie à égaler ce lieu de débauche dans toute sa splendeur. Plusieurs comptoirs étaient à la disposition des clients afin qu’ils étanchent leur soif. Le sous-sol, si c’était toujours le cas, servait de lieu de paris pour les combats de tofus ou même d’ivrognes un peu trop éméchés. L’étage supérieur, quant à lui, était pourvu de quelques chambres, surtout utilisées par le personnel de l’endroit, car peu de clients arrivaient à dormir dans la cacophonie permanente qui régnait dans l’endroit. Le lieu était toujours bondé. Les tables s’étendaient presque à perte de vue, et elles étaient pour la plupart occupées. Des gens de toutes les classes et de tous les âges y étaient installées et buvaient la fameuse bière de la Chopenbois. C’était cet alcool, en plus du bâtiment, qui avait fait la réputation de l’endroit.

Pan s’installa sur un tabouret, au comptoir, et attendit qu’on vienne prendre sa commande. Il observa un peu les alentours, plutôt par curiosité que par méfiance. Les bagarres étaient très rares dans cette taverne, grâce aux deux videurs bâtis comme des colosses, qui se tenaient près de l’entrée. C’était le genre d’adversaires que le guerrier aurait aimé affronter de son vivant. Ils n’étaient probablement pas très doués avec des armes, mais ils devaient être redoutables au combat à mains nues, et surtout aux techniques d’immobilisations. Une jolie Ecaflip au décolleté un peu trop prononcé vint prendre sa commande. Sans dire un mot, il se contenta de lui tendre la pièce.

La disciple du dieu de la chance regarda le bout de métal un instant, puis quelque chose sembla s’illuminer au fond de son regard et elle adressa un sourire coquin au Sacrieur. Sans un mot, elle lui fit signe de la suivre et le conduisit jusqu’à une pièce adjacente aux cuisines. Une fois la porte refermée, elle le fixa de ses yeux jaunes.

-Darius c’est ça ? Kaï nous a averti de ta venue, tu n’as qu’à me suivre, lui glissa-t-elle.

-À vrai dire, la corrigea Pan, je ne suis pas Darius je…

Sans qu’il ait le temps d’aller plus loin, elle se retourna avec une vivacité étonnante et pointa un stylet qu’elle venait de dégainer vers sa gorge. Une détermination froide mêlée avec une certaine crainte était perceptible dans ses yeux.

-…Je suis son autre frère, Edric.

Elle le regardait avec un regard assassin. Elle n’appréciait visiblement pas la frayeur qu’il lui avait fait subir. S’il n’avait pas été lié au Sram, elle l’aurait probablement déjà poignardé.

-Tu crois que la sécurité est une plaisanterie ici ? Tss.

Elle fit pivoter un pan du mur, laissant apparaître une volée de marche dans laquelle elle s’engagea sans un regard en arrière. Il la suivit et le mur se referma derrière eux. Il faisait plutôt noir, et l’escalier en colimaçon rendait la descente périlleuse. Le Sacrieur se doutait qu’ils allaient descendre sous le sous-sol, dans un second sous-sol. C’était amusant et intriguant, mais il avait surtout hâte de revoir son frère. Enfin, ils y arrivèrent. L’escalier donnait sur une grande pièce remplie de fauteuils, de supports d’armes et d’objets de grande valeur où étaient assis quelques hommes et femmes discutant. Des portes, ici et là, donnaient sur d’autres pièces, mais le Sacrieur ne savait pas ce qu’il s’y trouvait. Soudain, il le reconnu, entouré de trois hommes masqués, il était là, Kaï. Le Sram l’aperçut au même moment, et parut le reconnaître lui aussi malgré le poids des années. Chacun vit le visage de l’autre être déformé par un sourire incontrôlable et ils vinrent se faire une solide accolade sous le regard curieux des autres occupants de la salle.

Le frère de Pan avait toujours les mêmes cheveux noirs ébouriffés, un peu plus longs que ceux de son ami. Ses iris étaient d’un gris pâle presque surnaturel et il avait le même air espiègle qu’avant. Il n’avait pas changé.

-Kaï, par les couilles de Rushu, ça me fait sacrément chaud au cœur de te revoir après toutes ces années, tu m’as manqué frérot ! s’exclama Edric.

-Tu parles, répliqua le Sram, tu n’as pas changé ! Enfin, à part pour les muscles et les cicatrices, mais ça devait arriver, je suppose, ça te rend plus virile. T’en avais marre qu’on te vole ton goûter à la caserne Edou ?

-Toujours à faire le clown, hein ? Et qui sont ces gens ?

-Installes-toi, Edou, on en a pour un moment, avec mon histoire et la tienne. Bon, je commence. Alors voilà, blablabla, j’suis devenu chef des Ombres. Ça en jette hein ? Ouaip, c’est notre petite guilde de voleurs, enfin, petite, disons que j’suis l’homme le plus recherché de Bonta pour l’instant, alors ça va, on a une jolie réputation. Rien de bien grave; laisser un petit mot doux sur l’oreiller du roi, voler une paire de culottes à sa femme et quelques artéfacts dans le coffre royal.

Sur ces mots, le groupe rigole doucement. Ils étaient au courant des exploits du meneur, et c’était pour cela qu’ils le reconnaissaient avec plaisir comme tel. D’ailleurs, c’était dans toute la cité qu’on parlait à demi-mot des Ombres, ces voleurs à qui rien ne semblait impossible. Ils semaient le désordre, sans jamais avoir de but précis, se contentant de repousser leurs limites, comme s’ils s’amusaient.

-Tout le reste est sans importance, mais j’imagine que tu as plus à dire, vu ta tête, et puis surtout ce qui se trouve au-dessus.

Alors Pan expliqua. Il lui raconta, comme il l’avait fait avec Darius, pour la guerre, sa mort, le corps. Toutes les Ombres dans la pièce écoutèrent avec attention, le récit du nouveau venu était pour le moins singulier, cependant, personne n’avait la moindre idée de ce qu’il pouvait faire pour arranger son cas. Kaï semblait avoir retrouvé un semblant de sérieux.

-…Et je pensais à aller voir Max pour savoir ce qu’il en pense.

-Mouais, niveau cerveau sur pattes, on fait difficilement mieux que Max, mais j’sais pas depuis quand il n’a pas vu la lumière du jour, il passe tout son temps enfermé à bouquiner. Bien triste vie s’tu veux mon avis, mais toi, Ed, tu sais ce que c’est que de vivre des aventures, hein !


Bien sûr qu’il savait en vivre, mais il ne s’était pas attendu à en vivre une autre dans quelques instants.
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Re: Second souffle

Message par Nannerl le Sam 24 Jan 2015 - 12:20

"Par les couilles de Rushu" première fois que j'entends cette expression wakfuesque :B

La suite !
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Re: Second souffle

Message par Shola le Lun 26 Jan 2015 - 9:08

Bah c'est cool toussa :D

Et la suite, comme dirait cette iop de crâ. /o/
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Re: Second souffle

Message par Pan le Mer 28 Jan 2015 - 3:06

De petits problèmes IRL ont un peu retardé l'écriture de la suite, je vais m'y mettre dans pas longtemps.
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Re: Second souffle

Message par Fao le Mer 28 Jan 2015 - 19:46

Je suis agréablement surpris par des sursauts épisodiques de descriptions de détails - je suis dans la phase où j'adore les détails.
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Re: Second souffle

Message par Pan le Mer 28 Jan 2015 - 20:17

Je suis plutôt dans une phase où j'en mets très peu, et c'est d'ailleurs ce qui me permet d'avancer rapidement toute cette histoire. Je le regretterai probablement quand ce sera terminé, mais j'ai encore un autre truc que je pourrai écrire, alors on verra si je me sens inspiré à ce moment.
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Re: Second souffle

Message par Pan le Sam 31 Jan 2015 - 7:20

//Double post, mais je me fais pardonner avec la suite. //

À peine quelques minutes après qu’elle soit remontée, la jeune femme qui avait conduit Pan dans le repaire redescendit à toute vitesse, visiblement affolée. Ses yeux étaient écarquillés et elle ne semblait pas préparée à ce qui était en train de se produire. Elle referma la porte de l’escalier, y mit fébrilement le loquet et se tourna vers les curieux qui se demandaient ce qui se passait. Elle avait l’air effrayée et avait perdu toute la froide assurance dont elle avait pu faire preuve en pointant son arme contre le Sacrieur, plus tôt. Elle tomba à genoux, comme si toute sa vie s’effondrait autour d’elle.
 
-La… la garde, parvint-elle à murmurer avant que sa lèvre inférieure ne se mette à trembler.
 
Contre toute attente, Kaï poussa une exclamation de joie, faisant sursauter ceux qui venaient de poser leurs regards sur lui en attente de la décision du chef. Il jubilait littéralement, excité à l’idée que l’État se décide finalement à venir le débusquer dans sa tanière. Il attendait ce moment depuis longtemps, déjà lassé du jeu du chat et de la sourie. Il était temps que les choses bougent un peu.
 
-Ça fait un bail qu’ils nous cherchent, et puis j’ai peut-être un peu exagéré, hier soir, quand je suis allé à la milice, en leur laissant un petit mot disant que je les invitais à boire un verre, lâcha-t-il en haussant les épaules.
 
Tous semblaient pétrifiés. Dans quel pétrin est-ce que leur excentrique meneur les avait-il encore fourrés ? Si son plan était de tous les faire exécuter, il semblait bien parti pour y arriver. Ils avaient certes confiance en lui, mais cette confiance était légèrement ébranlée en ce moment. Personne n’avait envie de risquer la peine de mort, et à cause de toutes ses pitreries, les autorités semblaient plus que disposées à la leur infliger.
 
-Souriez, les gars, enfin un peu d’action. Bon. Tim’, Cab’, Ker’ et Do’, vous partez au sud. Ed, Gaël, Vor’ et moi on va au nord. Les autres, allez à l’ouest. Et toi…
 
Il alla relever l’ecaflip, l’enlaça et l’embrassa. Un murmure amusé couru parmi les voleurs mais personne n’osa gâcher cet instant magique pour les deux tourtereaux. La jeune femme s’accrocha à la tunique du voleur comme si sa vie en dépendant et le laissa briser leur étreinte à contrecœur. Ses yeux étaient devenus humides, et quelque chose la tracassait.
 
-Ne t’en fais pas, la rassura Kaï, on va s’en sortir, et comme tu n’es pas vraiment impliquée, garde ton rôle de serveuse, tout ira très bien. Maintenant, file.
 
Elle sauta à son coup et l’embrassa, les larmes roulant désormais sur ses joues. Pan regarda son frère avec un petit sourire en coin, il n’avait songé que le Sram puisse tomber amoureux ou avoir la moindre relation du genre. C’était plutôt comique, surtout qu’il fallait que l’Ecaflip ait la patience d’endurer toutes ses plaisanteries parfois d’un goût bien douteux. Un instant plus tard, elle remontait les marches deux à deux et Kaï reporta son attention sur ses hommes et son frère.
 
-On va pas attendre le déluge, surtout qu’il est déjà passé, alors on se dépêche !
 
Les voleurs attrapèrent leurs affaires, mirent, en moins d’une minute, autant de choses qu’ils le pouvaient dans les deux havre-sacs de la guilde, puis ils disparurent par les portes. Kaï fit un clin d’œil à Pan, puis dirigea son petit groupe vers la porte nord. Ils étaient suivis d’un homme aux cheveux argentés et portant un bandeau sur l’œil droit. Une cicatrice légèrement de biais partait du haut de son sourcil et descendait jusqu’en-dessous de sa pomette, sous son cache-œil. Il était vêtu d’une mince armure de cuir et de bottes du même matériau. Un pantalon un peu ample complétait sa tenue. Le surnommé « Vor’ » était pour sa part vêtu d’une ample cape à capuchon, ne laissant apparaître qu’un menton pâle rasé de près. Il était assez mystérieux.
 
Kaï ouvrit la porte nord et s’y engouffra, suivit de près par ses trois compagnons. Durant de longues minutes ils marchèrent d’un bon pas dans un long dédale de couloirs, et Pan finit par se demander si le repaire était bel et bien aussi grand ou s’il était teinté d’une magie dimensionnelle similaire à celle des havre-sacs. Il se décida à rompre le silence en s’adressant à son aîné.
 
-Alors, tu m’avais pas dis, pour toi et cette fille, qu’…
 
-Y’avait rien d’officiel, mais ça me semblait apporter un aspect encore plus dramatique, le coupa-t-il.
 
-Mais c’est sérieux entre vous, ou pas ?
 
Le chef des voleurs se contenta de se retourner et d’adresser un coup d’œil complice à son frère. C’était assez officiel pour qu’il l’ait embrassé, et bien que très porté à s’amuser, le Sram était plutôt sérieux quand il était question d’amour. D’après les souvenirs d’Edric, il avait été en couple trois fois, au total. Pour sa part, il ne l’avait été que deux fois, dans toute sa vie. Il ne savait pas combien d’autres amantes Kaï avait eu, mais ce n’était pas le temps de poser ce genre de question, d’ailleurs, ils venaient d’arriver devant un cul de sac.
 
Le meneur appuya sur l’une des nombreuses briques composant le mur, et ce dernier pivota à 90 degrés, permettant au groupe de passer dans l’ouverture. Une odeur de renfermé et de… de très très mauvais se dégagea de l’endroit, mais ils y allèrent tout de même. Ce passage menait aux égouts, dans lesquels ils se déplacèrent à peine une minute, le temps de trouver une échelle pour remonter à la surface. Les pierres sur les murs étaient couvertes de moisissure et un petit cours d’eau brunâtre courait entre deux espaces prévus afin qu’on y marche. Ils grimpèrent à la première échelle qu’ils trouvèrent, soulevèrent la grille des égouts et sortirent à l’air libre. Une évasion de maître, et personne ne les avait suivis.
 
Car les gardes étaient déjà là. Lorsqu’ils s’aperçurent de la présence des soldats, il était trop tard pour rebrousser chemin. Les hommes en livrée bleue se tenaient sur les toitures et dans les rues. Ils étaient armés d’épées et d’arc, mais pas un seul n’avait de flèche magique encochée. Chaque trait était véritable, et pourtant, ces archers semblaient bel et bien être des crâs. Les lames ne luisaient d’aucune magie, et aucune aura n’entourait personne. Il en eut la confirmation lorsque Gaël murmura que la magie ne fonctionnait pas, qu’il n’arrivait pas à devenir invisible. Dans son état actuel, cela était de toute façon inutile au Sacrieur.
 
Devant eux, un homme habillé comme ses hommes, en plus d’arborer quelques galons, s’avança. Il portait une moustache plutôt glorieuse, remontant en deux symétriques spirales et était, sinon, rasé de près. Il semblait dans la cinquantaine, et n’avait pas l’air impressionné par le groupe se tenant devant lui. Son faciès était couvert de cicatrices, tout comme Pan, et chacun reconnut en l’autre un soldat qui avait, à une époque, tout donné à sa patrie. L’officier continuait du mieux qu’il pouvait, et le Sacrieur ne voulait qu’avoir un peu de temps avec son frère, son meilleur ami. L’homme à l’armure bleue et or parla.
 
-Guilde des Ombres, suite au mandat émis contre vos personnes, il a été décrété que vous aviez assez causé de torts. Vous serez traînés morts ou vifs devant la justice.
 
-Morts !
 
Pan se retourna, horrifié vers le son de cette voix. Kaï avait levé le poing, visiblement sans peur. Une détermination froide brûlait au fond de ses yeux. Qu’avait-il en tête ? Le Sacrieur avait remarqué un genre de sonde, volant au-dessus d’eux, probablement un appareil neutralisant l’utilisation du Wakfu. Il ne voulait pas mourir, pas dans ce corps, il ne savait pas ce qui arriverait, et en était honnêtement effrayé. Visiblement, il n’était pas le seul, car Gaël venait de fondre en larmes. Avait-il tant à perdre en ce bas monde ? Ou n’était que la perspective d’une mort douloureuse qui l’effrayait ? Toujours est-il qu’il hurla qu’il voulait rester en vie. Le quatrième homme de leur groupe, l’encapuchonné, ne réagit pas et resta près du meneur. Impossible de savoir ce qu’il pensait.
 
-Laissez celui qui pleure en vie, tuez les autres.
 

À peine cet ordre venait-il de résonner entre les maisons que le son des arcs qui se détendent résonna à son tour, et une volée de traits mortels vint les transpercer.

//Court, cliffhanger, j'ai pas eu le temps d'en faire plus, désolé mais on m'appelle à d'autres RPs~//
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Re: Second souffle

Message par Nannerl le Sam 31 Jan 2015 - 10:06

VASY LA TU NOUS BALANCE UNE FIN COMME ÇA ET TU NOUS DIS QUE T'AS D'AUTRES RP A FINIR D8 ? 

je veux lire la suuiite ;-;
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Re: Second souffle

Message par Pan le Mer 6 Mai 2015 - 2:56

//Partie de qualité très piètre. J'ai un peu bâclé la seconde partie, mais je bloquais depuis un moment alors j'ai décidé de faire une ellipse et de faire un saut dans le temps. Je sais que si je n'avais pas fait cela, j'aurais finit par abandonner. Bref, je suis toujours vivant et je compte bien mener ce projet à terme. Le reste sera mieux écrit, je vous le promet, et je serai en vacances lorsque je le ferai (à partir du 20 mai, donc !) D'ici là, je vous laisse ceci. Les temps de verbe sont peut-être mal utilisés et ne concordent pas, mais tant qu'on comprend, ça me convient. Je vous promet un truc mieux fait pour la prochaine fois, quand j'aurai beaucoup de temps et que je n'aurai pas d'examens. D'ici là, j'espère que ce petit chapitre vous plaira, l'essentiel c'est qu'il fasse avancer les choses !//

Allongé sur une couchette de paille miteuse, l’homme fixait le plafond, l’air songeur. La pièce toute entière était plongée dans une semi-pénombre angoissante et seul le craquement des planches du bâtiment brisait le silence. Son souffle aussi, lent et profond, le souffle d’un homme perdu dans ses pensées. Il leva une main à l’épiderme pâle, dépourvu de toutes cicatrices. Une main aux jointures fines, des jointures n’ayant jamais été brisées. Il la regarda, l’admira presque et laissa retomber son bras le long de son corps. Inspiration. Expiration. Le bois, tout autour, craqua encore. Il se trouvait dans le grenier d’une auberge Brakmarienne, trop peu réputée pour que qui que ce soit en ait déjà entendu parler hors de la ville. Il se retourna sur le côté sans toutefois s’y sentir plus confortable. Au moins, dans cette position, il avait un contact visuel de la porte, si on pouvait appeler cela une porte. Quelques planches plus pourries que les autres tenaient verticalement, fixées entre elles par une série de clous rouillés et tordus. Les pentures grinçaient toujours atrocement et on venait à se demander si elles avaient déjà connues la douce caresse d’une huile qui semblait leur avoir toujours été refusée.
 
Près de sa tête, deux chandelles jaunâtres avaient été réduites à de vulgaires flaques de cire malade et fumante. Seule une mèche brûlait encore, faible et mourante. Il vint mettre son doigt au-dessus de la petite flamme et l’en retira lorsqu’il sentit la chaleur se faire trop forte. Un moskito vint bourdonner près de la lueur, hypnotisé par cette unique flamme en ces lieux trop noirs. Edric lui jeta un regard vide et ne remua même pas le petit doigt. L’insecte voleta un instant, puis fonça vers le feu et s’y calcina. Il alla s’écraser quelques centimètres plus bas, dans un petit tas de cire encore chaude qui l’avala goulument, l’engluant en son sein à jamais. L’homme souffla et la lumière disparut, ne laissant qu’une légère fumée montant vers le plafond.
 
« Toi aussi tu t’en es allé au-devant de la mort, petite chose ? »
 
Elle n’était pas la seule à s’être laissée tuée. Les événements de l’été lui revinrent.
 
Il s’en était allé retrouver son frère à Bonta. Il avait découvert que ce dernier était le meneur d’une guilde de voleurs assez réputée, mais que les choses semblaient être tendues, pour eux. Une troupe de garde avait fait irruption dans leur repaire et ils avaient dû fuir, entraînant le Sacrieur avec eux. En sortant des égouts qui leurs avaient servi de porte de sortie, ils s’étaient retrouvés encerclés de soldats de la capitale. Les choses s’étaient déroulées très vites et ils avaient été exécutés sur place, suite à un cri du cœur de Kaï. Edric n’avait pas compris et avait été anéanti par la vision du cadavre de son frère. Lui-même avait survécu, il ne savait trop comment, pourtant transpercé de toute part par une dizaine de flèches. D’étranges étincelles blanches s’échappaient de ses plaies, mais il n’y avait pas fait attention. Il s’était levé et s’était dirigé vers Gaël, un autre sram présent ayant été épargné.  Ce qui s’était produit échappait encore à sa compréhension.
 
Son enveloppe spirituelle avait été percée et c’était des brides de son esprit qui fuyaient par ces trous. Dès que ces étincelles de vie avaient touché Gaël, elles s’étaient engouffrées en lui. L’esprit de Pan avait expulsé l’autre. Les événements avaient pris une tournure inattendue. Le corps de Pan tel qu’il l’avait toujours connu s’était évaporé sans laisser de traces autres que les flèches qui s’y trouvaient et qui étaient maintenant sur les pavés ensanglantés. Un lourd silence s’était soudainement fait sur la ruelle, personne n’était en mesure d’expliquer ce tour de magie.
 
Toujours est-il que l’instinct de survie d’Edric avait pris le dessus. Il avait senti le poids d’une arme à sa ceinture et l’avait lancée en direction de l’appareil flottant qui supprimait la magie. La petite machine s’était écrasée au sol et le nouveau Sram était devenu invisible. Ça avait été tout aussi instinctif que s’il avait utilisé sa magie Sacrieur, ça lui était venu sans qu’il ne comprenne pourquoi.  Il avait eu d’autres préoccupations en tête, toutefois, il lui fallait partir de là. Il avait couru durant de longues minutes, jusqu’à en perdre haleine. Il avait sillonné les rues qu’il avait connues jadis, incertain du chemin à prendre. Il était un fugitif, ou quelque chose du genre. Il avait dû s’en aller de là le plus rapidement possible. Il avait disparu dans une boutique délabrée en y entrait par la porte arrière.
 
Après ça, il s’était fait oublier quelques jours, le temps de retrouver ses esprits et d’essayer de comprendre quelque chose au chaos dans lequel il était plongé. Des brides de souvenirs lui venaient de temps en temps en tête, des souvenirs d’une vie qui n’était pas la sienne. Il finit par bouger et chercher à comprendre ce qui s’était passé. Toute la guilde des Ombres avait été appréhendée, il ne restait plus un membre vivant ou libre. C’était l’événement du moment, toute la ville le savait.
 
Il avait fini par s’infiltrer dans un bloc cellulaire, un soir et avait interrogé un roublard. Ce dernier avait reconnu Gaël. Edric avait simplement dit qu’il n’était pas son vieil ami, qu’il n’en avait que l’apparence. C’était bien peu, comme explications, mais c’était suffisant. Il avait appris que les forces armées de Bonta avaient augmenté la répression envers les activités criminelle et n’avaient toléré aucun écart. C’était la mort ou la torture. Le roublard en question avait lui-même perdu son avant-bras droit jusqu’au coude.
 
Ça expliquait le choix de Kaï, en partie. Il avait voulu éviter la torture à son frère et à lui-même, dans un geste ô combien héroïque, hein ? Edric n’était pas impressionné et restait amer à ce sujet. Pouvait-il en vouloir à Bonta ? Pas vraiment. En avait-il quoi que ce soit à faire ? Pas du tout. Il détestait sa terre natale de tout son être, désormais. Il n’y avait plus rien pour lui, à cet endroit, il ne comptait pas y revenir. Personne ne vengerait les ombres et elles seraient toutes oubliées. On avait brûlé les corps en secret et les autres étaient maintenues en captivité. Un bien triste sort. Cette histoire était pleine de trous et Edric le savait bien. Il était cependant incapable de raisonner convenablement, en ce moment, pas avec tout ce qui arrivait. Il allait simplement quitter la ville sans jamais y revenir et oublier toute cette histoire, comme un lâche.
 
Il était parti, sans un regard en arrière. Il n’avait pas marché autant que lors de son arrivée. Il était réellement vivant, à présent, c’était différent. Il s’était arrêté dans quelques petits villages, de temps en temps, sans vraiment savoir où aller. Il avait continué de marcher dans une direction, sans suivre le nord ou le sud, il s’était simplement dirigé là où le conduisaient ses pas, le destin ferait bien le reste. Comme il s’y était attendu, il finit par se trouver sur la route menant à Brakmar. Il avait déjà été dans cette ville, une fois, mais n’y était pas retourné depuis. C’était une expérience qui pourrait être intéressante.
 
Dès son arrivée, il se trouva un logement miteux, celui qu’il habiterait pour les mois à venir. Il y déposa le maigre bagage qu’il avait accumulé sur son chemin. Une courte épée émoussée, un sac de voyage, des vivres pour quelques jours et des chaussures trouées. Il n’avait pas vraiment fait autre chose que marcher, mais il comptait bien remédier à cela.
 
Il avait erré dans Brakmar, telle une âme en peine. Il se tenait voûté, comme écrasé par le poids d’un lourd fardeau invisible. Il n’était même pas heureux d’être vivant, il avait perdu tout repère. Il n’était plus lui, il était devenu une autre personne, un inconnu dont il était oblidé d’habiter la chair. Il n’aimait pas se voir, se toucher, se sentir ou même s’entendre. Cela lui semblait trop malsain. C’était littéralement du parasitisme. Il ne savait même pas ce qu’il était advenu du propriétaire originel de ce corps.
 
Pourtant, une petite voix au fin fond de son esprit ne cessait de lui murmurer qu’il avait une seconde chance. Revenir d’entre les morts de la sorte, n’était-ce pas un miracle ? Cette manifestation en partie divine avait un arrière-goût bien amer, cependant. Lui qui s’était tant accroché à la vie n’y trouvait plus aucun intérêt, maintenant qu’il avait tout perdu, y compris sa propre personne. Murof lui semblait déjà si loin. La ville lui manquait un peu, mais c’était surtout de ses habitants qu’il se souvenait le mieux. Xelina, Nannerl, Faolin, Shola, Ninar, Kiri et les autres… Un bon paquet de visages qu’il ne reverrait probablement jamais. Il aurait pu y revenir avec sa nouvelle identité, mais ça aurait été simplement trop fou. Revoir  toutes ses connaissances et faire comme si de rien n’était, c’était un plan impensable.
 
Il avait finalement pris la décision de s’établir pour un temps dans la capitale sombre. Brakmar était une ville à l’opposé de Bonta. Il y régnait une atmosphère bien différente. Ici, c’était la loi de la jungle. Les bagarres étaient fréquentes, les coupe-jarrets se trouvaient à tous les coins de rue. Les bordels étaient plus nombreux que les bibliothèques et il aurait fallu halluciner pour trouver un visage souriant. La vie diurne était plutôt tranquille, comparable à celle de Bonta durant la nuit. À la tombée du jour, cependant, la tendance changeait. Les gens sortaient de leurs demeures et la vie urbaine prenait un rythme effréné. Fêtes dans les tavernes, matches de boufbowl, Faïte Club… Edric finit par en avoir vent.
 
Lors de la soirée en question, il se trouvait dans une taverne réputée pour ses côtelettes de porkass. Il n’avait pas été très intéressé par la nourriture et s’était contenté de boire au comptoir. Un bagarre, comme à l’ordinaire, avait fini par se déclarer et il en avait simplement ignoré les protagonistes. À un moment, une bouteille avait traversé la pièce en volant et s’était écrasé sur son crâne. À moitié sonné, il s’était retourné pour faire face à ceux qui venaient d’aller trop loin. L’un des deux hommes était étendu par terre, mais l’autre était toujours sur ses pieds. Porté par un instinct combattif à peine réveillé, il avait franchi la distance le séparant de son opposant et l’avait frappé en plein visage, le mettant KO instantanément. Il avait ressenti une vive douleur aux jointures mais les acclamations qui avaient suivies l’avaient fait oublier cet inconfort. On lui avait payé quelques verres pour le féliciter et il avait parlé avec certains clients. L’un d’eux, un Feca assez musclé, lui avait fait part d’un endroit qui « pourrait lui plaire ». Il n’avait pas donné beaucoup de détails mais lui avait fourni une adresse et une heure.
 
Le lendemain, à l’heure convenue, il s’était rendu au 1442 rue du Sangsec. L’édifice était assez décrépi. Il avait tout de même frappé à la porte et on lui avait ouvert. On l’avait conduit en bas et il avait découvert qu’il s’agissait d’un Faïte Club. Le genre d’endroit qu’il aurait aimé, avant. Il tenta d’expliquer qu’il ne se battait plus, mais le groupe insista en disant qu’on devait tous se battre lors de sa première soirée. Il finit par céder et s’inscrivit. Il réfléchit un instant avant de donner son nom.
 
Il n’était définitivement plus Edric. Il avait été Edric durant les 18 premières années de sa vie. C’était le garçon qui avait vécu avec sa famille, qui aimait faire les 400 coups avec Kaï. Depuis qu’il avait revu ce dernier, il avait tenté d’être Edric à nouveau. Il avait essayé, mais ce n’était plus la même chose. En plus, Kaï était mort. Il décida qu’Edric serait mort aussi, il ne manquerait à personne. Darius croyait probablement qu’il avait péri avec son frère, de toute façon.
 
Pan n’était pas non plus envisageable. Pan était le nom qu’il avait eu dans l’armée. C’était un surnom, mais ce sobriquet lui avait collé à la peau, comme l’odeur d’un rat d’égoûtant. Il avait été un bon soldat durant ses années de service et avait été fier de sa personne. Lorsqu’il avait quitté tout cela, il avait même gardé ce nom. Il l’aimait bien et appréciait ce qu’il représentait, l’homme qu’il était devenu. Il l’avait eu à Murof, là où il avait connu bien des gens. Il avait aimé et avait été aimé sous ce nom. Maintenant qu’il n’était plus lui, il lui fallait autre chose…
 
Il réfléchit. Il n’avait pas envie d’inventer autre chose. Il avait le corps de Gaël mais n’était pas ce dernier. Parfois, ses souvenirs lui revenaient, mais sans plus. Pourtant, il n’était lié en rien au Sram. C’était un inconnu parfait dont seul le nom lui signifiait quoi que ce soit. Sans trop réfléchir, il s’entendit parler.
 
« Gaël Sombrelame. »
 

Il se baptisa de ce nom et fut ré-initié au combat. Son adversaire lui flanqua une dérouillée mémorable. Il y avait trop longtemps qu’il n’avait pas combattu. En plus, ce corps n’était pas identique à l’ancien, il ne lui était pas familier pour se mouvoir et réagir rapidement. Il n’avait pas la même vitesse ou la même force que l’ancien. Il devrait apprendre à l’utiliser et le Faïte Club semblait parfait pour cela.
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Re: Second souffle

Message par Nannerl le Mer 6 Mai 2015 - 18:50

YEAAAAA IL A POSTEEEY /bam

C'est trop géniale et puis keur keur j'adore comment tu écris, j'ai hâte de lire la suite !
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Re: Second souffle

Message par Xelina le Mer 6 Mai 2015 - 21:46

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Re: Second souffle

Message par Pan le Jeu 1 Oct 2015 - 20:28

//Ça m'a pris du temps, mais voilà. Je n'ai pas abandonné et je compte bien finir cette petite histoire un jour ou l'autre. J'espère que ça vous plaira !//

Elle surgit sans crier gare, balayant ses pensées de sa présence incandescente. La douleur prit naissance à son plexus solaire, puis se rependit rapidement au creux de son ventre. Il fit un vol plané, le souffle coupé, incapable de verbaliser la moindre plainte. Un voile sombre passa devant ses yeux alors qu’il luttait faiblement pour rester conscient. Durant ce court instant, il eut l’impression de voler. La gravité n’avait plus la moindre emprise sur lui. Il n’y avait que la douleur stridente et le goût métallique du sang dans sa bouche pour le rattacher à ce monde. Puis il toucha le sol, abruptement, sans finesse. On le prit par le col et on l’arracha à nouveau au sol. Sa vision revint, mais un poing envoyé à pleine puissance la brouilla encore. Il tenta de mettre ses mains entre son visage et le poing de son adversaire, mais l’efficacité de la manœuvre fut inexistante. La conscience encore une fois soufflée par les vagues de souffrance, il songea qu’il aurait depuis longtemps pris le dessus s’il avait toujours été sacrieur. Ce corps lui semblait étranger, il n’arrivait à rien dans celui-ci. S’il avait été Sacrieur, il aurait été plus fort. Mais pourquoi ? Simplement à cause de la divinité ailée ? La réponse prit un moment à venir. Il aurait été plus fort parce qu’il aurait su être plus fort, ce dont il doutait à présent. Abandonné à cette violence qu’il s’infligeait par le biais du Club, il ne faisait que fuir une réalité trop insupportable. Il voulait devenir plus fort, mais toute cette douleur lui servait d’exutoire. Avait-il simplement combattu de tout son cœur, jusqu’à présent ? Il s’était laissé aller à avoir mal parce que cette brûlure si particulière lui signifiait qu’il était toujours vivant, qu’il n’était plus mort. C’était d’ailleurs l’une des seules certitudes de son existence.
 
Quelque chose le poussa à réagir. Peut-être le coup qui lui fractura le nez, ou peut-être la colère froide qui prenait naissance aux tréfonds de son être. En agitant les mains pour se défendre, il avait plus ou moins pu estimer la position de son opposant, debout face à lui. Il plia la jambe, ramenant son genou contre son torse, puis détendit son membre de toutes ses forces. Son talon heurta son adversaire juste sous le genou, mais ce fut suffisant pour qu’un craquement glauque, doublé d’un hurlement, se fasse entendre. Aussitôt, le martèlement cessa sur son crâne. Le calme revint. Gaël voulut prendre une grande goulée d’air, mais un flot de sang s’engouffra dans sa gorge. Il toussa et cracha afin de dégager ses voies respiratoires, puis se releva en chancelant. Il prit appui sur le mur, juste derrière lui, incertain de pouvoir rester debout par ses propres moyens. Le monde autour de lui n’était qu’un assemblage chaotique de couleurs sombres tournoyant à grande vitesse. Il eut un haut-le-cœur mais ne vomit pas. Il attendit quelques secondes, le temps que tout se stabilise. La pièce était toujours la même, pleine de gens les encerclant en hurlant des encouragements et des insultes. À ses pieds, était un sadida complètement chauve, vision plutôt rare, et puissamment musclé, seulement vêtu d’un pagne. Son regard brûlait d’un désir ardent de vaincre et, malgré sa jambe tordue à un angle impossible, il semblait lui aussi vouloir se relever. Le Sram allait devoir le mettre hors d’état de nuire s’il voulait gagner, car il était clair que cet individu n’abandonnerait pas. Rare étaient ceux qui abandonnaient dans les Faïte Clubs de Brakmar. On devait plutôt tirer leurs corps inconscients de l’arène improvisée avant qu’ils ne s’avouent vaincus. C’était le genre de spectacle qui plaisait à la foule. Gaël en était à son quatrième combat. Il n’en avait gagné qu’un, mais ce n’était pas pour la victoire qu’il combattait. Il regarda l’homme à la peau brune. Il se sentait las, il n’avait plus envie de terminer ce combat. Il avait mal, il avait simplement envie de rentrer se coucher. Il fit un pas incertain et se demanda pourquoi ses jambes ne le supportaient plus, puis ce fut le vide.
 
Il revint doucement à lui, n’entendant que l’écho lointain des cris. Il avait l’impression d’être immergé dans une grande bassine, car on aurait dit que tout était distordu et étouffé. Il sentit une forte odeur de soufre et ouvrit son œil valide. Au-dessus de lui, était penché un homme dont les cheveux sombres tombaient sur son visage. L’individu au regard rouge ne devait pas se trouver à plus d’une dizaine de centimètres de Gaël. Pris par surprise, ce dernier le repoussa maladroitement tout en tentant de s’écarter. L’homme à la proximité dérangeante se redressa, tout en restant assis à califourchon sur le ventre du blessé. Il replaça ses longues mèches de jais et adressa un large sourire à Gaël, dévoilant ainsi deux canines de taille supérieure à la normale. Il donnait définitivement froid dans le dos. C’était un eniripsa, à en juger par ses ailes.
 
-Oh, en voilà un jeune homme bien vigoureux, susurra l’inconnu. Ne t’en fais pas, je ne mords pas… à moins que ça ne t’intéresse !
 
-Non merci, répliqua froidement l’intéressé, j’aimerais d’ailleurs que tu te relèves.
 
-Quelle manière de remercier celui qui a guéri ces vilaines blessures !
 
L’eniripsa passa une main inquisitrice sur le torse de l’homme aux cheveux argentés tout en le fixant d’une manière chargée de promesses. Apparemment, il lui plaisait. Malheureusement pour le guérisseur, l’attirance n’était pas réciproque, bien au contraire.
 
-Écarte-toi, sinon je vais te faire regretter de m’avoir soigné, se contenta de répéter le Sram, d’une manière qui laissait peu de place à l’imagination.
 
L’eniripsa haussa les épaules et libéra son patient, mais pas avant d’avoir mimé un coup de griffes en l’air et poussé un feulement moqueur. Gaël se releva et remarqua que l’autre n’était pas très grand, environ un mètre cinquante. Un collier de cuir enserrait son cou délicat et il portait une tenue d’inspiration gothique. Un style qui n’allait définitivement pas de pair avec son caractère un peu trop chaleureux.
 
-Farouche, exactement comme je les aime. Dis-moi, mon mignon, le cache-œil c’est pour faire mystérieux ? Ça serait un crime de cacher des yeux d’un tel bleu. Oooh, j’ai l’impression que tu me transperces avec ce regard de glace, j’adore ça. Dis-moi, chuchota-t-il, tu veux voir l’effet que tu me fais ?
 
Comme si ses paroles n’avaient jusqu’à présent pas été assez crues, il lui désigna son pantalon d’un signe de la tête. Le tissu était étiré et il ne fallait pas beaucoup se creuser la tête pour déduire ce qu’il cachait. Disons simplement qu’il ne s’agissait pas de son pinceau. Ce fut le sous-entendu de trop pour le murofien. Heureusement pour le bon déroulement du Faïte Club, il était épuisé, courbaturé et las de violence pour ce soir. Sa colère fut froide, tout autant que son regard. Le torrent glacé le submergea, mais sans l’emporter. Il se débattit et réussit à garder la tête hors des flots déchaînés. Il n’avait plus rien du guerrier qu’il avait été, impulsif et impétueux, cherchant sans arrêt la bagarre. Non, cet être était mort il y avait de cela bien longtemps et son spectre avait été éradiqué de ce plan d’existence à la mort de Kaï. Il regarda l’eniripsa, dont il ne connaissait toujours pas le nom, avec ce regard Frigostien que ce dernier aimait tant. Puis, il tourna les talons et quitta l’endroit.
 
Les nuits à Brakmar étaient loin d’être fraîches. Au contraire, le magma circulant tout autour de la ville et dans certaines cavités réparties un peu partout suffisaient à garder la température élevée en tout temps. De ce fait, il était rare de voir qui que ce soit vêtu chaudement, ce qui en arrangeait plus d’un, vue le nombre remarquable de prostituées dans les rues. Gaël marchait d’un pas rapide et sec. Ses semelles claquaient bruyamment sur les pavés noircis et son ombre pâle s’étirait de chacun de ses côtés, créée par les quelques sources d’éclairages. C’était plutôt simple, dans cette ville sombre, il ne faisait jamais vraiment jour.  Vu la localisation de l’endroit, un plafond de fumée obstruait toute lueur solaire. D’un autre côté, il ne faisait pas non plus vraiment nuit. La roche en fusion et les nombreuses torches donnaient une allure lugubre mais néanmoins vivante à la cité. Le terme exact aurait d’ailleurs dû être « agonisante », car elle avait l’air plus morte que bien portante. Sans ces lueurs salvatrices, la populace rampante de cette agglomération urbaine se serait déjà  adonnée aux vices les plus monstrueux et imprononçables.
 

L’homme à la crinière d’argent s’arrêta enfin devant un bâtiment. L’amoncèlement de pierres taillées était colossal. C’était une construction antique, probablement aussi vieille que la ville elle-même. Les rumeurs voulaient même que ce vestige cyclopéen ait précédé la fondation de Brakmar, qu’on aurait plutôt bâti la cité autour de celui-ci. Une clameur s’éleva du Colisée, déformée et rendue inhumaine par l’écho presque infini que produisait une si grande foule dans un espace si vaste. Les grands murs sombres s’élevaient presque indéfiniment, quelque part soutenus par quelques colonnes encore plus puissantes encore. Le haut de ces murs se terminait en un genre d’ornement pointu à quatre branches proéminentes ornées de pointes. Une autre clameur émergea du Colisée et, poussé par la curiosité et n’ayant rien d’autre à faire, le murofien y pénétra. L’intérieur était tout aussi spacieux, mais tout aussi hostile. D’innombrables bancs de pierre étaient les seules choses meublant les gradins. L’utilité avait été grandement préférée au style. L’arrangement était fait de sorte qu’il était possible d’entasser plusieurs milliers de personnes avant d’atteindre la pleine capacité de l’endroit. Les cris s’intensifièrent, visiblement à cause de quelque chose se déroulant plus bas. Gaël y jeta un coup d’œil et y vit un groupe de gladiateurs en pleine action.
 
Le combat faisait rage, c’était d’une violence inouïe. Un groupe hétéroclite de guerriers captait toute l’attention des spectateurs assoiffés de sang. Par-ci par-là, les armes volaient et mordaient la chair, faisant gicler des litres de liquide vermeil. Parfois, un membre était arraché et la foule en délire multipliait ses encouragements et ses cris bestiaux. Ce spectacle morbide était à la fois repoussant et étrangement fascinant. Le sram ne pouvait détacher son regard des hommes sur qui la mort s’abattait sans pitié et sans discrimination. Petits, gros, peu importait le gabarit, la force ou l’agilité, dans cette mêlée générale ils mourraient pour la très grande majorité. Un colosse commença à se démarquer du lot, se transformant en véritable ouragan de mort en tournoyant avec son immense hache de bataille. Il fut rapidement arrêté par un crâ qui le cribla de traits lumineux. L’archer, à son tour, fut tué par quelqu’un d’autre. Un pandawa l’engloutit dans un torrent de flammes alcoolisées. Un roublard prit la relève en déversant un déluge de balles sur toute personne bougeant à proximité, avant qu’un Sram n’écourte sa vie en le poignardant dans le creux des reins. Gaël fut particulièrement intrigué par cet individu. C’était la première fois qu’il l’apercevait depuis qu’il avait commencé à regarder la bataille. Comme pour répondre à ses questions muettes, le Sram disparut à nouveau, ne laissant qu’une mince volute de fumée à l’endroit où il s’était trouvé un instant auparavant. Définitivement accroché, le murofien s’avança légèrement, soucieux de connaître l’issue de l’affrontement. Le champion inattendu avait une apparence plus que particulière. Sa peau était d’une pâleur affolante, on aurait pu croire qu’il n’avait jamais connu la lumière du jour. Gaël se doutait que, s’il s’était rapproché de l’individu, il aurait probablement pu distinguer de nombreuses veines bleutées courant sous la peau, tant elle manquait de pigment. Toutefois, il aurait d’abord pu observer le détail surnaturel des tatouages recouvrant son corps d’allure chétive. Son squelette tout entier avait été tatoué sur son épiderme à l’aide d’une encre d’un noir saisissant. Cet homme était vivant, mais il avait l’air plus mort que Pan ne l’avait jamais été.
 
L’assassin réapparut, plus vif que jamais, prêt à s’attaquer à un ecaflip. L’humanoïde, pourtant, rivalisait en termes d’agilité, maniant un sabre ressemblant à une griffe, avec une grâce propre à celle des félins. Lors d’une passe aérienne de leur échange, le disciple du dieu de la chance s’arqua vers l’arrière, dans une contorsion impossible, évitant un coup mortel lui étant destiné et, sans plus de cérémonie, enfonça sa griffe sous le menton du Sram, perforant son cerveau et le tuant instantanément. Alors que le corps sans vie était jeté au sol, l’air sembla se troubler derrière le nouveau favori. Son sixième sens ou les hurlements de la foule ne suffirent à le faire réagir à temps, car sa gorge sembla s’ouvrir d’elle-même. Il y porta les mains, impuissants, mais la vie s’échappait déjà de lui à gros bouillons rouge. Avec un gargouillis, l’ecaflip tomba à genoux. Le sang s’échappant de la plaie alla souiller le sable de l’arène sous les acclamations des spectateurs en délire. Ce qu’on avait cru être le sram n’était qu’un vulgaire double. Il ne restait désormais, dans la zone de combat, qu’une dizaine de cadavres et deux personnes toujours vivantes. Le feca faisant face au tatoué incantât rapidement et, aussitôt, la forme fantomatique d’un bouclier se forma devant lui. Rassuré, il sembla se détendre légèrement, mais sans pour autant relâcher sa garde. L’homme à la peau pâle essuya l’une de ses dagues sur le pelage de sa précédente victime, se releva, puis la lança vers le feca. Le couteau vola directement vers la cible. Comme si de rien n’était, il pénétra les défenses érigées en vain et s’enfonça dans la chair en crépitant d’énergie magique. Si la lame ne s’était pas totalement enfoncée dans le torse de l’homme, on aurait pu voir les runes la recouvrant luire d’une lumière bleutée. Le tatoué alla chercher son arme et disparut à nouveau, sans attendre qu’on lui remette quelque récompense que ce soit.
 
Des équipes de nettoyage vinrent ramasser ce qui restait des corps mutilés, mais Gaël n’était pas intéressé par ce spectacle. Il sortit du Colisée, songeur. Ce macabre spectacle lui avait donné matière à réfléchir. Il était en mesure de comparer ce style martial au sien, ou à ce qu’il restait du sien, plutôt. Depuis son changement de corps, rien n’était tout à fait pareil. Il n’avait plus la même masse musculaire, ni tout à fait la même taille ou la même endurance. C’était assez banal, mais ces détails le limitaient d’une manière très frustrante en s’accumulant. Il avait les connaissances nécessaires pour exécuter ses techniques et ses enchaînements, mais il n’en avait pas les capacités physiques. Il avait gardé son style plus brutal, axé sur sa propre force. Il se rendait compte qu’il n’atteindrait jamais un niveau similaire, désormais. Heureusement, ne pas avoir un niveau similaire ne signifiait pas avoir un niveau inférieur pour autant. Il se savait plus souple et doté de plus de finesse. Il devrait travailler ces nouveaux aspects de sa personne. Il lui fallait aussi penser aux pouvoirs dont il pourrait peut-être profiter, s’il était réellement devenu un sram. Le gladiateur l’avait grandement impressionné. La maîtrise de ces pouvoirs risquait très certainement de rehausser son niveau d’avantage. Encore lui faudrait-il apprendre à s’en servir. Il s’en retourna à sa petite chambre, il était temps de dormir et il avait tout le temps qu’il voudrait afin de réfléchir à cette violence. Il ne devrait pas non plus oublier qu’il avait une motivation supplémentaire; devenir meilleur signifiait qu’il ne serait pas nécessairement blessé et que cet horrible eniripsa n’aurait pas à lui faire d’autres avances une nouvelle fois. Se battre sans chercher à tuer et sans risquer d’être tué était cependant bien différent des combats « amicaux » d’un Faïte Club. Décidément, ses pensées n’auraient pas le temps de vagabonder vers son frère ou Murof.
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