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Murof, l'original

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Chapitre 26 (Maev)

Message par Maev' le Jeu 28 Juil 2011 - 21:30

Hey, hey, voici la petite amie du Zobal psycopathe (damned...), pour une nouvelle partie Murof à peine plus joyeuse. Mais, hé, il faut bien que j'explique le changement de classe de Maeve. Voici donc une première partie racontant son déclassement, dans un premier temps ; une seconde viendra un jour ou l'autre pour sa transformation en Roublarde (cf. mes croquis de recherches).
Je n'ai demandé l'autorisation de personne, mais si ça venait à gêner les fictions murofiennes en cours de rédaction, faites-le moi savoir. :)

Bonne lecture !
_____________________________________
L’eau s’arrête subitement de couler. Des rideaux sont tirés, et la Crâette sort son corps trempé de la cabine de douche. Une serviette douce et moelleuse s’enroule jalousement autour de Maeve qui y enfouit son visage. L’été bat son plein, le soleil dehors est en fête et étend ses bras jusque dans la maison de la jeune femme. Et si Maeve allait à la plage, aujourd’hui ? Se régaler des couleurs éblouissantes de l’océan, observer secrètement les familles en vacances, les amoureux heureux. Scruter le moindre détail amusant jusqu’à ce que la chaleur la plonge dans une douce torpeur caniculaire et qu’elle décide de raviver son esprit dans l’eau fraiche. Oui, Maeve a bien envie de passer cette journée sur le sable doux de la plage de Murof. Elle invitera Nico’, et pourquoi pas les autres selon leur disponibilité, elle aurait bien besoin de renouer avec la plupart des autres habitants de Murof. Elle se réjouit déjà d’une journée au soleil entre amis, avec chamailleries sur chamailleries, et leurs innombrables plaisanteries qui rythmeraient les heures, comme avant.
Entre temps, la Crâette a enfilé une légère robe, couleur blanc cassé, et commence à brosser ses cheveux trempés devant la glace embuée. Scrutant son reflet, un détail l’interpelle. Un détail qui l’inquiète sans qu’elle ait déjà défini pourquoi. Immobile, Maeve fixe son image. Il manque quelque chose, il manque quelque chose de vraiment important… Pourtant, tout a l’air à peu près normal : un visage légèrement rebondi et rond, des lèvres rosées figées, ses yeux au regard absent, et ses mèches brunes retombant sur ses oreill…
La brosse lui échappe des mains. Elle a compris. Après une longue hésitation elle précipite, tremblante, ses mains à ses oreilles. Arrondies, humaines ? Elle n’a plus ses fines et longues oreilles de Crâ ! Comme pour se rassurer, elle ferme les yeux, se chuchote à elle-même que ce n’est rien, que ce n’est qu’un rêve. Il n’y a qu’un seul moyen d’en être vraiment sûre, de savoir si, oui ou non, sa déesse l’avait abandonnée. Maeve s’élance hors de la salle de bain, descend les escaliers en courant, cherche où aller, s’avance dans une direction, puis fait demi-tour, indécise. Où avait-elle bien pu le ranger ?! Enfin, en soulevant une pile de vêtements, elle le voit : son arc, toujours aussi poussiéreux et vieux, mais bien là. Maeve soupire de soulagement, se laisse tomber et s’agenouille devant son arme offerte par la déesse Crâ. Que peut-il bien se passer ? Elle a perdu son apparence de Crâ, mais son arc est toujours là. Est-ce une simple mise en garde ? Il est vrai qu’elle ne fait pas honneur à sa classe. Mais il est hors de question qu’elle se fasse rejeter par Crâ, c’est une question de vie ou de mort… ou presque. Dès aujourd’hui, il faudra qu’elle se rende au temple de sa classe pour se repentir et regagner les faveurs de la déesse archère. Forte de sa décision, Maeve empoigne son arc. Rien. La matière douce du bois s’est désagrégée au contact de sa paume ! Crâ, réputée pour être sage et sérieuse, est en fait aussi fourbe que les autres ! Elle joue une dernière fois avec Maeve au petit jeu de la vengeance. Et le spectacle est loin d’être fini. Ah ! qu’elle va rire ! Doucement les couleurs disparaissent en de tristes sursauts comme la matière avant elles. D’un dernier éclat, le diamant qui était encastré dans l’arc tombe et rebondit sur le sol. Ce diamant appartenait à Maeve, qui l’avait choisi pour lier son âme à l’arc que lui offrirait sa nouvelle déesse. Crâ l’avait alors sauvée, et Maeve ne le lui avait pas rendu bien… Quelle idiote !
La vue de la nouvelle déclassée se brouille, des larmes coulent sur son nouveau visage. Qu’allait-elle pouvoir faire maintenant ? Elle sent le mal qu’elle avait fuit à douze ans la ronger de nouveau. Il faut faire vite, mais faire quoi ?! Un seul visage lui vient, et Maeve décide de ne plus perdre un seul instant. Elle ne doit pas rester seule plus longtemps !

La jeune femme, terrifiée, traverse tout le quartier Crâ. Déjà, elle ne peut pour s’orienter que se fier à sa mémoire. La terreur brouillant ses sens, elle voudrait déjà être dans les bras de Nico’. Maeve bouscule certains passants. Dans une rue du quartier des dessinateurs, elle renverse son amie Jeana’ qui rentrait de son atelier.
« Maeve ? Mais que… ?
-Désolée Madame…Je ne peux pas… rester.
»
Sans laisser à la Fécatte le temps de répondre, Maeve s’est déjà relancée. Elle croit entendre son nom, et la demande d’attendre, mais refuse de s’arrêter. Des nuages sont-ils venus assombrir le ciel d’été ? La nuit est-t-elle tombée plus tôt, beaucoup plus tôt ? Maeve sait bien que non. Pourtant, elle entend gronder au loin le tonnerre, et sent vite sur sa peau la pluie qui l’accompagne. Le fracas des gouttes finit de la désorienter, elle ne sait plus où se tourner et se met désespérément à appeler. Où est-elle ? Une sorte de brume intense l’empêche de reconnaître toutes ces maisons devant elle. Maeve tend ses mains devant elle et souhaite maintenant plus que tout sentir la présence de quelqu’un au bout de ses doigts.
« Maeve ! »
D’un geste, elle se retourne vers la voix qu’elle attendait. Sans qu’elle le voit, Nico’ la prend dans ses bras, et elle se laisse fondre en larmes. C’est fini, elle…
« Maeve, mais qu’est-ce qu’il se passe ?
-Nico’, c’est toi ? Je …je suis aveugle !
»

La jeune femme est devenue folle de terreur et refuse de répondre aux questions qu’on tente de lui poser. Nico’ et Jeana ont du rentrer avec elle chez le Zobal. Ce n’est qu’une fois une dizaine de minutes passées, immobile sur le canapé délavé, que Maeve se calme. Entre temps, Jeana’ a fait venir son mari Faolin en espérant que son expérience d’Eniripsa pourrait éclaircir l’histoire. Nico’, assis auprès de sa compagne, cherche plus que jamais son regard déjà difficile à capter d’ordinaire. Fao, dès son arrivée, pose un regard froid mais curieux sur Maeve.
« Allons bon, Maeve, qu’est-ce que tu as fait ? »
L’interpellée sursaute au son de la voix de son ami et Nico profite de l’occasion pour enlacer ses épaules et la calmer. La jeune femme ferme inutilement les yeux et lâche d’une petite voix :
« J’ai été déclassée. J’ai déçu ma… la déesse Crâ, et elle ma repris ce qu’elle m’avait donné à mes douze ans…
-Ça ne nous explique pas plus ta cécité. Réplique Faolin.
-Si tu la laissais seulement finir, idiot !
»
Jea’, son enfant Kalaen dans les bras, impose le silence à son mari. Maeve reprend alors d’une voix déjà plus assurée.
« Je suis née avec une maladie qui détruisait peu à peu mes yeux. Toute mon enfance, rien ne pouvait me le rappeler, jusqu’à mes douze ans. Cela faisait déjà un an que ma vue commençait à faiblir, mais rien de vraiment alarmant. Quand on a compris que j’étais destinée à devenir aveugle, on m’a conseillée de me tourner vers les Dieux : soit la déesse Eniripsa, en espérant être aidée pour trouver un remède, soit faire vite et me mettre sous la protection de Crâ. En effet, que serait un Crâ sans sa fameuse vision perçante ? »
La dernière phrase était tintée d’ironie. Maeve soupire et continue.
« Et l’idée à fonctionné. Au début, j’ai suivi la formation archère avec une certaine motivation mais, comme vous l’aviez sans aucun doute déjà tous remarqué, je ne faisais plus honneur à mon art. Je n’aurais jamais imaginé que Crâ décide de se venger, de me punir et me restituer la tare qu’elle n’avait que mise en sommeil… Je me pensais depuis bien longtemps en sécurité, soignée si je peux le dire comme ça.»
Un silence s’impose dans la petite pièce, par gène, pitié, ou peut-être étonnement. Fao met fin à la situation et se lève de l’accoudoir du fauteuil sur lequel il s’était assis. En renfilant sa veste, il dit :
« Nous sommes beaucoup d’amis à Murof, mais il est vrai que jusque là on ne connaît le passé que de peu d’entre nous. Et puis, faut-il finalement, pour se dire ami, se connaître jusqu’à l’intimité du passé de l’autre ? »
Devant le mutisme général, le philosophe conclut par ce qu’il considère comme des formalités.
« Je suis vraiment désolé pour toi, Maeve. Mais il me semble qu’en choisissant la voie de Crâ tu as fait ce qu’il y avait de mieux : je n’ai jamais entendu parler d’un moyen de guérison Eniripsa pour rendre la vue. Eniripsa ou non, d’ailleurs. En étant Crâ, tu auras au moins pu vivre « normalement » une dizaine d’années.
-Je suis d’accord avec toi…
» Sourit Maeve tristement.
Faolin se tourne alors vers sa femme.
« On rentre, Jeana ? Je n’aime pas laisser Cyanne seule aussi longtemps sans l’avoir prévenue. »
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Sam 30 Juil 2011 - 0:45

Excellent !

Enfin... C'est un avis personnel... Et je dois dire que cela fait très plaisir de lire un texte de si bonne qualité. J'en ai presque l'impression de relire une partie Faolesque... D'autant plus que dans le peu de fois que tu le fait parler, on croirait vraiment l'entendre ! C'est impressionnant. Impressionnant d'avoir sus utiliser un vocabulaire à la hauteur de celui que tu nommes toi même "le philosophe".

Vraiment, j'ai beau chercher (peut être que je cherche mal, qui sait ?) je ne trouve rien à redire. J'aime peut être trop cette partie pour réellement trouver une faille dans l'écrit en lui même. Que ce soit niveau orthographe tu as toute ma confiance, niveau grammatical également. Que ce soit les temps, je n'aurais rien a redire, étant donné que j'écris toujours avec les temps du présents, et que c'est selon moi, ce qui rend le mieux dans un écrit.

La seule chose que je pourrais à la rigueur te conseiller, (et si j'ai bonne mémoire, tu me l'a déja dit l'année dernière sur le forum Wakfu, concernant ma fic'), ce serais d'éviter de trop coller les paragraphes. Purement esthétique, bien sur, mais en espaçant un peu le tout, non seulement la lecture est plus fluide, et on évite de relire la même ligne quand on arrive au bout, mais en plus, quand la partie n'est pas spécialement longue, cela permet de maintenir une illusion d'une plus grande longueur.

Voilà. Ce n'est pas grand chose, mais que pourrais-je réellement dire, si ce n'est que ça fait du bien de lire une partie Murof comme celle là...

Alors, Maeve est temporairement Aveugle ? Dommage pour le Spoil en guise d'intro. La fin, et plus précisément la toute dernière phrase aurait, je pense, mieux marché, si tu n’annonçais pas pour ceux qui ne le savait pas; le fais que tu deviendra Roublarde, dans l'intro.

Néanmoins, j'aime bien cette tournure que prend Murof, du changement d'étape que prend en ce moment la ville... Comme tu le dis implicitement toi même à travers certaines paroles de Faolin, nous voilà tous arrivés, il n'y a donc plus de partie Murof traitant de nouveauté à écrire. Nous nous tourons vers notre passé. Et je me le rend bien compte, parler de son passé peut paraître beaucoup plus sombre parfois, que de traiter de son arrivé en bateau dans une nouvelle ville...
C'est étrange, que ma partie Murof, commencée il y a tant de temps déja, traite elle aussi de ce problème du passé... C'est étrange comment nous nous retrouvons tous obligé à traité du "était" au lieu du "est", simplement pour redorer l'image de nos partie respective...
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Lun 1 Aoû 2011 - 21:55

...mais c'est super triste! D8!!
Aveugle? Maev' va donc devenir aveugle?
hm!
Bref..j'ai juste a-do-ré cette partie! Elle est vraiment bien...et...tellement bien que je ne sais pas quoi dire à part qu'elle est génialissimement bien écrite et c'est même pas français! D8!!
Comme l'a remarqué Vlad'...en effet...on commence tous à révéler notre passé...il faut que je me remette à mon ordi pour commencer une partie! è3é
Bref...juste géniale! Bravo!^^
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Re: Murof, l'original

Message par Maev' le Mer 10 Aoû 2011 - 20:42

Eh bien, il est temps de répondre pour vous remercier, maintenant que je suis rentrée !
Merci, et merci BEAUCOUP pour vos compliments, Moinon et Vlad'. Je ne pense pas mériter d'être comparée à Fao dans le domaine de l'écriture, ni même qu'il en serait content... mais ça me touche. :roll: Et tant mieux si j'ai réussi à retranscrire l'attitude du Fao murofien, c'était le but cherché. J'attends plus que l'avis de ce dernier !

Je ne pensais rien spoiler en commençant mon message de cette manière, étant donné que j'ai déjà expliqué -enfin, annoncé- le changement de classe de Maeve avec mes croquis (postés sur mon topic de dessin, je le rappelle. Non passés sur la chatbox).

Maeve la Murofienne est donc aveugle, et définitivement. La petite explication hors BG est que je veux me détacher de ce personnage de RP. Quand la vie active viendra pour moi, ce sera ainsi beaucoup plus aisé de mettre de côté cette Maeve. Eh oui, avec l'âge on se détachera de Murof, nos obligations professionnelles et personnelles faisant ainsi les choses. Nos personnages resteront nos créations, bien sûr (je pense même venir un beau jour à une Ankama Convention cosplayée à l'image du mien). Et je pense m'en souvenir longtemps, même sans venir régulièrement sur le forum.
J'anticipe juste la séparation, et commence en douceur pour faire de Maeve moins qu'une image de moi, soit un simple personnage de RP.

_______________
Mon prochain post servira à, sur la demande de notre bon admim, poster la partie de Vlad et Moinon... Je posterai en plusieurs fois, c'est vraiment long, et ainsi les commentaires seront plus ciblés et précis. :)
J'aurais juste une question pour Moinon : veux-tu poster la partie que tu as écrite ? Si oui, j'ai corrigé deux-trois fautes par-ci par-là, si ça peut t'intéresser... :)
_________________
Encore merci vous deux pour les commentaires !

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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Sam 13 Aoû 2011 - 22:07

Waw... '-'
Ben du coup vous avez oublié de mettre un titre à votre message... avant c'était "Chapitre XX (Untel)" et là... ben... '-'
Je commence actuellement une partie sur la Kamilla de moi, même si ça n'égalera jamais certains textes de ce sujet '-'...
Enfin j'ai quelques questions...

- Est-il possible de poster comme ça sa partie d'un coup? Ou alors faut-il contacter quelqu'un, faut-il réserver, toussa, toussa?
- Peut-on faire intervenir des personnes qui n'ont jamais écrit ou qui n'ont jamais été mentionnés dans les parties précédentes? (J'ai déjà demandé l'autorisation à Kiri, reste toro pour l'instant)... Pour savoir, parce que je pensais "supposer" que ces personnes sont déjà arrivées à murof...

Je crois que c'est tout... j'espère avoir une réponse rapide o_o
Merci d'avance en tout cas ^^
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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Lun 15 Aoû 2011 - 10:27

Vite, s'il vous plaît, j'ai absolument besoin de réponses '-'
Je peaufine actuellement ce que j'ai écrit, qui fait 2196 mots et dont les personnages d'arrière plan dans certains passages ne sont pas mentionnés...
Si quelqu'un répondait à mes questions, je lui serais trèèèès reconnaissante '-'
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Re: Murof, l'original

Message par Maev' le Lun 15 Aoû 2011 - 11:52

Ok, je posterai plus tard pour la partie de Vlad. Désolée, tout d'abord : je pensais qu'on t'aurait répondu sur la ChatBox...

A la base, il faut réserver sa place, surtout pour tenir comte d'éventuels changement des autres habitants de Murof, et autres détails importants. Après, certains n'ont pas pris la peine de prévenir, puisqu'ils ne mettaient en scène que leur personnage à eux.
Pas besoin de contacter quelqu’un en particulier, il faut juste poster ici, et se tenir informé des précédentes réservations pour dire "Je posterai après untel".
Toi, tu pourras poster après la partie de Vlad, que moi-même je posterai (en plusieurs fois) d'ici peu. Je te donnerai le feu vert. :)

Pour répondre à ta deuxième question : bien entendu que tu peux faire intervenir d'autres personnes dans ta partie, même si elles n'ont jamais écrit pour Murof. Il faut seulement bien savoir QUI habite à Murof. Un topic liste tous les habitants de Murof dans la section Mairie.http://muroforum.forumgratuit.org/t18-les-habitants-de-murof
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Chapitre 27 (Vlad)

Message par Maev' le Lun 15 Aoû 2011 - 15:40

Voici donc la première partie de la partie de Vlad et Moinon. Incroyablement longue, et déjà divisée en trois parties, je les posterai en trois fois. Si je ne me trompe pas, la première est de Vlad, la seconde de Moinon, et la dernière de Vlad, à nouveau. Toutes les trois sont très longues (particulièrement celles de Vlad bien entendu :D), alors accrochez-vous.
Je repose ma question à Moinon : veux-tu poster toi-même ta partie ? Dans ce cas il y a deux-trois fautes que je t'ai corrigées.

Vlad m'avait demandé lui-même de poster sa partie après en avoir corrigé les fautes, étant donné qu'il partait en vacances pour deux semaines, si vous ne le saviez pas.
Je vous demanderai de poster lorsque vous aurez lu cette première partie, que je sache à peu près combien de personnes attendent la suite :)

Sur ce, bonne et longue lecture !
___________________________________

« L'assaut final »... Aujourd'hui, quand j'y repense, je me dis que j'étais bien bête de croire les dires de ce Dieu de malheur... Et plus j'y repense, plus je me dis que Murof est vraiment la meilleure chose que me sois jamais arrivée... Car Xélor avait un plan. Celui de dominer toutes formes de vie à la surface du monde des Douze. Ce qu'il souhaitait, c'était les pleins pouvoirs. Et pour ce faire, il avait besoin d'une aide extérieure, de quelqu'un vivant sur ledit monde... Pourquoi diable est-ce tombé sur moi ? Je ne le saurai sans doute jamais... Pourquoi un Iop, la créature réputée comme étant la plus stupide existante, alors que lui même possédait des disciples d'intelligence hors du commun ? Et pourquoi dans ce cas, avoir fait de moi une exception ? Pourquoi m'avoir permis d'être intelligent ? Pourquoi m'a t il laissé seul ici, alors qu'il devait bien savoir que son absence prolongée et ma vie dans cette ville qu'est Murof, allait à jamais me séparer de lui ?

Tant de questions... Il y a tant de questions... Tant de pourquoi, qui ne trouveront jamais de réponse... Sans doute est-ce trop subtil pour moi, sans doute suis-je en train de redevenir un simple Iop, à la simple intelligence... Et alors dans ce cas, ses motivations sont trop compliquées pour un simple Iop... Peut être est-ce à cause de ça... Ou alors, il est simplement moins intelligent que le Iop évolué qu'il a modifié... Mais cela voudrait dire que c'est moi qui suis plus intelligent qu'une Divinité... Hors, c'est un concept que je me refuse d'accepter... Plutôt penser que je ne suis plus qu'un Iop ordinaire, et que je ne le sais pas, au lieu d'imaginer que je dépasse Xélor sur le plan de l'intelligence... Un Iop qui dépasserait un Dieu... On aura tout entendu...

En quoi consistait-il, cet assaut final ? Eh bien, ce serait le jour où ledit Dieu du temps aurait trouvé le moyen de réaliser un coup d'état, sur ses onze autres partenaires... « Tu seras encore en vie, mon cher ami, lorsque ce jour arrivera », m'avait-il dit... Ensuite, la mission était simple : je devais trouver le maximum de personnes pour répondre à l'appel de Xélor. Je me rappelle avoir toujours plusieurs compagnies de mercenaires, disséminées sur différents archipels, n'attendant plus que l'ordre Divin pour passer à l'action... Car, pendant que, là haut, aurait lieu ce que mon horrible ancien maitre appelait « la Transition », nous, nous avions l'ordre de faire régner des jours de chaos, partout où nous le pouvions. Histoire de gagner du temps... Histoire de distraire l'attention des disciples vivant sur ce monde... Et, en dernier recours, prendre le pouvoir dans différents lieux... Destituer un gouverneur est un jeu d'enfant, quand on sait comment faire...

Les Etarips... Ah, les Etarips... Une longue histoire... Trop longue... Je rencontrai Elianne par l'intervention du plus pur des hasards. Dès le premier regard, moi qui n'éprouvais rien, je sus tout de suite que quelque chose clochait. Mais il me fallu tout de même attendre l'intervention de Xélor, pour que ce dernier m'explique que cela était un sentiment qui m'avait été enlevé, et que je devais faire semblant de l'aimer... Simplement pour m'attirer les grâces de la Divinité mineure Etarip. Car Elianne était différente... Elle pouvait plus facilement parler avec sa Déesse que n'importe quel autre disciple du même Dieu... Et il me suffisait d'aimer Elianne, ou du moins, simplement qu'elle le croit, pour que sa Déesse daigne m'aider...

Et nous en sommes là... Rien n’a changé, rien n’a bougé. Elianne m'a dit avoir parlé avec Etarip, lors de mon voyage d'arrivée à Murof. Elle m'a dit que sa Déesse était d'accord pour m'aider. Si seulement Etarip avait su où cela aurait pu la mener... Quant à moi, je ne fais que prendre du bon temps, en attendant le retour de mon maitre, le retour de ses ordres, pour que je puisse coordonner l'assaut final, sur le monde des Douze, pendant que la Transition aura lieu.

Mais il ne reviendra pas. Xélor ne reviendra pas. Rien ne c'est passé comme il l'avait prévu... En me laissant faire ce que bon me semblait, en attendant son retour, il a commis sa pire erreur. Car ce n'est plus à lui que je suis attaché aujourd'hui. Je n'éprouve plus que du mépris pour lui. Pour la façon dont il m'a traité, pour ce qu'il m'a fait devenir... J'ai réussis à m'affranchir de son pouvoir, ce qui n'est déjà pas une mince affaire. Il ne peut désormais plus rien pour moi... Plus rien du tout. Il n'y a que part le biais d'une de ses Disciples, qu'il peut encore m'avoir. Car je tiens à cette Disciple du temps plus qu'à n'importe quoi sur terre... Et encore plus maintenant que je sais que je vais être... Papa...

*****


Je rouvre les yeux. Je suis toujours sur le ponton de bois, tout au fond du port de Murof. Le soleil a baissé d'intensité. Il est maintenant en rase-motte au dessus de l'horizon. Crépuscule.

C'est également le Crépuscule du Vlad' d'antan. Son déclin est presque total. Seule la naissance d'un enfant, de mon enfant, pourra achever de me rendre ce qui m'a été pris. Et cela ne saurait tarder...

Je sens que je ne suis plus le Iop intelligent que je fus autrefois... Je ne suis pas non plus un Iop comme les autres, tous ces idiots incapables de connaître la plus infime connaissance, quand celle ci relève d'un domaine autre que la baston... En fait, je ne sais pas qui je suis. Ou du moins, je ne le sais plus... Qui suis-je ? A cette question, moi même, je ne peux y répondre.... Je sais ce que j'étais : un faux Iop, purgé de ses défauts. Aujourd'hui, alors que mes émotions, mes sentiments sont presque tous à leur place, les défauts d'un simple Iop refont surface. Et bien sur, je n'en ai pas parlé à Moinon. J'imagine la tête qu'elle ferait, si elle savait que je suis condamné, en l'aimant, à devenir un Iop basique... Condamnée à aimer une personne stupide... Est-ce ce qu'elle souhaite ? Aimer un Iop pour ce qu'il est, ou bien, aimer un Iop pour ce qu'il sait ? Moi, je sais que je ne sais rien... Tous ces raisonnements compliqués que j'aimais tant... Toutes ces idées en boucles infinies, pensées ne signifiant rien, et impossibles à définir par des mots... Désormais, ils me sont inaccessibles. C'est comme cela que je sais ce que je deviens. Une personne incapable de réflexions infaisables...

Toutes ces pensées m'obsèdent et m'effraient... Je me lève rapidement, et contemple une dernière fois le coucher de soleil, jusqu'à ce que le dernier rayon ait franchi la barrière de l'horizon. Après quoi, je fais demi tour, et remonte le ponton de bois craquant jusqu'à son extrémité, là où il rejoint le sol de pierre Murofien. La nuit est tombée sur la ville. Les gens sont moins nombreux. La plupart trainent dans les tavernes, ou à l'Auberge qui roxxe. Et le ciel n'est même pas encore totalement noir, que déjà, un vieil Enutrof, avec sa longue perche surmontée d'un Bwak de feu, s'occupe d'allumer les grosses bougies des lampadaires bordant la rue des Role Players.

Cela me rappelle une phrase... Une phrase que j'ai lue, il y a bien longtemps dans un livre... Un livre dont je côtoie tous les jours l'auteur... Un auteur de génie... Génie de la littérature... Littérature Amaknienne...

« Il est Minuit, citoyens, dormez tranquilles. »

Une phrase dont la beauté n'a d'égale que sa suite...

Bref... A présent, me voilà sur la rue principale de la ville, marchant jusqu'à la Grand place. Un endroit très joli, la nuit... La rue des Enudis est à quelques centaines de Kamêtres plus à l'Est. Le chemin le plus long est celui qui passe par la Grand-Place. Et le plus court passe par les bas quartiers de la ville. C'est le chemin que je n'emprunte que rarement. Et ce soir, je ne suis pas d'humeur à faire le tour, au risque de tomber sur des Murofiens couche tard, comme par exemple Kiri, qui passe ses soirées à trainer de ci de là... Ou encore le jeune couple qu'est celui de Panach et Ninon. On les croise presque tous les soirs, sur la Grand-Place, à montrer leur amour passionné qu'ils ont l'un pour l'autre, à toute la populace nocturne Murofienne... A cette heure, on trouve aussi et surtout, des Eclipsiens... Enfin, surtout les plus sombres, les autres étant partit se coucher. En même temps, vu ce qu'ils font pour occuper leurs journées, c'est normal qu'ils soient des couche-tôt... Et quand je parle des Eclipsiens couche-tard, c'est plus pour aborder le cas Vodh Ka... J'en ai des frissons rien que d'y penser...

Bref... Pour résumer, je n'ai vraiment aucune envie de passer par la Grand Place... Alors aujourd'hui, je rentrerai par les bas quartiers... Et qui dit bas-quartiers, dit aussi « Cousine Faolin ». Mais en réalité... Est ce vraiment pour éviter la Grand place que j'ai une subite envie de couper par le Sombre Murof ? Je commence à me poser moi-même la question... Et plus je m'approche de ma destination, plus le doute s'insinue en moi... Je doute. Je doute de moi même. Et je doute d'une chose toute bête : est-ce vraiment parce que je ne suis pas d'humeur à rencontrer d'autres personnes ? Ou est-ce plus compliqué que cela ? Et est-ce que cela a un quelconque rapport avec celui que je suis en train de devenir ? Est ce que le doute est commun à tout les Iops normaux ? Est-il normal que je doute ? Que je doute de rien, qui plus est... Simplement de la raison pour laquelle je coupe par les bas-quartiers... D'habitude, la réponse serait venue d'elle même... Mais pas aujourd'hui. Plus maintenant... Dans un sens, si je deviens le Iop que je devais être, cela a quelque chose de rassurant : cela veux donc dire que j'ai presque retrouvé toute maitrise de moi, de ce que je suis, de mes émotions, mes sentiments... Je sais qui j'aime, et je n'ai pas besoin de faire semblant, comme j'ai été contraint de procéder avec Elianne...

Me voilà devant un embranchement. Tout droit, et assez près, la Grand-Place, ses habitants nocturnes, ces Eclipsiens, ses animateurs... Et à gauche, une petite ruelle, qui mène dans une série d'interstices entre plusieurs maisons. Des interstices pouvant eux même faire office de ruelles, étant donnée la largeur... Certes, cette dernière n'est pas très importante... Mais certes également, les personnes y vivants ne sont pas bien gros eux non plus... Il est tard, et pour eux, il est l'heure de dormir. Néanmoins, en passant, certains lèvent la tête, et dans la demi-obscurité d'un final de soleil couchant, me regarde... Et je n'ai de cesse de me demander « Que voient-ils ? » Je ne suis vêtu que d'un simple maillot blanc, non de la tunique règlementaire Iopesque. Mes bras n'ont rien de ceux des autres Iops, ils ont pris l'habitude de soulever plumes et feuilles, et non épées et boucliers. De plus, il suffirait de quelques rayons de lunes pour que ces gens aperçoivent la détermination qui brille dans mes yeux. Enfin... Détermination sérieusement entachée par un terrible doute... M'enfin... Maintenant, je suis dans la ruelle, j'observe les gens, et les gens m’observent... Je n'ai plus de raisons de douter. Et pourtant je doute encore... La raison en est toutefois différente : étant donné que celle que je cherche passe désormais ses nuits rue du Bouclier Aqueux, quelle garantie ai-je de la trouver là ? Je sais évidemment où chercher, là n'est pas le probl...

« Merci Mam'zelle... Z'êtes bien bonne...
- Mais tout le plaisir est pour moi... »


Non... Impossible... Cette voix... C'est... C'est elle. Je la reconnaîtrais entre mille... Elle parlait à un vieil homme à la voix cassée, mais pourquoi ? Je tourne brutalement la tête vers la gauche. La conversation vient de... Là, à droite... Non... Impossible... Impossible qu'elle soit là... Pas elle, pas ici, pas maintenant ! C'est pourtant sa voix que j'ai entendue... Je commence à courir, au risque de réveiller, ou de bousculer certaines personnes plongées au pays des songes... Je n'en ai que faire. Désormais, cela se joue entre elle et moi... Car je sais que c'est elle... Aussi fou que cela puisse paraître, j'en suis persuadé... Pourquoi là, dans les bas-quartiers Murofiens, pourquoi aujourd'hui précisément, pourquoi, pourquoi ?

Comme si je ne doutais pas déjà suffisamment comme ça... Je continus à courir, dans les étroites ruelles, je cours aussi vite que possible, courant sûrement dans le mauvais sens, après une chimère disparue... C'était elle, et elle est partie... Je le sens, ou plutôt le ressens...

« Z'êtes bien pressé jeune homme... »

C'est le vieil homme à la voix cassée. C'est lui qui a répondu à l'autre voix, celle que je connais bien. Je chauffe. Enutrof assez âgé, longue moustache, épaisse barbe. Fauché, assurément...C'est la même voix que tout à l'heure. Il l'a vue. Elle était là. Et elle a sûrement eu le temps de partir... Ces étroites ruelles forment un vrai labyrinthe... Dont il est facile de perdre, ou plutôt difficile de trouver quelqu'un...

« La personne avec laquelle vous parliez il y a un instant... Par où est elle partie ?
- Vous l'avez manqué de peu... Il me semble qu'elle a tourné par... Mmmm... Cette ruelle là... »


Il désigne de son vieil index droit, une ruelle plus large que les autres. Elle doit, à coup sûr, rejoindre les lumières de la ville... Je remercie l'Enutrof, et me remets à courir. Cependant, je ne cours pas très longtemps cette fois-ci, car je suis stoppé net. Je viens de percuter une personne de petite taille. Enfin, une personne beaucoup plus petite que moi, devrais-je dire... Je ne l'avais pas vue dans le noir. La lumière a encore diminué... Ou bien était-ce moi qui ne regardais pas où j'allais ? Bref, le moment n'est pas aux doutes, mais aux excuses... La petite créature se relève lentement. Elle semble sonnée...

« Pardonnez moi, débite-je. Je ne vous avait pas vue, je ne regardais pas... Encore une f... »

Dans la quasi-obscurité, je m'arrête, et regarde les sombres traits de mon interlocutrice. Il ne me faut pas longtemps pour mettre un nom sur ses derniers. Mais en réalité, c'est plutôt la façon dont elle se relève qui me met la puce à l'oreille...

« Kam' ? C'est toi ?
- Qu'ils sont longs à la détente, ces Iops qui se disent intelligents... »

Avec un peu d'attention, je remarque une note de sarcasme. Pourtant, je regarde la petite créature, et alors que lentement mes yeux s'habituent à l'obscurité, je peux voir un grand sourire sur son visage... Heureusement, elle ne m'en veut pas... Et au contraire, je pourrais même presque dire qu'elle semble curieuse de me voir... Ma tention redescend soudainement. Kamilla fait partie de ce genre de personnes qui, malgré le fait qu'ils soient presque invisibles à cause de leur petite taille, sont capable de faire oublier n'importe quel souci d'un simple regard. Mais là... Quel étrange paradoxe... Ces créatures, les Eniripsas, comme on les appelle, calment les esprits d'un simple regard ; c'est une de leurs vertus, et pas la plus connue... Comment ce fait-ce donc que, à cet instant, alors que je ne peux que discerner ses yeux, un étrange calme m'envahit ? Très étrange constatation... Je suis bien le seul à me poser ce genre de questions à un moment pareil... Quoique, cela veut donc dire que j'ai gardé une partie de mon potentiel de réflexion, ou du moins, qu'il m'en reste une partie, puisque je suis encore capable de remarquer les paradoxes là où il y en a...

« Stop, me dis-je à vois haute, pour arrêter toutes ces vagues de pensées déferlantes que je ne contrôle pas.
- Que je stoppe quoi ? Me répond l'Eniripsette, intriguée.
- Rien... Rien du tout... Je... Je me parlais à moi tout seul... »

Et c'est reparti.... Elle n'a pas duré longtemps, cette vague d'apaisement d'Eni... Me revoilà en train de penser, d'essayer de penser, de songer que je pense... Mes pensées sont une fois de plus accaparées par des problèmes basiques, que mon cerveau de nouveau Iop tente au maximum d'analyser. Cette fois, c'est vers Kam' que mes pensées sont tournées : où diable sont ses ailes ? C'est une Eniripsette. Une Eniripsette assez connue de la Community, puisqu'il se trouve que c'est elle, la cousine de Fao'. Mais si c'est une Eni, mon esprit se demande donc où ont bien pu passer ses ailes ? C'est une bonne question, car à moins qu'elles ne soient minuscules… c'est donc une Eniripsette sans ailes... Très étrange... Presque aussi étrange que cette étrange maladie dont je suis atteint, et qui m'oblige à me concentrer, à me poser des questions, et à douter sur la nature de toutes choses, qu'elles soient banales ou pas. Cette maladie, c'est celle du changement de classe... Un changement brutal, qui oppose la nature intelligente que je possédais, à celle stupide et Iopesque que je posséderai.

« Ça va ? »

C'est Kam'. Maintenant que je suis suffisamment habitué à l'obscurité, je peux voir le moindre de ses traits. Elle est inquiète. Pour moi, cela se voit. Elle me sort une fois de plus de mes rêves éveillés, m'obligeant à lui sourire pour lui redonner confiance...

« En fait, avant de te percuter, je cherchais quelqu’un. J'ai... entendu sa voix dans une ruelle adjacente, et je me suis précipité pour trouver son origine. C'est là que je te suis tombé dessus.
- Cette personne, dis moi, ne serait pas une Etarip par hasard ? »


Comment le sait elle ? Voilà, tout reprend. En encore plus rapide. L'intégralité de mon esprit fonctionne en accéléré, cherchant à comprendre. D'où connaît-elle la personne que je cherche ? Je sais que le monde est petit, comme on dit, mais là, s'en est trop pour être une simple coïncidence... La petite Eniripsette voit bien qu'elle a mis dans le mille. Quelques secondes plus tard, elle s'imagine avoir trouvé la raison de mon inquiétude. Elle me sourit, me prend le bras gauche, et m'emmène dans ce dédale de ruelle qu'est le sombre Murof. Je sais à présent que je n'aurais jamais pu la retrouver là dedans. Il y a beaucoup trop de chemins qui font le tour de la ville, comme une seconde protection. Une protection qui servirait à perdre les assaillants de Murof, en cas de bataille, si jamais ces derniers cherchaient quelque chose de précis. N'importe qui, s'introduisant en douce dans cette cité se doit de se perdre au moins une fois, avant d'atteindre l'autre Murof, celui de la lumière. Toujours en suivant la petite créature, qui se déplace plus vite, avec plus de souplesse, et surtout en n'ayant pas la conscience constamment occupée. Nous franchissons embranchement sur embranchement. Des chemins, toujours des chemins... Voilà une expérience des plus étranges, qu'il faudra que je note quelque part... Mais le pire pour moi, c'est de me rendre compte, là, en pleine nuit, du nombre de personnes vivant ainsi, ici. Des jeunes, des vieux, des anciens riches, des malchanceux... Certains n'ont plus rien, d'autres n'ont jamais rien eu. Et il aura fallu attendre mes dix-neuf ans pour que enfin, je vois de mes propres yeux à quoi ressemble la face cachée des villes comme celles là. Néanmoins, je n'ai pas le temps de m'attarder sur le sujet. Car Kamilla ne s'arrête pas.

Ah oui, c'est vrai, elle me conduit vers Elle... Elle que je n'ai pas vue depuis longtemps... Elle, avec qui je vais avoir une longue conversation. Elle, qui pense que je l'aime encore comme je l'ai toujours aimée. Or, il n'y a rien de plus faux. Alors que j'aurais toujours du l'aimer, je m'aperçois que ça aussi, Xélor me l'a pris. Il m'a contraint à faire semblant de l'aimer... Et là, alors que je marche, mon esprit est à l'embranchement de deux idées. Je marche tout seul, mon esprit étant très loin de mon corps : dois-je penser à Xélor ? Pourquoi une Divinité comme elle a de tels projets en tête ? Ou dois-je penser à Elle ? Pourquoi était-ce si important que je fasse semblant de l'aimer ? Lorsque Xélor m'a pris mon amour pour elle, il m'a contraint à faire semblant, car c'est tout ce que je pouvais alors faire. Mais pourquoi donc ? Tant de questions qui resteront sans réponse...

Tiens ? Nous avons quitté les ruelles. Nous somme à l'arrière d'une maison, rue du bouclier Aqueux.

- Mais c'est...
- L'ancienne résidence de Jeana, oui... Fao' me l'a confiée, lorsque son propriétaire a déménagé chez lui...
- Et... Elle est là ? Chez toi je veux dire ?


Un simple mot, une simple réponse. Je suis au bord de la folie. A l'embranchement de deux Vlad'. L'ancien et le nouveau. Et alors que le phœnix cherche à prendre son envol, le voilà cloué au sol. Par le poids de son passé. Tout dépendra de sa réponse. Kamilla, bien connue de l'ancien et du nouveau Vlad'. Selon ce qu'elle dira, un des deux reprendra surface ce soir. Moi... Ou moi. Je suis à l'embranchement. Je contemple les deux facettes de ma personnalité se bousculer. Le passé refera-t-il surface ce soir ? Aurai-je droit à toutes les réponses, ici et maintenant ?

- Oui...

Un seul mot. Bref, sec... Sortit de la petite bouche de cette petite Éniripsa... Un mot qui me clous, moi, celui qui suis à l'intersection de deux personnalités, sur place.

Ce sera donc le passé.
*****


Les marches en bois me paraissent lourdes... Et pourtant, ce ne sont que les marches de l'entrée extérieure. Attendez de voir celle de l'étage. Car Kam' m'a dit que son Invitée était à l'étage, dans une des deux chambres. Je n'en sais pas plus, elle est repartie en gambadant, soit disant occupée à chercher Cat' pour lui montrer quelque chose... Et moi je suis là. Devant l'entrée. Si seul... Avec la tête sur le point d'imploser, au bord de l'hystérie, l'estomac à l'envers, les pieds plus lourds qu'un chef de guerre. Je vais affronter mon passé. Et je pourrai oublier toute cette histoire, devenir un Murofien à part entière... Je pourrai enfin rire quand Cat' m'appelle « Chef Vlad' », quand Toro' parle de Curry, quand le flood est à son paroxysme... Ou encore quand mon enfant fera...

C'est avec cette pensée incomplète, car incapable d'imaginer une suite, que mon pied droit se lève enfin, que ma main droite attrape la poignée, la tourne, et pousse la porte. Le tout, dans un infini silence... Avec une respiration lente, un cœur rapide, le sang battant dans les tempes... Le regard légèrement flou par l'afflux sanguin en masse... C'est là, maintenant, aujourd'hui, ici, à cet instant précis, dans cette maison du Monde des Douze, de l'archipel de Murof, de la ville du même nom, dans cette maison rue du Bouclier aqueux, que je me rends compte d'une chose...

L'invitée, contrairement aux informations de Kam', n'est pas dans sa chambre... Elle est là, sur un canapé en cuir de bouftou. Elle m'a vu entrer. Elle m'a entendu, ou plutôt a entendu le sang qui bondissait, prêt à sortir de mes veines... Elle n'a pas changé. Cela fait si longtemps... Je suis totalement immobile de l'extérieur. Elle en fait de même...

- Tu es enfin là... Me dit-elle.

Sa voix me transporte dans le temps, me fait revivre un passé moins glorieux que dans mes souvenir encore intacts... Rien que sa voix, uniquement sa voix... Et je me souviens de choses que j'aurais préféré oublier à jamais... Des souvenirs d'outre-tombe... Je voyage dans le temps, vraiment. Tout ce temps, à faire semblant... A profiter de l'opportunité qu'elle m'apportait, à moi, et au Dieu que je servais... Je ne sais quelle doit être ma réaction. Alors, je n'en ai pas. Je reste là, à la fixer, tout comme elle me fixe... Je n'ai pas l'impression d'être réellement là. C'est étrange, mais contrairement aux autres fois où mon esprit s'en allait, laissant le corps travailler pendant que lui s'envolait et pensait librement sans aucunes barrières, cette fois, ce n'est pas la même chose. Mon esprit est encré à mon corps. Car pour penser, je dois la voir, je dois me rappeler, je dois l'entendre... Et pour que cela soit réalisable, mon esprit ne doit pas être indépendant de mon corps... Il s'enfonce plutôt... Je sens les choses fonctionner dans l'autre sens. Au lieu de s'envoler, il s'enfonce dans les profondeurs de l'âme... Si tout ceci pouvait prendre fin... Si cette torture pouvait finir... Je m'enfonce, dans les souvenirs, dans la pensée, dans les méandres de moi-même... Dans celui que je fus, dans celui que je suis, dans celui que je serai. L'intense concentration que j'éprouvais en entrant dans la pièce se transforme en un flux, un flux mouvant qui me fais m'enfoncer dans une autre réalité, dans laquelle plus rien n'a de secret. Ne l'espace ni le temps. Il me suffit de penser à quelque chose pour en avoir la réponse... Je ne me demande rien... Si je le faisais, je perdrais toute maitrise sur cet endroit, sur ce moment unique, qui jamais plus ne se reproduira...

Je me laisse emporter, au gré des courants, de ce flux de pensées, et je vois une chose... Elle est cependant diffuse...très diffuse et floue. En me concentrant un peu plus, je peux apercevoir une petite fille, toute petite mais joyeuse. Elle court...court vers son destin peut-être, tandis que moi, je suis encré dans le mien. Elle rit... Malgré... Malgré ses yeux qui ne peuvent rien voir. Elle court, rit, cri, profite de la vie malgré tout. Mais c'est alors qu'une autre tache entre dans ce tableau. Une grande tache. Rouge, blanche... Un Iop. Un très grand Iop. La petite l'entend et court vers lui. Lui se baisse pour pouvoir la prendre dans ses bras. Un père et sa fille... Il l'appelle par son prénom : Elianne... Elle est aveugle... Elle n'a pas encore de classe, car elle ne la choisira qu'à ses douze ans... Elle s'amuse, elle rigole... Elle est heureuse avec lui... Et lui, il est Iop, il est grand, mais pourtant jeune... Il chahute avec elle... Malgré son handicap, elle se débrouille bien... A moins que ce ne soit lui qui se laisse faire... Lui... Ce Iop... Qui n'est autre que...

… Moi.

- Elianne... Murmure-je, les larmes aux yeux
- Bah alors, Vladette... Me répond-t-elle, avec un air neutre sur le visage. Toujours aussi dur à l'extérieur, mais si mou à l'intérieur ?
- Comme tu le vois, certaines choses n'ont pas changé...
- En effet...
Continue-t-elle toujours impassible, tu m'aimes toujours autant qu'avant...

Une chose est sûre ; je suis bel et bien entré dans cette maison, parlant à mon passé, sur les tons du futur. Mais je suis aussi totalement sorti de ce lieu de rêve dans lequel j'étais il y a encore trois secondes...

- Tu sais tout ?
- Le temps n'efface pas certaines choses, mais il peut en écrire d'autre, par dessus les anciennes écritures...
- Si tu as appris toute la vérité, tu sais donc pourquoi je faisais ce que j'ai fais ?
- Oui, je le sais. Et je ne t'en veux pas. Car contrairement à ce que tu sembles croire, je ne suis pas là par pure coïncidence... Je suis là parce que tu m'as promis, il y a de cela fort longtemps, que nous nous reverrions, lors du début du plan de Xélor. Tu m'as oubliée. Mais pas moi. Je suis donc là pour faire en sorte que ta promesse soit toujours valide. Je suis venue te ramener auprès de Xélor...
- Impossible.


Elle semble surprise... N'est-elle pas au courant de la personne que je suis devenu ? Ne sait-elle pas ce que je suis, ce que je suis en train de devenir ? A t elle vraiment cru revoir le Iop d'antan, celui qui ne se battait pas pour des nobles causes, mais uniquement pour le profil Divin, celui d'un Dieu en particulier ? Elle prend subitement une expression encore plus sérieuse. Elle me regarde, me fixe, me dévisage, comme si elle cherchait à voir en moi, à y trouver une quelconque faille... Mais cela est impossible ; j'ai retrouvé la capacité d'antan, à savoir, pouvoir me fermer sur moi même, à l'instant même où mon passé a resurgi quand je suis entré dans cette salle. Comprenant son impuissance à chercher les réponses dans mes yeux, et en devinant sûrement que j'étais bien celui que je semblais être, grâce justement au fait qu'il lui est impossible de me sonder mentalement, elle pose la plus étrange des questions auxquelles je pouvais m'attendre :

- Qui es-tu ?
- Celui que je suis devenu.
- Ce n'est pas ce que je voulais entendre,
poursuit-elle, je veux savoir ce qu'il en est advenu du Vlad' que je connaissais. Du sans cœur, de celui qui connaissait toute les définitions du mot « impossible », mais qui jamais n'en a employé ne serait ce qu'une seule. Qui es-tu ?
- Les gens changent à Murof, l'ignorais-tu ?


Je me rapproche enfin. Faisant quelques pas dans la maison, j'observe sa réaction. Il est évident qu'elle ne sait pas qui je suis. Il est évident qu'elle a vraiment loupé un épisode, surement un des plus importants, de surcroit. Et il est évident que si je ne fais pas d'efforts pour lui expliquer, elle restera dans cet état d'incertitude, de doute et de questions sans réponses. Pour la première fois, j'ai la possibilité de mener la conversation, de prendre le dessus. Je peux enfin avoir le dernier mot, car désormais, elle ne veut plus me rapporter à son maitre d'acier : elle veut des réponses.

- Oui, je l'ignorais. Qui es-tu ?
- Moi ? Je suis Valimir du Gondor. Et je suis un Murofien.


Alors, je m'assois devant elle. Et nous voilà partis pour une longue explication. Pendant tout le temps que durera mon récit, elle ne m'interrompra que très peu de fois. Uniquement pour demander confirmation sur un point, ne croyant tout simplement pas comment la personne insensible que j'étais avait pu tomber littéralement amoureux d'un disciple de l'être que je m'étais mis à haïr plus que tout. Elle dut se maitriser plusieurs fois, étant au bord des larmes, notamment quand je lui contai, de tout les mots dont je possédais, ce que je ressentais pour cette Moinon. Sans doute une réaction féminine... Quoi qu'il en soit, pendant un long moment, nous restâmes, là, à nous regarder, pendant que j'usais de tous les stratagèmes qu'ils restaient de mes bribes d'intelligences pour lui faire comprendre à quel point j'avais changé. Je lui expliquais des tas de choses, comme par exemple, les causes de ce changement ; des définitions diverses, comme ce qu'est réellement l'amitié, et pas simplement le fait d'être un compagnon d'arme qui vous a sauvé la vie lors d'une quête à la recherche d'un artefact pour un dieu malsain. Rien que cette phrase est longue à expliquer... Voilà pourquoi cette discutions ne prit fin que bien plus tard. Après que je lui ai parlé du fait que d'un moment à l'autre, je pouvais devenir officiellement papa, ce que l'on ressent à savoir cela... Ce que l'on ressent tout cours. Voilà une chose assez compliquée à apprendre. Le fait de ressentir, celui qui diffère de sentir. Voilà une chose difficile à expliquer. Et bien qu'Élianne n'ai pas subit le même traitement que moi, le fait de lui expliquer cela semble avoir détendu son penchant pour la violence.

Ce n'est plus la même Elianne qu'autrefois. Ce n'est même plus la même Elianne qu'au moment où je suis entré dans cette salle. Quelque chose a changé dans son regard. Quelque chose de furtif, d'invisible... Et pourtant, quelque chose qu'il est possible de ressentir. Peut-on changer en si peu de temps ? Est-ce qu'un discours, même s'il est long, peut vous changer une personne ? Je pense que la réponse est oui. Lorsque le discours en question est prononcé par une personne possédant les mots pour exprimer clairement ce qu'il pense, ce qu'il veut montrer. Et je pense faire partie de cette catégorie de personne, puisque Elianne est différente. Extérieurement, cela ne se voit pas. Mais intérieurement, le fait d'avoir pu provoquer des réactions menant la personne insensible qu'elle était (ou était presque plutôt...) au bord des larmes, on peut dire qu'elle a changé. A-t-elle retenu un enseignement de cela ? A-t-elle appris des choses ? Est-elle heureuse pour moi ? Je n'en sais rien. Et la seule chose dont je sois désormais sûr, c'est qu'il fait jour.

Et que cette longue interlude, mélangé au fait que des ombres du passé aient soudainement ressurgi, a accéléré le processus qui fait de moi un Iop à part entière. C'est peut-être bien la toute dernière fois que je suis en mesure de tenir un vrai discours, avec plus de cinq mots, comme le fond tout les Iops... Et c'est peut-être aussi la dernière fois que le très ancien Vlad' fait surface...
Mais comment en suis-je arrivé là...
*****


Les matins murofiens. Chose sublime que chaque homme et femme devrait connaître, au moins une seule fois dans sa vie. Alors que les derniers Pandawas quittent la célèbre Auberge qui roxxe, les premiers bateaux de pêche quittent le port. Dans un même temps, les stands, lentement, ouvrent les uns après les autres, sur la Grand Place. Nous sommes en Jouiller. Nous sommes en été. Et le célèbre Marché de Murof est encore plus actif à cette période de l'année. Voilà bien une petite liste, regroupant les principales qualités des matins murofiens. Et je suis sûr que cela suffit à montrer au plus cruel des tyrans que Murof a un bon fond. Je pourrais parler de ce que j'aime de ces chaudes matinées estivales murofiennes pendant encore des heures, mais je n'ai pas tout ce temps.

En ce moment, j'expérimente une nouvelle chose. Une chose que, malgré toutes ces années passées dans cette ville, je ne connaissais pas. J'aide une personne autre que moi à revenir dans le droit chemin.

Elianne c'est endormie. Et alors que le soleil commence faiblement à percer à travers les rideaux tirés de la maison de Jeana', je suis là, assis sur le canapé en cuir rouge, avec la tête de l'Etarip endormie sur mes jambes. C'est étrange... Comment une personne peut paraître aussi calme lorsqu’elle dort, alors que pourtant, je sais de quoi ladite personne est capable. J'ai vu de mes propres yeux les destructions qu'elle a causé, sa froideur, et son manque de compassion. Mais cela fait si longtemps... Tellement longtemps, que ce n'était pas réellement moi qui était avec elle, dans ces sanglantes missions pour le traitre divin. C'était un autre Vlad'. Tous ces souvenirs me reviennent lentement, depuis l'instant où je suis entré dans cette pièce... Je revois celui que j'étais, quelque fois avec plus de précision, quelque fois complètement flou. Je profite de mes derniers instants de réflexions pour porter un jugement sur toutes les personnes que j'ai pu côtoyer, et qui me reviennent lentement en tête... Je ne me souviens pas du nom de chacun, mais je me souvients de leurs actes. Tant de choses qui aujourd'hui semblent barbares, tant de carnages, tant de mort... Et moi, un coordinateur des opérations ? Moi, Vlad', grand écrivain de Murof, membre actif de la gestion Administrative de la ville depuis peu, moi qui aime tant celle que je me plais encore à appeler « petite Xélorette »... Moi, Vlad', bientôt papa, c'est moi qui fut à l'origine de tant de victimes, tant de chaos... C'était moi. Je recevais les ordres Divins, je les faisais exécuter. Il en était ainsi. Comment ai-je pus changer aussi radicalement...

C'est là, soudainement, que la nuit qui vient de s'écouler, prend un sens pour moi : je viens de comprendre quelque chose. Moi, je suis à Murof depuis assez longtemps maintenant. Combien de temps m'aura-t-il fallut pour changer, pour passer de celui que j'étais, à celui que je suis ? La réponse, je la connais ; longtemps. Tout c'est effectué progressivement, étape par étape. Voilà ce qui arrive quand on est endoctriné. Il faut du temps pour redevenir lucide. Beaucoup de temps. Elianne, elle, n'était qu'un pion, malgré sa puissance, et sa conviction de faire le bien, lors des exécutions sommaire. Elle n'était pas ce que j'étais. Elle n'était pas constamment surveillée par le Dieu du temps, puisque c'était mon rôle que de la surveiller. En bref, je me rend soudainement compte que rien ne la retenait, qu'elle aurait pu partir à chaque instant, ne pas prendre part à toutes ces horreurs... Contrairement à moi, qui recevais quotidiennement ma dose de bourrage de crane à la méthode Xélor. Je ne pouvais pas me rebeller, puisque rien ne m'aurait poussé à le faire, étant totalement soumis. C'est pour cela que, elle, il ne lui aura suffis que d'une seule nuit pour comprendre la vérité, tandis que moi, des années auront été nécessaires. Parce que elle, elle n'était pas soumise à toute cette propagande Xéloresque.

Tout est calme ici. Au fond de la pièce, une grosse horloge émet un tic-tac régulier. Moi, je suis plongé au plus profond de mes pensées, Elianne est endormie, sereine, calme... Ses cheveux blond extrêmement clairs lui tombent de part et d'autre de son visage, tourné sur le coté. Je suis là, contemplant mon esprit, réfléchissant, pensant, et faisant de façon répétitive le même mouvement. Lentement, comme j'aime si bien le faire avec Lully, le chacha de Magnon, je lui caresse ses longs cheveux. Tout cela est si étrange... J'ai l'impression d'être avec la Xélorette que j'aime tant... Et pourtant, je suis avec elle, avec Elianne, avec mon premier amour... Avant qu'il ne me soit enlevé à jamais. Avant que Xélor ne me retire même cette chose, la plus belle de toutes les choses : l'amour. Cela aussi, je n'en avais pas le droit. Et alors que elle, elle avait longtemps cru m'aimer, moi, je jouais la comédie. Et là, alors que mon cœur appartient déjà à quelqu’un, à une personne pour qui je serais près à donner jusqu'à ma vie, je me retrouve confronté à une situation plutôt étrange. Me voilà capable d'aimer, et me voilà avec Elianne, l'Etarip qui fut la première à prendre mon cœur. Je suis là, assis, dans le silence le plus total, avec elle sur mes jambes, endormie, et moi qui lui caresse les cheveux... Tout cela est des plus étranges... Je n'arrive pas à réellement fixer un mot sur ce que je ressens actuellement. Après tout, c'est normal, étant donné que je ne suis plus qu'un simple Iop...

Rien ne peut briser la tranquillité de se moment. Rien ne doit pouvoir le faire. Et pourtant...

Soudainement, l'horloge que j'évitais du regard se met à sonner. Et pas du bruit sourd que j’attendais. Voilà que, à la place, j'entends un long bruit aigu... Un bruit qui me fait froid dans le dos, car il réveille en moi d'étranges souvenirs... Trois longs bruits aigus et raisonnants, comme sur un casque en métal. Tel était le bruit de rassemblement qui précédait chacune des apparitions de Xélor.

L'étrange son venant de l'horloge se répète effectivement trois fois. Trois longues fois pendant lesquelles Elianne se réveille en sursaut, se positionne (sans doute à cause des vieilles habitudes que l'on n’oublie jamais réellement) de façon droite, dans un garde à vous qui est propre à l'ancienne armée de Xélor. Quant à moi, j'ai le temps de me rendre compte que, au vu de la position complètement quelconque des deux aiguilles, ce son étrange ne peut donc annoncer qu'une seul chose. Je me lève à mon tour, dégainant mon épée, que je porte continuellement sur moi, prêt à essayer de trancher la tête à la Déité qui semble enfin vouloir se présenter après tant de temps, autrement que dans mon sommeil.

Juste à coté de l'horloge, il y a une porte. La porte menant à la cuisine, située juste derrière la salle à manger, où nous sommes actuellement tout les deux debout. Le troisième coup prend lentement fin, dans un long écho, qui semble se répéter à l'infini... Quand soudain, un vieux bruit de grincement de porte me fais légèrement tourner la tête, décalant mon regard de l'horloge à la porte d'à coté. De part cette porte, une tête dépasse de l'embrasure, le corps semblant vouloir rester caché de l'autre coté.

« Alors les enfants, on veut se défaire de mes liens ? J'ai presque fait toute votre longue éducation en matière de vilénie et de mercenariat, et c'est pourtant ainsi que vous souhaitez vivre ? S'amuse Xélor derrière son masque. »

Quand à moi, je rage intérieurement. Il a anticipé le fait que je veuille, même si cela n'aurait servis à rien, lui assener un coup d’estoc en plein dans sa face d'aiguillage.

« Écoutez moi attentivement, continue t il ; j'ai d'autres choses bien plus importantes à faire après vous, alors je veux seulement vous porter un dernier coup de grâce, et après, je vous quitte.
- Un coup de grâce, que voulez vous dire ?
Demande Elianne, sur le ton froid quelle semble ne pas avoir perdu et quelle a toujours possédé en présence de la Divinité.
- Moinon est sur le point de donner la vie, Valimir. Termine t il en toute beauté. »

On m'a souvent reproché mon penchant pour les phrases grammaticalement peu correctes, ou pour les jurons injurieux, qui me sortent tous seuls de la bouche, lorsque quelque chose d'un peu embêtant se produit. Je pourrais vous laisser imaginer ma réaction à chaud, à la suite de cette courte phrase prononcé par l'être qui prend tant de plaisir à me rendre la vie plus dure dès qu'il en a l'occasion. Mais ce ne serait pas marrant.

C'est une phrase relativement très employée dans les camps mercenaires d'Astrub. Étant donné que j’étais en train de penser justement à un événement qui eut lieu à Astrub, avant que l'horloge ne commence à sonner, il semble logique que ce soit la première phrase qui me vienne à la bouche à ce moment là.

« Bordel de Iop et des quarante deux putains de Bonta ! »

Réaction à chaud, bien sûr. C'est pas le genre de truc qui fait des histoires à raconter à un gosse. En revanche, c'est le genre de truc qui sort complètement naturellement, lorsqu’on apprend que le moment qui est à la fois le moins et le plus attendus de sa vie est sur le point de se produire.

Et je suis sûr que jamais Elianne ne me laissera jamais oublier ça. D'ailleurs, vu la tête amusée qu'elle fait en me regardant, je pense avoir deviné juste. Avait-elle seulement cru mon histoire ? Quand je lui ai dit que j'allais bientôt être père ? En tout cas, elle y est bien obligée maintenant que le moment est finalement arrivé. Jour J, heure H, comme on dit...

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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Lun 15 Aoû 2011 - 16:39

Merci beaucoup \o/ Donc tu me préviens, okay, okay...
J'ai terminé en fait... C'est pas trop long je crois ' 3'... Il y a Core Van Heim que je cite sans le faire intervenir dans ce texte, seulement il n'est pas encore inscrit dans la liste des habitants... Je pense peaufiner un peu en attendant ^^
_ _ _

Si je devais commenter cette première partie, je dirais qu'elle est juste "longue à lire" '3' J'ai lu en entier le passage avec Kami ( Bien fait d'ailleurs, Vlad a bien sû retranscrire Kamilla \o) et puis... j'ai lu els dialogues... et un peu les pavés ' -' ...
Mais cette Elianne là, l'Etarip, elle n'est pas inscrite non plus chez les habitants de Murof '-'
Donc je vais essayer de tout lire \o
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Lun 15 Aoû 2011 - 16:48

Courage Maeve ! Je t'observe depuis l'ombre !
Pas le temps de tout lire pour voir la correction, mais je te fais confiance ! ^^
Ewi Kam' : Elianne n'est pas dans la liste des habitants. Mais je la fait intervenir depuis ma toute première partie Murof. Du coup... Bah, fais intervenir un personnage fictif de temps à autre n'est pas mortel... C'pas interdis ! ;)

Merci pour cette correction Maeve, et moi même, j'attend la suite, et d'éventuels retour positif, bien que je sais déja que la longueur risque de faire défauts aux moins courageux...

Ah, et au fait Kam' : tu peux poster ta partie entre deux morceaux de la mienne... Même si, si c'est possible, ce serais mieux d'attendre qu'elle soit en un seul gros morceau... Et désolé de ne pas être passé plus tôt pour répondre à tes questions... Je suis assez occupé ^^

A la semaine prochaine !
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Re: Murof, l'original

Message par Maev' le Lun 15 Aoû 2011 - 17:02

Elianne n'est pas dans la liste des habitants, oui. En même temps, on ne savait pas encore qu'elle était là ! ...si ? La dernière fois qu'elle était dans une partie, elle était enfermée au fond d'une cale...

Je pense ne commenter qu'à la fin des trois parties, Vlad. Ayant déjà lu l'intégralité, je n'ai pas la force de relire encore une fois pour avoir de quoi critiquer ' 3'
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Re: Murof, l'original

Message par Fao le Mer 17 Aoû 2011 - 22:42

Un truc m'embête - une seule chose - et me tracasse...
ça n'a pas grand chose à voir avec ta partie, mais celle-ci le souligne de manière trop... prononcée.
On parle du passé de Vlad', son passé de vilénie et de mercenariat...
Mais Vlad' n'a pas de passé!
Il a 19 ans, il commence à peine à se raser...
C'est...

la seule chose que j'ai à dire...

Quand au classement Chapitre XX (Untel), c'était à moi de le faire... Mais j'étais pas là... tu m’excuseras, Kam'?
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Re: Murof, l'original

Message par panach le Jeu 18 Aoû 2011 - 1:29

Je me rasais déjà à 14-15 ans ....*sort*
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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Jeu 18 Aoû 2011 - 9:34

Je commence tout juste à saisir le classement :')
Moi j'ai toujours pensé qu'ici, quand on parlait du "passé" de qqun, c'était "d'où il vient?", "comment il est allé à Murof?" ...
... Si c'est pas ça je vois même plus l'utilité de ma partie à part les séquences-dialogues que mimi a adoré . 3.
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Re: Murof, l'original

Message par Fao le Jeu 18 Aoû 2011 - 12:32

Tu parles de ce que tu veux, Kami, du moment que tu fais agir des personnages de Murof...
N'empêche que c'est pas bête, ce que tu dis, on pourrait classer toutes ces parties "d'où je viens" au début et les autres à la suite...
Mais quand on aura tout...
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Chapitre 27 bis (Moinon)

Message par Maev' le Jeu 18 Aoû 2011 - 17:38

Aucun signe de Moinon, même pas de connexion. Je poste, donc, afin de ne pas laisser trop de temps entre les parties.
Bonne lecture !
_________________________
---MOINON---

Avec le reste de mes forces, j’entrouvre les yeux. C’est étrange... Je n’entends plus les voix de Fao', Vlad’ et Elianne. Je n’ai plus mal... Je n’ai plus de contractions. Je me sens... Paisible. Comment est-ce possible puisque je n’ai toujours pas entendu le cri du bébé que je porte ? J’ouvre mes yeux. Je ne vois rien. C’est normal ? Non... Bien évidemment, ce n’est pas normal. Il fait noir. Noir... Noir... Comme... Comme...

Une succession d’images me submergent. Non... Pas là ! Je referme les paupières. Je me sens si paisible... Je n’ai plus mal... Je ne vois plus rien... Je rouvre mes yeux, maintenant habitués à l’obscurité ambiante. Oui... je suis bien là... Dans le Tunnel des lamentations. Le tunnel qui conduit... De la vie à...La mort. Je m’affole... Du moins j’en ai l’impression, ou plutôt mon cerveau à gardé l’habitude de dégager cette sensation d’affolement dans ces conditions... Car mon cœur lui, ne réagit pas. Il bat... Faiblement. Il ne m’est pas difficile de discerner son tambour dans ce silence oppressant. Je tourne ma tête vers la gauche, et j’aperçois... comme prévu, des images floues. Je peux distinguer une tache beige surmontée d’une tache rousse. Vlad’ essaye de me réveiller sûrement. Une autre tache, correspondant à Fao’, vient et semble prendre le poignet du corps que j’ai quitté. Je tourne ma tête vers la droite. Une petite fille court aux côtés d’un jeune garçon. Que vont-ils dire quand ils vont me voir arriver ? Les deux jeunes enfants rejoignent deux adultes. Papa... Maman... Nëman, et Origon... Je vais bientôt vous rejoindre... Je me retourne vers les images floues. « Adieux ! » Pense-je. Je me place vers la « mort ». Des larmes me viennent aux yeux. Mourir. Je suis de nouveau morte. Morte en essayant de mettre au monde mon enfant. Comment ça va se passer maintenant ? Comment Vlad’ va-t-il vivre ma mort ? Va-t-il finir avec le temps par se remarier ? Ai-je finalement réussi à mettre quand même le bébé au monde ? Peut-être que je suis morte dans ma dernière poussée ? Non... Je ne me souviens même pas qu’Élianne ait dit : « Je vois la tête du bébé ! ». Morte... Sans avoir donné à Vlad’ ce qu’il souhaitait... Je m’en vais. Ça y est, je pleure. Les larmes se dégagent de mes yeux et se mettent à flotter autour de moi. Tout comme moi en fait... Je flotte dans ce tunnel ténébreux. Bon... C’est partit.

Je me mets à faire un mouvement de brasse pour pouvoir me déplacer. Je ne bouge cependant pas d’un millimètre. Je redouble mes efforts et me fatigue. Rien. Il ne se passe rien. Je suis coincée. Mon cerveau s’affole. Ah non ! Je ne veux pas finir coincée dans ce tunnel effrayant ! Mes pensées ne devraient pas tarder à passer…à glisser le long des parois, à gémir le passé, à chanter mes rêves, à parler de mes amis, à illustrer mes peurs et mes angoisses, à refléter mes bonheurs de l’ancien monde... De mon passé. D’ailleurs... Pourquoi ne sont-elles pas déjà là ?

« N’est-ce pas étrange ? Dit une voix.
- Qui…qui est-ce ?! M’affole-je en me retournant violemment vers la personne.
- Mais c’est moi ! Ne reconnais-tu plus ta divinité ? plaisanta Xélor. »

Xélor ? Mais…que fait-il ici ?

« Je viens t’expliquer certaine choses…car, tu as besoin de quelques renseignements.
- Oui…je le pense aussi.
Dis-je en me calmant.
- Bien. Déjà... J’aimerai te dire que malgré tes peurs... Tu n’es pas morte. Du moins, pas encore. Tu es, comme on le dit si bien, entre la vie, dit-il en pointant les images floues, et la mort, continue-t-il en désignant ma famille.
- Je…je ne suis pas morte ?
- Non... Dans l’ancien monde, tu es juste inconsciente. Tu continue cependant à pousser avec tes dernières forces. Je n’en reviens d'ailleurs toujours pas... Se battre ainsi... Pour ça ? »


Je manque de lui donner une claque. « Ça » est le plus grand bonheur qui va m’arriver après Vlad', bien évidemment. Pour ça, je me battrai jusqu’au bout ! Même si au fond je dois mourir !

« Ça tombe bien... Ricane-t-il. Puisque en fait, quoi que tu choisisses... Tu vas mourir !
- Co…comment ?
- Oui... Il te manque certaine informations. Bien, commençons par le début... Mais assis-toi, une femme enceinte ne doit pas rester debout ! »


Ha oui…j’ai gardé mon gros ventre…Deux chaises apparaissent. Xélor s’assoit sur une et moi, après quelques moments d’hésitations, je fais de même sur l’autre.

« Commençons par le début, veux tu...
- Ma mort ?
- Non. Celle de l’ancien Valimir.
- Vlad’ est...
- Non…il n’est pas comme toi. Laisse-moi le temps de t’expliquer tout cela convenablement. Valimir est Iop... Tu le sais bien. Il a choisit sa classe à ses douze ans. Je le revois encore, heureux de choisir la classe de mon idiot de frère imbécile ! Grogne-t-il. Seulement, comme tu l’as remarqué, il est intelligent... Très intelligent pour un Iop. Quand il était encore sans-classe, ses professeurs avaient bien remarqué cette intelligence hors du commun. Alors, le jour où il est devenu le disciple de Iop, je lui ai proposé de garder son intelligence. Mais en échange, je lui prenais tous ses sentiments. Le marché conclu, il est devenu Iop, en gardant son intelligence... Mais sans « cœur ».
- Sans cœur ?
- Oui... Je le lui ai enlevé. Métaphoriquement bien sur. Le cœur des ressentiments, celui des émotions. Ce serait évidemment trop compliqué à expliquer... Néanmoins, sache que ce cœur est lié très étroitement avec ton cœur réel, celui de la vie... Bien, jusque-là tout va bien ma chère disciple ?
- Oui…je pense.
- Bien... Ensuite, nous en venons à ta mort. A la mort de Namën. Tu es morte un an après, dans de tragiques conditions... Enfin, tu te rappelles tout ce qui s’est passé... Le passage devant les dieux, leur accord pour une nouvelle vie et ton choix pour ma classe. Et bien, j’ai été confronté à un énorme problème vois-tu. Un problème connu des autres, qui semblaient jubiler de savoir que c'était à moi de le résoudre... Tu étais morte, donc, ton cœur s’était arrêté. Impossible de le redémarrer. Alors, je me suis souvenu de ce cœur que j’avais pris l’année précédente : celui de Valimir. Tu te souviens que j’ai imposé ma main au niveau de ton cœur ? Et bien, je ne l’ai pas redémarré comme je te l’avais promis, j'ai juste installé le cœur de notre cher Valimir à cette place.
- Mais... Et mon ancien cœur ?
- Il est toujours là... Inactif.
- Attendez... Vous être en train de me dire que j’ai...
- Que tu as deux cœur dans ta poitrine oui, tu as bien compris.
- Mais... Valimir m’aime... Si j’ai réellement son cœur, alors tout cela…
- Je n’ai pas fini. »

*****


Il marque un temps de silence. Je m’en sers pour essayer d’en faire ma propre déduction. Si Valimir m’aime, ça veut dire... Que soit il a réussit à retrouver un cœur... Soit il...

« Soit il reprend le sien. Continue-t-il.
- Mais... S’il reprend son cœur... Ça veut dire que moi...
- Une fois qu’il aura repris l’entière possession de son cœur... Moinon Minou aura cessée d’exister. Pour résumer la situation, il te tue petit à petit. »


Je n’en reviens pas. Tout cela me parait totalement impossible. Mais... Comment peut-il reprendre son cœur ? Comment peut-il me le prendre ? Et si je suis vouée à mourir... Alors...

« A quoi bon ressusciter ? Devine t il sur un ton de lassitude absolue.
- Quand devrai-je mourir ? En avez-vous une idée ?
- Oui... Mais pour t’expliquer cela, il serait bon de t’expliquer encore depuis le début, qui n’est autre que l’arrivée de Valimir à Murof. En vérité, comme il est écrivain, il recherchait depuis un certain temps ce qu'étaient les émotions, les sentiments, enfin tout ce qu’il ne pouvait éprouver. Une fois arrivé à Murof, il a trouvé en cette ville une certaine confiance. Il s’est mis à (sans s’en rendre compte) imiter les gens autour de lui... A apprendre à réagir émotionnellement... Seulement, un jour, une certaine Moinon Minou est arrivée à Murof.
- Vous savez, vous n’êtes pas obligé de dire Moinon Minou... Vous pouvez dire : « vous ».
- Ou plutôt Namën Minou...
- Namën est morte... Elle n’existe plus. Dis-je en grognant.
- Bien... Je continue. Tu es arrivé à Murof, avec son cœur... Et même mieux ! Tu es devenue son amie, donc une personne qu’il pouvait côtoyer souvent. Son cœur étant enfin à sa portée, il a pu, par une forte volonté, le reprendre. C'est excessivement compliqué à expliquer tout ça... »


Il a buté sur le mot volonté... Comme si c’était difficile pour lui de comprendre ce mot, et pourquoi, nous les humains pouvions trouver en cette volonté, des dernières forces.

« Exactement, chère disciple. Approuve-t-il. La volonté des humains m’étonne fortement. Par cette simple volonté, ils sont capables de faire de grandes choses, des miracles même ! Par cette volonté, certains sont capables de nous dépasser ! Bref, ne nous égarons pas du sujet primaire. Il a pu reprendre son cœur, à ton détriment. C’est grâce à toi que cet abrutit à pu ré-éprouver des émotions et tomber amoureux. Au fur et à mesure qu’il se rendait compte qu’il éprouvait quelque chose, il reprenait un peu de son cœur. Comme par exemple au moment où il a vu ton visage pour la première fois, ou quand vous avez créé votre enfant, ou quand tu lui as avoué tes sentiments, et enfin, quand tu lui a annoncé que tu étais enceinte. Tout ça, plus quelques petits événements quotidiens. Le dernier morceau - si je puis l’appeler ainsi - de cœur qui reste sera repris, lorsqu’il verra votre rejeton sortir de ton ventre.
- Donc, je vais mourir après avoir mis au monde notre enfant.
- Exactement. Tu comprends vite !
se réjouit-il.
- Donc, ce que vous essayez de me faire comprendre c’est que j’ai le choix entre mourir ainsi sans réelles souffrances, ou mourir en donnant à mon mari l’enfant qui le guérira, mais, qui me fera énormément souffrir.
- Vu comme cela, et en te connaissant, je sais que malgré la douleur, tu va choisir la deuxième option. Je me trompe ?
- Non... Un dieu ne se trompe jamais.
- Oui, en effet. Seulement, je n’ai pas envie que tu te fasses des idées. Dans le marché que nous avons conclu lui et moi, je lui donne intelligence, et il me donne son cœur. S’il reprend son cœur...
- Alors vous reprenez son intelligence...
- Oui. Sachant qu’il est excessivement attaché à vous, il sera vite dépassé par les événements. Alors, un bébé en plus et son intelligence en moins... »


C’est vrai que vu ainsi... Autant partir avec le bébé. Mais... Pourquoi Xélor me dit tout ça ? J’aurai pu mourir sans...

« Je ne veux pas que tu fasses un mauvais choix sans t’en rendre compte. Te connaissant, tu aurais choisis sans hésiter la vie. Mais... Namën... Regarde par là. »

Il me désigne ma famille. Souriante. Joyeuse. Je n’en avais plus que quelques souvenirs mais... En les voyant une fois de plus, tout me revient brusquement en mémoire. Si je dois mourir de toute façon... A quoi bon continuer de vivre ? Si à cause de moi, Vlad’ doit devenir stupide... A quoi bon me battre pour une chose qui ne lui apportera rien de bien... Si ce n’est un enfant, qu’il devra éduquer seul... Sans moi. Tout cela n’est pas si compliqué. La meilleure des solutions est bien de mourir maintenant. Cependant... En ai-je véritablement envie ? Ai-je véritablement envie de mourir en fuyant ainsi, n’ayant jamais éprouvé le bonheur d’avoir mis au monde un enfant ? Ai-je véritablement envie de mourir en gardant comme dernière image de mon bien-aimé, un visage crispé par la peur ? Ai-je véritablement envie d’une mort comme ça ?

Non. Non, j’ai envie de le voir heureux pour pouvoir à mon tour être heureuse de revoir ma famille. Et de redevenir la Namën que je fus !

« Étrange tout de même ce choix de prénom... Moinon. Tu connaissais quelqu’un qui se nommait ainsi ?
- Non, c’est juste qu’après m’être... »


Attend…il devrait savoir pourquoi j’ai choisis de me nommer ainsi... Un dieu sait tout. Il entend tout. Et surtout, il veille sur ces disciples. Je marque un temps d’arrêt... Suspicieuse. J’attends un signe de manifestement de sa part pour voir s’il se moque de moi ou non. Pourtant, il semble vraiment étonné... Étrange. Enfin bon, même les dieux ne sont pas parfaits ! Il fait une drôle de moue derrière son masque. Il a entendu mes pensées.

« Et bien, je me suis réveillée dans les décombres de ma maison, après que vous m’ayez fait ressusciter.
Explique-je. J’étais coincée dans les restes du plafond de mon ancienne maison, alors j’ai appelé au secours. Une personne m’a entendu par bonheur, et m’a aidé à m’extirper des décombres. Voyant mon âge et ma situation il m’a demandé comment je me nommais. Déjà, pourquoi j’ai choisis de devenir Xélorette ? Parce que je ne voulais pas que l’on me reconnaisse. Donc... A quoi aurait-il servit de reprendre mon ancien prénom ? Alors, je lui ai répondu ceci : « Minou Orïo Iréal Namën Origon Nëman... M.O.I.N.O.N. Je me nomme Moinon Minou. » Je me rappelle de la tête qui a fait... C’était quelque chose. Si j’ai choisis de me présenter ainsi, c’est pour ne jamais oublier mon passé... Et... Pour que Orïo, mon père, Iréal, ma mère, Origon, mon frère et Nëman, ma sœur continuent de vivre... Et d’être avec moi. Comme ça... Je n’étais pas seule. A chaque fois qu’on m’appelle par ce prénom, ma famille revit et moi... Je... Je... »

Des larmes coulent sur mes joues. Le passé fait mal. Les souvenirs font mal. Mais les raconter alors qu’au fond on essaye d’oublier... Ça fait encore plus mal.

« Je ne meure pas. Conclus-je.
- Et bien... Quelle histoire émouvante. Je suis sûr que votre famille est fière de vous, ma chère Namën. En effet, regardez ce tableau... Dit-il en montrant une nouvelle fois la mort et ma famille. Il ne manque plus que vous. Allez en paix, et...
- Non.
- Non ? Comment ? Vous préférez allez souffrir pour vos derniers instants ? Voyons... Namën... Cela ne sert strictement à rien !
- Alors raison de plus ! Rien ne sert à rien... Puisque tout à une conséquence... Avec Vlad’, je me souviens de tous nos moments passés ensembles, des choses que nous avions prévues, des choses que nous avons faites ! Oui, lui donner ce bébé c’est l’emmener dans une situation presque catastrophique mais... J’ai confiance en lui ! Pour notre enfant, je suis sûre qu’il saura faire face et se battre comme je le fais ! Et je suis persuadée que même seul, il fera un magnifique père ! Si ce bébé peut le guérir, alors, je suis prête à lui offrir mes dernières minutes de vie ! Mes parents seront d’autant plus fiers de moi... Et moi... Je pourrai mourir tranquille et heureuse... Quand on commence quelque chose, on le finit... Moinon a des choses à finir sur Terre auprès des siens. Donc, je vais mettre au monde cet enfant et mourir pour la seconde fois. Ce sera irrémédiable, mais... Je m’en irais peut-être avec un sourire de la part de Vlad’... Et je donnerai tout pour ça !
- Je vois... Donc, vous choisissez...
- Je choisis la vie ! »


Il n’a pas l’air content de mon choix. Encore un mystère, mais il n’a pas le choix. Il n’a plus le choix. Il semble soupirer. Il se lève telle une divinité et pose une main sur ma tête. Il semble sourire.

« Namën... Vous avez du courage... Cela forge votre mérite. Vous avez choisi de souffrir pour votre mari. Qu’il en soit ainsi ! »
*****


La douleur. Les contractions. Les poussées douloureuses. Les bruits affolants. Les paroles inquiétantes. Le col de l’utérus agrandit, étiré au maximum. Les membres tendus. La peau transpirante.

J’ouvre les yeux.

« Elle se ressaisit ! Dit Elianne.
- Magnon ! Pleure Vlad’. Magnon, ne me lâche pas ! »

J’esquisse un sourire douloureusement. « Ha ça non ! » Pense-je. « Je ne te lâcherai pas... En tout cas pas maintenant. ». Allez Moinon ! Donne tout ce que tu as !

Une nouvelle contraction. Une nouvelle poussée. Je souffle bruyamment. Je suis fatiguée, épuisée. Je n’en peux plus. Et pourtant, je me bats. Je me bats, grâce à la volonté que j’ai en moi. Je pousse encore. Mes membres sont de plus en plus tendus. J’ai de plus en plus mal. Non ! Il ne faut pas que je me relâche ! Allez ! Courage ! Je pousse encore.

« Le... Le bébé ! Cri Elianne.
- Allez Moinon ! Tu y es presque ! M’encourage Fao’.
- Magnon... Il... Il est magnifique ! S’écrie Vlad’ en jetant un coup d’œil à la tête du bébé que j’ai réussis à extraire. Bravo ! Il... Est beau...
- Comme toi ? Réussis-je à dire entre deux poussés.
- Nan... Comme toi ! Me répond-t-il en esquissant un sourire. »

Un sourire. Ce que je demandais. Une dernière poussée. Un cri. De la peur. De la joie. C’est la fin...

Les forces me quittent. Je suis épuisée. Je suis usée. Je ne ressemble plus vraiment à rien. Et pourtant... Je suis heureuse. Oui, heureuse et... Paisible. Je souris. C’est la fin...

Vlad’ me lâche la main. Il prend le bébé dans ces bras. Des larmes de joies coulent sur ces joues. Il sourit. Il est tant heureux. Je le suis alors aussi. C’est la fin...

Une douleur s’empare de ma poitrine. Je me sens vide. Il semble revivre et entier. Mon cœur... Partit... Comme moi. Je pars... C’est la fin...

« C’est une fille ! S’écrie-t-il. Elle est magnifique ! Elle est si belle ! Magnon, regarde notre fille !
- V... Vl... Vlad’...
Réussis-je à murmurer.
- Magnon... Merci ! Pleure-t-il. »

Il me reprend ma main. Je me sens partir. C’est véritablement la fin... Dois-je dire adieux à tout cela ? Il me présente ma fille. Elle est si belle... C’est vrai. J’ai envie de la serrer contre moi. Seulement, je n’en suis pas capable. Même si j’ai envie de rester... Je dois partir...

« La volonté des humains m’étonne fortement. Par cette simple volonté, ils sont capables de faire de grandes choses, des miracles même ! Par cette volonté, certains sont capable de nous dépasser ! »

« certains sont capable de nous dépasser ! »

« de nous dépasser ! »


De les dépasser ? De la volonté ? Ne donnerai-je pas tout pour pouvoir rester ? Si ! Allez ! Volonté ! Je veux rester !
Tu ne peux pas... Xélor te l’a dit... Tu dois mourir. Tu n’as plus de cœur... Ne sens-tu plus ton cœur battre ? Il est mort... Tout comme toi !

Non ! Je ne suis pas encore morte !
Tu ne vois plus rien ! Regarde, ta fille n’est plus qu’une tache rouge ! Tu t’en vas !

Volonté ! Volonté ! Je veux me battre encore pour rester !
Tu n’as aucune chance...

« Mais... Et mon ancien cœur ?
Il est toujours là... Inactif. »

Mais oui ! Mon ancien cœur ! Réveilles-toi ! Réveilles-toi !
Quelle idiote tu fais…un cœur ne se redémarre pas !

Allez ! Volonté ! Réveilles-toi !
Regarde ! Tu pars ! Il fait noir ! Tu n’entends plus rien !

Réveilles-toi !
Vlad’ ne s’occupe même plus de toi, il est tant heureux, n’est-ce pas ce que tu voulais ?

VOLONTE ! REVEILLE-TOI !
Réveille ?

REVEILLE-TOI !!!!

Une énorme douleur s’empare de ma poitrine. Je tremble par des secousses régulières. Que... Que ce passe-t-il ? J’ai mal. J’ai l’impression que ma poitrine va exploser. Les secousses semblent ralentir.

Non ! Pas maintenant ! Ne m’abandonne pas ! Continue ! Bats-toi ! Réveille-toi ! Les secousses semblent reprendre un peu plus vite. J’ai mal. Il fait noir. Je suis épuisée. Je veux vivre ! Et personne ne m’en empêchera ! Je veux vivre avec mon mari et ma fille ! Allez courage ! Bats ! BATS ! Les secousses vont de plus en plus vite. Ma cage thoracique va éclater. J’ai mal. Je souffre.

« Moinon ! »

J’entends de nouveau. Ai-je réussis ? Je sens à nouveau la main de Vlad’ sur la mienne. J’entends ma fille pleurer. J’entends ! Un flash. Du blanc ! Du rouge ! Une tache beige ! Du roux ! Je vois ! Les formes deviennent de plus en plus nettes. J’aperçois ma fille. J’aperçois Vlad’. J’aperçois Fao’. Je vois Elianne...

Je…J’ai réussis !
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Re: Murof, l'original

Message par Fao le Jeu 18 Aoû 2011 - 21:01

Hum, machiavélique.
Mais...
Pas assez de...
Trop de...
C'est en m^me temps un dialogue intérieur, mais si froid!
Enfin... Je ne retrouve pas tellement de sentiment, je n'intègre pas la puissance de la dernière partie... Surtout que ça n'a pas trop lieu d'être... Je sais pas trop comment le dire... ça fait roxxor tout de m^me, d'un autre côté: c'est soit A, soit B, donc elle choisit C....
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Chapitre 27 ter (Vlad)

Message par Maev' le Lun 22 Aoû 2011 - 8:53

Voici donc la troisième et dernière partie de ce duo Moinon-Vlad'. Kami, tu peux poster ton texte maintenant :)
____________________________________
ÉPILOGUE : Moinon, Valimir et Elianne du Gondor

Le moment est finit. Tout cela est bel et bien terminé. Je ne suis plus le même. Moinon non plus d'ailleurs... Je me souviens de cette question que je me suis posé, l'autre jour, dans la maison de Kami ; c'était au moment de mon ultime discours, celui qui a fait d’Elianne l'Etarip qu'elle est maintenant. Je me demandais alors : est ce qu'une personne peut changer aussi vite ? Est ce qu'il suffit d'un dialogue assez long et de quelques arguments bien placés pour changer radicalement la face du visage que nous montrons tous les jours ? Est ce que par les mots, il est possible que nous devenions un autre ? Et en peut de temps, j'ai eu la réponse à toute ces questions. Effectivement, les mots peuvent changer quelqu'un. C'est la première leçon de sa nouvelle vie qu’Elianne a apprise. Effectivement ; le temps n'importe que peu, dans ce cas là. Si l'on possède le don d'apprivoiser les mots, pour que ceux-ci sortent quand vous le voulez, et où vous le voulez, vous pouvez alors vous dire que vous possédez une des armes les plus puissantes qui soient. Le temps n'a que peu de prises sur des choses aussi puissantes... Et enfin : est ce qu'une personne peut changer aussi vite ? Eh bien, à cette question, il y a quelques temps encore, j'aurais répondu non... Il me semblait alors impossible, de passer du mal au bien en quelques heures seulement. Il me semblait impossible d'imaginer que celui que vous étiez puisse ainsi changer pour devenir celui que vous êtes.

Et puis, vint Elianne.

Et là, mon raisonnement s'effondre. Mes arguments pour prouver par a+b qu'il est impossible de changer aussi vite, se désagrègent... Beaucoup de choses changent. Elianne les à fait changer. Et ce, à deux reprises. Lors de ce fameux discours, je pense en avoir autant appris que l'Etarip elle même. Mais, alors que mes mots favorisaient son changement, c'était son changement qui nourrissait mes doutes, mes questions, mes inquiétudes. Et tous ces doutes qui naquirent alors en moi renforcèrent ma conviction qu'il devenait alors possible de changer en une nuit seulement. Et plus ma conviction se renforçait, plus mes mots devenaient puissants, et plus ces derniers favorisaient le changement d'Élianne, qui lui même nourrissait encore plus de doutes de ma part... Etc...

Mais Elianne a aussi fait changer ma façon de penser à une seconde reprise. Et cette fois, c'est moi qui ais si rapidement changé. Mais ce que vous devez comprendre, c'est que ce n'est pas la même Elianne qui a fait changer mes convictions. Ces dernière ce sont brisées contre l'arme la plus puissance dont nous, l'humanité du Monde des Douze, nous disposons : la vie. Et c'est Elianne qui représente cette vie. C'est elle même qui m'a fait passer de l'ancien Vlad', au nouveau. Si je suis différent, c'est grâce à elle.

Elle, Elianne. Une petite créature rose de un jour, qui dort d'une façon si jolie dans les bras de sa mère, endormie, paisible, que l'on dirait presque un ange...

Elle, Elianne, celle que j'ai vue en demi rêve, l'autre jour, en entrant dans la maison de Kami.

Elle, Elianne, ma fille...
*****

Je vous ai déjà parlé des matins Murofiens ? Oui ? Dans ce cas, ce n'est pas grave, parlons-en encore.... C'est une si jolie chose... A la fois magnifique, et fragile... Les matins Murofiens respirent la fraicheur, la douceur, et dans cette ville encore endormie, la rosé semble embaumer le tout d'une atmosphère mystérieuse. A l'instar de l'autre jour, où j'étais enfermé en moi même, cherchant les mots à déblatérer à l'Etarip, aujourd'hui, je suis sur le parvis de la porte d'entrée du 239, rue des Enudis. Et j'observe, comme je le faisais si souvent auparavant... J'observe le vide, le silence, la tranquillité de cette ville. Je remarque les bienfaits qu'elle a sur les personnes les plus froides de ce monde, et me dis que le Monde des Douze serait sans doute un havre de paix, si tout le monde venait, ne serait-ce qu'une seule fois, à se promener dans les rues pavées de cette ville. De l'autre coté de la rue, Jeana ouvre les rideaux de sa maison. Kalaen dans ses bras, Cyanne la suivant. Depuis ma cachette, je n'entends rien à ce qu'elle dit, mais je me doute que cela doit être futile... Et c'est peut être ça qui est bien... Avoir un enfant, relever de nouveaux défis, complètements différents de ce que j'ai pu autrefois affronter. Résister aux caprices, aux supplications, apprendre de nouvelles choses, les éduquer... Vraiment, je me dis que rien n'aurait pu m'arriver de mieux que ce qui est en train de se passer actuellement.

Le jour de l'accouchement c'est achevé. La nuit a elle aussi passé. Nous sommes le lendemain matin. Fao' sort de chez lui, traverse la rue, me regarde, me sourit. Un sourire radieux, exprimant le bonheur qu'il a pour moi et pour Moinon, jeunes parents... C'est un sourire que j'essaie de lui rendre. Mais étonnamment, je n'y arrive pas. Je me contente de le regarder. Quelques secondes plus tard, il me dépasse, ouvre la porte, et entre chez moi. La visite du matin. Une minute s'écoule, pendant laquelle rien ne se passe. Je ne pense à rien, j'en serais bien embêté d'ailleurs, maintenant que je suis Iop... Je ne décide rien non plus... Lorsque les soixante secondes ce sont toutes écoulées, je me lève enfin, et entre dans la maison, pour aller voir les deux êtres que j'aime tant. Je ne savais pas que les Iops étaient de si grands sentimentaux...

Magnon est là, couchée sur son lit. Avec, juste à coté d'elle, dans un petit berceau de bois prêté par les Nawégling, la petite créature... Elianne, la si petite chose... Elle semble dormir paisiblement. Dans la même pièce, Fao' murmure quelque chose à Magnon, que je n'entends pas. Le son n'a jamais été aussi peu élevé dans cette chambre pendant la journée, avant maintenant... Cette atmosphère des plus étranges renforce le sentiment de malaise qui me parcourt déjà. Je ne sais à quoi il est du, et je ne pense pas le découvrir de sitôt... Peut être vient il justement du fait que je suis censé être stupide, maintenant ? Et si stupidité il y a, dans ce cas, je ne m'en rends pas compte. Pour l'instant, j'ai simplement l'impression que les doutes qui m’assagissaient depuis si longtemps ont disparut... Et que j'ai récolté un mal de ventre très étrange, résultant de l'étrangeté de la situation, justement...

« Magnon ? Murmure-je
- Vladisoupe ? Me répond-elle »

Dialogue de sourd comme on dit... En vérité, c'est simplement que je ne sais pas quoi dire. Et cette impression d'être soudainement perdu alors que je suis chez moi ne fait qu'allonger ce mal de ventre... Moinon est là, elle me regarde, attend une réponse. Réponse que je ne peux pas formuler car je ne sais absolument pas quoi dire ! Je reste là, droit, cherchant mes mots, devant une Xélorette, un Féca, et une sans classe pour l'instant...

« Vlad', tu es sur que ça va ? Demande Fao'
- Non... Pas du tout. Ça ne va pas du tout. »

Je sors brusquement de la salle. Pourquoi j'ai dis ça moi ? Pourquoi je m'en vais comme ça ? Qu'est ce qui se passe... Le problème serait-il plus grave que ce que j'avais tout d’abord cru ? C'était comme si je ne me contrôlais plus, pendant quelques secondes. Mais bon sang, et ce mal de ventre qui ne cesse de grossir... Et même si je n'ai plus l'impression de douter comme je le faisais, est ce que tout cela est finit pour autant ? Ou est ce que je ne fais que passer par une nouvelle série de problèmes ? Et pourquoi tout est si compliqué, pourquoi mes problèmes ne sont jamais simples ? Et pourquoi je n'arrive pas à les expliquer ?

Je sors de la maison, pour aller. Je ne sais où. Je marche, j'ai besoins de marcher, d'avancer, d'être avec moi même... C'est véritablement étrange, car la seule personne que je pense être à même de m'aider et de me comprendre est également celle que je hais le plus... Je continue à marcher. Tout droit. Je quitte la rue des Enudis, et je m'enfonce dans le Murof matinal. Très peu de personnes sont debouts, et voir un Iop déambuler bêtement ne les choquera sans doute pas. Sur le chemin, je croise aussi une Etarip. Et cette fois ci, je daigne m'arrêter.

« Elianne ? Tu vas voir Moinon ?
- Exact,
répond-elle. Et toi, je peux savoir ce que tu fais au beau milieu du quartier Xélor de cette ville à une heure aussi matinale ? »

Quartier Xélor ? J'ai plus marché que ce que je pensais au départ... Il faut croire que mon subconscient a vraiment envie de s'entretenir avec lui, pour m'avoir amené ici sans que je ne m'en rende compte... Mais il me vient soudainement une idée en tête :

« Et toi ? Qu'est ce que faisais là ? Demande-je

- Je pourrais te répondre que ce quartier est le chemin le plus court pour se rendre de chez Kamilla à chez toi, mais en vérité, il ne servirait à rien de te cacher que je suis venue faire exactement la même chose que ce que tu t'apprête à faire. Tu viens t'arranger avec Xélor, non ?
- Bah, je suppose que toi, tu as du pousser une belle gueulante contre lui... Je vais essayer d'être moins radical, moi...
Souris-je. J'ai des choses à comprendre, des choses à expliquer...
- Fort bien... Je ne vais pas te retenir plus longtemps... Je dois parler à Moinon... Disons... Entre filles... Entre amoureuse d'un Vlad' différent plutôt... »


Elle me gratifie d'un clin d’œil, et d'un sourire que je ne lui avais jamais vu auparavant. Il semblerait qu'en effet, elle ait parlé à Xélor. Et qu'elle ait renoncée à le servir, puisque elle est capable de sourire « humainement ». Il semble également qu'elle ait compris le principe de ma schizophrénie... Du fait que l'ancien Vlad' ait disparu, celui que elle, elle aimait... Et que ce nouveau Iop est entièrement dévoué à une autre personne... Ou plutôt, à deux autres personnes aujourd'hui...

En reprenant mon chemin de mon coté, et en voyant Elianne faire de même de son coté, je m'autorise un sourire. J'ai réussis à penser au mot « Schizophrénie ». Je ne suis pas totalement Iop donc... Étrange situation donc... Voilà qui me fait rapidement oublier cette petite interlude avec Elianne, et me replonge soudainement dans mes pensés, dans cette angoisse dont je ne sais rien, dans ces douleurs d'estomac... Dans mes problèmes, qui n'ont pas changé, en somme...

Me voilà devant la petite chapelle du quartier Xélor. Le temple ayant été agrandi et rebâti plus loin, près de la grand place, il n'y a donc jamais personne qui y entre. Si ce n'est un Iop et une Etarip. Et vu l'heure matinale, les chances de croiser des groupes de mercenaires venus se regrouper pour la solde de Xélor sont très faibles. Et au pire, je ne crains rien... De ce temps ou d'un autre, je reste Valimir du Gondor dans la tête de ceux qui servent Xélor. Le meilleur élément que la Déité n'ait jamais eu... J'entre dans le bâtiment. Xélor m'attend déjà un peu plus loin.

« Bonjour Valimir, me dit il simplement.
- Ne vous attendez pas à ce que je vous rende votre salut. Je n'ai plus rien à recevoir de vous. La seule raison pour laquelle je suis ici, c'est pour des réponses. Et vous allez me...
- Je m'excuse Valimir. »


Je manque de m'étrangler.

« Qu... Que... Quoi ? Vous... Vous excusez ? Après tout ça ? Après tout ce temps, vous essayer encore les excuses ?
- Tu ne m'as pas compris. Je m'excuse d'avoir choisis un Iop pour me servir. J'aurais du savoir qu'ils sont trop stupides pour comprendre l'importance de leur tâche, et pour ne pas la tenir jusqu'au bout...
- Donc, vous sous-entendez que c'est entièrement de ma faute ?
Me révolte-je
- Intégralement, même... »

Je vais le tuer. Ô par Iop, mais c'est possible d'être aussi con quand on est un Dieu ?

«- Tu sais que j’entends tout ce que tu penses...
- Je pense que maintenant que je suis Iop, je n'en ai plus grand chose à foutre de vos conneries, Xélor !
Hurle-je. Alors vous allez arrêter de tourner autour du pot, de dire n'importe quoi, et vous allez répondre à mes questions ! »

Il marque un court temps de silence, comme s'il étudiait ma requête. Après quoi il s'approche lentement, et me murmure dans les souffles de son masque :

« Tu sais que tu n'es pas obligé de crier pour que je t'entendes ? »

Il joue avec mes nerfs, rien de plus... Il veut me pousser à bout... Il veut que je lui...

« Te rends-tu bien compte Valimir, que rien n’a changé ? Que tu as certes retrouvé ton cœur, que Moinon a retrouvé le sien, mais que tu m'appartiens toujours ?! En témoigne ta colère !
- Hein, de quoi ? Moinon ? Son cœur ? Parce quelle aussi avait perdu le sien ? Et comment cela ce fait il que je sois toujours à vous ? J'ai repris ce qui était à moi ! Vous ne devriez même pas me dire toutes ces choses ! Vous ne devriez même pas...
- Peut-être le moment est-il venu de t'apprendre des choses sur vous trois.
Me déclare-t-il.
- Sur nous trois ?
- Les vérités sur Valimir, Moinon, et celle que vous avez appelez Elianne...

*****

Elianne entre chez Moinon. La première chose qui se remarque chez elle, c'est son changement de visage, depuis très peu de temps maintenant. Depuis qu'elle a vu Xélor en fait. Depuis qu'elle connait des vérités Divines, des choses que jamais un Dieu tel que Xélor et son avidité n'aurait put dévoiler à une personne en qui elle n'aurait pas confiance. Pourquoi Xélor a-t-il parlé si librement à l'Etarip ? Simplement parce qu'il vient de libérer celle ci de son engagement. Tout comme il lui a promis qu'il ferait pareil avec Valimir, une fois qu'il aurait tenu une discutions sérieuse avec le Iop. Elle sait maintenant quel était son rôle si important dans cette affaire. Elle, qui ignorait qu'elle était la seule de sa classe à entretenir des liens si prononcés avec sa Divinité. Elle qui ne pensait pas que c'était uniquement pour corrompre des Dieux mineurs comme Etarip, par le biais de leurs disciples, que Xélor l'avait engagée. Elle, qui ignorait que c'était sa faute si Valimir' n'avait plus de sentiment. Elle, qui croyait que cela venait du fait qu'on sert mieux un être comme Xélor lorsque on ne peut pas se rebeller, faute de sentiment de rebellion à exprimer. Elle, qui prend pleinement conscience qu'il fut un temps où Valimir pouvait aimer, et l'avait aimée.

Elle. Elianne, entre chez la femme de celui qui fut jadis un emblème de la révolte, des mercenaires, et plus tard encore, de l'armée de Xélor. Tout ça dans une si courte vie... Enlevé à Douze ans, perdu les sentiments à quinze, devenu un unique pion, jeune, fort, intelligent, que même des hommes murs et âgés n'hésitaient pas à suivre. Et voilà qu'à dix huit ans, il arrive à Murof, et qu'il devient père à dix neuf. Pendant sept ans, il sera resté un pion. Et sur ces sept ans, elle l'aura suivi cinq ans. L'histoire extraordinaire de ces enfants tueurs, élevé par le sang, la rouille et le métal des camps de Xélor, et par la suite, lorsqu'ils furent âgés de quinze ans, de l'armée du Dieu temporelle...

Comment des choses s'étant déroulées il n'y a même pas trois ans pour les plus récentes peuvent elles paraître aussi lointaines qu'une autre vie ? Comment Valimir a-t-il fait pour vivre à Murof en gardant constamment en tête les horreurs de son passé, alors que le changement opérait sur lui, lentement... Et elle, qui était venue à Murof pour le chercher, lui parler, et le ramener, conformément aux ordres de Xélor, elle se rend finalement compte qu'il s'agissait là d'une très mauvaise carte jouée par le Dieu du temps, qui, dans une ultime tentative pour sauver l'ancien Iop qu'était le Valimir sans cœur, avait perdu deux disciple au lieu d'un, s'il avait laissé courir son propre temps..

La voilà, la nouvelle Elianne, celle qui connait enfin des réponses à ses trop nombreuses questions. La voilà qui entre chez Moinon. Comme Vlad' lui avait déjà dis lors du discours de l'autre soir, ces deux femmes partagent toutes les deux un étrange point commun : elles aiment toute les deux Valimir. Mais fait étrange, elles n'aiment pas le même. Elianne aime celui du passé, celui qui semble avoir définitivement disparu depuis la fois où elle l'a abandonné sur le bateau le menant à Murof. Moinon elle, aime le nouveau Valimir, celui qui est beaucoup moins brutal que l'ancien, celui qui ne sait pas réellement aimer, mais celui qui apprend. Celui avec qui elle a partagé tant de souvenirs en si peu de temps, tant de bons moments... Et Elianne, encore trop habituée à aimer le champ de bataille comme son foyer, malgré le discours du Iop, et les réponses du Divin, n'envie pas cette nouvelle vie qu'a prise Valimir.

Elle est donc là, venant prendre des nouvelles de celle qui vient d'accoucher un jour plus tôt, lui posant des question sur sa nouvelle vie, apprenant ainsi à mieux se connaître, faisant de plus amples connaissances, comme on dit... Elianne est réveillée, dans les bras de sa mère, pendant qu'Élianne est assise à coté de Moinon, continuant de parler de tout et de rien, principalement de leurs passés respectifs, laissant parfois les esprits s'évader un peu, le temps qu'un souvenir particulièrement fort, ou particulièrement drôle refasse surface, faisant rire les deux, et le plus souvent pleurer la petite... C'est ainsi que tôt où tard, il fallait aborder le sujet qui fâche...

« Cela me rappelle, se souvient Elianne, que Vlad' a un jour insulté l'ancien chef suprême des armées de Xélor, simplement parce que ce dernier avait frappé un des hommes du commando dirigé par notre cher Iop... Le chef l'a très mal pris, et a tenté de monter un complot pour humilier et renvoyer Vlad' de l'armée. Mais le problème, c'est que tellement de personne étaient derrière le Iop, à le soutenir, que le chef n'a pas eu d'autre choix que de partir, de quitter l'armée après avoir été disgracié par Vlad' lui même, qui a réussi à lui retourner son plan contre lui ! »

Il ne faut pas plus d'anecdotes sur l'ancienne armée pour attiser la curiosité de Moinon. Chose qui sera sa plus grande erreur de la journée :

« Elle était complexe cette armée ? Demande la Xélorette
- Elle l'est toujours, répond Elianne. Ce n'est pas parce que Vlad' n'en fait plus partie qu'elle a été dissoute... D'ailleurs, d'après les dernières infos de Xélor, le Iop serait même devenu une légende vivante, auprès de cette armée qui ne cesse de grossir...
- Populaire le Vlad' alors ?
- Plus que tu ne le crois... Mais en même temps, il mérite bien sa réputation... Mais je pense qu'il a déjà du tout te raconter...
- Me raconter quoi ?
Questionne Moinon, de moins en moins rassurée par les explications de l'Etarip.
- Eh bien, sur quoi est fondée sa légende, bien sûr! Tu n'es pas au courant pour les massacres, les pillages, les exécutions sommaires, et toutes les horreurs qui ont bercé sa jeunesse ?
- Je pensais... Que ce n'étaient que des rumeurs...
Sanglote Moinon, une boule de tristesse dans la gorge.
- Des rumeurs ? Mais c'est de Vlad' dont on est en train de parler Moinon ! A douze ans à peine il se battait contre des adultes dans les commandos de Xélor, et il arrivait à les mettre en pièces ! C'est juste le meilleur élément que le Dieu mécréant ait pu se permettre ! Il n'était pas simplement intelligent pour les tactiques et manœuvres ; vers ses quinze ans, il se rendait seul au milieu des camps ennemis pendant la nuit, et en tuait le maximum ! Je ne vais pas non plus faire comme ils ont tous fait, c'est à dire le glorifier, mais il faut admettre que Vlad' avait d’excellents potentiels. S'il n'était pas venu à Murof, qui sait quel genre de chef de guerre il serait devenu ?
- Et donc,
continue Moinon, quel genre d'horreur Vlad' a-t-il commises étant jeune ?
- La liste est longue... Si tu me le permets, je vais te raconter ce que je sais de son histoire, le temps que j'ai été avec lui étant le moment de son ancienne vie le plus intéressant... Voilà ; donc Vlad'... »


Et Elianne se lance dans un discours qui peut sembler des plus déroutants pour la Xélorette naïve et ignorante qu'est Moinon...

*****

Je pleure. Voilà, c'est dit. Je pleure, autant que je le peux. Ça fait parfois de bien de pleurer, mais là, dans mon cas, à ce moment précis, ça n'aide en rien. Je me sens coupable... Si coupable...

« Tout est de ma faute... Rien ne serait arrivé si... Si...
- Si quoi ?
Demande Xélor, sur un ton aussi froid que le métal qui l'entoure. Si tu n'étais pas venu à Murof ? Si tu n'avais pas rencontré Moinon ? Arrête, ne joue pas à ça avec moi Valimir. Je te connais comme si je t'avais fais. Tu n'es en rien responsable de cette pathologie.
- Alors comme ça, vous essayez de me réconforter maintenant ?
Arrive-je à ricaner entre deux reniflements bruyants. Mais qui êtes vous Xélor ? Et quel est votre rôle dans cette histoire ? Si vous n'êtes en rien responsable en la maladie qui se développe dans ma fille, comment pouvez vous savoir tout ça ? Et surtout ; pourquoi me soutenir à présent, alors que vous avez gâché ma jeunesse ?
- Pour la même raison qui fait que j'ai choisi un Iop, et non quelqu’un d'autre, pour être mon arme en ce monde. Au départ, un Iop est bête. Je pensais que même en te rendant intelligent, au fond de toi, tu resterais bête. Que même si tu élaborais des plans d'une complexité dépassant l'entendement, je pensais que tu serais à jamais incapable de comprendre ce qui me motive. Je ne te considérais même pas comme un être doué de pensée. Et je me rends compte aujourd'hui que j'ai eu tord. En témoigne les évènements de la veille, tu es malgré tout quelqu'un d'intelligent, avec qui il m'est possible de tenir une conversation autre qu'un plan de bataille. Pour cela, pour cette raison précisément, et pour le fait que malgré les apparences, je respecte la vie d’autrui, tu ne mérites plus de souffrir de la sorte par ma faute. »


Alors là, je dois être beau... Je suis sûr que si je lui avais demandé, à ce moment là, à quoi je devais ressembler, il m'aurait répondu que j'aurais du fermer ma bouche... En effet ; je suis bouche bée. S’il y a bien une chose, une Seule chose à laquelle je ne pouvais pas m'attendre, c'est justement à celle là : les pardons de Xélor envers moi.

« Alors tout à l'heure... Quand vous vous êtes excusé... C'était sincère ? »

Un mot, un seul, et tout sera finit. Il suffit d'un mot, d'un seul mot. Et toutes ces années prennent fin. Et l'ancien Vlad' disparaitra alors à tout jamais dans le néant. Un mot un seul, et je serai un Murofien à part entière, libéré des responsabilités du passé, libéré des souvenirs gênants, libéré de tout. Capable d'apprécier la vie à sa juste valeur, sans devoir l’ôter à qui que ce soit, profitant simplement. Un simple mot, et tout basculera. Et le crépuscule du Vlad' d'antan prendra fin. Ou si c'est le mauvais mot, je lui fait bouffer une par une chacune des pièces métalliques qui composent son armure...

Il sourit.

« Tu sais... Les Dieux ne sont pas parfais. Ils peuvent sembler l'être. Mais ce ne sont que vos modèles... Un modèle peut être foireux, tout ce qui sera repris de ce modèle sera foireux. Vous n'êtes pas parfaits, loin de là... Avec toutes ces guerres, tous ces problèmes, ces intrigues politiques, ces guérillas pour un pauvre bout de territoire... Rien que la légende d'Ogrest montre bien que vous n'êtes pas parfaits. Et puisque tu es capable de penser, tu devrais donc faire le rapprochement... Vous n'êtes pas parfaits. Nous ne le sommes donc pas. En témoigne tous les morts que j'ai commandités. En témoigne nos efforts pour faire chuter Ogrest, qui se sont jusque là tous soldés par des échecs. Les enfants Dieux, dans un premier temps, et ce Iop devenu Enutrof, plus récemment... Quelque soit notre approche, nous avons toujours échoué. Crois tu vraiment que nous soyons parfaits ? Oh oui, nous sommes censés tout savoir, tout connaître. Du moins, c'est ce qui se dit en théorie. Penses tu qu'en pratique, nous sachions tout sur tout ? Que nous n'ignorons rien ? Nous sommes comme vous : nous apprenons de nos erreurs. Dans ton cas, j'ai commis une erreur. Erreur que je ne réitérerai pas. C'est pour cela que je te dis tout ça. Parce que tu ne fais plus partie de mon équation. Et tu es une des rares personnes qui sortira de mes plans vivants. »

Beaucoup de choses vont changer. Même s'il n'a pas encore dit le mot que j'attendais, je comprends ce qu'il veut dire. Il vient de sous-entendre ce que je voulais qu'il dise à voix haute, explicitement… Il est Xélor, il est un des Douze. Il est vénéré par des centaines de milliers de personnes sur ce Monde. Et c'est à moi qu'il parle de ses faiblesses. C'est à cet instant là que je me demande ce qui m'arriverait si jamais les Onze autres savaient ce que je viens d’apprendre de la bouche du Dieu du temps.

« La vie est cruelle mon cher. C'est pour cela que je le suis. Comme ça, je ne dénature pas ce Monde. Et je passe plus facilement incognito dans mes projets. Je ressemble à ce dont ressemble ce Monde, en quelque sorte. Si tu te demandais pourquoi j'use de tant de violence sur cette Terre, uniquement pour détrôner les autres du plan Astral, c'est parce que tout est tellement plus simple ici. Je t'ai fait ce que j'aurais pu faire à n'importe qui. Il fallait quelqu'un. Oui, le Monde est dur... Il en va ainsi. Il en est toujours allé ainsi. Et ce Monde n'est pas près de changer. Tôt ou tard, je réussirai. Et tu seras encore vivant pour voir mon œuvre...
- Arrêtez de tourner autours du pot : vous excusez vous réellement pour ces années, Xélor ?
Demande-je , aussi autoritairement qu'une discutions Divine me le permet.
- Tu ne mérite aucunes excuses, cher Valimir. La seule personne que je vois, en qui je devrais des excuses, c'est auprès de moi même. Pour avoir perdu plusieurs longues années dans le délai initial de mon plan, pour avoir joué avec un Iop intelligent qui m'a finalement lâché au moment où les troupes ne veulent plus carburer sans lui. C'est toi qui devrais t'excuser auprès de moi, pour ne pas avoir su aller jusqu'au bout de ta mission... Mais... En réalité... Il ne te faut pas confondre excuses et pardon... Je ne te dois aucunes excuses. Mais je voudrais par contre que tu ne nourrisses aucune rancœur à ce que je t'ai fait... Que tu me pardonne, en somme. Et pour honorer la fin d'un contrat avec toi, mon cher Valimir, je suis près à t'accorder une faveur...
- Vous pensez vraiment que je vais croire que vous allez m'accorder quoi que ce soit ? Vos jouez avec les mots, Xélor. Et vous jouez assez mal d'ailleurs. J'attendais des excuses de votre part, car c'est tout ce dont je mérite. Et ne jouez pas avec moi au coup de « la vie est trop injuste et trop cruelle ». Car ce petit jeu ne prend pas sur moi comme sur les autres Iops. Vous pensiez quoi ? Que j'allais bêtement choisir une faveur ? Que j'allais vous demander quelque chose ? Pour que, « oh ! Surprise, cela ne c'est pas passé comme cela devait se passer... Mais tant pis mon cher Vlad', ce n’était qu'une faveur, pas de retour en arrière possible ! ». Je ne tomberai pas dans le panneau. Vous êtes cruel, et vous justifiez vos actes par la cruauté ambiante de ce Monde. Vous n'avez simplement jamais gouté à la perfection, au bonheur. Car malgré tous vos beaux discours, le bonheur est présent dans ce Monde. Il se cache, voilà tout. Le bonheur à trop peur des autres choses, comme la vilénie, ainsi que toutes les horreurs de ce Monde ! Mais il existe. Il est là, présent en nous. Il suffirait que vous le sentiez, ne serait ce qu'une seule fois, pour que vous vous rendiez bien compte que si on cherche plus en profondeur, on tombe sur une autre couche de ce Monde, qui elle est blanche, parfaite, resplendissante. Si l'on cherche sous le malheur, on trouve toujours du bonheur. Et même si on ne le voit pas, il suffit de savoir où chercher, pour être sûr de le trouver. Murof est une porte. Une porte qui mène de cette partie supérieure, noir et sale, vers la partie inférieure, blanche, propre, impérissable, indestructible, rayonnante, et puissante, de ce Monde. Cherchez le bonheur. Et revenez me voir une fois que vous l'aurez trouvé. Et nous verrons. Nous verrons qui, aujourd'hui, de l'homme ou du Divin, aura su faire preuve de la plus grande intelligence. Gardez vos faveurs Xélor ! Repartez ! Ignorez-moi, comme je vous ignorerai ! Vous n'êtes personne ! Vous n'êtes qu'un essai, un essai raté, dépassé par sa création. Je suis cette création, et vous n'êtes que l'ombre de ce que vous avez fait, Xélor. »

Le voilà qui ne bouge plus. J'ai finis mon discours. Je l'ai trouvé un brin moins percutant que les précédents, celui là... Mais il était quand même beau. Surtout que, en quelques minutes, en prenant la parole sans interruption, j'ai manqué de respect à une Divinité au moins une bonne cinquantaine de fois... A travers son masque, j’entends sa respiration, plus bruyante que la normale. Plus rapide aussi. Et voilà qu'après tant d'années à l'observer, et à observer Moinon, j'arrive à me rendre compte de son niveau de colère actuel. Un niveau tel que j'ai l'impression qu'aucun Dieu n'a jamais du entrer dans la rage aussi noire que Xélor fait actuellement. Ce que je peux sentir à travers le masque, c'est un sentiment de dégout le plus profond. Et ça tombe bien, car le dégout qu'il éprouve en ce moment même est réciproque...

- Fort bien Valimir. Je te proposais une dernière aide, en guise de remerciement pour toutes ces années. Mais il semblerait que tu en ais décidé autrement... Sache que si je le souhaitais, je pourrais te pulvériser de ma main, là, sur le champ. Je pourrais réduire tout ce qui t'es cher en esclavage, je pourrais accentuer la pathologie de ta fille, pour que celle ci se développe plus vite. Je pourrais faire abattre une pluie de malheurs sur ta vie ! Je pourrais te faire souffrir d'une façon dont tu ignores complètement l’existence ! Tu crois connaître beaucoup de choses en matière de destruction, d'horreur, de torture ou de toutes autres choses ? Je ne t'ai rien appris du tout. Tu n'as même pas effleuré la base de mes connaissances, sur le plan de la malfaisance ! Tu ne sais rien et n'a jamais rien su. Ah, je te dégoute hein ? Eh bien sache que ton bonheur me dégoute aussi. Nous ne sommes pas faits pour s'entendre, mais plutôt pour se haïr. Et ce n'est que maintenant que je m'en rends compte : ton bon fond contraste trop avec la noirceur dont je souhaite que le Monde entier soit victime ! Je commets peut être une nouvelle erreur, mais je m'en moque : reste comme tu es Valimir, ne deviens pas trop bon. Reste avec ton fond de méchanceté, encré dans tes souvenirs. Je te souhaite de ne jamais les oublier. Et je ne t'oublierai pas, pour qu'ainsi, je puisse te rappeler toutes tes horreurs, et que pendant un temps, tu fus aussi un être négatif. Reste donc avec ton intelligence, elle te sera utile pour mieux te sentir coupable. Reste donc celui que tu es ! N'oublie pas. N'oublie jamais. Car moi, cher Valimir, je ne t'oublierai pas, je peux te l'assurer... »

Et c'est sur ces paroles qu'il disparaît. Je suis désormais en tout cas sur d'une chose ; après cela, je ne suis pas près de le revoir. Et je vais garder mon intelligence, il l'a dit lui même. Xélor est peut-être l'être le plus malfaisant que j'ai rencontré. Il est sans doute même l'être le plus malfaisant du Monde des Douze. Mais qu'importe : je lui souhaite quand même tout le bonheur du monde...

La conversation est finie. Ces années sont finies. Et malgré les quelques dernières minutes qui viennent de s'écouler, je me rends compte que tout est bien qui finit bien... Xélor est partit. Il va continuer son œuvre. Mais sans moi. Mais sans nous. Car Elianne aussi est libre, cela se sentait, dans sa voix, dans ses gestes, dans ses yeux, quand je l'ai rencontrée, avant de parler à la Déité. Je suppose que l’Etarip va souhaiter rester à Murof, et qu'ainsi, elle puisse se rendre compte des bienfaits de cette ville. Peut être que Xélor, s'il n'est pas stupide, continuera d'entretenir les liens secrets et invisibles qui ont toujours eu lieu entre nous. Et qu'ainsi, il puisse voir de ses propres yeux, la véritable conception du bonheur, que je viens de lui décrire. Vraiment, j'espère sincèrement que Xélor connaitra un jour le même changement que celui qui vient enfin de prendre fin en moi.

Crépuscule devient nuit.

Nuit devient néant.

C'est dans le néant, que vient de partir l'ancien Vlad'. Le soleil viens de se coucher totalement et irrémédiablement sur une époque désormais révolue. Il ne me reste que les souvenirs. Je ne partage désormais plus rien en commun avec le Vlad' d’antan, autre que les souvenirs, et ce qu'il a pu apprendre. Je ne suis plus lui, il n'est pas moi. L'ancien Vlad' ne pouvait pas aimer. L'ancien Vlad' ne pouvait pas penser. L'ancien Vlad' obéissait. En fait, l'ancien Vlad' était même plus proche du Iop de base que ne l'est celui que je suis actuellement. Garder mon intelligence ? Xélor n'est pas si mauvais, car au milieu de sa colère, il m'aura quand même permis de m’offrir sa fameuse faveur... Et bien que je n'aurais pas choisis cela, si j'en avais eu le choix, garder mon intelligence est sans doute ce qu'il pensait être le plus beau cadeau qu'il puisse me faire. Car, voilà bien une chose que j'ai gardé de celui que j'étais, bien que j'ai perdu beaucoup de choses, et gagné beaucoup d'autres ; l'intelligence semble faire partie intégrale de moi.

Je suis Valimir du Gondor. Je suis capable d'aimer. Je l'ai déjà prouvé. Et je m'en vais révéler des choses à celle que j'aime.

Les rues ont gagné en monde. Le temps n'est pas passé si vite pourtant... Je veux dire, la conversation n'a pas été si longue que ça, non ? Pourtant, pour un jour sans marché, on se croirait presque midi... Je lève les yeux au ciel. A en juger par la position du soleil, nous ne somme effectivement pas très loin de l'heure où le soleil est au plus haut dans le ciel. Étrange. Mais cela ne change rien, si ce n'est que Magnon doit commencer à s’inquiéter... C'est pourquoi j'accélère la cadence. Je marche plus vite, me rappelant de ce que j'ai à lui apprendre. Cette histoire de maladie risque de lui briser le cœur. Et mon rôle va être de la convaincre qu'elle n'est en rien responsable. Sans doute plus facile à dire qu'à faire... Me voilà déjà rue des Enudis, grâce à ma marche rapide. Le numéro 239 semble m’appeler. Je lui réponds que j'arrive aussi vite que je le peux. Et c'est ce que je fais. Mais la principale raison vient d'ailleurs : c'est un mauvais présage qui me fait accélérer. Comme si quelque chose avait eut lieu chez moi. Quelque chose que je n'allais pas aimer. Je finis par arriver devant mon lieu fétiche, mon recoin sous la fenêtre, celui où j'ai passé tant de temps... Vient ensuite la porte à coté. Puis le couloir principal, le salon, la porte de la chambre. Et puis la chambre, elle même.

La première chose que je remarque, c'est Elianne et Magnon qui se retournent en même temps dans ma direction. Elianne semble mal à l'aise, tandis que Magnon a les yeux rouges d'avoir pleuré. Mais que c'est il passé ?

« Vlad'... Murmure-t- elle entre deux sanglots, avec un air profondément choqué en me regardant. Vlad'... Tu... Tu as vraiment tué tout ces gens ? »

Choqué. Je suis choqué à mon tour. Pourquoi Elianne a-t-elle raconté tout ce que j'avais caché à Moinon ? Si justement je n'avais jamais voulu lui raconter mon histoire, c'était pour la tenir loin de tout ceci ! Je ne suis plus celui que j'étais ! Elle n'avait aucune raison valable de savoir tout ça...

- Elianne... Qu'as-tu fais ? Lui demande-je sur un ton dur.
- Elle avait le droit de savoir ! De quel droit devrait-elle ignorer ton passé ! Elle partage ta vie, elle partage ton lit, elle partageait jusqu'à ton cœur avant peu ! J'ai fait ce que tôt ou tard, tu aurais du faire...
- Moinon... Moinon...
Murmure-je en m'asseyant à coté du lit dans lequel la Xélorette est couchée. Tu sais que je ne suis plus cette personne. Tu sais très bien que jamais il ne m'est arrivé de faire ce qu'a pu te dire Elianne. Et de toute façon, nous avons des choses plus graves à discuter.
- Plus grave que tous ces morts ?
Continue de murmurer Moinon. Plus grave que le génocide que tu as commencé ?
- Oui. »


Voilà. Là, au moins, elles m'écoutent. Toutes les deux. Sans doute Moinon ne s’attendait pas à cette réaction de ma part. Sans doute n'y avait-il rien de plus important pour elle que la mort systématique et rapide des opposants à Xélor dans laquelle j'ai pris part pendant plusieurs années.

« Crois-moi Magnon... Si on pouvait éviter de parler de ça... De tout cela je veux dire... Autant pour mon passé, qui ne reflète absolument pas celui que je suis devenu, que pour la chose que je vais t'apprendre...
- Qu'y a t il donc ?
Demande-t-elle sur un ton froid. »

Ça y est ; elle me fait la gueule. Tant mieux, je vais pouvoir lui balancer cette info d'un seul coup, d'un seul tenant, en une phrase de préférence, ce qui risque d'avoir encore plus d'impact sur elle, puisqu'elle est dans cet état... Et elle oubliera vite ce qu'elle vient d'apprendre sur moi après cela...

« D'après Xélor, Elianne serait atteinte d'une maladie de la vision. Tout comme pour la petite fille dont je t'ai parlé, et que j'ai vue l'autre jour, d'une façon qui m'échappe encore, notre fille est condamnée à devenir aveugle dans les quatre années qui vont suivre.
- Oh mon Dieu...
- C'est justement ton Dieu qui me l'a appris. Et c'est lui qui m'a assuré que je connaissais une autre personne avec les mêmes symptômes. Alors, j'ai réfléchis. Et j'en suis venu à la conclusion qu'une autre personne à Murof possédait la même maladie. Cette personne n'étant autre que Maeve.
- Mais... Mais... Maeve n'est devenue non-voyante que récemment...
- Parce qu'elle était une Crâ. Et que chez elle, la pathologie n’était pas aussi violente que ce que m'a prédit Xélor concernant Elianne. Pour Maeve, la maladie ne la touchait presque pas, à cet âge là. Or, Elianne, et cela, Xélor me l'a confirmé, est condamnée à être aveugle. Je suis désolé. Vraiment...
- Tout est de...
- De ta faute, c'est ça ?
La coupe-je. Non. Absolument pas. La seule personne qui pourrait être coupable ici, c'est moi. Parce que c'est moi qui ai eu cette vision, l'autre jour. Et que, jusqu'à maintenant, j'ai veillé à ce que tous les éléments que j'ai pu y voir soient réunis. Je ne voulais pas que tout cela arrive... Et pourtant, tout est arrivé, dans l'ordre dans lequel cela devait arriver. Mais Magnon ; vois le bon coté de la chose ! Dans cette espèce de prémonition que j'ai fait, Elianne était heureuse. Certes aveugle, mais heureuse. Le bonheur n'est il pas l'essentiel ? Ne préfères-tu pas une fille heureuse, mais aveugle, qu'un enfant ayant la plus parfaite des vues, mais une vie des plus monotones, ennuyeuses, ennuyantes... Et par dessus tout : sans intérêt à être vécue ? Moi, ce que je vois dans les évènements qui sont en train de se produire, c'est du changement. Beaucoup de changement. Un changement qui peu paraître négatif en extérieur. Mais qui, intérieurement, n'est que différence. La différence n'est pas un problème. La différence n'est pas un obstacle. La différence est sans doute même la meilleure chose que je puisse souhaiter à notre enfant ? Car pour moi, différence est synonyme de Bonheur... Me comprends-tu ? »

Elle me regarde, longuement. Elle me dévisage lentement, pendant quelques minutes qui me semblent interminables. Après lesquelles, encore plus lentement, elle se rapproche de moi, de mon visage.

« J'aurais préféré une enfant différente des autres sur un autre point... J'aurais voulu un enfant heureux, mais qui ne doit pour cela pas être forcément aveugle...
- Tu verras Magnon... C'est une expérience toute nouvelle pour nous deux. Mais comme je le dis, nous sommes justement deux. Et à deux, nous y arriverons. Nous ne pouvons que monter, lorsque l'on touche le fond, pas vrai ? »


Elle se rapproche encore. Et pour la première fois depuis que je suis entré dans cette pièce, je crois entrevoir un demi-sourire dans un coin de ses lèvres. Un demi-sourire qui devient bientôt un sourire complet, au fur et à mesure qu'elle se rapproche, si lentement... Je n'observe que ses yeux. Car, pour moi, ce sont eux qui me permettent de mieux la comprendre. Elle a repris confiance, aussi vite qu'elle l'avait perdue. Je ne lui ai pas laissé le temps de comprendre qu’avoir une fille aveugle était une mauvaise chose. Je ne lui ai pas laissé le temps de penser qu'elle était fautive. J'ai placé le bon discours au bon moment. Et c'est grâce à cela qu'elle s'approche encore, que son sourire devient plus rayonnant que le plus rare et le plus percutant de tous les mots que je possède, que mes yeux fixent les siens, et que les siens fixent les miens.

« Tu as gardé ton intelligence Vlad'... Remarque t elle.
- C'est pour mieux t'aimer, mon enfant... »

Baiser. Le moment de bonheur exquis, total, dans lequel passe tant de mots que l'on ne peut pas se dire, car les mots sont moins puissants que tout cela... Les mots, bien qu'étant une arme redoutable, sont au delà du plus sublime et du plus beau de tout les baisers de la terre... Le Monde des Douze a bien de la chance de posséder à la fois ce recoins de bonheur caché, atteignable que par des êtres sachant où le trouver, et de la chance de posséder des êtres aussi gentils et purs que cette Xélorette...

*****


Il est temps de conclure. Il reste tant de choses non racontées ici. Tant d'histoire, sur mon passé, par exemple, que vous n'avez qu’entraperçu à travers quelques phrases, quelques dialogues... Je pourrais aussi vous parler du passé de Moinon, mais je suppose que vous le connaissez déjà... Moi, je ne l'ai appris que récemment. La nuit qui a suivi la fin de cette histoire, quand la Xélorette que je chérie tant c'est tournée vers moi, et m’a dit ces quelques mots :

« Veux-tu que je te raconte l'histoire de Namën Minou ? »

J'ai dis oui, évidemment. Elle connaissait mon passé, je connaissais désormais le sien... Et je dois dire que, niveau originalité, un enfant soldat, face à une fille qui perd tout ce qu'elle a, jusqu'à sa propre vie... Je préfère de loin son histoire par rapport à la mienne... Quant à Elianne, la grande, je ne l'ai pas revue depuis que j'ai surpris cette conversation sur mon passé. Elle ne semble plus être à Murof. Quoique... Elle l'était déjà, avant même que je ne le sache... Cela aussi, c'est une chose que vous ne savez pas : l'histoire d'Élianne, dont le sang versé par sa lame est écrit d'une façon plus ou moins similaire au mien... En fait... Il reste tant de choses sur le passé, que vous ne saurez jamais... Car le passé est des milliers de fois plus large que le présent... Je ne pourrais jamais tout vous dire ce qui eut lieu avant mon arrivée à Murof. Mais en revanche, je peux vous dire rapidement ce qui à suivi les évènements comptés ici. Elianne la petite a effectivement une maladie. Tous les plus grands Eniripsa de Murof l'ont dit. Une affection en stade de développement uniquement, en ce moment. Mon rôle sera de préparer ce bébé, cette division de nous même, que nous chérissons tant, tous les deux, à faire face à un destin, plus hostile que ce que vous avez pu lire au dessus, lorsque je m'efforçais de rassurer Moinon.

Dans la suite des événements, sachez que je viens de terminer mon histoire. Une toute nouvelle histoire, disponible uniquement aux membres de la Murof Community. L'histoire de nos vies, une histoire entre les histoires, qui raconte la vie de chacun. Du moins, de tous ceux dont j'ai pu recueillir les témoignages. Une histoire certes, peu intéressante... mais qui sort tellement du commun, que je me suis dis « Pourquoi pas ? » Et aujourd'hui, les passés de plusieurs Murofiens sont répertoriés dans cet écrit. Les murs de la timidité, de l'orgueil, de la pudeur, ou de n'importe quoi d'autre sont en train de s'effondrer. Je n'en suis que l'instigateur. Ce sont les autres qui ont choisi de relater leur histoire, d'éclaircir les mystères de nos passés respectifs... Un texte très différent de celui que vous venez de lire. Car celui là, il ne contient pas autant d'évènements sur moi. Certaines choses devant rester secrètes encore quelques temps... Dans cet autre texte, qui diffère de celui que vous avez entre les mains, ce sont surtout les autres qui racontent leur vie. Je ne suis que le catalyseur de leurs idées...

Et cette histoire, commencée alors que je bouclais la précédente, celle qui racontait l'avenir fictif de Cyanne Nawégling, savez vous comment elle commence ? Avez-vous deviné ?

Une simple phrase, courante, qui me permet de me souvenir de qui je suis. Et la personne que je suis, c'est Vlad' du Gondor. Et pour savoir que je suis encore moi, je me suis promis de commencer et finir tout les textes de la même manière. Vous n'avez toujours pas compris ce que je voulais dire ? Fort bien. Il est temps de mettre cette règle de la phrase finale en application dès maintenant.
Murofiens du soir, bonsoirs.


Dernière édition par Maev' le Lun 22 Aoû 2011 - 9:02, édité 1 fois
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Lun 22 Aoû 2011 - 8:57

Maev'! Il manque la dernière phrase! D8!!!! La phrase finale!!!! Malheur!!
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Re: Murof, l'original

Message par Maev' le Lun 22 Aoû 2011 - 9:15

Pardon, c'est corrigé...

Mon avis sur cette très longue partie, maintenant. Ça risque d'être un peu confus puisque je l'ai lue il y a un moment...

Comme l'a déjà fait remarqué Fao, c'est vrai qu'on entend beaucoup parler du passé de Vlad, tant et si bien qu'on est tenté de se dire que c'est une autre vie. Toutefois cette dernière partie explique un peu mieux... bien que la jeunesse de Vlad reste incroyable ("A douze ans à peine il se battait contre des adultes dans les commandos de Xélor, et il arrivait à les mettre en pièces !"). Soit, Vlad a un passé de super homme :)

Une autre chose qui m'a gênée, c'est le caractère d'Elianne l'Etarip. Je ne me souvenais pas du tout d'elle comme ça, plutôt comme une victime. Je ne comprends toujours pas très bien comment tu explique son appartenance aux rangs de Xélor alors qu'elle était simplement un intermédiaire pour enrôler la déesse Etarip.

Pour en venir aux points positifs, je suis réellement admirative de la trame de votre histoire. Tout est si bien construit qu'on découvre et comprenons de nombreux détails tout au long du texte... et même des choses qu'on avait pu lire il y a longtemps ! Personnellement je me régale toujours des histoires comme celle là, puisqu'elles me semblent vraies, ou du moins réalistes.

Alors comme ça votre fille est aveugle ! Je suis réellement surprise ! Vous l'aviez prévu depuis longtemps ? Parce qu'en tout cas je n'étais pas du tout au courant lorsque j'ai modifié Maeve !

Bravo à vous deux pour ce long, très long chapitre murofien. Dommage qu'on ne soit qu'une minorité à les lire.
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Chapitre 28 (Kamilla)

Message par Kamilla le Lun 22 Aoû 2011 - 10:01

...
...


... Mais comment vous voulez que je poste mon histoire naze/premier essai/mal construite après trois aussi beaux pavés? D8
Vraiment. ;_; Quand je regarde la taille de votre partie, la structure, les dialogues à rallonge, le caractère des personnages...

... ;_;

_________________________________________________________________________________________________


« -Oh, Kami, c’est génial ! Maintenant on a la panoplie complète ! » Fit Kiri en extase.
Dans un coin de Bonta est située une ville nommé Murof. Dans cette ville habite une Iopette fanatique de ce que l’on appelle des mangas, ainsi qu’une disciple d’Eniripsa aux couleurs vives et voyantes. Kiri Weks et Kamilla Ecalgrin étaient assises sur un banc de la Grand Place de Murof, donc, et l’Eniripsa exhibait fièrement deux perruques brunes de cheveux courts.

« - Mais si c’est vraiment de Toro, comment t’as fait pour en avoir deux ? En plus il a pas vraiment une tête de chauve là…, continua Kiri en regardant ledit Toro qui courait avec un sac de curry sur le dos au loin, poursuivi par le gérant de l’auberge qui Roxxe. Il avait en effet une coiffure bien en place.
- Ah, ça ? Il a eu la bonne idée de se suicider deux fois, pour respawn au Phénix auquel il s’était lié. Du coup, ça nous fait deux scalps de Toro, donc deux perruques Izaya pour la pano !, répondit vivement Kami.
- Ah ouais… Regarde, regarde, ça fait trop la classe avec le manteau assorti !, s’exclama la disciple de Iop tout en ajustant sa nouvelle coupe.
- J’avoue, ça rend bien sur toi... »
Kamilla et Kiri se mirent à enfiler leur cosplay et discutèrent des éventuels tenues à confectionner ultérieurement. L’histoire qui va suivre porte sur la première d’entre elles.

D’où vient Kami ? Qui était-elle avant de rentrer à Murof ?
Pour une meilleure compréhension, nous allons remonter le temps jusqu’en 1637 ;
1637 : Numéro 9

« - Papa ? Pourquoi t’appeler ainsi ?
- Parce que c’est moi qui t’ai construite. Que dire de plus ?
- D’accord… Mais tu ne m’as pas construite à ton image. Aucune de tes poupées ne te ressemblent…
- Peut-être…
- … Papa ?
- Qu’y a-t-il ?
- Comment puis-je te ressembler ? Comment devenir humaine ?
- Tu veux vraiment le savoir ?
- Oui. »


Sazo est un jeune Zobal disciple de Sadida, fils d’un grand créateur de poupées servant à cette classe. Sa dernière création, numéro 9, a été dotée d’un fil de Wakfu reliant son utilisateur à sa poupée. Ainsi, numéro 9 peut communiquer avec son maître par télépathie. Sazo l’a également dotée d’un esprit. Comment, personne ne le sait, mais le résultat est là: La poupée réfléchit, est autonome et pose des questions.
Malheureusement, un Zobal est toujours traqué pour ses masques. Pour sa part, Sazo n’en a qu’un, et c’est celui du Psychopathe. Il ne s’en est servi qu’une seule fois, le soir même après la finition de numéro 9, après avoir subi une attaque de Roublards. Son atelier, en pleine forêt, fut entièrement brûlé, et à l’aboutissement du combat, les Roublards gisaient dans les débris de la cabane. Du Zobal, aucune trace, et des poupées, seule numéro 9 parvint à s’échapper, se promettant à elle-même de retrouver son propriétaire.

A présent, nous allons avancer jusqu’en 1640 ;
1640 : Maki Ecalgrin
Numéro 9 marche tous les jours. Depuis trois ans, elle se perd dans l’immense forêt de Sombrerorée. Elle n’est pas obligée de se nourrir, du fait qu’elle est un pantin. Seulement cette fois-ci, elle est sûre d’avoir entendu des bruits. Elle aperçoit soudainement un grand halo bleu à quelques mètres d’elle. La poupée court en direction de la lumière mais arrive une fois de plus trop tard : Les humains qui sont rentrés dans le portail l’ont déjà refermé… Numéro 9 a pourtant pu distinguer une petite personne portant un masque du Psychopathe… Elle doit la retrouver. Elle doit savoir où se trouve son maître.

Quelques mois plus tard, numéro 9 parvenait à sortir de la forêt, bredouille, laissant ainsi l’histoire changer de personnage principal. Pour l’instant.

_ _ _

«- Kami ! Kami !
- Eh ?
- Kiri est partie sans toi en disant que tu dormais sur le banc, j’croyais qu’elle rigolait mais t’as l’air malade, t’es sûre que ça va ? – en plus t’as une coiffure bizarre- …
- Ah, euh… Ouais t’inquiètes, Mimi … Je réfléchissais juste à un truc. C’est quoi le truc que t’as sur la tête ?
- Un Poulpe. Il s’appelle Paul,
dit l’Ecaflipette. Je sors tout droit de la plage. Et toi, je veux que tu me dises comment tu as scalpé Toro. »
_ _ _

Maki est l’enfant unique d’Abei et de Zarl Ecalgrin, famille spécialisée dans la transmission de sang. Elle est fille sans classe d’une mère Sacrieur et d’un père Eniripsa, lui-même frère avec le père de Mari Ecalgrin. Elle et Maki s’entendent parfaitement bien et vivent aisément avec leurs familles dans une villa sur la côte de Bonta, à côté d’une place marchande.

Après que sa cousine soit partie explorer un donjon avec d’autres aventuriers, Maki se sentait terriblement seule dans sa grande maison. Elle décida donc de sortir en ville pour s’aérer les idées.
« - Mademoiselle désire-t-elle aller au Faubourg de la Sainte eau Dorée pour y faire ses promenades habituelles ?
- Oui, merci Jord, J’aimerais me changer les idées… Mademoiselle Richa y est-elle présente ?
- Il me semble qu’elle ne quitte jamais les lieux mademoiselle »,
dit le majordome en préparant le manteau de « Mademoiselle ». En effet, le temps du mois de Descendre est constitué essentiellement de neige et de froid, et marcher sans manteau est un véritable défi… Les deux personnages partirent en direction de la place marchande à pieds, n’ayant pas vu de tempête se préparer ;
« - Oh ! Jord, voyez-vous cette forme dans la neige ? Peut-être que quelqu’un est blessé ! », fit soudain Maki. En effet, quelque chose était recouvert de neige à quelques pas d’elle et de son serviteur.
C’était numéro 9, et également le plus beau cadeau de Nowel pour Maki.
En plus d’avoir ses jouets habituels, elle recevait une poupée Sadida articulée qui la comprenait, et avec qui elle pouvait parler. Quand à numéro 9, elle qui n’avait pas pu retrouver Sazo, elle décida de rester avec sa nouvelle amie quelque temps, et d’établir un lien télépathique avec elle, jusqu’à ce qu’elle retrouve la trace de son créateur.
1641 : Trace
Cette trace, numéro 9 la retrouva bien vite, puisque c’est en Javian 1641, le 15 très exactement qu’elle vit un autre Zobal au Faubourg dans lequel elle et Maki marchaient chaque jour. Ce Zobal-là était assez grand et n’avait pas un, mais bien trois masques de classe, assez bien cachés sous sa cape. La poupée n’hésita pas longtemps. Même si ce n’était peut-être pas lui, il était possible qu’il sache où se situait Sazo ; Elle se dirigea vers lui, et Maki aussi du même coup, celle-ci ne voulant pas laisser seule sa compagne. Le Zobal inconnu commença à s’éloigner en voyant numéro 9 venir dans sa direction (inutile de dire que les Zobals fuient facilement, si ?) et commença alors une course-poursuite si longue que les poursuivantes durent sortir de la place marchande pour avoir une chance de parler au fuyard. Malheureusement, survint le moment où Maki trébucha dans la neige, alors que les deux filles étaient sorties depuis longtemps de la Sainte eau Dorée. Le Zobal disparu dans la tempête de neige, tempête que Maki et numéro 9 n’avaient pas vu venir, et qui en plus d’être terriblement dense, effaçait peu à peu les traces que les deux acolytes s’efforçaient de suivre. Grâce à ses capacités en tant que poupée Sadida, numéro 9 aurait pu continuer de courir, mais elle ne pouvait pas abandonner Maki…
Elle se souvint alors des paroles de son maître, ces paroles qui lui indiquait comment devenir humaine et transférer son âme. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle savait qu’elle devait utiliser cette technique immédiatement ;
« - Maki ?
- Nu… méro neuf ? Aide-moi à me relever… On ne sait même pas où l’on est…
- Pas la peine. Tu voudrais m’aider à retrouver le gars qui s’est enfui ?
- Bien sûr, je ferais tout pour aider mon amie ! Même si dans mon état je ne peux presque rien faire… Je crois que ma jambe s’est tordue…
- Pas grave, du moment que tu as la volonté de vouloir m’aider.
- Alors vas-y, que peut-on faire pour retrouver l’homme aux masques ?
- Juste faire comme je te dis. »


_ _ _

« - Dis, Mimi ?
- O… B… Hm ?
- Tu fais quoi exactement ?
- Bah… Comme j’ peux pas écrire « Core gros noob » dans la caserne je le fais sur la Grand place.
- … Ah. Dis-moi… Si j’étais une personne totalement différente avant d’entrer à Murof, comment tu réagirais ?
- Boarf, tu sais moi, je m’en fiche de ce que les autres étaient avant. Ce qui compte, c’est le présent nah ?
- Pas faux…, dit Kami, pensive.
- Han regarde, sa Majesté arrive nous v… Il me regarde bizarrement ou c’est moi ? »

_ _ _

16 Javian 1641 : Kamilla Ecalgrin
Maki et numéro 9 regardèrent le Zobal s’enfuir. Elle ne savait toujours rien sur Sazo, mais la poupée était fière d’elle. En effet, son premier transfert de corps avait miraculeusement bien marché. Son esprit se trouvait à présent dans le corps de Maki Ecalgrin, tandis que celui de ladite Maki se trouvait au creux de la marionnette. Maki était encore sous le choc de la transformation, et n°9 se sentait plus libre dans son nouveau corps. Les deux amies décidèrent de marcher vers la ville la plus proche et discutèrent en chemin de leur nouvel objectif. Finalement, elles décidèrent de se séparer pour augmenter leurs chances de trouver le Zobal que numéro 9 cherchait désespérément. C’était une décision dure à prendre, même si grâce à leur lien de wakfu, elles pourraient communiquer même sur de très longues distances. Maki, dans le corps de numéro 9, laissa celle-ci devant une cité qu’elles avaient remarqué, et partit on se sait où. Seule numéro 9 le sait. Quand à cette dernière donc, elle élut domicile dans la ville devant laquelle elle s’était retrouvée seule ;
« - Donc nom ?
- Hem… Num… euh, Mak… Non…
, réfléchit le pantin. Il ne fallait pas choisir un nom trop louche, et encore moins le nom d’un enfant porté disparu.
- J’crois pas qu’on puisse oublier son nom à ce point, dis…
- Oui… Euh… je m’appelle… Kami…lla. Kamilla Ecalgrin.
- Je vois… Âge ?
- … Douze ans.
- Si peu ? Tu n’as pas de parents ou de tuteurs ?
- Si… Un père que j’ai perdu y a longtemps.
- Ah, toutes mes condoléances. Vocation ?
- Eh bien… sans dieu ni déesse. J’hésite encore pour… Eniripsa et Sacrieur.
« Heureusement que je connais Maki… » S’ajouta num… Pardon, Kamilla mentalement.
- Je note… Bon bah je ne vois pas beaucoup de maisons aptes à accueillir une gamine sans classe en fait…
- Une nouvelle ?
, fit une troisième voix.
L’homme qui venait de parler semblait avoir la trentaine et avait l’air d’être particulièrement riche, à la vue de ses vêtements ; Avec son teint bruni et ses ailes, on pouvait facilement l’identifier en tant qu’Eniripsa. Kami se remémora les bases de la politesse qu’on lui avait enseigné chez Maki et fit une révérence au disciple.
-Je vois…, fit l’arrivant en regardant successivement Kamilla et la fiche que tenait le secrétaire. Etant donné des circonstances, pourquoi n’irait-elle pas dans l’ancienne maison de ma femme, là, au 137, rue du Bouclier Aqueux ?
- Cette maison-ci monsieur Nawégling ? En êtes-vous sûr ?
- Puisque je vous le dis… »


_ _ _

« - Salut salut Kami ! Je viens de croiser Mimi avec un sabre laser rouge planté dans le buste, c’est de qui ?
- De sa Majesté, qu’est c’que tu crois ?, répondit Kami en souriant.
- Logique… HAN ! Le tag, excellent !
, s’écria Ninar en apercevant l’ébauche de Mimi. Je comprends ce type maintenant… Dis-moi, tu sais que Ninon te cherchait ?
- Ninon ? Pourquoi ?
- J’en sais rien… Ah ben tu vas pouvoir lui demander, je la vois qui court… Elle traîne un truc…
- Ce truc ce serait pas Cat ?
- Ah si, t’as raison. Je file moi, j’ai une sieste-dans-hamac qui m’attend ! »
Dit l’Eliatrope en disparaissant dans un de ses portails, laissant Kami accueillir les deux jeunes filles.
« - Kami ! J’ai un problème !
-Allons bon, qu’est c’que t’as encore fichu avec Panach pour la mettre dans cet état ?
, interrogea Kami en riant. Visiblement Cat venait d’assister à une scène d’amour tendre entre la disciple de Crâ et le Roublard pacifiste. Elle avait sûrement explosé.
- Mais rien justement, on s’est juste un peu câlinés et pis c’est tout !, répondit Ninon inquiète. Tu peux la mettre comme avant ?
- Bah… Oui, comme d’habitude… »
Soupira Kami en usant de ses pouvoirs d’Eniripsa pour soigner la Sacrieuse au sang blanc qui gardait encore un sourire béat sur la figure.

« Murof est quand même une chouette ville », se dit-elle.

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... Bah... Voilà. C'est tout. '-'
C'est ma première histoire longue, pensais-je, avant de voir la partie Vlad/Moinon... Du coup elle est plus si longue que ça.
Comme je faisais intervenir des personnages assez jeunes, je croyais bien de leur donner un langage courant et... C'est finalement ce qui plait le plus, d'après Mimi.
C'est pas assez détaillé, c'est parfois trop rapide... Vous pouvez m'aider à compléter cette liste de toute façons.
Une dernière chose: Le sabre laser rouge, le pouple Paul, l'explosion de Cat, le manteau et le scalp du début de l'histoire, ou encore "Core gros noob", tous ces éléments sont réels et non inventés. Et cette fic' a été écrite avant l'accident avec Van Heim, donc, si ce dernier trouve le passage dans lequel il apparait trop exagéré, qu'il me le dise. '-'
Les exagérations? PAMAHFAUTE D=

*sort les oreilles basses*
Je pars trois jours aussi ce matin. '-'
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Lun 22 Aoû 2011 - 14:23

Alors... Je vais dans un premier temps répondre au problème cité par Fao et Maeve. Ensuite, je donnerais mon avis sur la partie de Kam'.

Un truc m'embête - une seule chose - et me tracasse...
ça n'a pas grand chose à voir avec ta partie, mais celle-ci le souligne de manière trop... prononcée.
On parle du passé de Vlad', son passé de vilénie et de mercenariat...
Mais Vlad' n'a pas de passé!
Comme l'a déjà fait remarqué Fao, c'est vrai qu'on entend beaucoup parler du passé de Vlad, tant et si bien qu'on est tenté de se dire que c'est une autre vie. Toutefois cette dernière partie explique un peu mieux... bien que la jeunesse de Vlad reste incroyable ("A douze ans à peine il se battait contre des adultes dans les commandos de Xélor, et il arrivait à les mettre en pièces !"). Soit, Vlad a un passé de super homme

Lorsque j'eu finis ma partie, c'est à dire, la toute dernière phrase de l'épilogue, j'ai fais un essais. Celui d'être neutre, de faire comme si je n'avais pas écris cette partie moi même. Comme si Valimir était quelque un d'autre, et que je n'étais là que pour le critiquer. J'ai relus la partie. Et il est vrai qu'une chose apparaissait très souvent? Le même problème. Celui du passé. Car la centre de ce que j'ai écris, si on excepte le morceau de l'accouchement de Magnon, le coeur, la raison d'être de ma partie et de son épilogue, c'est uniquement de parler du passé de Vlad'. Or, il me semble maintenant avoir véritablement foiré ce point. Alors certes, Vlad' se sépare de Xélor à grand coup de paroles, de mots plus percutant les uns que les autres. Mais jusqu'à maintenant, nul ne savait d'où revenais Vlad'. Pour que celui ci se défasse des liens divins de Xélor, il faut dans un premier temps que ces liens se soit tissés. Et c'est pour cela que cette partie existe. Pour expliquer d'où reviens Vlad'. Or, comme vous l'avez dis, et comme je m'en rend compte, il est impossible que Vlad' revienne de là d'où il doit revenir, en si peut de temps.
Comme Maeve l'a relevé, j'ai essayé de rattraper le coup dan l'épilogue. Je savais bien, en lisant la première partie, que beaucoup de choses étaient présentes, expliqué, mais non cohérente avec une histoire que dois se vouloir banal, comme toutes les autres histoires de Murof. Là, il n'y a rien de banal, et je crois même qu'en écrivant l'épilogue, et en tentant de rattraper mes erreurs de la première partie, je me suis encore plus enfoncé, empêtré dans les problèmes d'ages qui ne collent pas du tout entre eux.
Mais voilà qui ouvre un autre problème : je voilais que Vlad' découvre plein de chose au cours de cette très longue partie. L'accouchement tombait à pic, car cela lui permis de découvrir encore plus de chose sur lui même, sur sa vie, sur des émotions... Et pour cela, je me suis dis que tout marcherais mieux avec une personne assez jeune. Et que 19 ans était l'age parfais pour cela. Je ne voulais pas les faire lui et Magnon plus âgé, car cela n'aurais pas été pareil. Un Vlad' plus mure n'aurais pas eut les même réactions. Le problème, c'est que ces deux points qui sont l'age de Vlad' et son passé, entre en contradiction.

Voilà, juste pour dire que je me rend compte moi même que le point faible de cette partie et la partie elle même. Soit le passé de Vlad', qui chamboule également son présent, et donc, toute la trame de l'histoire.

Concernant Elianne, Maeve, je me suis un peu perdu également là dedans, en voulant trop la faire évoluer. J'admet que l'idée que je me faisais d'Elianne au début de mon aventure à Murof a bien changé, et que son rôle de personnage secondaire de ma toute première partie et devenus un rôle de personnage principal. Et que, en faisant se changement nécessaire, Elianne à perdu beaucoup de ce qu'elle était au tout début. Je n'explique pas sa capacité à communiquer avec sa Déesse, mais ce que je peux expliquer, c'est le fait qu'elle était prise dans les tourbillons de la propagande Xéloresque, et que, croyant faire le bien, elle pouvais faire changer d'avis sa Déesse. Encore un point très confus...

Et encore une chose Maeve : tu remontra le temps dans la galerie de dessins de Magnon. Et regarde. Regarde un dessin d'une Eniripsette assez jeune, aux grands yeux bleu, portant le nom d'Eleanor. C'était le premier jet, les prémisses de celle qui allait être Elianne ensuite. Regarde de quand date ce dessin. Et tu comprendra que cela fais très longtemps que Magnon et moi préparons cette histoire. Enfin, surtout Magnon... L'idée d'une enfant aveugle vient d'elle.. Tous comme une grande majorité des points qui forment l'épilogue, bien que ce soit moi qui l'ai écrit...
En fait, le fait que Maeve soit aveugle n'est rien de plus qu'une géniale coïncidence, qui m'a permis de mieux expliquer ce qui allais arriver à Elianne. Merci inconsciemment à toi pour ta partie qui m'a aidé dans la mienne ! ^^

___________________________________________________________________


Maintenant, j'aimerais parler du texte de Kam'. Et j'aimerais aussi dire que depuis le temps que je vous vois dessiner tellement bien, je n'ai jamais vraiment arrêter de faire quelques dessins par ci par là... Je n'ai jamais desespéré. Il en vas de même pour les parties Murof. Ce n'est pas parce qu'elles sont plus maigre en quantité, qu'elles le sont de même en qualité. L'un ne vas pas forcément avec l'autre.

Je suis par rapport à toi en écriture, ce que tu es par rapport à moi en dessin.

Voilà. Ne dis pas que cette partie n'est pas bien, simplement parce qu'elle est moins longue que ma partie.

Et puisque nous y somme, j'ai beaucoup aimé t'a partie. Le coté humoristique car réaliste tranche beaucoup avec les précédentes parties, un peu plus éloigné de la nouvelle mentalité de cette ville, et conservateur de l'ancienne pensée Murofienne (ce qui n'est pas une mauvaise chose, attention !)

Il y a une chose qui mérite d'être relevé : est ce que tu Background de Kam' que tu nous fais correspond avec celui que Fao en avais fait il y a quelques temps, dans une de ses parties ? Regarde à la première page si tu ne comprend pas. Est ce que l'histoire que Fao' avait fait de toi, le fais que tu es la "cousine Nawégling", est bien présent dans l'histoire que toi tu fais de Kam' ?

Sinon, je ne sais pas si il ya réellement quelque chose à dire de plus... peut être légèrement poussé un chouilla les descriptions, pour rallonger un peu la longueur du texte. En tout cas, au niveau des dialogue, tu es pile poil.

Et est ce que le fais que l'on entende plus parler aujourd'hui de ce qu'est devenus la poupée que tu étais signifie que l'on risque de voir arriver une autre partie Kamilla ? Une partie dans laquelle on en apprendrais plus ? Ou bien n'est ce qu'un doux rêve ?

Quoi qu'il en soir, quand on est capable d'écrire ça, on ne se plains pas. C'est un beau texte, avec beaucoup d'humour que tu nous offre.
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Chapitre 29 (Nico)

Message par Nico' le Mar 23 Aoû 2011 - 21:12

Une bonne petite partie Kami tout de même ! =) Bien humoristique c'est vrai ! Et comme le dit Vlad', ce n'est pas par ce que c'est petit que la qualité n'y est pas ! Bref, malgré le peu de temps qui sépare ces deux chapitres, je poste tout de même le mien. Nico' le Zobal a un nouveau lien et ce lien de plutôt... étrange... Deux histoires mêlées pour n'en former qu'une.

Un dernier espoir

Pourquoi cela ne se passe jamais comme je le souhaite ? J’aurai pu vivre une vie tranquille, avec mes parents, avec une femme me voyant à jamais, vivre sans ma folie… Pourquoi… POURQUOI ?!!

Il est 7h30 du matin… Murof s’éveille lentement, les boulangers sortent les pains encore chaud du four en donnant envie aux passants cherchant de quoi déjeuner, les cloches de Notre-Grand tintent afin de réveiller le peuple qui se lève de bonne heure tel que moi. Me voilà, face au soleil, face à la fenêtre donnant sur le reste de la ville. Le soleil m’éblouit de sa faible lueur à moitié sortant de l’horizon, à moitié nuit, à moitié jour. Il hésite à sortir comme moi j’hésite sur moi-même… À coté de moi, encore endormie et toute déboussolée, ma belle m’a apprit il y a quelques jours sa cécité et donc ne peux plus vivre seule. Maintenant, elle ne me voit plus… Et moi, je ne peux plus voir ses yeux bleus. Yeux où je me perdais quand je ne savais plus quoi penser. Il est rare de me voir sans le masque, comme en ce moment mais personne ne peut voir mon vrai visage donc pour l’instant ça va. Je m’assois sur le lit en ayant ma sacoche entre les pieds, remplie d’un morceau de pain et de mes masques du pleutre et celui qui a apporté la mort des deux être que je rêve de revoir… Mon masque du psychopathe. Cet objet abject qui m’a apporté que des misères durant ma vie, celui qui m’a pris mes parents, qui m’a fait orphelin, trainant dans les rues en mendiant à manger jusqu’à ce que Fao’ me prenne sous son aile.

« Bon… Je crois que j’ai ce que j’ai besoin là-dedans », me dis-je tout haut.

Je me lève en attrapant ma sacoche par la lanière, la referme puis sors de la chambre. Je m’arrête à l’encadrement de la porte et me retourne vers Maeve qui dort à poings fermés. Cette créature, si j’ose dire, de tout mes fantasmes, je dois la quitter pour un moment. Les séparations n’ont jamais été mon fort et je ne peux même pas lui laisser un mot pour lui dire où je vais, comment et pourquoi. Je me précipite vers elle pour l’embrasser une dernière fois, lui prendre la main et m’en aller vers l’escalier. Je m’arrête juste devant la porte d’entrée, un miroir se trouve à ma droite. Je le fixe un moment en regardant l’air ahuri que j’ai ce matin, les cheveux mal coiffé genre « je sors d’une nuit bien sympathique » et le regard vide. Je vais donc vers la salle de bain me mettre un coup d’eau sur le visage avant de sortir en ayant pris soin de bien mettre mon masque.

Après ces évènements qui se sont passés, mon « retour » vers ce passé sanglant et la cécité de Maeve… Il faut que je parte de cette vile pour quitter ces noires pensées. Mais je ne peux partir ainsi, Maeve s’inquièterait de ne pas m’entendre à son réveil… Mais si je demande à quelqu’un de l’aider pour quelques jours, cela pourrai faire l’affaire… Mais qui ? J’arpente les rues murofiennes en cherchant qui pourrait m’aider durant ces jours prochains. Les rues commencent à s’animer avec les échoppes qui s’ouvrent les unes après les autres, les enfants se pourchassant en jouant à «Chat », les amoureux se tenant, main dans la main, en allant vers le plus grand endroit de la cité, la Grand-Place. Surement que je trouverai quelqu’un à ce lieu historique.

Les cloches sonnent 8h30, les fidèles sont appelés dans les temples pour prier leurs Dieux. Moi je ne suis qu’un faible croyant mais un Zobal tout de même. La rue que je suis débouche sur cette place aux apparences si joyeuse, si festive durant cet été ! Je soris mon masque du Pleutre de mon sac afin de changer celui que je porte déjà. Une fois celui-ci bien calé sur mon nez et le second rangé, je m’élance vers un mur, rebondit sur une toiture et monte de plus en plus haut pour atteindre les sommet de la ville. Je vois à nouveau les lueurs du soleil et vois encore mieux la place et toute son agitation habituelle. Je m’assois sur une poutre au dessus d’une ruelle, reliant deux habitations et réfléchis, réfléchis. Qui pourrai m’aider pour ne pas laisser ma dulcinée seule pendant quelques jours ? Jeana, ma mère ? Non mauvais idée… Vlad’ ? Non, avec Moinon encore faible et Elianne à élever, Maeve ce serait de trop je pense… Kiri ? Ouai Kiri ce serait pas mal vu qu’elles sont bonnes amies. Je descends alors de mon perchoir et me dirige à vive allure vers la place de l’ermite épéiste. Le temps presse ! Le vent siffle dans mes oreilles en passant par l’orifice central de mon masque, cela fait un boucan incroyable ! Après avoir fait le tour de la place et de deux pâtés de maisons, je me retrouve enfin au lieu d’habitation de Kiri. Je m’approche de sa porte d’entrée et soudain, j’hésite à frapper… Et si je la réveillais ? Non non non ! C’est pas le moment de penser à ça ! Si je ne lui demande pas de l’aide, ça va mal se passer pour Maeve ! Je frappe donc.

« Kiri ? Kiri c’est Nico’, ouvre moi s’il te plait… »

Rien… Aucune réponse… bon aussi c’est 8h45 donc oui, elle doit dormir. J’inspire longuement avant de reprendre la parole.

« KIRI !!! C’EST NICOOOO !! J’AI BESOIN DE TON AIDE !!
- CHUI PAS SOURDE ! PAS LA PEINE DE HURLER !!
- Beuh ! »

La jeune demoiselle vient à peine d’ouvrir la porte et je ne l’ai même pas remarqué.

« Euh Kiri, j’aurai besoin de te demander quelque chose… Voilà, accepterais-tu de « t’occuper » de Maeve durant quelques jours ?
- Pourquoi cela ?
- Ben je pars un peu pour essayer de sortir ces pensées horribles de ma tête… Je sais pas comment l’expliquer... Mais s’il te plait, accepte sans poser de question… Je t’en prie...
- Bon, je sais pas trop… Faut que j’y réfléchisse. Au pire je demande à quelqu’un d’autre ! Mais reviens entier quand même. »

La jeune Iopette referma la porte juste après m’avoir dit « au revoir », qu’elle allait se changer et réfléchir à ma requête et peut-être s’occuper de ma femme. Je l’espère ! Maintenant, je dois me diriger vers la porte Ouest ! Un périple m’attend… Ma course reprend à travers les ruelles de Murof, je cours dans tout les sens sans savoir où je vais, mais ma destination reste la même. J’évite les gens en slalomant de gauche à droite, de droite à gauche, sautant par-dessus, sur les toit des échoppes, de murs en murs. J’arrive sur la place et voyant les tours de Notre-Grand, j’ai une envie folle. Je grimpe sur le premier muret que je vois, vais vers la droite en grimpant sur un autre mur, puis sur un toit, saute sur un autre toit. Plus je saute haut, et plus j’ai l’impression d’avoir des ailes, d’être un oiseau. Me voilà contre un des murs du temple principale. Je m’accroche à une brique puis escalade, monte le plus haut possible. Jusqu’où j’irai ? Je ne sais pas. Est-ce que je vais tomber ? Ca non plus je ne le sais pas. Mais une chose est sûr. Une fois arriver là-haut, je me sentirais plus vivant que jamais. Me voilà enfin à l’étage supérieur. Il me reste encore pas mal de grimpette à faire… Mais j’en reste là. Je cours à nouveau mais cette fois, vers l’Ouest, à l’opposé de la position du soleil. Je vois enfin la porte de la cité. Et le chemin se dessine peu à peu entre les rues. Après avoir analysé le trajet, je décide enfin de reprendre ma course. Je monte sur la rambarde de la tour, me tourne vers celle-ci et ferme les yeux. Bon… C’est parti, Murof, je m’en vais pour quelques temps. Je me penche en arrière et me laisse tomber la tête la première. Le vent hurle à travers mes oreilles, ma veste bouge dans tout les sens. Je vois le sol qui se rapproche de plus en plus, mais j’ai encore de la marge. J’entends des personnes qui hurlent depuis les rues, je pense qu’ils ont peur pour moi. Mais je sais ce que je fais, je gère. Je commence à faire pivoter mon bassin et plier mes jambes vers la tour tout en gardant l’équilibre durant la chute. D’un seul coup et de toutes mes forces, je me propulse vers la rue qui me mènera à la Porte Ouest, juste au dessus d’un toit dont je retombe dessus, debout, comme si rien ne s’était passé et que j’arrivais en sautant de toit en toit. Je descend en altitude et me retrouve sur les pavés de la ville. Des personnes, des enfants cirent mon pseudonyme d’acteur en me demandant pourquoi ai-je fais cela. Mais je n’ai plus le temps pour cela, je cours alors à toute vitesse en esquivant, zigzagant entre les gens, changeant de ruelle pour ne pas me faire suivre, passant par-dessus des poubelles et effrayant les Chachas, je n’ai plus qu’un désir : arriver à la Porte Ouest. Je sais que si je croisais Fao’, Vlad’, Jeana, Moinon, Ninon, Cat ou bien d’autres encore, ils me diraient que c’est une grosse bêtise, que je devrai rester auprès de Maeve. Mais… Je ne sais plus quoi faire, quoi penser… Je suis perdu. Il faut que je parte ! C’est sûr ! Encore quelques virages, à droite, deux à gauche et me revoilà dans la rue menant à la sortie. M’y voici, sous l’arche, à la limite entre Murof et le monde extérieur. Je ne suis presque jamais sorti d’ici, mais je sais quelle direction prendre pour arriver à ma destination finale !

Mon voyage commence en traversant la plaine à la circonférence de la ville. Je vois, de ci de là, quelques maisons, des fermes entourées de champs et de troupeaux de bouftou. En m’approchant d’une trop près, j’entends piailler un nombre incalculable de tofu et juste après, le cri d’un chef de guerre bouftou. Je me demande comment ce fermier arrive à contrôler cette bête. Les champs aux alentours ont l’air d’être bien entretenus vu l’état des céréales. Je passes une de mes mains entre les épis pour sentir la douceur des plantes sur mes paumes. Je remarque qu’il n’y a personne assez proche de moi pour voir mon visage et décide donc de retirer mon masque du Pleutre qui était encore bien ancré à mon nez. Cela fait un bien fou de retirer ce masque ! Je continue ma traversée en entrant dans une forêt où les rumeurs disent qu’il se trouverait des Abraknydes, ces créatures mi-arbres mi-homme qui flanqueraient la frousse à un Chafer ! Mais je n’ai pas le temps d’en chercher un, il se fait tard et je vois le soleil entre les arbres qui va finir sa course en plongeant à l’horizon, dans les steppes de la plaine de Cania. La lune monte haut dans le ciel étoilé, ce bel astre solitaire qui mourra quand le soleil réapparaitra. Je suis allongé, au milieu d’une clairière, regardant les étoiles une par une, jusqu’à un million. Mais ce million d’étoile ne vaut pas les yeux de celle que j’aime. Comment va-t-elle ? Est-ce que Kiri ou quelqu’un s’occupe d’elle ? Non, je ne dois pas penser à ça, sinon je n’arriverai pas où je le souhaite ! La nuit fut courte et bien agité. Je ne sais pourquoi mais j’ai fais des cauchemars immonde que je ne citerai point, plus par peur de ces pensées que par volonté de les exprimer. Je remballe ma couverture, la remet dans mon sac et reprend encore une fois mon voyage. Je commence à apercevoir le bout de la forêt, j’espère ne pas m’être perdu et d’être revenu sur mes pas ! Bingo. Je suis de l’autre coté, dans les steppes de Cania. Ici, presqu’aucune plante ne pousse. Les arbres sont mort sur place, la seule végétation verte est la mousse qui pousse sur certaines zones du sol et sur les rochers. On croirait voir la nature frappée par la Stasis… Je me retourne, vois les quelques rayons du soleil m’éblouir ; il doit être 6h du matin ; me tourne vers ce qui semble être le nord en fonction de la position du soleil et je cours. Je cours sans jamais me retourner. Je fuis cette réalité, je m’évade de mes pensées mais n’en gardant qu’une seule avec moi : Maeve.

Il doit bien être 13h et me voilà… perdu. Je crois que je me suis évanoui… Je regarde autour de moi, la soleil fais rage et tout ce que je vois jusqu’à ne plus voir la terre, ce n’est que… du sable. Ah si, il y a un squelette de je ne sais quoi qui est énorme juste derrière moi… L’eau me manque, j’ai bu ma dernière goutte juste avant que je ne perde connaissance. Je me relève, desséché, assoiffé ne voulant qu’une goutte d’eau, et marche, sans savoir où aller. Le silence du désert m’assourdi et le soleil m’aveugle et me rend muet sous la chaleur. J’ai rangé mes bottes dans mon sac et maintenant j’ai la plante des pieds brulé par le sable. Je ne marche que depuis quelques minutes, pourtant j’ai l’impression d’avoir marché des kilomètres entiers, les dunes se succèdent et c’est toujours le même paysage que je vois au sommet de chacune : le désert… et la mort au loin. C’est vrai que ce voyage était une grosse bêtise. Mais si le ciel le veut bien… Je peux encore vivre… Je tombe, épuisé sous la chaleur brulante du soleil tel le feu ardent d’un volcan. Je roule du sommet de la dune jusqu’à sa base, brulant un peu plus à chaque fois que je touche le sable. Je finis ma course contre un rocher qui vient d’ouvrir la joue, mais rien de grave. Je ne peux pas continuer mon voyage… Il fallait que j’aille là-bas pourtant ! Papa ! Maman ! Je suis désolé mais je vais devoir vous rejoindre avant d’avoir pu voir votre tombe… Je me retourne sur le sable et regarde le soleil en face, quitte à me bruler les yeux. Je n’ai plus rien à perdre maintenant. Je les referme légèrement puis vois une ombre au dessus de moi se dessiner. Qui est-ce ?! Je m’évanouis à nouveau alors que c’est pas le moment.

« Hmhmhaeuh ! Chut ! Ne fais pas de bruit, tu pourrai le réveiller ! »

Hum ? Une voix ? De fille qui plus est. Maeve ?

« Arrêter de l’encercler ! Ali ! Sah ! Sortez de ma tente ! Et vite ! gronda une voix plus grave.
- Bien chef ! Mais ne fais pas de cochonneries avec lui ! répondit une autre.
- Pourquoi tu dis ça Ali ? Tu sais bien que Moneda n’aime pas les gars ? demanda la première voix.
- Laisse tombé, tu comprendra plus tard. Maintenant on y va ! » reprit la troisième voix.

Que se passe-t-il ici ? Il y a eu une fille, puis deux garçons, dont un assez jeune, environ 10-12 ans. Pareil pour la fille… Mais l’autre voix ? Qui sont-ils ? Des brigands ? Des voleurs ? Je ne sens plus ma sacoche !! J’ouvre les yeux puis regarde autour de moi, ma sacoche est au niveau de ma tête ! Je l’ouvre et récupère mon masque du Psychopathe afin de pouvoir me battre ! Je me précipite vers cet inconnu qui a eu la malchance de me sauver ! Mais si c’est pour me voler, je dois me défendre !

« Ne te lève pas si vite ! Tu va te faire mal !
- Je me fiche de ce que tu pe… Que se passe-t-il ?! »

D’un seul coup, sans que je m’y attende, je m’arrête, net ! Une véritable statue ! Qu’a-t-il bien pu faire pour m’arrêter comme ça ?!
« Là c’est mieux, tu ferai mieux de ne pas vouloir me frapper si tu veux pas que je te laisser crever comme un Rat d’égoutant » répliqua l’inconnu.
Il fait un geste de la main puis je peux à nouveau bouger, sauf que je tombe au sol d’un coup. Ce type est incroyable ! Personne n’a jamais réussit à stopper une de mes attaques les plus rapides tel que Furia… Comment a-t-il fait ?

« Qui es-tu ? Où sommes nous ? demandai-je.
- Dans ma tente, et je suis ton sauveur.
- Ca je l’ai remarqué, sinon je ne serai pas chez toi et en vie surtout.
- Tu devrai m’être reconnaissant pour t’avoir sauver, d’habitude je ne fais pas ça. Je suis Moneda, un guerrier des sables.
- Si tu es un guerrier, comment as-tu pu me soigner ?
- Mon maitre, Joris, a plus d’un tour dans son sac. C’est lui qui t’a soigné. »

J’ai toute la vérité entre mes mains, enfin ce qui semble être la vérité. Ce Moneda m’explique par la suite que son peuple et lui-même sont des nomades et ne reste pas souvent au même endroit dans le désert. Il savent se repéré et pourrait m’aider à retourner à Murof, que je n’aurai jamais dut quitter finalement… Il doit avoir environ le même âge que moi, 17 ans environ. Sa peau brune a la même couleur que le sable. Il possède un grand morceau de tissu bleu marin comme « voile » afin de caché son visage des rayons brulants du soleil. Les autres de son peuple survivent au soleil, mais pas son visage. Quelques mèches de cheveux arrivent à passer entre les plis du tissu et viennent lui cacher la moitié de son œil droit. Il porte un grand sarouel blanc cru tenu par une ceinture de la même couleur que son voile. Il doit pouvoir faire des mouvement bien amples avec cela. Par contre je viens de voir qu’il est pied nu… Il doit être habitué à la chaleur du sable.

« Hum ? Ca arrive déjà ? je l’aurai pas cru si rapide…
- Hein ? Mais de quoi parles-tu ? » demandai-je.

Il tire un des tissu servant de « porte » de sa tente pour me laisser voir l’extérieur et me répondre.

« Mais de ça. » Dit-il avec le plus grand calme et un grand sourire en montrant la tempête de sable approchant aussi vite qu’un troupeau de bouftous noirs enragés ou une bande de Pandawa à court d’alcool.

Je suis pris de panique, que faut-il faire dans cette situation ?! Je cours me réfugier sous le lit de camp que Moneda a dans sa tente. Lui semble parfaitement calme comme tout le reste de son peuple que je peux apercevoir à l’extérieur. Je n’ai jamais vécu une telle catastrophe naturelle, si grande, si imposante et si puissante ! Enfin c’est l’impression que cela donne. Mon hôte relâche la « porte » et vient s’assoir dans un gros coussin juste à ma droite, cela doit être bien confortable d’être là-dedans.

« C’est la première fois que tu viens dans ce désert. Je me trompe ? »

Non il ne se trompe point. J’aurai dut prévoir ce genre d’évènement, c’est courant une tempête de sable ! Enfin, pas si courant que la pluie qui tombe du ciel… Je ressort de sous ma cachette, plus confiant en ayant moins peur vue qu’il a l’air de savoir ce qu’il va se passer. Si je veux survivre et rentrer à Murof, ma seule chance est de lui faire confiance. Même s’il ne m’en inspire pas grandement.

« Non, tu as raison… C’est la première fois que je vais dans ce désert, répondis-je.
- Et tu venais ici pour ? Nous voler ? me demanda Moneda.
- Tu crois que j’ai une gueule de voleur ?
- Ben vu que tu porte un masque, cela me laisse croire ce que je veux. Je n’ai jamais vu de personnes masquées dans les villes aux alentours.
- La classe à laquelle j’appartiens n’est pas très rependue. Je suis un Zobal.
- Un Zobal… Intéressant… Et donc tu dois posséder tr…
- Deux masques.
- Il me semble que les gens de ta religion en ont trois… Où est ton dernier ? s’étonna le jeune homme.
- Je n’en ai pas. Ou du moins « plus »…
- Et où se trouve-t-il ? Là où tu voulait aller ?
- Je n’en sais rien… Mais je le pense aussi qu’il est là-bas. Mais dis moi un truc ?
- Hm ?
- Comment m’as-tu stoppé tout à l’heure ? C’était une de mes attaques les plus rapides, Furia. Comm…
- C’est une très mauvaise idée de dévoilé ses capacités à un inconnu que tu ne connais que depuis 20 minutes… Bref, vu que tu ne me semble pas d’un voleur vu la manière dont tu te comporte, je pense que je peux te révéler ceci. »

Il se lève et se dirige vers un sac miteux… Ne me dites-pas que c’est avec ça qu’il me stoppe ?! Non apparemment… Il l’ouvre et plonge sa main, puis son bras entier dans le sac ! C’est donc un Havre-Sac !! Voilà pourquoi il semblait si vieux et si abimé ! On dirait qu’il ne trouve pas directement ce qu’il cherche… Un tapis vient de sortir du sac… Des sandales avec des dorures sur les lanières… Un autre sac qui semble s’accrocher à sa ceinture… Maintenant, je pense que c’est cela qu’il cherchait… Il y a quelque chose emballé dans le tissu… Moneda s’approche lentement de moi puis me tend l’objet. Je pense que je peux le prendre et voir ce que ça contient. Je prend avec hésitation ce qu’il me tend, l’attrape enfin puis déroule le tissu autour. Un Magnifique fourreau était caché par ce voile. Des inscriptions sont gravées dessus mais je n’arrive pas à lire, sûrement une langue ancienne. Je monte mon regarde petit à petit et remarque le pommeau d’une épée au sommet. Je le saisi et ne le retire pas de suite. Est-ce un piège ? Non ! Je me suis dis de lui faire confiance si je veux m’en tirer ! Bon… Je tire l’épée ! Je reste bouche bée devant la lame étincelante. Les mêmes gravures que le fourreau sont représentées sur l’arme.

« Une épée… Et alors ? questionnai-je.
- Une épée… Mais pas n’importe quelle épée. Cette épée était protégée par Maitre Joris durant plusieurs décennies. C’est une épée « magique ».
- Oh et si Monsieur le magicien pouvait me faire une démonstration du si Graannnd pouvoir de ce cure-dent magique, ce serait une preuve pour moi. »

Moneda saisi l’épée et commence à m’attaquer avec l’épée ! Il est complètement dingue ! Je tente de me baisser pour esquiver son coup mais je ne peux pas ! Pourquoi ?! Ce serait donc ça le pouvoir de son épée ?

« Cette épée peut stopper le temps dans un rayon d’un kilomètre tout ce qui s’y trouve devient immobile et seulement ceux que je souhaite savent que le temps s’arrête. Dans ce cas-ci, tu as été le seul à savoir que j’utilisais l’épée. »

Prodigieux ! Encore une fois immobilisé. Et comme il le dis, je suis conscient mais suis-je seul ? Il lâche son emprise et je peux à nouveau bouger. Il ne sert plus à rien d’esquiver son épée vu qu’il n’avait pas l’intention de me tuer. Il me dit d’aller voir dehors mais je ne sais point pourquoi. En sortant je remarque la tempête aux portes du campement, mais quelque chose semble bizarre… Le vent ne souffle plus… Le nuage de sable qui nous fonçait dessus est maintenant immobilisé, comme je l’étais il y a quelques instant ! Il peut donc aussi choisir qui il souhaite sortir de l’emprise de sa « pause » du temps ! Cette épée dépasse tout ce que je pensais ! Une telle arme mise entre de mauvaise main pourr… Quoi ?! Le temps reprend son cours de lui-même ? Aurait-il tout relâcher ? Et voilà la tempête continuant d’approcher ! Les enfant retourne dans la tente de leurs parents en criant alors qu’eux sont tous calme. Mais qui sont donc ce peuple de fou pour ne pas avoir peur d’une tempête de sable ? Je vois deux adolescent approcher en criant : « On arrive Moneda ! » en chœur. Mais ! Ce sont les deux autres voix de tout à l’heure ! Le jeune garçon et la fillette n’avais donc pas entre 10 et 12 ans mais bien 15 ans ! Je suis vraiment nul pour faire des approximations.

« Tient, t’es réveillé maintenant ?
- Ali ! On n’a pas le temps de parler dehors ! On se mets à l’abri avant d’être emporté par la tempête ! Et vite !! gronda la jeune demoiselle.
- Roh ça va ça va ! » répondit le soi-disant Ali.

Nous nous mettons tout les trois dans la tente de Moneda pour continuer la conversation :

« Mais… On va vraiment rester sous la tente durant la tempête de sable ? T’es sûr que ça va tenir Moneda ? demandai-je.
- Nos tentes sont les plus robustes du désert. Même les scorbutes des sables n’arrivent pas à les arracher du sol. Il n’y a que les citadins pour croire qu’on ne peut pas échapper à une tempête de sable, ria mon interlocuteur.
- Bon, okay’ je dis plus rien et j’attends… Mais j’aimerai savoir quand est-ce que je pourrai rentrer chez moi !
- Quand tu aura purifié ton cœur.
- Pardon ? m’étonnai-je. Purifié mon cœur ? Que veux-tu dire par là ?
- Je sens ton cœur, ton âme qui sont rongés par des pensées plus noires et plus sombres que le cœur de Rushu ! Déballe ton sac et on verra comment faire.
- Tu crois vraiment que je vais parler de mes problèmes à des étrangers quand même ?! Tu commences à me gaver ! Si tu peux pas me ramener chez moi je pars devant et tout seul ! beuglai-je.

Je récupère ma sacoche, change mon masque du Psychopathe par mon masque Pleutre, prend un de ses tissus bleu et l’enfile autour de mon masque et de mes épaules pour me protéger du sable volant et cours vers la sortie de la tente sans regarder dans mon dos et sans les écouter.

« Tu n’iras pas bien loin de toute façon ! » entendais-je au loin.

La tempête est épaisse. On y voit pas plus loin que le bras brandit en avant. Je ne sais plus où je suis, où est le soleil, dans quelle direction je dois aller. Je suis perdu. Je marche, marche, marche mais en vain. Je ne fais que m’épuiser. Ma sacoche est plus lourde qu’avant que Moneda me sauve. Je l’ouvre et constate qu’il m’y avait mit une gourde. Il a dut prévoir l’éventualité que je m’enfuit sans rien vouloir savoir… J’en prends une gorgée mais il faut que je l’économise il ne faut pas que j’arrive à court d’eau ! Et ça va être dur… Très dur… J’avance, à tâtons, comme un aveugle sans une aide, comme Maeve dorénavant… Pourquoi je suis parti en la laissant seule ?! Elle doit être morte d’inquiétude… J’écroule sur mes genoux et regarde au ciel. Comment peut-on vivre dans un tel endroit ? Comment vais-je rentrer à Murof ? Et vivant ?! Je commence à pleurer en regrettant mes actes durant les derniers jours… L’histoire à propos de mes parents, l’aveuglement de Maeve et moi ne sachant pas quoi faire… Ma fuite… Je voulais juste aller voir la tombe de mes parents ! Un de leurs amis, mort depuis 5 ans m’a laissé l’emplacement de leur tombe sur un bout de papier que j’ai perdu depuis que je suis parti de Murof… Mais j’ai tout retenu pour y arriver ! Sauf que maintenant… Tout ce qui va m’arriver, c’est les rejoindre.

« Nico’… »

Hein ? Qui m’a appelé dans cette tempête ? Qui pourrait savoir où je suis à part Moneda, Ali et la jeune demoiselle ?

« Qui êtes vous ?! Approchez vous ! Présentez vous !! hurlai-je.
- Tu ne nous reconnais pas ? »

Soudain, le sable devant moi pris la forme de deux personnes : une assez imposante et grande et la deuxième assez petite et mince. Je dois avoir des hallucinations.

« Et bien… Nous sommes tes parents, mais dans tes pensées.
- C’est bon Moneda arrête de…
- Ce n’est pas lui mon fils, nous sommes bien ton père et ta mère. Répliqua la forme imposante.
- Si vous êtes vraiment mes parents prouvez le !
- Tu es notre fils, né le 29 Avouil 1623. Ton père était un Iop ébéniste et moi, ta mère était une Eniripsa. Cela te convient ?
- … Je ne sais plus quoi penser là…
- Pense à ces noires pensée qui sont arrivées dans ta vie… Notre mort que tu n’as jamais souhaité, que tu ne voulais pas arriver. La cécité de Maeve, ta femme. Que ressens-tu maintenant ?
- Du désespoir… Une grosse fatigue aussi à cause de toute cette marche…
- CESSE D’ESSAYER DE FAIRE DE L’HUMOUR NICO !! Il n’y a que ça que tu n’a jamais fais pour tenter de t’en sortir ! des fois ça a marché et d’autres non ! Ici ça ne marchera pas !
- Du calme chéri, s’il te plait. Calma ma mère. Bien, maintenant pense à tout ces bon moments qui te sont arrivés, ce Faolin d’adoptant, te donnant un foyer, te donnant à nouveau l’amour d’un mère. Tout ces amis que tu t’es fait grâce au théâtre que tu as découvert tout seul dans les rues ! Et maintenant pense à Elle.
- Elle ? demandai-je à ma mère et mon père.
- Oui, Elle… Maeve. Tout ce que tu as vécu avec elle, ces rendez-vous dans les rues, sur les toit de Murof et puis ton mariage. Pense à tout cela mon fils ! » continua mon père.

Je ferme les yeux puis pense à tout ce qu’ils m’ont dit : Fao’, Jeana, le théâtre, Vlad’, l’écriture, Notre-Grand de Murof, la Grand place, L’Auberge qui roxxe, Panach, Cat, Ninon, Toro, Ninar, Kami, les parodies, le port, Moinon, Cyanne, Miam, Kalaen… Maeve… Je rouvrit les yeux et vu mes parents disparaitre à nouveau en me disant : « Que ressens-tu en pensant à eux ? » Le seul sentiment qui me vient à ce moment là n’est autre que…

« DE LA JOIE !! » hurlai-je à mes parents juste avant de les voir disparaitre.

D’un seul coup, le sable s’excite encore plus, tourbillonne, s’envole et me fait m’envoler dans une tornade de sable . Je ne sais plus où se trouve le haut ! Où est le bas ! Vais-je survivre encore à ça ? Et si c’était mes dernières pensées ? Le sable me fouette toutes les parties de mon corps qui ne soient pas protégées. J’ai l’impression de ne plus avoir de peau et que cela touche directement ma chair et commence à frapper en profondeur. La douleur est trop intense, je ne peux pas tenir plus longtemps et m’évanouis pour la deuxième fois de la journée.

Oh…Ma tête est lourde… le sable s’est infiltré partout entre mes vêtements. Ma sacoche en est remplie… Je vais encore devoir la vider mais pour l’instant je n’ai pas les yeux en face des trous pour pouvoir faire ça… Je m’assois pour reprend mes esprits et constate que la tempête de sable s’est arrêtée. Je n’ai plus mal nulle part également. Comment ceci a put arriver ? Je regarde un peu partout sur mon corps pour voir si je n’ai pas un membre en « mauvais état » ou si je suis écorché, mais apparemment, non. J’arrive enfin à me relever et, face au soleil, le vent vient me caresser le visage comme pour me soulager après cette rude épreuve.

« On dirait que tu as réussit à ce que ton cœur change de cap… me dit une voix dans mon dos.
- Et bien, on dirait que tu me suis tout le temps… Moneda, répondis-je en renfilant mon masque du Psychopathe.
- Je ne sais pas comment tu t’y ai pris pour faire cela mais… Tu as vaincu tes pensée obscures enfouies dans ton cœur…
- Ce n’est pas moi qui ai chassé ces pensées… Ce sont mes amis. Et c’est grâce à eux que je survit. Et plus que tout grâce à Elle.
- Celle qui comble ton cœur… J’avais un cœur comme le tien avant… Mais maintenant, il n’est plus.
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Le désert me l’a prit à jamais… soupira Moneda.
- Et comment s’appelait celle que tu aimais ? » demandai-je, curieux.

Il hésite un moment … Je crois qu’il n’a pas vraiment envie de me le dire. Enfin, je ne vais pas insister plus et reprend mon chemin vers Murof. Je me retourne pour repartir lorsque d’un seul coup :

« Elle s’appelait Maeve… Maeve la crâette des sables… Une orpheline, tout comme moi… »

Quoi… Il vient de… Dire… Qu’elle s’appelait Maeve ?! Comment est-ce possible ?! Il n’en existe pas deux des Maeve dans ce monde ! Ma Maeve était craette et la sienne aussi… Ce n’est à plus rien y comprendre !! Je reste, immobile, dos à lui et tentant de comprendre la situation.

« Mais enfin, elle n’est plus de ce monde maintenant… Pour retourner de là où tu viens, va plus loin que l’horizon, à l’autre bout du désert et dirige toi vers le sud. Pointe d’abord le soleil. Et ne te perd pas surtout ! J’ai pas envie de jouer au sauveteur une deuxième fois », me prévenait Moneda en me donnant une autre gourde d’eau.

Je me tourne donc vers le soleil levant, vers l’est. Mon ombre est grand dans mon dos, quand je veux me retourner pour dire adieu à Moneda, il s’était déjà volatilisé, envolé je ne sais où en me laissant un mot dessiné dans le sable : « Prend soin d’Elle, elle est tout ce qui t’es le plus cher. » Trois heures plus tard, me voici à la sorti du désert. Je n’étais pas si loin de la bordure de cette étendue brulante tout compte fait… Et puis avec un de ces voiles bleus pour se protéger, c’est plus pratique contre la chaleur et les rayons solaires.

Mon voyage retour vers Murof est assez bref car en cinq heure à peine, je me retrouve aux portes de la cité. A la Porte Nord plus précisément. Je change à nouveau de masque et enfile celui du Pleutre pour arriver chez moi au plus vite et revoir Maeve, la serrer dans mes bras, la sentir, l’embrasser. Direction l’Allée du Saint-Bwork ! et vu que c’est dans la partie nord de la ville, ce ne sera pas long. Je commence à marcher dans l’allée principale. J’accélère le pas, encore, encore et encore jusqu’à courir puis saute sur un mur, et un autre et rejoins les toits de la ville. Cette vue imprenable sur la cité m’avait manqué durant ces quelques jours… Bon, Notre-Grand de Murof est situé à la Grand Place, droit devant et ma maison est juste… là ! Un peu sur la droite ! Je peux apercevoir les fenêtres de cette habitation délabrée par le temps. Je cours à toute vitesse. Je cours comme si ma vie en dépendait. Je cours vers mon avenir. Et dans ce bas monde, rien n’est encore écrit sur l’avenir de chacun. Cet avenir se construit, seul, à deux ou en famille. Il n’y a que moi pour savoir qu’elles sont vraiment mes envies, mes rêves. Il n’y a que moi pour savoir quel sens donner à ma vie ! Et même si j’ai un passé troublé par des évènement sombres, ce sens pourrait détruire à jamais ces pensées et rendre ma vie joyeuse ! Papa, Maman, me voici à la fenêtre du premier étage. J’entre et vois celle avec qui je veux partager cet avenir. Merci de m’avoir fait comprendre que les évènements du passé reste du passé, que je dois tourner la page et en écrire une nouvelle. Je m’assois sur le lit, Maeve semble m’avoir entendu mais ne sais pas que c’est moi…

« Qui êtes vous ? N’approchez pas !
- Qui suis-je ? C’est une question dont tu connais la réponse il me semble, Maeve.
- Que… Nico’ ?! C’est vraiment toi ?
- En chair et en os mon ange. »

Je la prend contre moi, la serre contre mon torse et l’embrasse comme si je ne l’avais pas vu depuis une éternité ou deux. Plus jamais je ne laisserai quelqu’un de ma famille seul, seul dans le noir, seul avec personne pour l’aider, seul sans personne à aimer…

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Et voilà c'est fini ' 3'
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Mer 24 Aoû 2011 - 10:35

Bon...alors...déjà commençons par Kami':
Je trouve l'idée géniale! J'ai bien aimé aussi le fait que tu mettes des dates et que tu intercalles la vie des deux personnes ainsi que celle de Kami' sur le moment. Franchement, je n'ai rien à dire (en fait ce n'est plus vraiment tout frai dans ma tête) donc comme ça je ne me souvient pas de points négatifs...alors bravo à toi!

Ensuite Nico':
Ton histoire m'a vraiment plu! Avec le retour du Nicolicht avec Moneda...le récit est bien mené...vraiment bravo à toi aussi! Peut-être aurait-il (par je ne sais quel moyen) rallonger le moment où il arrive à chasser ces pensée noires...mais...voilà, ce n'est que mon avis. Vlad' te donneras plus de détails que moi...^^°

Voilààààà...bon...remettons à jours ce dossier Murof là...è_é
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Mer 24 Aoû 2011 - 14:05

Déja tout expliqué en Mp il me semble Nico'... ^^

Mais j'aurais une chose à ajouter, facultative, mais qui donne un aspect tellement meilleurs à ton texte : je trouve qu'il manque cruellement de BBCode...
Tu sais... Gras, souligné, italique...
Uniquement pour facilité la lecture, c'est tout...
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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Mer 24 Aoû 2011 - 20:46

o_o ...
Merci déjà pour vos remarques, oui il faut que j'approfondisse les descriptions, je sens que ça ne serais pas de trop...
Pour répondre aux questions de Vlad ...
- je ne trouve pas ledit passage de "cousine nawégling" '-' En tout cas, il n'est pas présent dans cette histoire-ci, non...
- La poupée que n°9 était avant de passer chez Maki est actuellement sur le jeu Sans Mots, que tu connais peut-être :') Je te laisse deviner le reste \o
Merci à tous, je ne m'attendais pas à ça '-'
_ _ _

Alors sinon pour le texte de Nico... Moneda c'est bien le nom de ta fan-classe aussi nah? '-' ...
*réfléchit*
...

Aaaaah. Je viens de saisir. '3'
Si Vlad a envoyé un MP pour commenter ce texte, je n'ai rien à rajouter... Ptet des passages qui m'ont fait tilter, par exemple:
"Il doit avoir environ le même âge que moi, 17 ans environ." Ici, tu as fait une répétition du mot "environ", donc ça fait pas super génial en rendu... Enfin c'était sûrement de l'oubli :')

"- Tu es notre fils, né le 29 Avouil 1623." on dit pas plutôt Aperiel? '-'

Et... C'est tout ce que j'ai relevé, le reste étant génial \o
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Re: Murof, l'original

Message par Fao le Dim 28 Aoû 2011 - 14:24

Je saurais poster une partie à moi, maintenant que la liste d'attente a été réduite à néant?
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Dim 28 Aoû 2011 - 14:29

Oui vas-y Fao'...la place est libre! =D
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Re: Murof, l'original

Message par Jeananas le Dim 28 Aoû 2011 - 15:09

J'adore ta partie Nico, pauvre Maeve, ça doit pas être évident d'être aveugle mais ça ouvre pleins de possibilités au personnage =D
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Chapitre 30 (Fao')

Message par Fao le Dim 28 Aoû 2011 - 16:25

Voici donc ma première partie depuis des mois (je me suis rendu compte que mon style s'est beaucoup beaucoup changé...)

Partie 1
Fao’ entendit les pas menus d’une enfant marchant sur le palier, puis des petits ongles propres gratter la vieille porte pour qu’on lui ouvre la porte. Il se leva de son bureau, alla à la porte qui le séparait du monde profane, vague frontière grattée par un enfant, qui l’appelait à ouvrir ses frontières. Il s’appuya contre la porte, indécis, se demandant s’il devait ouvrir à sa fille ou pas. Mais déjà Cyanne le pressait, geignant un malheureux : « Papa ! Papa ? » qui le poussait à ouvrir sans réfléchir. Il ne se laissa cependant pas faire…

Non, non, il n’ouvrirait pas cette porte à sa fille, il ne la laisserait pas entrer, c’était impossible de la voir explorer le monde de son propre père, un monde caché, recroquevillé en lui-m^me, rejetant tout corps étranger avec la pire violence. Il entr’ouvrit alors la porte et se glissa par l’embrasure, puis attrapa sa fille qui attendait dehors. Il la porta, referma la porte, descendit les escaliers avec elle. Une fois en bas, elle lui fit un bisou sur sa joue comme il le demandait et il finit par la lâcher. La petite Vampyre se dirigea immédiatement vers sa mère, qui dessinait. Jeana’ leva les yeux de son griffonnage dans le salon :

« Tu l’as fait descendre ?

- Elle qui l’a demandé… Je ne peux pas l’en empêcher, et c’est toujours mieux que le faire toute seule.

- Bon… viens ici, petite coquine… (Jeana prit la petite fille sur ses genoux, abandonnant sa besogne) Je me demande vraiment pourquoi on t’a fait, toi, si tu descends pas les escaliers toute seule, ajouta-t-elle d’un ton un peu moqueur. »

Fao’ sourit, s’assit sur un fauteuil en lorgnant sur les jeux de Kalaen, qui s’amusait au milieu du salon. On passa longtemps à tous le regarder, jusqu’à ce que Cyanne brisa le silence, prenant l’initiative.

« Maman… ?

- Oui, ma chérie… ?

- Comment on a fait Kalaen ?

- Quoi ? Je n’ai pas compris, Cyanne…

- Comment on fait les bébés ? »

Le regard alarmé de Jeana’ à Fao’ était bien la marque de son état d’esprit bouillonnant. Fao’ sourit à la question « piège » des enfants trop curieux, et prit les devants en énonçant :

« Pour faire un bébé, il faut un papa et une maman, déjà. On ne peut pas faire de bébé sans eux deux. Et ce papa et cette maman, il faut qu’ils s’aiment !

- Fao’ !, siffla Jeana avec un regard assassin, lui reprochant sa directivité.

- Et donc, papa et maman s’aiment, ils s’aiment à s’en déchirer, à s’en faire mal, à en mourir d’amour. Alors, comme ils débordent d’amour, ils se mettent d’accord, ils décident de faire un enfant, qui sera celui qui contiendra tout l’amour qui dépasse. Et comme l’amour est immense, intense, alors la maman gonfle, gonfle à exploser, et à la fin… le bébé naît. »

Jeana prit une grande inspiration, et voulant démontrer la continuité du raisonnement de son mari, prit à son tour la parole :

« Et nous voilà tous les trois, papa, maman et bébé Cyanne. L’amour grandit, grandit encore au fur et à mesure du temps et, dès que l’amour est assez grand, papa et maman font un nouveau bébé. Et voilà comment Kalaen est né. »

Nouveau silence. Fao’ et Jeana’ en plein échange de sourire intercepté par la jeune fille. Celle-ci leva les yeux vers sa mère et lui demanda :

« Maman, vous avez toujours de l’amour dedans vous ?

- Oui, ma chérie, encore….

- Il vient d’où l’amour ? Il y en a beaucoup alors dedans vous ? »

Jeana se leva, posa sa fille par terre, dit avec beaucoup d’emphase : « L’amour, il vient de partout, mais il doit d’abord émaner de nous pour le ressentir chez les autres. »

Ainsi fait elle clôt la discussion, visiblement assez gênée, et prit Kalaen pour s’en occuper. Aussi Fao’ sortit, pour ne revenir que quelques heures plus tard, une série de bourses à la ceinture. Jeana jeta un rapide regard à Fao’ alourdi d’argent, de m^me que Cyanne qui s’approcha et tenta de palper une des bourses de Fao’. Sa voix stridente, son ton inquisiteur et sa bain baladeuse :
« Y a de l’argent dedans ?

- Oui, ce sont des kamas.

- Oh, il y en a beaucoup !

- Oui, chérie, c’est la rente viagère qui j’ai perçue de ce mois. C’est avec ça qu’on va vivre.

- Et on peut faire quoi avec cet argent ?, demanda innocemment Cyanne

- On va pourquoi acheter des choses à manger, ou des habits pour s’habiller, ou m^me des jouets, du savon pour le bain…

- On va acheter des bonbons avec ?

- Pas forcément, je pense que non. C’est pas bon les bonbons.

- Mais si c’est bon ! »

Elle insista en essayant d’attraper une des bourses rebondies.
« C’est qui qui t’a donné ça ?

- Un monsieur.

- Il est gentil le monsieur qui te l’a donné !

- Mais non, Cyanne… J’ai le droit de l’avoir, alors il m’a donné.

- Et si tu avais pas le droit ?, demanda-t-elle encore.

- Alors il me dit non. Mais c’est pas vrai. Enfin, c’est juste une pensée. »



Elle le considéra avec une perplexité infinie. Il soupira, et Jeana interpela sa fille :

« Allez, viens, choute, tu veux faire des gâteaux avec moi ? »



Cyanne regarda, comme hésitante, vers son père, puis tourna la tête vers sa mère et se décida à suivre sa génitrice et se réfugier dans ses jambes. L’adulte soupira en voyant Fao’.

« Tu veux vraiment initier ta fille au monde réel ? Tu ne la trouves pas assez jeune ?

– J’ai été initié bien assez tard, moi. On m’a menti, trahi, on m’a fait penser, alors que tout… tout ce qu’on m’a raconté était faux, voilé, caché…

– Toi tu es juste différent, contra-t-elle simplement. »



Fao’ se renfrogna et s’assit sur le fauteuil. Il bougonna quelque chose que Jeana ignora.

« Papa ! »



Fao’ se retourna, voyant Kalaen tituber dans sa direction, et le prit sur ses genoux et joua avec les grosses clés de couleur que Cyanne avait, trois ans plus tôt, intensément mordillé dans ses prémices d’activités vampyresques. Le garçon, inconscient, jouait avec le feu, le danger, bien que modéré, de la salive de sa vampyre de soeur, il côtoyait les coups de dents qui sont fuis en tant d’autres circonstances.

Et puis, pensa le père, s’il est heureux et en toute sécurité… il ne risque rien…

Mais plus tard, quand il côtoiera les autres – et les autres pas gentils – il ne saura sûrement pas se défendre. Il pensera à appeler ses parents, à se réfugier auprès d’eux…

Mais non, il faut le sevrer.

Pas immédiatement, mais il faudra. Pas trop tard, qu’il soit autonome. Qu’il se débrouille seul, dans le vague encadrement parental, il faudra le laisser courir loin, tout en gardant un œil sur lui, mais très doux, juste assez pour qu’on sache s’il est en danger ou non. Il soupira.

Ce serait intenable. Déchirant ? Invivable. Il ne savait juste comment s’y prendre. Il lorgna sur Jeana. Elle s’y connaît, elle au moins ?
Sans parents pour les conseiller, sans ancêtres pour partager leur expérience, sauraient-il quoi donner et quoi prendre, pour bien les éduquer… ?

Mais non, dans ce monde au bord du gouffre, les anciens seraient incapables de s’y prendre… Il faut leur apprendre à faire les fil-de-fériste, arriver de l’autre côté, sains et saufs…

A moins que…
A moins qu’il n’y ait pas d’autre côté.

Dans ce cas, il faudrait les mener le plus loin possible en dehors du ravin, et ils se laisseront tomber quand ils n’y pourront plus.

Et plus dure encore sera la chute.

Parce qu’on est bien obligés d’avancer, non ? Et s’il n’y a pas d’autre côté, qu’ils touchent le fond, à un moment ou un autre ? Qu’on descende en pente douce ou précipités du haut de la montagne, voilà bien le choix qui leur est donné de faire.



Dans la plus grande clairvoyance qui lui a été donnée d’avoir, ironisa-t-il en se moquant de lui-m^me. Son pessimisme lui faisait un peu peur.

Si les enfants existaient, on devait bien créer un monde sucré et doux autour d’eux. Avant de les jeter dans la fournaise ? C’est le fantasme des parents qui vivent les bonheur de leurs enfants, tous déchirés qu’ils sont du monde réel.

Donc en fait, les parents s’inventent une raison pour vivre un petit plaisir de plus, le fait qu’ils aient un enfant. C’est donc… égoïste ?



Il secoua la tête.

Arrête de penser !, se maudit-il. Tu en arrives à des inepties.



« Tu penses à quoi ?, demanda Jeana qui le regardait depuis la cuisine.

– Des mauvaises choses… Je voudrais bien ne pas penser.

– Papa ? Tiens, fit Cyanne en lui tendant le gâteau toute chaud que sa maman venait de cuire.

– Après, Cyanne. On prépare la table du goûter, d’accord ?

– Je pense aussi que tu penses trop. Tu cherches tout le temps la petite bête, la raison, le vice en chaque personne. Tout le monde le sait, que le vice est partout, seulement les autres n’y font pas tant attention.

– Maman, c’est quoi le vice, intervint Cyanne ? »



Son père la coupa en lui proposant de mettre la table, pendant que Jeana terminait les crêpes. Il rejoignit sa femme, lui murmura :

« On en parle après ?

– Oui, tu vas déteindre sur eux, dit Jeana.

– Va t’asseoir, je vais les terminer, décida-t-il en prenant les instruments.

– Tu broies trop de noir, toi. Tu vis pour le trouver, le recracher à tout le monde. Tu prends conscience, mais les autres le savent et l’acceptent. Et m^me s’ils ne le savent pas, ils l’acceptent déjà. Il n’y a personne à convaincre dans l’histoire. Juste toi, et dans le mauvais sens en plus. »



Il était déjà de mauvaise humeur, sa femme l’abandonna dans la cuisine, rejoignant les enfants. Fao’ la regarda partir, se demandant s’il devait continuer à ruminer le reste de la journée. Et si, finalement, il avait tord de faire ça ?

__
Partie 1
Kiri se leva, comme on dit, du pied droit – c'est à dire, pas du pied gauche. De bonne humeur, comme se passaient d'ailleurs la plupart de ses levers. Elle ne cherchait pas la petite bête, le moindre petit problème, qui s'amassant menait indubitablement à la dépression. Aujourd'hui, se dit-elle donc joviale et martiale à la fois, la chasse !
Elle prépara ses armes, entassa son pique-nique dans son sac et quitta la rue de l'ermite épéiste pour bifurquer au niveau de la petite rue des Ecrivains pour déboucher sur la rue des Enudis. Une petite trotte, se dit-elle en arrivant devant le 240 et sonnant à la porte de la vieille demeure branlante.
Kiri attendit un moment, entendit des cris surexcités, des appels, des bruits précipités. Fao', ensommeillé, ouvrit la porte.
« Fao' !
– Jeana' était à la douche, grommela-t-il pour expliquer sa tenue débraillée. »

Kiri sauta au cou de l'écrivain, qui surpris finit bien par l'enlacer mollement. Elle finit par le lâcher :
« Tu m'as manqué, je ne te voyais jamais !
– Je... je dormais.
– Bien. Tu sais que... ?
– Oui, je sais bien, coupa Fao'. Après, c'est rendez-vous chez Moinon. »

Kiri acquiesça. Fao' s'effaça pour laisser paraître une Cyanne prête à rejoindre tata Kiri. Empaquetée dans son plastron, encapuchonnée par son casque et alourdie de joailleries, elle tenait à la main une petite épée dans son fourreau. Kiri tendit la main autoritaire :
« Epée. »

Cyanne donna l'épée à la Iopette, qui la rangea à sa ceinture.
« Sac. »

La petite fille désigna le petit havre-sac à son dos.
« Armures. »

La Vampyre montra ses petites bottes, ses gants menus, son plastron, son casque, ses amulettes et le collier. La Iopette lui mit elle-m^me des petites épaulettes magiques. Elle était prête.
Kiri sourit à Fao', qui acquiesça avec un air de connivence, puis prit Cyanne sous son aile et s'en alla vers la forêt.
« Allez, en marche ! »

Fao' soupira en les voyant s'éloigner, puis retourna à sa chambre pour se prélasser encore dans son lit, grognant vers Jeana :
« Tu pouvais pas attendre Kiri ? Tu sais bien qu'on est mercredi aujourd'hui... »

Cyanne et Kiri traquèrent un beau millimulou, qu'elles acculèrent au bord d'une falaise rocheuse avant de donner l'attaque. Bien sûr, Cyanne n'avait joué qu'un rôle très mince mais elle était contente. On le dépeça et Kiri décida de prendre quelques bouftous sauvages des collines. La petite Vampyrette était au comble du bonheur.
Saisissant son épée avec un air attendrissant et épique, elle fonça sur le troupeau d'animaux odorant, si bien qu'elle en était prête à s'envoler, Kiri n'arrivant presque pas à la rattraper.
Kiri en tua deux, dont un chef de guerre, Cyanne s'égaya avec un bouftou et une bouffette et fit fuir le reste en grognant d'un air menaçant.
Mais la petite vampyrette était pour le moins troublée. Elle expliqua à Kiri la cause de ses questionnements :
« Tata Kiri, ils faisaient quoi le bouftou et la bouffette ?
– Comment ça ?
– Bah, ils étaient en train... le bouftou sautait sur la bouffette et... la bouffette était toute rouge !
– Ils étaient en train de s'accoupler, Cyanne, fit Kiri plutôt gênée.
– Et ça sert à quoi de s'accoupler ?, questionna la petite curieuse.
– Bah, de faire des petits bouftons, parce que si on tue trop de bouftous, il n'en reste plus. On retrouve ainsi le principe le plus important du trappeur : la gestion du Wakfu et de la Stasis. Quand il y en a trop, ou pas assez, c'est la Stasis qui l'emporte. Si l'équilibre est respecté, le Wakfu prend position dans toute chose. La communication du Wakfu se fait...
– Et les humains aussi, ils s'accouplent, coupa Cyanne, consciente que Kiri voulait changer de sujet.
– Je... enfin... Oui, ils s'accouplent.
– Et ça fait des bébés comme bébé Kalaen ?
– C'est ça, concéda Kiri. Mais les bouftous vont refroidir, dépèce-les vite pour avoir des jolies cuisses ! »

Faussement précipitée pour distraire Cyanne, la Iopette s'occupa de la bouffette tandis que Cyanne dépeçait un bouftou. Malgré cela, elle continua :
« Et les bouftous, ils ont quoi ici ?
– C'est un phallus.
– Et ça sert à quoi ?
– Les trappeurs en récoltent la semence pour la replanter plus tard.
– Et les bouffettes aussi ?
– On peut récolter de la semence aussi sur les bouffettes, et du lait, sur les pis qui sont là. Le trappeur replante la semence et donne le lait aux cuisiniers. »

Là encore, Kiri noyait le poisson en parlant des trappeurs, métier dans lequel Cyanne excellait déjà à son âge affreusement juvénile. Cette fois, la diversion fonctionna, et Cyanne se chargea du deuxième bouftou pendant que Kiri prenait le chef de guerre en charge.

Plus tard, chez Kiri, les viandes étaient entreposées, les armes étaient nettoyées et rangées, les armures étaient dans le havre-sac et... les deux trappeuses étaient sous la douche. Cyanne ne lâchait pas le morceau :
« Regarde, tu as des cheveux ici... Pourquoi moi j'en ai pas ?
– Parce que tu attendre de grandir pour en avoir, chérie.
– Grandir comment ?
– Grandir... comme ça !, fit Kiri en mettant sa main au niveau de son épaule. »

Malgré toutes les contorsions de Cyanne, elle n'arrivait pas au niveau exigé par Kiri. Elle commençait à bouder :
« Moi aussi je veux des poils !
– Tu en auras, ne t'inquiète pas.
– Et ça sert à quoi, ces poils ?
– C'est pour dire que... tu es prête.
– Prête pour quoi ?, fit Cyanne en fronçant les sourcils.
– Pour... avoir des enfants.
– Comme bébé Kalaen ?
– Oui, c'est ça. »

Plus le mystère s'éclaircissait, plus des pièces du puzzle se révélaient manquantes : ce qu'avaient dit maman et papa, recoupé avec ce qu'avait dit Kiri, en ajoutant les constatations sur les bouftous et les nuits d'amour de ses parents...
Mais Kiri ne semblait désormais plus très disposer à parler en l'absence de Jeana. Elle fit rapidement à manger et déjeuna, puis emmena Cyanne au 239 rue des Enudis pour aller voir la petite nouvelle et sa maman. La Iopette prit la main de la petite Vampyrette.
« Allez, viens, on va allez voir des parents et tata Moinon...
– Tata Kiri ?
– Oui ?
– Est-ce que tu aimes bien mon papa ? »

Kiri sentit une lame glacée lui transpercer l'échine.
« Oui, ton papa est très gentil. Tu as de la chance de l'avoir.
– Est-ce que vous allez faire des enfants tous les deux ?
– Non ! Non... ton papa est déjà avec ta maman.
– Mais toi tu l'aimes bien, alors il peut être avec toi...
– Tu sais, commença Kiri, sur une poutre glissante, les gens ne peuvent être qu'avec une seule personne à la fois...
– Mais il t'a laisser te serrer dans ses bras ce matin. Je croyais que tu allais exploser. »

Cette fois, l'égarement de la Iopette était total. Etait-ce à cause de sa simplicité d'esprit ou du mental branlant de la petite fille ? Toujours est-il qu'elle se fit bientôt expliquer la vision de l'amour.
« Un garçon et une fille, quand ils s'aiment, ils se serrent très fort pour rester ensemble, et ils se serrent tellement fort que la fille gonfle, gonfle, puis elle explose. Et bébé Kalaen est né.
– Il... il ne suffit pas de ça pour... gonfler, Cyanne. Il faut bien d'autres choses.
– Il faut être prête ?
– Oui, entre autres. »

Elle tenta de mener l'enfant le plus rapidement possible auprès de ses parents pour en finir. Mais, arrivés devant la porte, Cyanne intervint une dernière fois pour dire :
« Tu sais Tata Kiri, si tu exploses avec papa, c'est pas grave. Je vais toujours être ta copine.
– Merci mon chou, sourit Kiri. Mais va dire ça à ta mère... »

Elle relâcha la Vampyrette qui s'était réfugiée dans ses bras, puis la poussa vers sa mère qui tenait la main de Kalaen. Fao' était à côté, elle lui accorda un regard à la fois souriant et gêné. Ensuite, elle rejoignit Miam qui était en train de porter Elianne, soufflant :
« Oh, Cyanne...
– Quoi Cyanne ?
– Difficile de ne pas prononcer le mot « sexe » avec elle...
– Bien sûr, sourit la sacrieuse. Tel père, telle fille. »

Kiri se sentit rougir, se retourna. Cyanne était avec Moinon, toute émerveillée par la perte de ventre de Moinon. Elle s'accrocha à la tenue de la Xélorette :
« Il est passé où ton ventre ? Juste avant, tu avais un gros ventre !
– Elle a explosé, murmura Jeana dans ses oreilles. »

Cyanne regarda sa mère, puis Moinon et Vlad'. Elle désigna Vlad' de la main :
« C'est tonton Vlad' le papa ?
– Exactement.
– Je savais pas qu'ils s'aimaient. »

Moinon éclata de rire, en gardant tout de m^me un œil sur Elianne, qui commençait déjà à brailler de toute la force de ses petits poumons. Kiri, qui la portait, l'abandonnait déjà à Moinon qui se retirait pour la changer. Cyanne se faufila entre le battant de la porte pour voir.
Elle se retrouva seule avec Moinon, qui retirait la lange du nourrisson. Elianne était très petite, et pleurait très fort. Mais Cyanne était intriguée par autre chose :
« Oh, regarde tata Moinon, elle a un toutounet comme moi ! Elle a comme moi, et Kalaen il a différent.
– Quoi ?, demanda la Xélorette sans savoir de quoi elle parlait. Ah, oui, vous êtes juste des filles, et Kalaen est un garçon, expliqua-t-elle en la voyant désigner l'entre-jambe du bébé.
– Oh, Cyanne, il ne faut pas déranger tata Moinon !, intervint Fao'.
– Ça va aller, rassura Moinon. »

Fao' se précipita pour porter Cyanne « On te cherchait partout, tu le savais ça ? » et regarda un moment Moinon changer Elianne, comme cherchant ses mots.
« Heu... Moinon, je voulais te dire que... Comme tu... enfin, comme tu as enfanté bah... déjà, je voulais te féliciter et ensuite... m'excuser... »

La Xélorette se retourna, interrompant ses gestes, un bras en l'air, attentive.
« Oui, m'excuser auprès de toi... de t'avoir traité de Cyborg... Hum... maintenant que tu donnes la vie, tu dois... forcément être en vie toi aussi... Néanmoins...
– T'inquiètes, je n'enlèverai jamais ce masque, sourit Moinon en reprenant son travail. Je l'ai bien enlevé au mariage, c'est déjà ça. »

Fao' rendit son sourire, qui se transforma en moue déçue quand elle se détourna. Cyanne profita du flottement pour reposer la question :
« Pourquoi les garçons et les filles ils ont un toutounet pas pareil? »

Son père fronça les sourcils: « Un quoi ? »
Moinon se retourna pour lui désigner discrètement de quoi elle parlait. Il se dérida pour marcher en terrain miné :
« Eh bien... c'est pour que toute personne soit imparfaite, et que les garçons et les filles aient toujours besoin l'un de l'autre... Ainsi, les garçons ont toujours un truc en trop et les filles un truc en moins.
– Le truc en trop des garçons, c'est le phallus ?
– Qui donc t'as parlé de ça ?, explosa Fao' tout en gardant une voix relativement bien formée.
– C'est les bouftous de la chasse, qui s'accouplent avec les bouffettes pour faire des bouftons... C'est Kiri qui me l'a dit ! »

Fao' soupira, et considéra Moinon qui reprenait le bébé dans ses bras. Son regard était désolé :
« C'est fou, quand elle a une idée fixe, elle ne lâche pas.
– Tel père telle fille ?, proposa Moinon en mettant la main à son masque. »


Le soir venu, Cyanne rassembla toutes ses connaissances sur l'amour, papa et maman, le phallus des garçons, les bouftous et les hommes, c'est pareil ?, pour faire des enfants, des Kalaen, des Elianne. Et puis, dès qu'on naît, on sait si on est garçon ou fille... On ne peut pas choisir ? Il nous manque quelque chose, et ils ont quelque chose en trop... les garçons et les filles seraient Stasis ?
Et le garçon avec la fille, qui se serrent fort, très fort, c'est Wakfu, le Bien.
Mais je ne suis pas prête, se dit-elle. Je dois avoir des cheveux... là...

Son père se laissa tomba sur son fauteuil, un livre à la main. Il énonça :
« Cyanne, je vais te raconter une histoire.
– C'est quoi cette histoire ?
– Tu connais Blanche-Neige ? »
Elle secoua la tête.
« Je vais te la lire, et si tu comprends pas, je vais t'expliquer, d'accord ? Je pense que tu auras des réponses à tes questions. »

[center]


Dernière édition par Fao' le Lun 29 Aoû 2011 - 18:56, édité 1 fois
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