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Murof, l'original

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Re: Murof, l'original

Message par Kiart le Lun 7 Mai 2012 - 19:15

Je suis heureux de pouvoir lire ce texte "Egocentrique..."
Le passage du dessin est...magnifique, l'impression, le ressenti de vivre cette scène est... Bref...
L'accouchement est plus... Je trouve pas mes mots mais disons different, la difference étant qu'on ressent pas la même chose, un peu comme si tu allourdissait.
Mais je suis pas la pour critiquer car je ne suis pas un exemple de réussite. Continue ma petite Moinon.

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Re: Murof, l'original

Message par Pan le Dim 3 Juin 2012 - 17:59

Je viens de lire la partie de Nico. Y verrait-on une référence au Joker dans Batman: The Dark Knight ? (Les cicatrices aux coins des lèvres :x)
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Re: Murof, l'original

Message par Mimi le Dim 3 Juin 2012 - 22:37

... Mon dieu mais les histoires sont juste.... Incroyablement bien écrites o^o
Que du bonheur à lire, même si c'est long et que je l'avoue, je n'ai pas tout lu, c'est wow )o)
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Re: Murof, l'original

Message par Ritreku le Dim 3 Juin 2012 - 23:02

Personnellement, je suis ici depuis presque cinq mois, et je n'ai pas encore eut le courage de lire... Pour ça que je copie tout ça sur Word : me reste juste à imprimer et je lirai tout ça tranquillement, cet été, une fois le bac passé !
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Dim 3 Juin 2012 - 23:46

Riri : tu veux TOUT imprimer ? Mais tu ne tiens pas aux forets du monde ou quoi ? 8'D

EDIT : j'oubliais de dire que je prévois un Sommaire, dans le premier post de ce Topic, pour aider à mieux s'y retrouver. Cela reste un projet, mais je compte bien le réaliser.
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Lun 4 Juin 2012 - 8:07

Je peux me charger du sommaire! Moi-même j'ai déjà à peu-près tout imprimé (il ne me manque que quelques parties) dans un gros classeur rose qu'il m'arrive d'ouvrir pour lire les histoire de Murof. =3
J'ai déjà fait tout le sommaire, si tu veux je te l'envoi et tu vois ce que tu en fait, j'ai dû inventer des noms pour les parties où il n'y en n'avait pas...=O
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Lun 4 Juin 2012 - 18:08

Je ne serais pas contre que tu me l'envois, en effet. Ensuite, il suffit d'attribuer l'URL du post à chaque partie dans le sommaire, faisant référence, au post de sa partie Murof... Ouaip, j'avoue avoir déja eu des explications plus claire....

Mais bref : évitons quand même de flooder sur ce sujet, n'oublions pas que le flood n'est pas autoriser dans la bibliothèque, et que je serais un bien mauvais admin si j'enfreignais mes propres règles ^^
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Re: Murof, l'original

Message par Marin le Mar 5 Juin 2012 - 17:41

Je... Je voudrais érire ma partie Murof... C'est possible ? "3" Elle ne relate point mon arrivée mais un épisode actuel de ma vie :0 Je préviens et demande juste pour l'instant )o)
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Re: Murof, l'original

Message par Kiart le Mar 5 Juin 2012 - 17:47

Moi aussi un jour j'aimerais, mais c'est impossible, donc si je venais à poster une partie. Bah remerciez : Votre Dieu/ Vous-même (Gaunt) / la Nature/ Kiart (Moi donc :D)/ Les miracles

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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Mar 5 Juin 2012 - 18:55

Mais oui les gens! Postez! Entrez das l'histoire Murof! )o)
Ne vous retenez pas! Justement, plus de gens participent mieux c'est! ='D Ne demandez pas la permission...
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Mar 5 Juin 2012 - 19:49

Je ne sais pas pourquoi les gens demandes pour participer à l'écriture de l'histoire de leur ville...
Du moment que les Background de chacun sont respecté, que les derniers évènements ayant eut lieu à Murof sont pris en compte, que l'on parle bien de vos perso Murof, je ne vois pas pourquoi vous hésiteriez, les nouveaux écrivains...
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Re: Murof, l'original

Message par Ritreku le Mar 5 Juin 2012 - 21:17

Ils hésitent, et j'hésite aussi, parce que j'ai l'impression que Murof l'Original est surtout une histoire pour les anciens du forum, une chose que nous, "nouveaux" nous pouvons seulement nous contenter de lire, sans y toucher, sans rien...

Je sais que le flood est interdit, donc je te laisses les bons soins, Vlad' d'envoyer ces posts inutiles dans les confins de l'oubli, si cela te chantes.


EDIT Vladesque : dans quelques jours, quand tout le monde aura lus et pris conscience de ce qui a été dit.
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Re: Murof, l'original

Message par Pan le Mer 6 Juin 2012 - 5:16

Vlad' a écrit:Je ne sais pas pourquoi les gens demandes pour participer à l'écriture de l'histoire de leur ville...
Du moment que les Background de chacun sont respecté, que les derniers évènements ayant eut lieu à Murof sont pris en compte, que l'on parle bien de vos perso Murof, je ne vois pas pourquoi vous hésiteriez, les nouveaux écrivains...

La pression, la pression. Cet étaux qui vous enserre, vous empêchant d'imaginer quoique ce soit, tant les pionniers de cette histoire ont mis la barre haute.

Ritreku a écrit:Ils hésitent, et j'hésite aussi, parce que j'ai l'impression que Murof l'Original est surtout une histoire pour les anciens du forum, une chose que nous, "nouveaux" nous pouvons seulement nous contenter de lire, sans y toucher, sans rien...

J'ai assisté à la création du post sur le Forum wakfu de la ville Murof, dans le temps de Luttii, et tout. Néanmoins, comme mentionné plus haut, c'est surtout (pour ma part), parce que la barre est très haute. Il est clair que les premiers post ne ressembleront jamais à du Vlad' ou du je-ne-sais-qui-qui-écrit-bien, mais c'est une sorte de barrière psychologique.

Faire un truc nouveau, faire un truc qui colle, faire un truc à la hauteur quoi. Faire un truc qui vous représente.

Mais si on nous encourage... Je peux bien tenter un truc. (Sacrieur -> J'suis censé aimer la douleur ♥)
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Mer 6 Juin 2012 - 15:56

La pression, la pression. Cet étaux qui vous enserre, vous empêchant
d'imaginer quoique ce soit, tant les pionniers de cette histoire ont mis
la barre haute.

Mais non! Pas du tout! Il faut pas les gens! ='D Ecrivez et puis c'est tout! Et si vous continuez à poster par la suite, vous ne pourrez que vous améliorer (ce qui est mon cas (o(, ça me pique les yeux de relire ma première intervention dans Murof tellement que je la trouve nullissime).

Surtout, faîtes-vous plaisir et faîtes un truc qui vous représente vous, pas nous...x), nous on aura bien d'autres occasions d'écrire un truc qui nous représente. Une partie Murof, c'est une partie personnelle qui est centré sur votre personnage.

Donc, voilà, avant tout, faîtes un texte qui vous plaît et que vous avez envie de rajouter à cette fiction. ='D

J'ai envie de rajouter: Vous être trop mignons à vous faire du soucis comme ça x'3... (mais je l'ai rajouté! 8'D)
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Re: Murof, l'original

Message par Ritreku le Mer 6 Juin 2012 - 18:05

Je m’attellerai donc à une partie concernant Ritreku dans les prochaines semaines, une fois les examens terminés.
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Re: Murof, l'original

Message par Kiart le Mer 6 Juin 2012 - 19:03

J'ai enfin la créativité pour écrire, mais c'est court... Très court. C'est surtout egocentrique aussi. Et on va dire qu'il faut pas trop critiquer car je suis très susceptible et ça vous retombera sur le nez... Plusieurs fois. Bref, critiquez pas si je post et vous étonnez pas si c'est: Court, mauche, nombriliste, s'il y a de nombreuses fautes et que bien sur, c'est pas cohérent :D

"T'as de quoi faire reculer tout les prétendants à la lecture mon pauvre"

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Re: Murof, l'original

Message par Lonia le Mer 6 Juin 2012 - 21:16

'3'
J'aimerais bien faire un truc sur Lonia aussi tiens )o)
Ca risque de moins roxxer que tout c'que j'ai lu (wi pasque bon, z'êtes tous des supers écrivains ici .3./) mais on fera avec (o(
Je commencerai à écrire....quand j'aurais le temps "3"
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Re: Murof, l'original

Message par Vlad' le Sam 21 Juil 2012 - 1:06

Quand même... Quarante parties... Que le temps, et nos doigts sur les claviers, passent vite !
Si je puis vous donner un conseil ; ne soyez jamais nostalgique. C'est très chiant à vivre :')

Juste pour vous annoncer que je viens de terminer le sommaire de cette Fiction ! Rendez vous sur le post initial, celui qui commence l'histoire !

Et que je me suis tapé plusieurs parties en diagonale... Et que je trouve qu'on a parcourus du chemin en fait... Bravo les Murofiens. Continuez de faire vivre cette histoire. Vendez nous du rêve !
Quand à moi, je peux aisément dire qu'en trois mois, j'ai écris 25 % de ma parti actuelle... Juste à titre informatif... ;)
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Re: Murof, l'original

Message par Moinonminou le Sam 21 Juil 2012 - 18:40

°3° trop fort, les liens vont directement pile-poil sur la partie...
Bon, finis-nous vite ta partie Vlad' )o)
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Re: Murof, l'original

Message par Jeananas le Sam 28 Juil 2012 - 0:30

Y a même un onglet spéciaaaaaaal *3*
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Re: Murof, l'original

Message par Ritreku le Mar 21 Aoû 2012 - 23:33

Que serait Murof sans sa fiction ? Eh bien rien, tout simplement ! Et cet index au début nous permet très facilement de nous repérer et de donner des titres à des parties -nombreuses- qui n'en ont pas ! C'est du bon boulot, tout comme l'intégralité des pages de cette splendide fiction qui, malgré tout, met du temps à être renouvelée.

Je tenais à écrire ici pour deux choses : d'une part pour annoncer que j'ai commencé ma partie Murof et que, si personne n'y voit d'inconvénients, je la posterai après celle de Vlad' et, ensuite, pour célébrer ici mon millième message sur les pages de ce forum. Pourquoi ici ? Parce que c'est de la fiction que tout part, et nous ne serions rien sans elle !

Bravo à Murof, bravo à tous, et longue vie à notre communauté ! Et à bientôt pour le 2000° message !
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Chapitre 41_1ère partie: Rencontres

Message par Moinonminou le Sam 3 Nov 2012 - 16:52

Bon! Après avoir demandé la permission à Vlad',je poste enfin cette longue partie commencée et inachevée... Ce chapitre, je l'ai mis en deux parties, pour être sûre que tout rentre... la première est écrite par Vlad' et la seconde par moi... J'espère que pour la seconde vous comprendrez tout...'3' sinon dîtes-le moi pour que je fasse quelque chose )o) Voilàààà...c'est long, bonne lecture!


*********************************************************************Vlad'******
« Les Fruits de notre passé
Tomberont, et d'eux
Germeront
Les Graines de notre avenir »



Le temps avait changé. Brusquement, avec une rapidité que l'on ne connaissait guère, dans cette cité. Quelques minutes plus tôt, le grand marché de la blanche ville qu'est Bonta accueillait encore des centaines de personnes, venus de tous les horizons, principalement dans le but de trouver l’introuvable. Bon nombre de babioles en tout genre s'entassaient à diverses endroit de la ville, sur des étales, toujours
plus étranges les unes que les autres. De drôles de collections se formaient, capables d'attirer jusqu'au plus extraordinaire des habitants vivant à la surface du Monde des Douze. On y venait de Sufokia ; on y venait de Brâkmar ; on y venait d'Amakna... Et on y venait de bien d'autres endroits. Y compris de Murof. Cette dernière ville ayant un très fort taux d’intérêt pour tout commerçant se respectant, aucun
marché au monde n'équivalait celui de Bonta. Dans beaucoup de domaine, on préférait se rendre à la capital blanche, pour être sur de toujours tomber nez à nez avec ce qui ferait notre fierté.

Cette journée, et comme toutes les autres, ne faisait pas exception à la règle. Le beau temps régnait sur le ciel de la ville, tout comme la bonne humeur des marchands et des clients. Les conversations entre badauds y étaient monnaie courante : rien de tel pour apprendre les derniers ragots en date. Le troc aussi, se pratiquait à foison ; l'on vendait, l'on achetait, l'on échangeait... En bref, une journée comme les autres, mais dans un marché et une ville différents de toutes autres.

La bonne humeur avait néanmoins ses limites. Et celles ci furent celle du climat. Et en moins de temps qui faut à un touriste pour expliquer sa présence dans la capitale, la météo avait radicalement changée. Les
commerçants plièrent leurs stands, les acheteurs potentiels s'empressèrent de trouver refuge, dans une taverne ou chez eux, si tant est qu'ils vivaient à Bonta... D'autres personnes voyaient en ce
changement brutal de température, une œuvre divine. Mais comme il n'était pas de coutume d'agresser les Douze, l'on s'en pris une fois de plus à l'Ogre : et ce fut donc Ogrest qui, sans même être mêlé à quoi
que ce soit, qui fut à l'origine d'un étrange changement de météo, qui plusieurs années après, faisait toujours parler de lui.

Le soleil disparu, d'épais nuages prirent le relais. Des rafales charriaient dans toute la ville une étrange odeur de poissons, signe qu'un vent violent soufflait depuis le port, en direction des terres. On ferma les portes. On verrouilla les volets. On fit attention à ne pas laisser traîner le linge sur les cordes pendues au dessus des rues, entre deux maisons. En règle générale, quand le vent venait de la mer, la pluie suivait peu après. Et la lumière qui, il y a de cela moins d'une heure, alimentait encore les cœurs battant de toute la ville, n'était plus. La noirceur d'une épaisse couche de nuage avait pris le relais. On attendait plus que la pluie, pour mettre un terme à ce qui s'était plus tôt annoncée comme étant pourtant une belle journée.

Cette dernière ne tarda pas. Mais le tonnerre la précéda. Un premier éclair zébra le ciel, au dessus des flots bordant le port. Rapidement suivi d'un coup de canon. Le tonnerre effraya les enfants : les parents
prirent soins de les rassurer. Mais un second éclair suivi le premier. Et la beauté de ce jeu de son et lumière, n'avait d'égal que la puissance d'une mer dors et déjà déchaînée, par la violence des vents qui l'avait justement apporté. Et ce fut seulement là, alors que les éléments tentaient de jouer un orchestre d'une puissance rarement atteinte, que la pluie se décida à entrer en scène. Faiblement pour commencer. Mais tapant de plus en plus aux carreaux des maisons, remplissant les canaux bordant les rues de la ville, déferlant en flaque partout où elle se sentait libre de se poser. Bien qu'elle ne fut pourtant pas la bienvenue là où elle avait gâchée la journée de plus d'un, elle semblait pourtant s'y plaire, tombant avec force, au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Et ce qui devait être un marché joyeux, n'était plus rien d'autre aujourd'hui, qu'une vulgaire grande place boueuse, vide de toute trace de vie.

A l'exception d'une personne. Moi.

Je ne suis personne. J'étais quelqu'un, et peut être qu'en repartant, je serais quelqu'un d'autre. Mais en attendant, je suis ici sans être personne. Je suis Iop, assez grand, plutôt intelligent. Je suis marié, et j'ai une fille. J'habite à Murof, où j'y occupe un poste plutôt important. Et pourtant, dire précisément qui je suis serait mentir. Car c'est pour cela que je suis là. Debout, dans un coin de la place, adossé à une maison, et protégé de la pluie par la devanture de cette même maison. Je ne voulais pas bouger. Cela faisait des heures que j'étais là, à observer. Observer quoi ? La tranquillité. La tranquillité des autres. La seule chose que je ne puisse avoir aujourd'hui. Et pourtant ce que je souhaiterais le plus posséder. Ce serait une trop longue histoire pour la raconter ici. Et ce serait trop douloureux que de m'en remémorer certains éléments. Suivez moi, et vous apprendrez d'où me viens cette envie de tranquillité.

Je me décide à bouger. Mes muscles mettent quelques secondes à réagir. Cela fait un certain temps
qu'il n'ont pas servis, car cela fait un certain temps que je suis là, à regarder là foule. Celle ci s'étant dissipé, je peux maintenant me mouvoir à ma guise, jusqu'à ma prochaine étape. Je me refuse de penser à
quoi que ce soit. Si je le faisais, je prendrais mes jambes à mon coup,et irai trouver le prochain bateau pour Murof. Car jamais avant ce jour, je ne m'étais décidé à agir de la sorte. Une petite voix dans ma
tête tente toujours de me convaincre de renoncer. Je ne l'écoute pas. J'avance, sous la pluie, lentement au début, et puis de plus en plus rapidement. Sans jamais courir, regardant toujours droit devant moi.
L'orage semble avoir effrayé la majorité. Seule de rares personnes traînent encore dans les rues, peu gênes par la pluie qui tombe drue. Et même parmi ces rares courageux, je suis le seul assez fou pour tailler
ma route bien droite, sous la pluie, sans jamais chercher à m'abriter de pars et d'autre des rues.

La route monte. L'orage, lui, ne faiblit pas. Bien au contraire, il semble redoubler d'intensité quand je
commence l'ascension de la colline surplombant la ville. C'est là qu'ont y a construit un cimetière, il y a quelques années. Vous commencez à saisir la raison de ma venu dans cette lointaine ville portuaire ? Quoi qu'il en soit, il est trop tard pour faire demi tour. La voix dans ma tête s'est arrêtée. Il semblerait qu'elle ai compris l’inutilité de ses vaines paroles. Et bien que je me sois interdis ce que je m'apprête à faire, et ce, depuis longtemps maintenant, me voilà plus déterminer à briser cette règle, que jamais.

Un nouvel éclair jaillit d'entre les nuage. Immédiatement suivit par un grondement des plus sourds. La foudre n'est vraiment pas tombée loin, cette fois.. Je devrai faire attention. Effectivement, me voilà au
sommet de la colline, là où un petit buisson semble avoir très récemment prix feu. Avec un peu de chance, ce sera mon tour. Après tout, je mérite peut être cent fois plus la mort que ce pauvre buisson épineux,
qui ne devait avoir que de rares égratignures de touristes à son actif. Mais oublions le. Il y a d'autres choses plus importantes à faire. Mon cœur bat comme jamais. Je continue à garder les yeux rivés sur le sol, tout en avançant. La pluie n'est vraiment pas un problème, du moins, pas dans l'immédiat. Et bien que je ressente le lourd poids de mes vêtements sur mon corps, j'en fait fît, ne pensant qu'à ce que je
découvrirai derrière les grilles métalliques qui bordent le cimetière. J'ai de plus en plus de mal à me convaincre d'avancer. Mon esprits va bientôt reprendre possession de mon corps, si je ne continue pas à
luter. Je me refuse catégoriquement de changer de direction, malgré mon irrésistible envie de prendre mes jambes à mon coup. Je suis allé trop loin pour me le permettre. Et dans un excès de volonté, mélangé avec une terrible rage, j'ouvre les portes du lieu aux mort, et relève la tête.

Je la remarque immédiatement, comme si mes yeux avaient été aimantés à elle. Je ne l'avais pourtant jamais vus auparavant... Elle est malgré tout bien là, un peu plus loin, dans une des allées à ma droite. Comment le sais-je ? Très bonne question.

C'est une tombe de granit, plus ou moins semblable aux autres. Pas très grande, pas très belle, les rares fleurs lui tenant compagnie étant fanées depuis bien longtemps. Malgré l'épais rideau aquatique qui semble m'empêcher de l'atteindre, je ne m'arrête pas. Le mur d'eau n'est pas un obstacle assez puissant pour m'arrêter, au point où j'en suis. Désormais, il est exclus de faire demi-tour. Je slalome donc entre les allés, par cette macabre et lugubre journée, dans ce cimetière Bontarien. Une force mystique me pousse vers
ma destination, que je n'ai pas quitté des yeux depuis l'avoir entraperçut au seuil du lieu aux Morts. Je ne pense plus ; dédiant la plus grande partie de ma concentration à garder le contrôle de moi même. J'ai l'impression de devenir fou, de revivre cet étrange moment de l'an dernier, la plus qu'extraordinaire rencontre avec Elianne l'Etarip. C'est le même sentiment de vide, cette impression de foncer dans l’inconnue, de revivre quelque chose qui nous appartenait, mais qui aujourd’hui, n'a plus d'importance. Comme ci le temps fusionnait, que le passé et le présent ne venait qu'à faire plus qu'un. Car une fois de
plus, je marche sur les traces de ce qui fut mon passé, et me voilà une fois de plus contraint de l'accepter, aussi sombre qu'est put être ce dernier. Mon cœur bat rapidement, très rapidement. Car je m'apprête à
tourner une page importante de ma jeune vie, mine de rien.

Je m'arrête. Enfin. Je reprend possession de moi même, retrouvant par la même occasion toute ma lucidité, et me rend enfin compte des trompes d'eau qui m'assaille depuis quelques temps maintenant. Le plus dure est fait : me voilà devant la tombe. Il me reste pourtant encore une grosse chose à faire...

- Désolé de ne pas être passé plus tôt. Murmure-je. Je n'avais pas le courage, lâche que je suis.

Faisant une fois de plus fit de la pluie, je m’agenouille devant la tombe, ne la perdant pas une seule seconde des yeux, ayant presque peur de la voir se volatiliser si j'en détourne le regard. Un étrange sentiment gronde en moi, et monte lentement. Une irrésistible envie de prendre la fuite, d'en rester là, et de ne plus jamais revenir dans ce lieu de malheur. Pourtant, tôt où tard, je me devais de venir. Il n'est maintenant plus temps de renoncer. Je continue mon discours, en essayant de mettre de coté mes sentiments, et cette sensation étrange qui tambourine dans ma poitrine. Ce n'est pas comme si j'allais vraiment parler à quelqu'un à même de me répondre. Et pourtant, je choisis bien mes mots, comme si je pouvais blesser l'esprit par mes dires.

- J'ai enfin réussis à me convaincre de venir. Ce n'est pas la première fois que je passais à Bonta depuis ta mort, mais... Jamais je n'avais réunis assez de courage pour grimper la colline, et venir m'excuser.

Je prend une grande inspiration, essayant par la même occasion de bien choisir mes mots, car ces derniers seront lourds de sens et de conséquences. Après quoi je ferme les yeux et murmure assez rapidement :

- Je suis désolé... Tellement désolé de ne pas être venu pour ton enterrement. Mais j'avais trop peur de tes représailles. Quand j'ai enfin pris pleinement conscience de mon acte, je suis parti. J'ai quitté cette ville, en espérant ne plus jamais y revenir. Même pas pour assister à tes funérailles. Mais... Comprend moi... Essaie juste de savoir...

Le reste des mots se coince dans ma gorge, refusant de sortir. C'est donc de la tristesse, cette drôle de sensation qui me torturais depuis quelques minutes. Je retiens mes larmes, refusant de paraître faible, et de pleurer devant mon interlocuteur. Elle aurait voulus que je sois fort, et non me voir sangloter en cet instant...

- Je ne voulais pas de tout ça, je... Je n'ai
jamais voulus de tout cela... Mais c'est lui... Lui qui m'y a obligé.
Il... Il disait que ce serait un genre de « mise à l'épreuve », et je...
N'étais pas moi même à ce moment là... Je ne voulais pas... Je ne veux
pas, je ne veux plus...


Comment lui faire comprendre ? J'ai tellement l'impression qu'elle m'en veux, sans pour autant en être persuadé. Je voudrais tellement me confesser totalement, lui avouer que c'est Lui et non moi, le responsable... Pourtant, me voilà incapable de lui sortir la moindre phrase de sens. Le comble, pour une personne comme moi ! Une personne capable de manier les mots avec brio ! J'ai l'impression qu'un voile de brumes recouvre mon esprit, m'empêchant de lui expliquer calmement et correctement ce que je voulais à tout pris lui dire. Une phrase me reviens alors en mémoire, entendus je ne sais plus où, sortant presque d'outre tombe :

- Aucun enfant de voudrais la mort de ses parents, n'est-ce pas ? Pourquoi l'aurais-je fait de mon plein gré ? Nous étions si bien... Une si belle famille... Et puis il est venu. Et c'est lui, le responsable, nullement moi. Seulement... Tout dans ma conduite peut laisser penser le contraire, il est vrai. C'est pour cela que je suis revenus aujourd'hui, même si l’envie de ne jamais venir était terriblement tentante, également... Il fallait que je m'excuse, et que je te fasse comprendre le pourquoi du comment, pour ne plus avoir à me torturer sur ce moment de mon passé... Mais aussi pour t'annoncer que je n'ai malheureusement pas tout perdus de mon apprentissage auprès de celui que je t'entend encore appeler « le démon meurtrier » : il m'a enseigné l'art de la vengeance. Et je suis sur le point de l'appliquer.

Un sentiment de rage fais lentement place à la tristesse. J'ai réussis à me lancer, je vais pouvoir parler plus librement, et lui expliquer correctement mes motivations.

- Je vais vous venger, toi et papa. Je vais réparer mes erreurs, et je vais tenter la plus folle entreprise de tout les temps : je vais destituer et tuer un Dieu. Et sa création deviendra sa destruction. Mais ne t'en fais pas ; je ne prendrais pas de risques inconsidérés. Je reviendrais te faire part de mon plan quand je serais certain qu'il ne m'espionne plus, ou qu'il n'en est plus capable. Si je t'explique tout ça, c'est parce qu'avec Moinon et papa, tu dois être la seule personne en qui j'ai totalement confiance. Ne sachant pas où se trouve ce dernier, et m'étant déjà confié à la première, je me devais de te le dire. Tu ne serais sans doute pas fière de moi aujourd'hui, si je te tenais le même discours de ton vivant, mais je t'assure que cette vengeance est nécessaire. Je tiens plus que tout à me racheter, et changer celui que je suis, et à me repentir de mes erreurs passés. Je veux vous prouver que ce n'est pas moi le responsable de votre malheur, et pour cela, j'irais jusqu'à me débarrasser du fléau qui ronge ce monde et qui se trouve être un des Douze. Je lui ferais payer toute vos souffrance, et il se rendra compte de l'erreur monumentale qu'il a put commettre, à savoir, doter un Iop d'un cerveau. Je reviendrais bientôt vers toi, et je te montrerais que cette folle entreprise est pourtant possible et réalisable. Mais s'il te plais, ne m'en tiens pas trop rigueur. Car après tout, c'est pour papa et toi que je compte me venger de Xélor.

Sur ces mots, je me relève. C'est seulement à ce moment là que je remarque que la pluie a cessée de tomber. Le cimetière n'est plus qu'un marécage, tant l'herbe a laissé place à une terre détrempée et boueuse. Pourtant, les choses sembles aller mieux qu'en apparence : l'épaisse couche de nuage, et la tempête laisse rapidement place à quelques rares éclaircis, qui deviennent rapidement des rayons de soleil éparses, tentant avec difficulté de traverser l'épaisseur de coton qui tapis le ciel. Puis, ces quelques rayons deviennent légions, et réduisent en une dizaine de minutes l'armée de cumulus au néant. Il ne reste rapidement plus aucune trace de tempête, si ce n'est l'épaisseur d'eau qui mettra du temps pour être absorber totalement par le sol de la colline.

Je reste là encore quelques temps, à profiter. Je me rend compte que rien n'est impossible, et qu'il n'aura fallut que quelques instants pour que le soleil batte les nuages sur leur propre terrain. Je me rend compte que cette métaphore peut également s'appliquer aux humains, et plus précisément, à moi. Ma conviction, ma soif de vengeance, et mon envie de réussir remontent d'un cran. Et non seulement je ferais cela au nom de mon passé, et de tout ce que ce Dieu de malheur à put me prendre, mais également au nom de mon présent, pour protéger ceux que j'aime de son courroux. Car je suis aujourd'hui sur d'une chose : si je ne frappe pas le premier, c'est lui qui s'en chargera. Et il fera mal, ne se privant pas pour reproduire les
atrocités du passé. Bientôt père de deux enfants, je ne veux pour rien au monde perdre cette seconde vie, cette seconde chance de me refaire.

Je souris, détourne enfin mon regard du soleil, pour fixer à nouveau la tombe : je suis un Murofien. Je ferais ce qui est bien. Pour mon père et ma mère, tués de mes mains. Pour Moinon, que je chérie plus que ma
propre vie. Pour Elianne, la plus belle fille au monde. Et bientôt pour celui que j’appelle Colin, pensant avec certitude avoir dors et déjà gagné la guerre des prénoms qui fait rage entre Moinon et moi depuis bientôt un mois. Encore faudrait il que ce soit un garçon...

Sur cette pensée solitaire, et complètement à l'opposé de mes préoccupations actuelles, je dis au revoir à la pierre tombale, et me décide enfin à quitter le cimetière. Je n'ai pas encore finit mon travail à Bonta. Murof attendra bien encore quelques heures...
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L'assistante avait crissé des dents, lorsque je lui avait annoncé la nouvelle de mon départ. Elle avait cependant quelque peu raison : mon rangs au sein de l'organisation de cette ville fait que je ne suis en
mesure de ne m'absenter que quelques jours maximums. Or, cela fait bientôt une semaine que me voilà à Bonta. Certes, je me suis épargné le long trajet naval qui sépare l'archipel Murofien de celui Bontarien, le
Zaap aidant bien à réduire considérablement les longs trajets importants. Mais par mesure de sécurité, parce que l'on se serait demandé pourquoi j'aurais été obliger d'emprunter le Zaap tout les jours pour me rendre à la cité Blanche, et parce que des explications auraient ruiné mon plan, je me suis abstenus de rentrer à Murof depuis quelques temps. Mais cette chère assistante et secrétaire n'aura pas à
attendre guère plus de quelques heures. En espérant que rien ne me retienne plus longtemps, je serait rentré pour l'aider dans la paperasse administrative de la Community d'ici cette après midi.

Il m'aura quand même bien fallut une petite semaine pour mettre la main sur celui que la pègre locale surnomme « Trunk », sans qu'on n'ai jamais sus pourquoi d'ailleurs... Sans doute est-ce lui qui avait décidé de ce nom... Quoi qu'il en soit, cette enquête devait être bouclée rapidement. Je ne me serais pas permis de rester plus d'une semaine hors des murs de ma ville. Et parce qu'on aurait commencé à trouver les choses louches, dans mon entourage... C'est pourquoi je me suis servis de mon sens du parler. Séduire par la voix, apprendre les secrets, écouter aux portes ou dans le dos, espionner aux tavernes locals... Et surtout, utiliser mon dont pour tourner les mots, apprendre toujours plus de choses en piégeant les bonnes personnes, en utilisant les bons mots, devant un bon jus de bambou fraichement débarqué des terres Pandawas.

Trunk, donc. Il ne m'aura guère fallut plus de cinq jours pour le localiser, lui et sa troupe. Et pas plus de quelques minutes pour obtenir cet entretient. Juste le temps de me rendre compte que personne dans son proche entourage ne savait réellement qui il était, que je devais déjà partir, pour ne revenir que deux jours plus tard. A savoir aujourd'hui.

C'est un endroit des plus sombre. Humide aussi. On entend parfois un homme ou une femme crier, mais les
hurlements cèdent rapidement place à un calme remarquable. Et quand je parle de calme, j’entends par là un calme relatif, ponctué par un bruit de goutte d'eau tombant au sol, et un bruissement rappelant celui de vagues s'écrasant contre la pierre du port. Ajouter à cela la texture en bambou à l’extrême humidité des lieux, et vous en viendrez à la même conclusion que moi : nous sommes sous le port. Ou plutôt, sous les eaux du port. La planque parfaite, en somme...

La pièce est relativement petite, quoi que assez spacieuse pour qu'une table de taille moyenne y tienne. Table devant laquelle je suis assis. En face demoi, de l'autre coté de ladite table, une autre chaise, vide, attend son propriétaire, très vraisemblablement M. Trunk, si on en croit la raison pour laquelle je suis là...

- Vot' nom ?

Surpris par cette voix grave, je regarde autours de moi : personne. La salle est totalement vide. Supposant à juste titre que le propriétaire de cette voix caverneuse ne peut se trouver nul part ailleurs que dans le couloir qui conduit jusqu'à moi, je regarde dans cette direction et m'écris à mon tour :

- J'n'ai pas pour habitude de traiter avec des fôtomes. Auriez vous l’extrême amabilité de vous montrer, que nous puissions discuter calmement ?

Un petit rire s'échappe du couloir. Quelques secondes plus tard, un colosse franchis le pas de la porte et me rejoins dans la pièce. Et quand je dis colosses, j'ose espérez que vous prenez mes mots au pieds de la
lettre. Trunk, si tant est que ce soit lui - quoi de, d'après mes sources, il semblerait bien que ce soit la bonne personne – est un Sacrieur, qui mesure au bas mots deux mètres de haut. Des cheveux rouges
assez longs lui tombent légèrement en dessous des épaules. Sur son front, cinq crois sont tatouées, du même noir d'encre que les autres tatouages lui couvrant le bras gauche. En faire une description physique
poussée serait un véritable défi, déjà parce que je me retiens de le dévisager, ne sachant comment il pourrait le prendre, mais aussi parce que la seule source de lumière de la salle se trouve derrière lui, et
donc, totalement cachée par son énorme masse, le rendant obscur, simplement entouré d'un halo lumineux.

C'est mon tour de sourire

- M. Trunk, je présume

Sa voix grave s'élève une nouvelle fois, d'une profondeur abyssale, comme s'il allait chercher ses mots au plus profond de son être

- Vous présumez mal. Et tant que vous n'aurez pas entamé les présentations, je ne vois aucune raison de vous répondre. Vous voulez discutez calmement ? Alors discutons de choses banales... Votre nom ?

Je reste cloué sur place. Il sait parler. Très bien parler. Tout en prononçant ces quelques phrases, il s’assoit sur une chaise, juste en face de moi. Et quand le dernier de ses mots sort enfin de sa bouche, il commence à m'examiner, puis à me fixer du regard. Un regard lui aussi, d'une profondeur abyssal. Une étrange peur nait soudainement au fond de moi : ai-je fait le bon choix ? Serais-je à la hauteur du père, si je ne suis pas à la hauteur du fils ? Qu'à cela ne tienne, déballons le grand jeu !

- Si vous voulez jouer la carte des banalités, je serais ravis de vous répondre, M. Trunk ou qui que vous soyez. Mon nom est Valimir. Valimir Du Gondor, pour être exact. Je suis ici pour affaire ; je sais à quel jeu vous jouez, et croyez moi, je ne suis pas près à me laissez piéger. De plus, comme c'est à vous que je voulais parlez, croyez bien que je me suis assuré de bien savoir reconnaître mon hôte quand je le rencontrerais. Mes préoccupations m'oblige à m'entretenir avec celui que vous êtes vraiment, et non cet autre vous, que vous incarnez dans cette ville... N'est ce pas, numéro neuf ?

Pan. Dans les dents. Pourra t il renvoyer la balle avec autant de force que je la lui ai lancé ? Pour l'instant, je le vois tant bien que mal analyser mon raisonnement, sans doute pour déterminer si oui ou non, je ne bluffe pas. Il cherche un quelconque replis, une solution au problème dans lequel je viens de le fourrer. Cela se remarque tellement facilement dans les yeux des gens... Un don utile que de pouvoir analyser les réflexions des autres d'un simple regard. Actuellement, c'est moi qui ne le quitte plus des yeux, et il ne semble pas y voir la moindre objection. Comme s'il savait, et qu'il souhaitait que je sache ce qu'il pense... Comme s'il me laissait l'entrée libre pour analyser ses réflexions... Étrange... Mais finalement, il semble avoir résolus son dilemme, et viens de conclure que je ne bluffe surement pas. Donc, que je suis vraiment au courant de qui il est en réalité. Tant mieux pour lui ; cela m'aurais fait de la peine que de crier son véritable nom à voix haute, au cas où on nous écouterais...

- Vous avez tord : personne ne nous écoute. Je ne le permettrais pas. Mais parlons d'autre choses, que savez vous de plus sur moi, M. Du Gondor ?

Alors lui aussi a été formé à lire dans les yeux ? C'était donc une invitation à le rejoindre dans un duel à la fois verbal et mental ? Prudence, cela s'impose. Il est fort, et s'il lit actuellement, il doit sans doute déceler mon incertitude... Ne nous laissons pas faiblir...

- Mmm... Commence-je, en essayant de regrouper toutes les infos transmises par Akarius avant mon départ pour Bonta, votre véritable nom est Zaler. Vous êtes M. Zaler en personne, responsable
d'un des plus grands fiefs de la ville de Brâkmar. Heureusement ou malheureusement pour moi, je ne connais pas votre prénom, ni celui de votre femme. Je sais pourtant que cette dernière réside dans la demeure familiale Brâkmarienne, et qu'elle est Crâ. Vous avez quatre enfants : un dont j'ignore la classe, tout en sachant pourtant qu'il est mort, tué par son frère, un Sacrieur lui, du nom d'Akarius. Je sais que le troisième enfant est Eniripsa, que son mental est assez... Troublé, et
que c'est lui qui règne sur votre villa Brâkmarienne. Enfin, la quatrième, la fille, une Roublarde, est mort d'une façon que j'ignore. Du reste, le frère de votre femme s'occupe de la partie Sufokienne de l'empire familial, qu'il est Iop, marié à une Enie, et que leur fille Vampyre Loriane veille avec son père sur l'archipel tropicale. Je ne sais rien de plus.

- Et je vous serait gré de ne pas chercher à en savoir plus, réplique t il rapidement et sèchement.

Son regard se fait noir, et m'oblige à détourner les yeux. A rien ne sert de fixer le soleil de face, et il en vas de même lors de joutes mentales comme celles là. Fixer l'orage bouillant en lui serait une erreur. Il pourrait tout aussi bien mal le prendre... Dans le doute, et parce que j'ai besoin de lui, je préfère rester en bon terme, et ne pas le provoquer. Très professionnel, le voilà qui cherche à réguler sa colère, en inspirant régulièrement de grandes bouffées d'air. Quoi que, en analysant l'humidité ambiante, peut être absorbe t il plus d'eau que d'air, quand on y réfléchie...

Les secondes s'étalent. Plus rien ne bouge dans la pièce. M. Zaler reste là, croisant les doigts de sa
main droite avec ceux de sa main gauche, bras entièrement posés sur la table. Il semble réfléchir. Ou méditer. Plutôt méditer. Sa tête baissée donne l'impression qu'il fixe une imperfection de la table de bois. Son regard perdus dans le vide ne permet plus que je m'y engouffre, aussi me contente-je de faire des hypothèses : peut être jauge t il mes paroles ? Ma dangerosité ? Il se demande surement si je ne sais vraiment rien de plus, aucune info qui pourrait lui nuire. Ou peut être analyse-t-il mes dernières paroles ? J'ai pourtant veillé moi même à bien choisir les mots à l'avance, pour ne pas être repérer d'une quelconque façon. Pour ne pas qu'Aka' soit soupçonné non plus...

Les secondes deviennent des minutes. Le calme continue, presque angoissant. Mais je n'ose pas le brusqué. C'est à lui de faire le premier pas. Et je sais qu'il le fera, car s'il continue à inspirer comme cela, il vas finir par se noyer... Je sourie à mes propres conclusions... Mais je n'ai pas le temps de formuler d'autres hypothèses plus saugrenus encore, car le voilà qui se redresse, recommence à me fixer de son intense et profond regard, juste avant de prononcer a longue tirade suivante :

- Vous parlez bien. Mais vous ne me dites pas tout, je ne vois pas d'autres solutions. En revanche, vous avez sous estimé le choix de vos mots, et en cela, vous avez commis votre plus grosse erreur, M. Du Gondor. Sans doute l'ignorez vous, mais mon fils Akarius a toujours été relativement proche de ma nièce, Loriane. Comment cela ce fait il que seuls ces deux noms aient été évoqué ? Si vous avez été un espion, je suis sur d'une chose : jamais vous n'auriez été en présence d'autant d'informations. Vous avez peut être négligés certains points... Ou plutôt, la personne dont vous tirez vos informations a négligé de vos dire certaines choses. Par exemple, que la partie Sufokienne de notre famille ne c'est jamais vantée d'y être, et que, comme pour moi à Bonta, ils ne vivent pas sous leur vrais nom, et n'agissent pas à découvert, comme nous le ferions à Brâkmar. Le fait que vous sachiez certaines choses que tout espions sur terre ignorerait, combiner au fait que vous ignoriez des choses que tout espions devrait savoir de nous, je ne puis
tirer un très grand nombre de déduction. Juste quelques unes, que je rapporterais avec les noms que vous avez cité, à savoir Akarius et Loriane. Vous êtes entré en contact avec une de ces deux personnes, et je pencherais plus pour Akarius, étant donné que peu de personnes se vante d'être en vie après avoir glané des infos à Loriane... De plus, et puisque mon fils est responsable de l'archipel Murofien, vous devez surement venir de là bas pour avoir fait cela, ou même être un ami
d'Akarius... Mais avouez que ce ne sont là que suppositions. Comment baser les raisonnement sur de simples hypothèses que celles ci ? Dommage pour vous, une autre erreur viens vous perdre : la dernière fois que l'on m'a appelé « numéro neuf », c'était justement de la bouche d'une
Murofienne, proche d'Akarius. De là, soupçons deviennent confirmations. Si nous avions plus de temps, j'essayerais sans doute de me souvenir du nombre de personnes possédant un nom fortuné comme le votre, et vivant justement sur l'archipel Murofien. Malheureusement, nous en avons pas... Mais passons ; maintenant que vous savez tant de choses sur moi, et que je sais tant de choses sur vous, peut être pourriez vous m'indiquer vos motivations, M. Du Gondor ?


Il est fort. Très fort. Je n'avais fait qu’entrapercevoir le pouvoir de la famille Zaler, en côtoyant Akarius. Je me rend compte qu'en réalité, si ce dernier se prenait parfois pour un Dieu, même pour rigoler, c'était peut être partiellement justifié... Malheureusement pour moi, je viens de m'attaquer à plus gros gibier encore que le Sacrieur avec lequel j'ai l'habitude de parler. Je baisse les yeux, ne voulant pas qu'il trouve une quelconque satisfaction à m'avoir cerné. Mes yeux doivent hurler la défaite, et c'est tellement... Grisant... Malgré tout, il lui suffis de me regarder, sans avoir besoin de me fixer, pour comprendre qu'il a visé juste, sur toute la ligne. Je vais devoir faire avec, et tant pis si j'ai été repéré.

- Fort bien... Faisons table rase de ce que nous savons respectivement l'un de l'autre. J'ai préféré ne prendre aucun risque en gardant beaucoup de choses secrètes. Mais je m'aperçois que c'était fort inutile, étant donné votre talent de déduction, M. Zaler. Quoi qu'il en soit, tourner plus longtemps autours du thème central de cette discutions serait une erreur, aussi vais-je la rectifier...

Je relève les yeux, et tente de chasser toute trace de peur, ou simplement d'angoisse, de mon regard. Je me ferme complètement, tachant de ne montrer que du courage et de la volonté. La volonté de vaincre mon ennemie, le courage de prononcer ces mots :

- Je cherche l'Amulette.

Il me considère gravement, un demi sourire aux lèvres, comme un père narguerait son fils qui lui aurait demander l'impossible. J'aurais tout aussi bien pus lui demander tout l'or du monde, ça réaction aurait été identique.

- L'Amulette ? Rien que ça ? Vous vous êtes donc incroyablement bien renseigné sur le sujet, M. Du Gondor. Et pour ne pas vous risquer à prononcer son nom à voix haute, c'est bien la preuve que vous devez craindre en une quelconque menace invisible... Dois-je comprendre par là que vous êtes menacé ?
- Plus ou moins... Et si c'était moi, la menace ? Demande-je, en reprenant espoir, et avec un petit sourire à mon tour.

Exciter sa curiosité. Le pousser à ne plus employer de mots, mais bien à participer à une danse mentale. Voilà le but de la manœuvre. Je le regarde fixement dans les yeux ; il en fait de même. Voilà donc un moyen totalement libre pour s'exprimer, que seul un petit nombre de personne sur cette terre est capable de maitriser. En même temps, quand on est enrôlé de force dans les camps de Xelor dès son plus jeune âge, c'est un don qui s'acquière vite... Nous pouvons donc parler sans risque d'être espionné par... Vous-savez-qui...

Pendant longtemps, on a cru qu'il s'agissait d'une tiare. De récentes recherches ont pourtant prouvé
le contraire. L'Amulette de Zachari, objet de légende, mille fois convoitée par les divins qui règnent sur le Monde des Douze, possède un attribut unique : cacher sa présence, autrement que physiquement. En
d'autres termes, elle empêche toutes personnes du plan astral, de localiser son porteur, et ce, quelque soit l'endroit où il se trouve, à la surface du Monde. Celui qui porte l'Amulette peut parler librement, insulter les Dieux si cela lui chante, fomenter un complots à l'encontre d'un Divin, sans que ce dernier, ou une quelconque autre personne vivant au dessus des hommes, ne s'en rende compte. A Murof, une telle Amulette aurait été qualifiée de « Pata ». Terme adéquat, je dois dire...

Il me la faut. Je n'ai pas besoin d'un tel objet pour une durée supérieur à une semaine ou deux... Mais j'en ai absolument besoin quoi qu'il en soit. Et les yeux ne savent mentir. Si M. Zaler est si doué que ça pour lire dans les esprits, il devrait s'être rendus compte de la véracité de mes paroles. Et ainsi, me faire confiance. Ou bien, à défaut de me faire vraiment confiance, être déjà plus sur de mes intentions que si j'avais expliqué mon plan à l'oral. D'autant plus que saurait été prendre le risque d'être découvert par le Divin dont je souhaite me débarrasser...

Je le vois ciller. Il a compris. En effet, je veux tuer un Dieu. En effet, je veux me débarrasser d'un
monstre, d'une engeance de ce Monde si parfait. Et techniquement, si je n'ai pas sous estimé mon adversaire, il devrait avoir compris la suite du plan. Plan qu'il n'acceptera sans doute pas...

- Vous voulez cambrioler la résidence Brâkmarienne familiale ? Murmure t il dans une infinie surprise, non feinte.

Après quoi, le voilà pris d'un puissant rire, qui commence à faire vibrer la salle tout entière. Il a compris. Bon soit, il n'a pas exprimé ouvertement son mécontentement. Mais son hilarité revient au même : il confirme l'impossibilité de la chose. Le frère Zaler à l'étrange mental,et cela, Akarius m'en a assuré, en sans doute des milliers de fois plus intelligent que la personne que j'ai actuellement en face de moi. A tel point qu'une entreprise de ce genre serait vouée à l'échec. Et cette réaction hilare n'est pas sans me rappeler les trop nombreuses mises en gardes... Si ce frère gouverne la partie Brâkmarienne de la famille, à savoir la branche la plus importante, ce n'est sans doute pas sans raison...

- Soit... Continue le Sacri, j'avoue que la proposition est tentante, juste pour vous voir pendus au dessus du lac de lave, pour avoir tenté de voler une des plus vieilles et précieuses reliques familles... Néanmoins, ce ne serait là que gâchis. Perdre un Iop intelligent... Non, il vaux mieux que vous ne cherchiez pas à avoir l'Amulette, car à cause d'elle, vous en viendriez à vous croire capable de voler ce que vous chercher vraiment.


Ce que je cherche vraiment, c'est une arme. Une épée, plus précisément. La Dantes. A savoir que l'Amulette de Zachari et l'épée de Dantes vont souvent de paire : alors que la première empêche toute forme de Divinité de vous localiser, la seconde permet tout simplement de... Tuer un Dieu ! Et quand j'ai appris qu'une telle arme était un trophée de guerre de la famille Zaler, j'en suis venus à me demander si le destin ne cherchait pas justement à me propulser dans un combat en face à face avec Xelor... A vrai dire, ce ne serait pas la première fois que j'en viendrait à me poser des question sur le destin... Et sur l’étrangeté de ce dernier... Malheureusement, de telles réflexions seront pour une autre fois. Tout ce qu'il faut savoir, c'est que l'Amulette est en possession de M. Zaler ici présent, et que l'épée de Dantes, elle, se trouve dans un coffre fort, loin sous les flammes de la montagne sur laquelle est construite la villa Brâkmarienne de la toute puissante et démoniaque famille Zaler. C'est pourquoi il me fallait passer par Bonta,avant d'entreprendre un voyage à Brâkmar, quand Moinon aurait accouchée, puisque cet événement n'est plus qu'une question de semaines. Il me faut cette Amulette. Sinon, comment penser, ne serait-ce que s'approcher de la résidence de la ville des ténèbres, sans que Xelor ne fasse le rapprochement ? Je ne le sous estimerait jamais, se serait bien là une erreur mortelle. Il ne dois pas savoir ce que je prépare. Toute la réussite de mon entreprise est basée la dessus, et donc, sur l'Amulette de Zachari.

Il me considère une fois de plus. Et une fois de plus, il sais que je dis la vérité. Mon regard dans le sien, il a
vus mes intentions. Et son hilarité laisse la place à un ton grave, celui qu'on emplois pour conclure, mais également pour prévenir un enfant du danger qu'il court à vouloir aller trop loin.

- Je vous aurait prévenu, M. Du Gondor. Faites attention à vous, même si je ne donne pas cher de votre peau, une fois les grilles de la villa franchis. Je tacherais d'en toucher deux mots à mon fils, même si je pense que Akarius a déjà du vous prévenir du péril auquel vous vous exposé. Je ne peux malheureusement pas vous faire changer d'avis, je m'en suis rendu compte. C'est pour cela que je ne veux pas prolonger cette conversation. Tout le reste ne serait que vaines et futiles paroles. Quoi qu'il en soit, vous aurez ce que vous avez demandé. La façon dont vous m'avez demandé l'Amulette m'a convaincus, même si je reste persuadé qu'elle me sera remise par mon propre fils d'ici peu, avoir l'avoir arraché à votre cadavre... Mais bon... Vous faites bien ce qui vous chante, du moment qu'elle reste une possession familiale... Ce ne serait pas la première fois que je la prêterait à un prétentieux voulant défier les Dieux. Étrange que Ogrest ne soit pas venu me la demander, quand on y réfléchis cinq minutes...

Il marque une courte pose, comme s'il cherchait la meilleure façon de conclure.

- Vous recevrez l'Amulette dans deux jours. Je ne vous dis pas où, car ce serait contraire à toute cette discutions. Sachez que je viendrais la récupérer d'ici trois semaines, si vous êtes encore en vie d'ici là... Et que si vous ne l'avez plus en votre possession, si vous l'avez perdu,égaré, ou même vendus, je vous tuerait, aussi proche que vous puissiez être d'Akarius et de celle qu'il aime... Et qui est bien la seule à m’appeler par le surnom de « numéro neuf »... Et si vous êtes déjà mort, je tuerais vos proches. Alors ne me décevez pas, M. Du Gondor.

Il se lève, et tourne les talons, sans même me laisser le temps d'en placer une.

- Oh, et une dernière chose, conclu t il en se retournant vers moi, si par chance, vous en veniez à trouver ce que vous cherchez réellement, essayez de la rendre à son propriétaire après en avoir fait usage. Car autrement, ledit propriétaire vous retrouvera forcément, et vous mettra en pièces pour avoir osé voler cet objet... Simple conseil pour vous permettre de vivre un peu plus longtemps...

Sur ces mots, il se retourne enfin, et le colosse qu'est M. Zaler, père d'une famille immensément riche et puissante, sort de la pièce froide et humide, tout en sifflotant dans le couloir, me laissant là, dans l'attente de... Dans l'attente de quoi au juste ?

Murof n'a que trop attendu !


Dernière édition par Moinonminou le Dim 4 Nov 2012 - 13:06, édité 2 fois
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Chapitre 41_2nde partie: Rencontres

Message par Moinonminou le Sam 3 Nov 2012 - 17:07

*************************************************************Moinon*********

Et soudain, un homme en armure noire surgit de derrière le grand arbre. La jeune sadida sursauta et échangea un regard avec l’ennemi. Grand et ténébreux, il semblait emplir l’air de sa présence néfaste et démoniaque. La peur assaillit la princesse et elle partit en courant aussi vite que ses frêles jambes tremblantes le purent. La nuit maintenant oppressante et inquiétante l’entourait et la mort commençait à l’étouffer, tapie dans l’ombre, en se léchant les babines devant sa succulente proie affolée. L’homme était à sa poursuite, et la belle savait qu’elle ne saurait le distancer longtemps. En désespoir de cause, elle lança des sorts par-ci par-là, réveillant les grands êtres de la forêt sombre. Les racines poussèrent et sortirent de terre pour faire obstacle à l’assaillant de leur protégée. Mais l’armure avait une épée rouge et tranchante. D’un geste brutal, il coupait toutes les branches et racines sur son chemin et tous les efforts des végétaux ne suffirent pas à le faire ralentir. La princesse était perdue. Elle courait, courait mais c’était sans espoirs. Comment pouvait-elle…
- ‘Pa ‘Pa ! Qu’est-ce qu’il va lui arriver à la belle princesse ? S’inquiète Elianne.
- Si tu m’interromps comme ça, on ne le saura jamais Elianne. Rit Vlad’.
- Mais est-ce qu’elle va s’en sortir ? Est-ce que la méchante armure va la tuer ? Est-ce qu’elle va mourir ? Il est…
- Attends un peu ! Je n’ai pas terminé l’histoire ma puce. Laisse-moi lire et tu verras comment ça se termine d’accord ?

La petite hoche la tête. Je souris, assise dans un fauteuil dans le salon où Valimir lit l’histoire du soir à Elianne. Elle n’arrête pas de l’interrompre, impatiente de savoir ce qu’il va se passer pour la belle princesse sadida et Vlad’ essaie de la raisonner tant bien que mal avant de reprendre la suite du récit palpitant.

- « La princesse était perdue. » Reprit le iop en réajustant ses lunettes. « Elle courait, courait mais c’était sans espoirs. Comment pouvait-elle s’en sortir ? L’armure se faisait de plus en plus proche et ses jambes de plus en plus engourdies. Elle s’apprêtait à se livrer au monstre quand tout à coup, le grand et beau prince arriva à la rescousse de la princesse sadida. Il brandit son épée d’or et transperça l’armure. La belle s’effondra d’effroi, ses jambes ne pouvant plus la porter. Le preux s’avança vers la princesse et… »
- Et il va lui faire un bisou d’amour ? S’impatiente Elianne.
- Elianne ! Attends un peu que je te le lise. Ronchonne Vlad’.
- Mais ça va trop lent !
- « lentement » Elianne, et puis soit patiente un peu.
- Je veux savoir ce que lui fait le prince.
- Il la mange, t’es contente ?
- Non ! C’est pas vrai !
- Si si ! Regarde !
- Nan j’te crois pas !
- Si si, il y a écrit : « …et il avala la princesse. « Quel met succulent. » Dit le prince noblement. » Voilà ce qu’il y a écrit.
- Non c’est pas vrai ! Hein ‘Man que c’est pas vrai !
- Et ben…si ‘Pa dit que c’est vrai, c’est qu’il a raison. Souris-je.
- Non vous mentez ! Je veux la vraie suite !
- Et ben alors, qu’est-ce qu’il lui fait le prince hein ? Mademoiselle je sais tout.
- Il lui fait un bisou d’amour et après ils se marient et ont tout plein d’enfants. Récite la petite.
- Bon, alors as-tu besoin que je te lise la suite ?
- Oui ‘Pa ! Je veux la suite.
- Le mot magique ? Demande le iop.
- S’il-te plait Papa chéri d’amour que j’aime très fort, est-ce que tu peux lire la suite ?
- D’accord, mais tu ne m’interromps plus.


Elianne hoche fortement de la tête et Valimir peut continuer l’histoire.

- « Le preux s’avança vers la princesse et la prit dans ses bras robustes pour la mener en lieu sûr, loin du corps maléfique de l’armure. Le château était loin, alors il décida de l’emporter dans une auberge pas loin de là. Ainsi ils… »

Je me laisse emporter par la voix de mon bien aimé et commence à fermer mes yeux. Elianne reste calme et ne brise pas le bercement du récit. Mes mains caressent mon ventre rond où je sens le bébé frapper régulièrement, comme si lui aussi voulait interrompre l’histoire. Je souris à l’idée de deux enfant n’arrêtant pas de questionner Vlad’ durant ses lectures, tous deux essayant de parler plus fort que l’autre pour être le mieux entendu et leur père, entre les deux, essayant tant bien que mal de continuer son histoire.
Je dois être dans mon dernier mois de grossesse, et mon ventre semble être plus grand que pour Elianne. Cette dernière s’émerveille à l’idée d’avoir un petit frère. Elle refuse d’avoir une petite sœur car, elle est déjà une fille, argumente-t-elle. Kimi étant née, Miam’ reste beaucoup de temps chez elle pour s’occuper de la petite et Elianne aime aller lui rendre visite pour voir le bébé. Et toute fière, elle annonce qu’elle sera bientôt grande sœur en montrant mon ventre rebondis. Vlad’ ne me parle plus de cette histoire de « rond », et je me dis qu’il est peut-être un peu plus déstressé et qu’il à peut-être même abandonné l’idée que Xélor soit la cause de tous ses problèmes. D’ailleurs, j’ai la mauvaise impression que la vue de notre fille à baissée : elle dit qu’elle ne voit pas très très bien.

Nous savons tous deux pourquoi et il est vrai que nous ne savons comment lui expliquer ce qu’il va lui arriver dans peu de temps. Dans deux ans, elle ne verra plus. Comment le lui annoncer ? Nous croirait-elle ? Comprendrait-elle l’enjeu de la situation ? Pourrait-elle s’imaginer qu’un jour, tout devienne noir ? Toutes ces questions nous font remettre la question à plus tard, puis encore à plus tard, et encore à plus tard et etc…

Enfin bon, je trouve que malgré tout ce qui se passe à Murof en ce moment, notre famille s’en sort plutôt bien.

- Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Me chuchote une voix dans le creux de l’oreille.

Je sursaute et rouvre les yeux. Il me faut quelques secondes pour comprendre que j’étais sur le point de m’endormir et que pendant ce temps, Vlad’ a eut le temps de terminer son histoire et d’aller coucher Elianne. Le grand iop est agenouillé et me sourit attendant que j’émerge complètement.

- Elle attend le bisou de ‘Man. Me déclare-t-il.
- Oui, j’avais compris. Heureux et beaucoup d’enfants ? Demande-je.
- Oui, c’est comme ça que ce termine l’histoire dont tu as raté la fin.


Je lui souris, puis lasse, je quitte la pièce pour aller voir ma fille. Je la retrouve, assise sur son lit, prête à se coucher dans sa chemise de nuit bleue. En me voyant elle sourit et se précipite sous les draps. Prise dans le jeu, je viens introduire mes mains sous les couvertures en recherchant ses pieds pour la chatouiller. Elle rit aux éclats et me supplie d’arrêter, alors je continue de plus belle tandis qu’elle se met à gesticuler de plus en plus fortement. Quelques minutes de jeu avant que j’essaie de la raisonner et enfin, toute pétillante et les joues rouges, elle s’installe confortablement dans son lit. Je remets les couvertures en place et viens lui faire un bisou sur le front. Alors ses petites mains s’agrippent à mon cou et elle dépose ses lèvres sur ma joue. Enfin, je lui caresse le visage et commence à m’en aller.

- ‘Man ?
- Oui mon trésor ? Il faut dormir maintenant.
- Je sais. On pourra aller voir Kimi, Cyanne et Kalaen demain ?
- On verra ma puce, pour l’instant c’est l’heure de dormir. Dis-je en éteignant la lampe.
- Bonne nuit ‘Man. Souhaite-t-elle en enfouissant sa tête sous les draps.
- Bonne nuit Elianne. Réponds-je en fermant la porte.


Je me glisse dans le couloir vers la porte de ma chambre discrètement et éteins la lumière du couloir. Vlad’ semble m’attendre sous les draps et me regarde. Je me mets en chemise de nuit et viens m’enfouir sous la couette auprès de lui.

- Heureux et beaucoup d’enfants. Répète-t-il songeur.
- Tu crois qu’on pourrait faire un conte avec notre famille ?
- Et ça se terminerait comment ?
- Heureux et…quelques enfants. Hésite-je.
- Tu crois qu’on devra énumérer leurs problèmes ? Demande-t-il.
- Pas forcément…sauf si on précise que leur père souffre d’une grave déficience mentale. Concède-je.
- Et que leur mère est emprise de la folie. Renchérit-il.
- Ça fera forcément rêver des gens remarque.


Nous échangeons un regard et nous rions. Lully vient nous rejoindre nonchalamment et après s’être étiré, il vient se loger entre nous. Nous le caressons machinalement après s’être moqué de lui et de sa vie de chat si compliquée, et laissons le silence nous bercer. Je chantonne quelques airs qui me passent par la tête et mes paupières commencent à se faire lourdes. Petit à petit, le sommeil vient me cueillir et je me laisse emporter dans cet océan de flou si molletonné, confortable et apaisant. Seul le bébé semble ne pas vouloir dormir. Il tape de ses pieds ou de ses poings la paroi de mon ventre. Il veut se faire entendre, peut-être que lui aussi veut un bisou du soir ? Ou peut-être qu’il veut simplement m’empêcher de dormir ?
Ces questions anodines s’envolent et s’estompent, disparaissent et me laissent flotter non loin de là.



Je suis dans une rivière ? Non…pourtant…j’aurai juré que c’était mouillé. Cependant, il ne me semble pas être dans un quelconque point d’eau. Etrange… Vraiment étrange…Et où suis-je ? Un océan de nuage s’offre à moi et je coure. Tiens je coure ? C’est si facile sur les nuages. Je vole et rebondis sur le coton blanc et pur. Attention, il faut que je fasse attention aux trous, je pourrais tomber. Tomber ? Mais où ? Sur Terre peut-être…enfin, je n’en sais rien…après tout, je suis en train de courir…avec cette sensation de mouillé entre les jambes. Vraiment bizarre… Peut-être que je me suis baignée avant ? Baignée dans de la pluie de nuage ? Sûrement ! C’est vraiment très beau ici et très scintillant.

Tiens…je ressens des secousses. Le nuage serrait-il entrain de vibrer ? Un tremblement de nuage…ça existe ? Enfin, peu importe, je suis entrain de courir sur ses nuages et… Là les secousses deviennent de plus en plus fortes. Mais que m’arrive-t-il ? Mais que…

- Moinon !
- Hein ?
- Moinon ! Réveille-toi !
- Que quoi ?


Mes yeux s’ouvrent difficilement et je regarde péniblement Vlad’ qui semble affolé. Il me faut quelques secondes pour oublier mon rêve bizarre et me reconnecter au monde réel. Ma bouche pâteuse s’ouvre et mes paupières essayent de ne pas retomber.

- Que ce passe-t-il ? Elianne ne va pas bien ?
- C’est toi qui ne va pas bien…tu viens de faire dans les draps.
- De quoi ?
- Soit tu viens de faire dans les draps, soit tu viens de perdre les eaux Moinon ! Reviens à nous !
- De perdre les eaux ?


Par réflexe, je porte ma main sous les draps. Je tapote et me rend compte que le matelas est trempé et ma chemise de nuit aussi.

- Merde ! Jure-je.
- Je vais appeler quelqu’un, surtout ne bouge pas. Dit-il précipitamment en se levant. Je reviens tout de suite.
- Merde merde… Marmonne-je. Et qui vas-tu trouver à une heure pareille ?
- Je sais pas, mais je vais sûrement en réveiller… Annonce-t-il en s’habillant le plus vite possible. Surtout tu restes calme et tu…
- T’inquiètes pas et va ! Sinon on ne s’en sortira pas.
- Je…je reviens. Finit-il en quittant la pièce.


Je l’entends passer dans le couloir et fermer la porte. Pourquoi maintenant ? Lully se lève et s’étire. Il semble avoir compris ce qui allait se passer, alors il saute du lit et quitte nonchalamment la pièce, me laissant définitivement seule. Le bébé frappe mon ventre avec un peu plus de force et plus fréquemment.

- C’était ça que t’essayais de me dire ? Tu choisis tes moments toi ! Ronchonne-je.

Je sais que bientôt j’aurai des contractions et que j’aurai très mal. Très très mal. Je profite de ce court instant pour me relâcher, me tranquilliser. Je passe mes mains sur mon ventre et le bébé semble taper de plus en plus fort.

- Oui on sait que t’arrive ! Pas la peine de faire la bamboula non plus.
- ‘Man ? S’inquiète une petite voix ensommeillée.
- Ho non…Elianne… va te recoucher ma puce.


La petite s’était glissée hors du lit sûrement par le bruit qu’on avait fait. Elle se frotte les yeux et s’avance vers moi. Une contraction me prend et je cri.

- ‘Man ? Commence à s’affoler Elianne.
- Tout va bien ma chérie, je t’assure. HA !
- Pourquoi tu pousses des cris bizarres ‘Man ?
- Pour rien ma puce, va te recoucher.
- Nan, tu ne vas pas bien…
- Je t’assure que je vais très bien ! Maintenant file dans ta chambre Elianne ! Cri-je.


Estomaquée, elle me regarde de ses grands yeux qui se mouillent. Sa bouche commence à trembler : elle va pleurer. Je lui ai fait peur. Une nouvelle contraction.

- M…ma chérie…excuse-moi. Viens me faire un câlin…
- Pou…pourquoi…quoi…tu vas…vas pas bien ? Renifle-t-elle.
- Parce que j’ai mal. HA !
- Et qu’est…qu’est-ce…que t’as ? Tu vas mourir ?
- Ne dis pas de sottises. Je ne vais pas mourir…c’est juste le bébé qui arrive. Avoue-je enfin.
- Il arrive ? Il arrive comment ?
- Il va sortir de mon ventre.
- Maintenant ?
- Et ben, il a l’air de le vouloir en tout cas.
- Et il est où ‘Pa ?
- Il est partit chercher un éniripsa qui va s’occuper de moi.
- Pourquoi ? Tu es malade ?
- Non, mais j’ai besoin de l’aide d’un éni pour que le bébé sorte.
- Pourquoi ? Tu peux le faire toute seule.
- Non ma chérie, ça j’en suis incapable. Enfin si, mais j’aurais très mal. HA !
- Mais tu as déjà mal.
- Oui, mais c’est normal ma puce. Je t’assure que c’est mieux pour toi que tu ailles dans ta chambre.
- Non, je dois m’occuper de toi.
- T’es mignonne…Murmure-je.
- Dis ‘Man, pourquoi il te fait mal le bébé, il n’est pas gentil mon petit frère ?
- C’est mon corps qui me fait mal, il se prépare à faire sortir le bébé.
- Ha bon ?
- Alors Elianne, es-tu prête à devenir grande sœur ?
- Oui !
- Sauras-tu t’occuper de ton petit frère ou de ta petite sœur ?
- Oui !
- Est-ce que tu l’aimeras ? HA !
- Oui !
- Je suis fière de toi ma petite. Tu es une grande fille.


La porte s’ouvre et j’entends plusieurs personnes s’engouffrer dans le couloir. Je soupire de soulagement et Vlad’ pointe le bout de son nez.

- Moinon, comment ça va ? Je t’ai ramené un éni.
- C’est qui ?
- Lutti, c’est celui qui a fait accoucher Jeana’ pour Cyanne.
- Bonjour. Salut l’éniripsa en entrant dans la pièce. Enfin bonsoir.


Je pense que j’aurai préféré Kami’ ou encore Prisckas. Ce Lutti, je ne l’ai rencontré que quelques fois et son air de déterré (sûrement à cause du sommeil) ne m’inspire pas vraiment pleinement confiance. Enfin, je dirais plutôt qu’il aurait tendance à me faire stresser plus qu’autre chose. Elianne regarde le nouveau venu avec de grands yeux et elle semble partager le même avis que moi.
L’éni retire son manteau et remonte ses manches. Il vient se poster devant moi et essaye de parraitre plus sympathique.

- Moinon, pourriez-vous s’il vous plait vous lever. Re…je vois que ce n’est pas votre première fois. Dit-il en regardant Elianne.
- Qu’est-ce que vous allez faire à ma maman ? Demande ma petite fille.
- Elianne, viens avec moi. Dit Vlad’.
- Je vais juste aider ta maman à faire sortir le bébé de son gros ventre.
- Je suis bien avec elle. Avoue la petite dans mes bras. Je veux rester avec ‘Man.
- Ta maman risque de faire un petit peu de bruit ma petite. Ce serait mieux que tu ailles avec ton papa.
- Je veux rester avec ‘Man. Elle a mal.
- Elianne vient ici s’il te plait. Insiste Valimir.
- Ecoute ‘Pa s’il te plaît Elianne. Ne t’inquiète pas pour moi, tout va bien se passer. Lui promis-je.
- Bon, Moinon, je vous attends. Rappelle Lutti.
- J’arrive. Ronchonne-je le plus inaudible possible.


Elianne part rejoindre son père et je me lève du lit. Vlad’ semble vouloir emmener Elianne hors de la pièce mais la petite, elle veut rester voir ce que cet intrus va faire avec moi. Lutti me demande de marcher un peu pour que mon col de l’utérus commence à se préparer à faire passer une énorme tête. J’exécute ses ordres avec les douleurs qui vont avec et Elianne me regarde comme fascinée. Je n’ai pas très envie qu’elle voit ça, mais je n’ose pas non plus lui dire de partir. Je fais des ronds dans la chambre sous les regards de l’éniripsa, de ma fille et de mon mari. Tout d’un coup, je comprends ce que ressentent les bêtes enfermées sous les regards des enfants. Je regarde Vlad’ assez discrètement pour lui faire comprendre de réessayer d’amener Elianne autre part. Il retente et échoue. Je fais encore quelques tours et attend le signal de Lutti qui semble m’ausculter du regard.

- Elianne, s’il te plait, pars de la chambre. Finis-je par demander.
- Mais ‘Man…
- S’il te plait, je ne veux pas que tu sois là. Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer, va te coucher et on te réveillera quand ce sera terminé d’accord ? S’il te plait ma chérie.
- D’accord… Répond-elle peinée.
- Allez viens. Dit Vlad’ en lui tendant la main et l’entrainant hors de la chambre.


Une fois sortis, je continue mes tours de piste plus douloureux les uns que les autres. Je sens mes muscles s’étirer comme du chewing-gum et les contractions sont plus fortes. Malheureusement, la présence de l’éni ne m’aide en rien et ne me soulage encore moins. Enfin, on va faire avec hein !

- Vous pouvez vous rallonger. Dit-il.
- Enfin ! Soupire-je.
- Mettez-vous en position, on commence bientôt.


Pas très sympathique. Je me couche dans le lit, et j’écarte et plis mes jambes après avoir retiré ma culotte. Lutti m’aide à me redresser et remonte ma chemise de nuit vers mes genoux. Alors là, je ne me sens vraiment pas à l’aise. Je ne sais pourquoi, mais la dernière fois, Fao’ était plus…plus apaisant en fait. Enfin, il me dicte en rythme ce que je dois faire, ce qui se résume simplement à : Respirez, poussez.

« C’est partit ! Mon coco, c’est le moment de sortir ! » Pense-je.


Elianne est conduite dans sa chambre par Valimir, qui semble un peu déstabilisé par l’arrivée soudaine de son deuxième enfant. La petite et son paternel finissent par s’assoir sur le lit de la fillette, leur visage reflétant la peur, l’angoisse, la sensation que leur monde bouge autour d’eux et que surtout, bientôt un nouvel être braillera dans ce silence presque assourdissant. Le malaise dans le ventre, tous deux gardent le silence en tendant l’oreille tout en espérant ne pas entendre les hurlements prochains de la mère. Enfin, Vlad’ essaye de se reprendre et de changer les idées à sa fille qui semble assez bouleversée par les événements.

- Elianne…tu veux dormir ? Demande-t-il doucement.
- Non… ‘Man va aller bien ?
- Ne t’inquiète pas ma puce… Ta mère l’a déjà fait.
- Ha bon ?
- Pour toi Elianne…
- Et je lui ai fait mal aussi ? S’inquiète la petite.
- Ce n’est pas toi ou le bébé qui lui faites mal, c’est son corps…
- Mais pourquoi ?
- Et bien…c’est…c’est comme ça ma chérie. Répond Vlad’ un peu gêné.
- Moi aussi j’aurai mal quand je vais avoir des enfants ?
- Et bien…oui.
- Alors je n’en veux pas. Lâche-t-elle.
- Il est un peu tôt pour décider ça Elianne. Sourit le iop.


Le silence se réinstalle, et Valimir décide de prendre sa fille sur ses genoux. Il la berce légèrement et des cris commencent à résonner dans la maison.

- ‘Man ! Elle a mal ! Gémis Elianne.
- Oui, mais ne t’inquiète pas Elianne. Tout va bien. C’est normal.
- Ma Maman a très mal… Commence à sangloter la fillette.
- Tiens Elianne ! Si je te lisais ton histoire préférée ? D’accord ? Dit-il dans l’espoir de lui changer les idées.
- D’accord…
- Allez, va la chercher. Empresse-la-t-il gentiment.


La petite saute de son lit et va chercher le manuscrit qui domine la pile de roman et de contes de fée d’Elianne, tous remplis de princes et princesses, monstres et dragons, fées carabosses et marraines qui hantent le monde parallèle imaginaire des esprits des enfants. Elle tend le livre au iop, il la fait grimper sur ses genoux et commence l’histoire, pensant que peut-être, l’aventure du prince Connor arrivera à estomper les hurlements de Moinon.

« Il était une fois, dans un royaume lointain enchanté, un grand monarque tombait malade et laissait à sa femme un royaume pris par la peur de voir leur grand roi tant aimé mourir. Il était sans héritier à part une belle jeune fille, pleine de grâce et de charme que beaucoup de princes voulaient épouser. Cependant, la jeune beauté refusait tous les mariages qu’on lui proposait, ne trouvant quiconque à son gout et apte à prendre en main le royaume de son père adoré.

La reine, sa mère, déplorait ce comportement et empressait sa fille de choisir un des prétendant, mais celle-ci refusait.

Dans les bois sombres et maléfiques proches du royaume où la paix régnait, une vilaine sorcière, jalouse de la puissance du roi, voulait son royaume. Elle avait un fils, en qui elle plaçait toute sa confiance pour gagner le cœur de la princesse pour qu’un jour, la sorcière puisse accéder au trône et faire régner sur le royaume une ombre de colère, d’horreur et de haine. Elle préparait son fils, le rendait beau et intelligent par l’intermédiaire de potions, pour qu’il puisse séduire la belle princesse qui chaque jour, déplorait la maladie de son pauvre père.

Non loin de là, un autre pays était gouverné par deux princes, immensément riches, beaux et intelligents. Chacun des deux avait une qualité approprié : l’aîné nommé Haley était le plus fort à la chasse, et l’autre lisait l’avenir dans les étoiles. Ce dernier avait pour nom Connor.
»



- Allez poussez ! Répète Lutti.
- Vous en avez de bien bonnes vous ! Vous croyez que je fais quoi là ?!
- Concentrez-vous Moinon ! Vous y êtes bientôt !


La salle est remplie de cette odeur de sueur insoutenable et de cette humidité dont les draps et les murs s’imbibent. Je pousse aussi fort que je le peux, respire régulièrement et pousse encore et encore, en ponctuant l’accouchement de gémissements et d’hurlements qui doivent sûrement retentir dans la rue. Seulement, ce bébé ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez. Lutti s’agite devant moi, fait de grands gestes dans le but de me transmettre le message : « Restez tranquille et respirez Moinon ». Il jette de brefs coups d’œil régulièrement pour voir si la tête ne serait pas en train de sortir.
Mon ventre ne semble pas vouloir éjecter le bébé que je sens encore quelque fois battre la paroi de mon abdomen. Mon cœur se serre d’angoisse. Mon col de l’utérus est étiré au maximum, pourtant me voila, poussant de toute mes forces pour que mon enfant veuille bien quitter son nid au liquide amniotique. Les minutes s’écoulent dans les contractions et douleurs, dans les recommandations et encouragements de Lutti ainsi que dans les prières à ma divinité et les hurlements à Dame Nature.

- Poussez ! Poussez ! Poussez ! Respirez !

Un coup d’œil : rien. « Mais que fais-tu ?! Sors bon dieu ! » Pense-je torturée par la douleur.

- Vous vous en sortez très bien Moinon ! Continuez !

L’éniripsa prend un chiffon et vient m’éponger le visage qui ruisselle de sueur. Je suis collante de partout et mes cheveux se plaquent contre mon front et mes joues. Depuis quelques minutes Lutti’ a prit cette expression inquiétante, qui me donne l’impression qu’il ne comprend pas lui-même pourquoi le bébé ne sort pas. J’essaye de ne pas y faire attention et pour tenter d’oublier la douleur et la peur, j’imagine ce que font Vlad’ et Elianne. Peut-être sont-ils en train de jouer…ou d’attendre le cri de la délivrance et de la naissance de l’être qui se tarde de sortir…ou de dormir, assommés par le stress…ou peut-être que Valimir lui lit une histoire pour l’endormir. Je me les imagine, oubliant un court instant cet éni qui n’arrête pas de faire des allers-retours, gesticulant et ne m’offrant pas vraiment le réconfort voulu.

- Continuez ! Vous y êtes presque !

Ça fait depuis combien de temps que j’y suis « presque » ? Ou que j’y suis « bientôt » ? Hein ? Je vous le demande monsieur l’éni. Je sais que vous ne me dîtes ça que pour me rassurer…mais alors, faîtes-moi au moins un sourire ! Et surtout…

Dîtes-moi qu’il arrive ! Sors ! Je t’en supplie !

Pourquoi ne sort-il pas ? Qu’y-a-t-il ? Mon bébé est-il coincé ? Ne peut-il pas sortir ? Il est vivant, je le sens me taper le ventre de l’intérieur… Se débat-il ? Je commence à pleurer sous la douleur et hurle une énième fois sous une contraction qui me déchire l’intérieur. Je pousse encore et encore et encore et encore et encore et encore… et encore. Toujours… Et lui il me demande de rester calme ? Tranquille ? Mon bébé va-t-il sortir ? Vais-je réussir à le faire sortir ? Est-il en train d’étouffer ? Qu’est-ce qui le retiens ? Je pousse à fond pourtant, mais pourquoi ne vient-il pas ?
- SORS ! Hurle-je.
- Calmez-vous et poussez !
Et qu’est-ce que je fais là ?! Ce n’est pas ma faute s’il se laisse désirer ce môme !
J’ai peur…et lui il ne comprend pas !? Mais dîtes-moi si j’ai un problème ! Dites-le-moi ! Il devrait être sortit ! Pourquoi ne sortit-il pas ? Je veux te voir mon bébé ! Sors voir Maman ! Sors mon bébé…s’il te…

- Il est là ! S’écrie-t-il.
- Nan ! N’en crois-je pas un seul mot.
- Je vois sa tête ! Continuez !


Mon cœur s’envole un court instant. Enfin ! Dans un dernier élan, je pousse une dernière fois et un cri retenti dans la pièce. Je stoppe tous mouvements et essaye d’apercevoir mon enfant. Lutti semble enfin être en mesure de m’offrir autre qu’un regard affolé. Je sens mon corps se dégonfler tandis qu’il coupe le lien maternel qui me reliait au bébé. Il s’avance vers moi et dépose dans mes bras inondés de sueur puante cet être recouvert de viscères et de sang. Je l’entends à peine me dire « C’est un garçon. » et « Félicitations…vous avez fais du beau boulot. ».

Instant magique.

Qui pourrait décrire ce moment ? Le sentiment qu’une mère éprouve quand elle tient dans ses bras l’enfant qui vient de faire son apparition dans ce monde, fruit de l’amour, et résultat de douleurs qui semblent déjà bien lointaines. C’est comme si ce bébé venait d’ouvrir un nouvel espace temps, un monde parallèle nouveau où il ouvre ses yeux et les implante dans vos pupilles pour la première fois. Où ses yeux s’accrochent aux vôtres et semblent vous aspirer toutes douleurs pour vous envahir d’un autre sentiment gonflant en votre esprit. Un monde étrange où tout ce qui est autour de vous semble s’être suspendu, arrêté. Si petit et si fragile et qui pourtant contient tellement de puissance. Puissance qui pour l’instant vous submerge avec bonheur grâce à ces yeux bleus. Ces yeux bleus qui semblent être implantés en vous et qui vous noie d’un bonheur tout différent. Voici votre progéniture…celui que vous avez conçu et mis au monde.

La porte s’ouvre à la volée et bientôt, Valimir arrive auprès de moi avec une Elianne toute étonnée de voir son petit frère. Le iop s’approche de moi et de l’enfant sanguinolent dans mes bras. Il ouvre sa bouche mais rien ne sort, alors…il me sourit simplement, avant de replonger son regard dans celui du bébé. Elianne s’agite demande de voir son petit frère. Elle est fière et heureuse…tout comme notre famille maintenant entièrement réunie. Je contemple encore une fois mon bébé. Je me dis à quel point je…

…attendez…

Je ressens quelque chose dans mon ventre…

Je jette un regard inquiet sur mon ventre qui est toujours rond et qui en son sein…renferme quelque chose qui cogne faiblement à sa paroi.

- Moinon ! S’exclame l’éni.
- Attendez un peu s’il vous plait…
- Non ! Vous ne comprenez pas ! Proteste Lutti.
- Quoi, qu’y-a-t-il ? S’inquiète Vlad’.
- Il y en a un deuxième ! Déclame le soigneur.


Moment de grand silence et de panique. J’ouvre d’énormes yeux, étonnée, avec l’impression que je viens de me prendre un grand seau d’eau sur la tête, et dévisage l’éni qui a repris son expression irritante.

- Un quoi ?! S’affolons-nous Vlad’ et moi.
- Vous avez des jumeaux ! Recommencez à pousser ! Il doit sortir !


Vlad’ me reprend mon bébé et j’essaye tant bien que mal de remettre la machine en route. « Ils m’en auront fait baver… ». Elianne s’excite, ne comprenant pas vraiment ce qu’il se passe. Tout ce qu’elle sait, c’est que maintenant elle est grande sœur et que son petit frère est dans les bras de son papa, qui semble ne pas vouloir le lui montrer d’ailleurs. Je ne songe même pas à la virer de la chambre…tant pis, elle verra tout.

Je pousse de nouveau. Vlad’ encore estomaqué me tient fébrilement la main. Lutti reprend ces recommandations et je pousse. Cette fois-ci, ça fait plus mal que la dernière fois…Et c’est encore plus dur. Je pousse toujours en respirant et m’efforçant de ne pas hurler devant la petite, et en espérant intérieurement qu’il sorte plus vite que son frère. Pour cela, je serre la mâchoire et mon visage se crispe de manière désagréable. Tout mon corps est tendu et épuisé. « Fais pas comme ton frère ! Sors ! ».

Je pousse. Je pousse. Je respire… Rien.
Sors…allez… Ne fais pas la même frayeur à Maman….
Je pousse. Je pousse. Je respire… Rien.
Non…j’ai mal…sors…
Je pousse. Je pousse. Je respire… Rien.

Lutti s’agite toujours et nous commençons tous à nous affoler. Pourquoi ne vient-il pas ? Un jumeau ça sort tout de suite après…non ? Est-ce moi qui ne donne pas assez de force pour qu’il sorte ? Je redouble d’efforts, malgré la faiblesse qui m’envahit. Valimir m’encourage nerveusement et Elianne s’exclame avec sourire comme si elle encourageait une équipe de boufbowl à marquer le point. Malgré le bruit ambiant, le nouveau né ne pleure pas. Il a l’air de fixer son père, tranquillement. Il ne bouge pas, ne fait aucun bruit et fixe silencieusement son papa, comme s’il était dans un autre monde, déconnecté du notre.
Elianne continu ses encouragements, et malgré la fatigue qui m’emporte, j’arrive à pousser de plus en plus fort sans hurler aux contractions. Je commence cependant à gémir un peu. La main de mon mari se serre de plus en plus et son regard est révélateur du bonheur, de la peur, de l’angoisse et de la surprise qu’il enferme en lui. Par contre, ce petit m’étonne vraiment…

- La tête !! S’écrit avec soulagement Lutti.
- Ouais ! Vas-y ‘Man ! Je vais être grande sœur pour la deuxième fois ! S’exclame Elianne.
- Courage Magnon…courage. Souffle juste Vlad’.
- Vous y êtes presque ! Encore un petit effort ! Encourage l’éniripsa.
- En…espé…rant…qu’il…n’y est…pas…de trois…ième. Dis-je épuisée en entrecoupant la phrase de poussées.


Dans un dernier effort, je fais la dernière poussée et un cri résonne dans la pièce humide où la tension est à son comble.

En quelques secondes, tout le monde soupire, et tout le monde semble se vider de toute l’angoisse qu’il contenait. Lutti, à bout de souffle, coupe le cordon ombilical, et prend le bébé dans les bras. Il s’avance vers moi en souriant pour me remettre le fauteur de troubles.

- C’est un garçon, encore…et c’est le dernier. Sourit-il nerveusement. Je vais vous laisser en famille et…je reviens pour les papiers.
- Merci… Murmure-je.


Recouvert lui aussi de viscères et de sang, le bébé a les yeux fermés mais semble aussi détendu que son frère. Elianne monte sur le lit à mes côtés pour mieux voir son deuxième petit frère. Vlad’ se rapproche de nous et dépose le premier à côté du deuxième. L’un nous regarde tranquillement, les yeux bleus grands ouverts, l’autre semble dormir. Elianne les regarde, la bouche grande ouverte.

- Hé ho ! Ouvre les yeux toi ! Dit-elle à l’intension du deuxième.

Au son de sa voix, comme par magie, les paupières s’ouvrent et un océan de puissance vitale me submerge. Ses iris bougent vers nous, comme celles de son frère. Silencieux, tranquilles, ils sont comme l’océan des beaux jours. Leurs yeux me font couler dans ce qu’on pourrait peut-être appeler…le bonheur de la réussite. Mais…c’est tellement fort, qu’à mon avis, il n’y a de mots pour qualifier cette sensation. Nous nous regardons… Notre famille n’a pas accueillis qu’un membre…mais deux. Deux qui ne semblent être qu’un.
Mes bébés…

- Ils sont tous sals… Dit Elianne.
- Ils sont couverts de sang, mais je vais aller leur faire prendre un brin de toilette. Répondit Vlad’, la gorge serrée.
- De sang ? S’étonne la petite.
- Hm ! Oui…celui…de ta maman Elianne.
- Beurk…


Nous restons tous les trois à regarder ces deux petits anges qui nous dévisagent de leurs grands yeux qui me secouent de l’intérieur. Lutti finit par revenir, un peu gêné de devoir briser cette atmosphère contemplative et heureuse. Il sort malgré tout les papiers officiels, et un crayon.

- Alors, comme ce sont des jumeaux, l’aîné est celui qui est né le dernier. Dit-il après s’être raclé la gorge. Je vais vous demander son prénom.
- Comment l’appelle-t-on Vladisoupe ?


Il regarde le dernier bébé à être sortit de mon ventre. Nous avons longuement parlé des prénoms que nous souhaitions donner à notre enfant. Si c’était un garçon, j’aurai voulu Origon…ou Innocent…mais lui voulait Colin, et c’est ce dernier que nous avions choisis après de longues discutions. Après quelques lentes secondes de dialogue silencieux entre le fils et son père, ce dernier fixe Lutti.

- Colin.
- Colin ?
- Oui…ce sera Colin.
- Très bien…je m’occuperais des derniers détails après. Et pour le cadet ?


Un nouveau silence plombe l’atmosphère toujours imbibé de la sueur que j’ai dégagée quelques minutes avant. Cela est dû au fait que nous croyions devenir parents de juste un enfant et non de jumeaux. Je me demande s’il va choisir un des prénoms que je proposais…m’enfin, c’est lui qui choisis. Je me penche vers Colin et un sourire illumine mon visage. « Mon petit Colin…mon amour… » Pense-je en lui prenant délicatement une de ses petites mains.

- Connor ! S’exclame la voix inattendue d’Elianne.
- Comment ? Murmure Vlad’.
- J’aimerai qu’il s’appelle Connor ‘Pa ! Comme le Prince aux étoiles. Regarde, en plus il a les mêmes yeux.


Je regarde ma fille qui supplie du regard son paternel doutant encore. Il laisse ses yeux aller vers les miens pour me questionner. La lourde tâche me revient. L’histoire du Prince Connor, je la connais par cœur. Combien de fois l’a-t-elle demandé avant de s’endormir ? Ce Prince aux étoiles, qui questionne les astres pour demander la vérité sur le monde. Celui qui ne la trouvera jamais…car, il n’y a pas de vérité sur Terre.
La vérité a été enfouie en chacun des Hommes. Ces dernier sont voués à la chercher d’eux même jusqu’à l’accomplissement.

Elianne me regarde avec sa petite moue qui m’arrache un sourire. Alors, je m’adresse à Lutti qui espionne une quelconque réponse.

- Connor. Dis-je.
- Bien… Maintenant Monsieur du Gondor, pouvez-vous m’aider à aller laver vos deux petits bébés ?
- J’arrive… Dit-il. Je dois faire quelque chose là.
- Bien…heu…
- Pouvez-vous nous accorder encore un moment s’il vous plait ? Demande Vladisoupe.
- …bien. Soupire l’éniripsa.


Lutti requitte la pièce. Je questionne du regard Valimir, curieuse de savoir ce qu’il veut faire.

- Je voulais juste…Commence-t-il. Je veux juste…qu’on souhaite la bienvenue à Colin et Connor.

Cette idée me fait sourire et fait sauter de joie Elianne qui fait trembler le lit. Le iop vient nous enserrer de ses bras et nous regardons à nouveaux les deux nouveau-nés. Ils restent impassibles, nous fixant de leurs yeux couleur mer de beau temps.

- Bienvenue à vous…Colin et Connor du Gondor. Murmurons-nous.
- Bienvenue mes chéris. Rajoute-je.
- Magnon… Souffle Valimir.


Je tourne mon visage vers lui pendant que notre fille vient enlacer doucement ses petits frères. Il implante son regard dans le mien et là… là quelque chose fait frémir mon cœur. Les yeux couleur mer de beau temps me fixent et plongent en moi.
Ils ont les mêmes yeux.

- Je t’aime. Me susurre-t-il.
- …je t’aime Valimir.


Ses lèvres se collent aux miennes et alors commence une danse langoureuse dans nos bouches. Danse que même la plainte d’Elianne ne saurait briser… ni le premier rire de l’un de nos enfants.

Connor et la belle princesse, partirent sur leur belle monture, vers le soleil doré qui offrait un baiser à l’horizon rouge. Baiser court mais enflammé avant que le soleil ne disparaisse pour laisser la place à la Lune timide du crépuscule.

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

__________________________________________________

Petite et recluse. Froide et humide. Simple et austère. Silencieuse et assez oppressante. La chapelle xélorette me fait face. Je regarde un instant le haut de la porte de la chapelle où je viens souvent me recueillir. Un sablier y trône, puissant objet de ma divinité, le temps s’y écoule et s’en échappe en veloutes ondulées autour de la porte. Aux côtés de celle-ci un xélor et une xélorette semblent louer le sablier, les bras souples et les masques froids. Cette entrée fait frémir Elianne.

- ‘Man…j’ai peur…
- Il ne faut pas ma puce…
- On dirait toi en méchante. Dit-elle en pointant la xélorette.
- Dis pas de bêtise… j’ai l’air plus méchante qu’elle quand je suis en colère. Allez, donne moi ta main et ne dis plus de mots, nous allons entrer.


Sa petite main serre la mienne et j’entre dans la chapelle avec mes enfants : Colin dans mes bras et Connor dans mon dos, emmitouflés dans plusieurs couvertures, de peur qu’ils prennent froid. Je ne voulais appeler personne pour demander de l’aide, ayant besoin de calme et surtout de solitude. Je sais qu’ils sont trop petits pour que je les sorte, mais…je veux juste m’entretenir avec ma divinité pour ma visite hebdomadaire, lui présenter mes nouveaux enfants et pour une demande des plus sincères à lui donner. Une fois rentrée dans la chapelle, je sens mon cœur battre avec plus de sérénité. Vide, fuie par beaucoup de monde, petite et froide, elle m’emplit à chaque fois d’une sensation de soutient, d’être veillée par une personne qui me protègera. Si je disais ça à mon mari il me prendrait pour une folle, assurément.
Je me dirige vers l’autel et Elianne regarde autour de nous avec curiosité. Les deux jumeaux ne disent mots et regardent eux aussi, sans -à mon avis- vraiment comprendre ce qu’il se passe. Je montre un banc à Elianne et elle s’y assoit silencieusement. Je lui donne Colin et détache le foulard qui colle Connor à mon dos et prend le nourrisson dans mes bras. Je finis par aller m’agenouiller devant l’autel. Je baisse un moment la tête et retire mon masque.

- Xélor…je viens vous voir aujourd’hui avec une grande nouvelle. Lui dis-je à voix basse en recueillement.

Je fais signe à Elianne de venir et l’aide à ne pas faire tomber Colin. La petite arrive et s’installe à côté de moi en veillant bien à me recopier.

- Bonjour monsieur Xélor… dit-elle innocemment.
- Merci Elianne… Voilà, Xélor…aujourd’hui deux personnes ont rejoins ma famille, et les voici.


Je montre successivement les deux jumeaux qui me regardent avec leurs grands yeux paisiblement.

- Voici Colin et Connor du Gondor. Ils ressemblent en tout point à mon mari, avec leurs yeux bleus et leurs cheveux blonds. Et vous pouvez le voir de vous-même, ils sont calmes comme tout. A mon avis, ils ne seront pas aussi bavards que la petite Elianne…
- Je suis pas petite, monsieur Xélor. Rectifie ma fille.
- Oui, pardon… Et d’ailleurs vous pouvez voir à quel point ma puce à grandit. Elle se rapproche de ses quatre ans… à notre plus grand malheur…
- Pourquoi ‘Man ? C’est bien d’être grande.
- Oui…mais pour toi en l’occurrence, ça…annoncera…
- La perte de ta vue. Sonne une voix métallique.


Je sursaute et Elianne prenant peur m’enserre vivement pour se cacher du nouvel arrivant. Aussi froid que sa chapelle, flottant légèrement au-dessus du sol, Xélor nous regarde du haut de l’autel devant lequel nous sommes agenouillées et mes bébés allongés dans leurs couvertures. Impressionnée et honorée de la présence même de ma divinité, j’incline respectueusement ma tête.

- Alors voici les deux nouveaux Du Gondor ? Demande-t-il en descendant jusqu’à moi, flottant comme un esprit revenu d’outre-tombe.
- Oui Xélor… Colin et Connor.
- Et tu as ramené la petite Elianne avec toi ?
- Oui… Elianne, arrête de te cacher… c’est mon dieu, il ne te fera pas de mal ma puce.


Après un court moment d’hésitation, la petite détache son visage de ma robe et regarde ma divinité.

- C’est dommage que tes beaux yeux bleus soient voués à ne plus voir la lumière. Dit-il.
- Pourquoi ? S’étonne Elianne.
- Ton papa et ta maman ne t’en ont pas parlé ? Demande-t-il gravement en me regardant.
- C’est que c’est dur Xélor…et je ne suis pas sûre qu’elle comprenne…
- Je suis sûr qu’elle comprendra. Avec un père tel que le sien, il ne faut pas sous-estimer cette enfant.
- Mon Papa il vous aime pas, monsieur Xélor.
- Tiens ! Ecoutes-ça Namën… Elle comprendra très bien.
- Et bien dîtes-lui alors. Dis-je.
- Ce n’est point mon rôle Namën. Tiens en fait… Valimir se porte bien ?


Ma gorge se serre…nous allons entamer ma requête. Je déglutis et me lance dans le vif du sujet.

- Je crois qu’il est devenu fou.
- Fou ? S’étonne Xélor.
- Il est fou de vous Xélor. Il a peur que vous vouliez vous venger…
- Pardon ? N’a-t-il donc toujours pas compris que je n’ai plus aucune raison de m’intéresser à lui ? J’ai compris mon erreur passée d’avoir choisis une personne comme lui, une personne de sa classe. Et de toute manière, j’ai appris de mon erreur et trouvé quelqu’un d’autre pour le remplacer autre qu’un stupide iop, en laquelle j’ai plus de confiance.
- Xélor…faîtes quelque chose pour mon mari s’il vous plait…
- Et pourquoi ferai-je quelque chose pour cette personne qui m’a déçu ?
- Xélor…il va chercher à vous devancer !
- Quoi ? De quoi parles-tu ?


Mon cœur se serre et des larmes me viennent.

Tu vois Vlad’ ? J’avais raison ! Il n’en a rien à faire de toi ! Pourquoi alors fais-tu ça ? Pourquoi ? C’est parfaitement idiot et inutile.

- Il pense que vous allez vous venger et mettre notre famille en péril…
- Et alors ? Qu’ai-je à faire ?
- Il va faire quelque chose dans l’espoir de vous porter le premier coup ! Il va chercher…à vous tuer !


Elianne écarquille ses yeux. Son père cherche à tuer le dieu de sa mère, elle ne va plus voir la lumière à ses quatre ans…mais que ce passe-t-il ici ? Xélor me regarde et je pleure définitivement. Mes yeux ruissèlent. Je ne comprends pas ce qu’il lui arrive à Valimir, il est tellement bizarre… Pour une des premières fois, je ne l’ai absolument pas compris. Je ne le comprenais plus. J’ai eu la sensation qu’il m’échappait des mains, et que du sens la conversation, je chutais dans un ravin bien profond : celui du doute, de la peur et de l’incompréhension.

Pourquoi nous fais-tu ça Vlad’ ? N’as-tu donc rien compris ? Ce que tu fais est stupide !
Je n’ai pas envie de te perdre abrutit !

Xélor se met à rire. Son rire résonne dans la chapelle et fait frissonner Elianne et les deux jumeaux semblent sur le point de pleurer. Son rire gonfle mon cœur de douleur, et d’apitoiement sur ma situation. Pourquoi nous inflige-t-il ça ? Pourquoi mon mari me mets dans la honte devant ma divinité ? Il me répondrait que cela n’a pas d’importance, et que si ça en a pour moi, et bien j’avais qu’à garder ça en ma personne naïve. Le dieu me regarde hilare à travers les orbites de son masque pendant que des miennes sortent des larmes intarissables.

- Me tuer ? Quel égo ! S’exclame-t-il.
- Il va tout faire pour vous venir à bout Xélor !
- Et alors ? Il n’y arrivera pas, alors pourquoi m’inquiéter ?
- Je vous en supplie, il va commettre des choses qu’il regrettera par la suite… Aidez moi à l’en dissuader ! Nous avons maintenant trois enfants, je voudrais aucunement que leur père soit recherché ou pire…tué.
- ‘Pa va mourir ?
- Ça se pourrait petite. Dit Xélor. Et pourquoi ferai-je ça Namën ? Pourquoi viendrai-je lui parler ? Il fait ce qu’il souhaite le petit iop, il l’a lui-même demandé.
- Vous le feriez parce que moi, votre disciple, vous le demande…
- Il faudrait plus que ça ma chère…
- Je vous en supplie ! Xélor par pitié ! Pleure-je.


Il me regarde intensément durant quelques secondes. Mes yeux fixent les siens en attente à une réponse. Il semble me jauger moi et ma demande. Mon cœur se met à battre un peu plus fort et vite. Mon esprit s’accroche à l’espoir qu’il réponde oui. J’attends et Elianne me regarde ainsi que ma divinité. Colin commence à pleurer, mais je ne lâche pas ma divinité. Il me laisse là…je relance la question.

- C’est la seule chose que je puisse vous demander…
- Et que votre fille ne soit jamais aveugle ? Tu ne pourrais me le demander ?


Mon esprit manque de tomber sous l’effet du pieu que m’enfonce Xélor. Il me demande de choisir entre ma fille ou mon mari… Quelle question affreuse ! Mon cœur se serre et je sens Elianne se presser contre moi, et je comprends qu’elle commence à saisir son futur malheur. Mon cerveau tourne et est en surchauffe. Que choisir ? Je commence à trembler et les larmes viennent encore plus.

- Comment pouvez-vous… Murmure-je.
- Je suis un Dieu Namën…


Il ne bouge pas, me regarde me torturer intérieurement. Mon cerveau m’affiche successivement ma fille et mon mari.

Elianne, toute rose, toute fragile dans son berceau.

Valimir, assis à son bureau, calme et pensif au-dessus d’une feuille.

Elianne, petite ouvrant de grands yeux, ces beaux yeux que j’aime tant et qui je sais, s’éteindront un jour.

Valimir, m’avouant que notre fille est vouée à voir la lumière et les couleurs disparaitre.

Elianne, se prenant la porte.

Valimir, angoissé devant moi, s’évertuant à me dire que ma divinité est mauvaise et veut notre peau.

Elianne, pleurant dans « le noir » de sa cécité. Me demandant de rallumer la lumière.

Valimir, pourchassé par la colère de ma divinité et de celle de d’autres ayant subits son envie de vengeance inutile.

Elianne, une canne à la main, marchant lentement, devant faire attention à tous les tremblements de ladite canne, remplaçant ses yeux morts.

Valimir, caché je ne sais où…loin de moi et de ses enfants…et peut-être même…

« A Valimir du Gondor, le iop à lunette qui sera à jamais dans notre cœur et celui de Murof. » gravé sur une épitaphe…devant une xélorette, une jeune fille à la vision parfaite, et deux petits blonds, tous pleurant leur défunt père devenu fou par son passé.

Mes larmes ne tarissent pas, chaque image défile avec une vitesse incontrôlable et qui me donne le tournis. Connor s’est mit lui aussi à pleurer, rejoins par sa grande sœur. Quel spectacle ! Toute une famille, pleurant aux pieds d’une divinité trop supérieure. Il nous regarde sans laisser aucun sentiment de compassion sur son masque. A ce moment là, je comprends les paroles de mon époux, et sa haine…même si malgré la situation je ne peux la partager. Au loin, dans ma tête, résonne sa voix…calme ou tempétueuse. Et puis ! Une éclaircie se passe…

« D'après Xélor, Elianne serait atteinte d'une maladie de la vision. Tout comme pour la petite fille dont je t'ai parlé, et que j'ai vue l'autre jour, d'une façon qui m'échappe encore, notre fille est condamnée à devenir aveugle dans les quatre années qui vont suivre. »

« Il est vicieux ! »


Elle est condamnée…et il est vicieux… ce qui fait que cette question est…
Un piège.

Dans un élan, je chasse mes larmes et me lève, fière.

- Xélor, pouvez-vous aider Valimir du Gondor, mon mari, à voir clair ?
- Tu préfères donc ton mari à…
- Rectification : je préfère demander le possible que l’impossible.


Un sourire s’affiche sur son masque et il regarde mes enfants un par un, puis moi.

- D’accord…je vais voir ce que je puis faire pour cet imbécile.
- Merci Xélor…merci…


Il remonte sur l’autel et jette un dernier regard à Elianne qui pleure la tête enfouie dans ma robe.

- Je crois que votre fille a besoin d’explications.
- Oui…je n’y manquerais pas.
- Au revoir Namën.
- A la semaine prochaine Xélor.


Sur ce, il disparut. Il s’évapora dans un éclair blanc qui m’aveugla sur le coup, mes yeux étant habitués à l’obscurité de la chapelle.

Je me penche vers mes fils qui braillent et vient les réconforter. Je prends Connor que je refixe dans mon dos à l’aide du foulard. Je serre Colin dans mes bras et enfin, je tends ma main à Elianne.

- Allez… on rentre à la maison ma grande fille. Je t’expliquerais tout, promis.

Ses yeux mouillés se plongent dans les miens cherchant la vérité dans ma promesse et je lui réponds un regard emplis de tendresse. Hésitante, elle me donne sa petite main que je serre et nous nous dirigeons vers la porte. Avant de passer cette dernière, je renfile mon masque et Elianne se retourne vers l’autel.

- Au revoir monsieur Xélor.
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Re: Murof, l'original

Message par Jeananas le Sam 3 Nov 2012 - 18:34

La partie de Vlad, on dirait un Batman, je vais te venger, tin tin tin ! Et j'ai tué mes parents, chuis trop dark !
Bon blague mise à part c'était sympa mais je vais plus m'arrêter sur la partie de Moinon.
Que dire, j'adore, l'idée du prénom du deuxième (j'avais deviné que ce serait comme ça après la lecture du conte :)), l'accouchement de Moinon est génial et pis Vlad' en papa gâteau lisant des histoires à sa fille quoi, aaaaaw !
Bienvenue Colin et Connor !

J'adore quand vous écrivez tous les deux ensemble :3
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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Sam 3 Nov 2012 - 18:48

Moinon, 18 ans, trois enfants.

\o/

Sinon bah j'aaaaime le passage avec le combat de pavés de vlad vs zaler :o
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Re: Murof, l'original

Message par Ritreku le Ven 9 Nov 2012 - 0:06

Je réserve le chapitre 42 ! Vais-je réussir à seulement égaler Moinon et Vlad', je ne pense pas, vu les pavés magnifiques qu'ils nous pondent. Néanmoins, je vais faire mon possible pour tenter de produire quelque chose de potable...
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Re: Murof, l'original

Message par Pan le Sam 21 Sep 2013 - 1:42

Désolé des faux espoirs, ce n'est qu'un post bien ordinaire !

Cependant, j'ai de bonnes nouvelles.

Vous avez probablement entendu dire (par moi) que je prenais la prochaine partie ? Et bien, c'est le cas ! J'en ai écris la moitié, j'ai sept pages sur Microsoft Word pour l'instant. La seconde partie sera probablement moins longue par contre. Enfin, je tenais à vous tenir au courant, afin de ne pas trop vous faire languir ou que vous ne pensiez pas que je l'ai abandonné !

J'ai pas mal de travaux pour le collège, alors j'en écris quand je peux. J'ai aussi eu quelques problèmes de cohérence (réglés j'espère, mais je crois que oui), à cause du nouveau style que j'explore.

Voilà voilà, j'espère que ce sera à la hauteur des anciens, je crois avoir fais un peu de progrès. Toutefois, l'important est de participer !

Tchouss.

P.S: J'ai cru que Ritreku ne faisait rien car il n'a pas posté depuis 11 mois. Sans rancune Riri Nyu
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Re: Murof, l'original

Message par Kamilla le Sam 21 Sep 2013 - 11:22

yoooooooooOOOO vivement que tu postes alors !
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Re: Murof, l'original

Message par Ritreku le Sam 21 Sep 2013 - 16:57

Fais donc, j'ai plus le temps pour ça
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Chapitre 42: Réveil

Message par Moinonminou le Lun 9 Juin 2014 - 14:46

La brise légère vient me réveiller de mon absence. Je secoue légèrement ma tête avant de soupirer. Un des premiers sens à reprendre vie est mon ouïe qui capte les bruits des pas des enfants à l’étage. Colin semble aussi protester contre les directives de Connor. Je n’entends pas Elianne, mais cela ne m’étonne plus. Mes yeux se penchent vers la fenêtre entre-ouverte, où se glisse ce souffle fin et étonnamment chaud. La météo se détraque cette année… Je m’étire, mes muscles las d’avoir tenus la même position durant plus d’un quart d’heure se détendent. Ma peau entre en contact avec les rayons du soleil, chauds et doux, et mes pores s’en émerveillent. Je chasse une mèche de cheveux d’un geste lent de l’index, et un bruit de métal contre le carrelage me surprend. Mon regard se porte sur la plume oubliée dans ma main, qui a chuté lors de mon mouvement. Je me penche et grimace devant les taches d’encres laissés pour traces sur le parquet.
Lorsque je me redresse, je contemple enfin ce qu’il me semble avoir fait ces dernière minutes : des croquis. Cela me reprend. Je dessine des maisons, des bâtiments… Mon métier est pourtant…loin. Cela remonte déjà à…deux…ou trois ans, je ne m’en souviens plus. Ces dernières années me paressent si fumeuses dans mon esprit. Vous savez, elles feront parties de celles qu’on oublie vite… Comme si on s’était assoupis.
Je retourne la feuille et me lève de la table de la cuisine. Alors que je décide d’aller voir mes adorables petits monstres, ce sont eux qui descendent dans un heureux hasard. Ils déboulent, crinières blondes et châtain. Connor fonce vers moi avec un grand empressement.

-         ‘Man ? Est-ce qu’on peut aller jouer dehors avec Kalaen et Kimi’ ? Demande-t-il avec un grand sourire, en ouvrant ses grands yeux bleus océan.
-         Vous trois ?
-         Oui, tous les trois !
-         Vous faîtes attention à votre grande sœur hein ?
-         Oui oui ‘Man ! Comme d’hab’ !

Mes yeux se portent sur Colin, qui tient la main de sa sœur. Lui aussi arbore un précieux sourire, aussi éclatant que le soleil de dehors. Mon regard s’élève vers Elianne… Je ne sais si ses lèvres essaient d’esquisser un sourire…mais…ses yeux vides me fixent. Du moins, c’est ce que je pense. Ses yeux bleus clairs sont sûrement portés vers le vide…
-         Ça va ma grande ? Lui demande-je.
-         Oui Maman… ça va. Murmure-t-elle.
-         Bien…alors vous pouvez y aller. Dis-je en essayant de mettre une pointe de joie et d’entrain dans ma voix.

Entrain qui est suivit puisque les deux loustics sautent de joie avant d’aller sautiller vers la porte d’entrée. Elianne est guidée par Colin qui la pousse un peu trop vite, et par sa canne blanche…qui la suit depuis deux ans maintenant. Je les suis, sors d’un pas et les regarde partir dans la rue, courir vers la Grande Place.
Colin et Connor sont deux garnements qui nous ont déjà attirés des problèmes. Il semblerait que ces marmots aient hérité de l’intelligence stratégique de leur paternel, et évidement, ils ne l’utilisent pas pour répandre la joie et la paix à Murof. Nous avons souvent vus les voisins venir se plaindre, ainsi que d’autres habitants, pour moult choses qui nous couvraient de honte, moi et Vlad’. Cependant, nous avons dû nous rendre compte, que devant le désarroi de leur sœur…ils étaient juste adorables. Eux seuls arrivent à la tirer de son isolement, comme elle seule arrive à les raisonner. Colin et Connor se disputent souvent leur sœur, ils s’entendent bien avec elle, mais ça ne veut pas dire qu’ils s’entendent toujours bien entre eux. Avec leurs bêtises, ils ont la tête remplie d’idées, de joie qui égaye la maisonnée. Elianne se renferme dans un mutisme depuis sa perte de la vue, et contraste avec ses deux frères. Longtemps nous avons essayé avec Valimir de lui venir en aide, de lui assurer que « tout ira bien »… Mais, elle a sombré dans une grande solitude, entourée de murs que seuls ses frères arrivent à gravir. Ça a été dur pour nous, de nous résigner à son envie…tandis que nous repensions à sa gaieté, à sa joie de vivre, à son sourire illuminé de ses beaux yeux bleus pleins de vie… Tout cela a disparut, petit à petit… Il nous arrive d’avoir de la chance d’en revoir quelques traces…rarement.

Valimir continue son travail à la mairie tandis que je reste à la maison à m’occuper des enfants… Elianne est entré à l’école cette année, suivant Kalaen, qui vient la chercher quelques les matins sous les yeux jaloux de Colin et Connor. Kalaen vient souvent à la maison, comme Kimi’. Ces deux enfants grandissent toujours plus vite, tout comme mes enfants. Leurs visites régulières me permettent de voir mes amies Jeana’ et Miam’ de temps en temps. Ritreku et Lonia rendent visite à Vlad’, ce qui permet aux enfants de connaitre mieux Athen et Yevan. Je sors aussi quelques fois de la maison et j’aperçois certains murofiens, qui me paraissent si loin… Je crois que le renfermement de ma fille me gagne aussi.
Les rayons du soleil m’éblouissent soudainement. Je m’étire et décide qu’il serait bon pour moi d’aller prendre l’air. Je me dirige vers la porte d’entrée, prend les clefs au passage avec lesquelles je ferme la maison. Une brise me caresse le visage avant que je ne le cache sous mon masque. Et si j’allais rendre visite à Miam’ ? Mes pas retentissent légèrement sur le pavé, régulièrement, et mon ouïe se focalise sur le bruit du vent dans les branchages des arbres des jardins avoisinants. C’est calme, très calme, et en moi, cette tension, ce malaise s’atténue un peu, libérant mes poumons que je peux gonfler d’air pur, en détendant mon thorax, mes omoplates. Mes muscles s’étendent agréablement, et je me sens plus libre dans mon corps. Alors je laisse mes yeux trainer sur la rue, je me balade, je redécouvre cet endroit. Après quelques minutes de marche, j’arrive sur la Grand Place. Je reconnais Kimi, dans une de ses robes et son tablier, ses écailles vertes émeraude ornant ses joues, ses bras. Elle rit, les yeux plissés de joie et Connor la poursuit. J’ai été vraiment heureuse de voir que tous mes enfants s’étaient trouvé une place à Murof, que même les plus petits s’entendent bien avec Kimi, Arwen, et avec Athen et Yevan. Arwen arrive à grand pas derrière Connor, en prenant soin de ne pas trop l’approcher. Ils jouent sûrement à chat. Kalaen est au bout de la place, prenant grand soin de ne pas s’approcher trop de Connor. Colin reste près de sa sœur… Elianne, qui court elle aussi…

Mon cœur se serre, et mon instinct maternel raidit tout mon être et mon corps. Mon Elianne court…court, mais, sans sa canne à la main. Cette canne que nous l’obligeons, moi et son père d’avoir tout le temps à la main. La peur qu’elle tombe, qu’elle se perde, me paralyse les membres. Elle court sans, et surtout, elle sourit. Elle rit même. Elle…elle est vivante, et un pincement au cœur me prend…pourquoi n’est-elle pas comme ça à la maison ? Elle cri à son frère qu’il ne l’attrapera jamais. Même si Colin reste vigilant, il lui laisse de la liberté, et elle court, libre. Libre de tout. Jamais je ne l’ai vue ainsi. Ses yeux vides fixent Connor et expriment une grande joie. La petite Elianne refait surface, et je la reconnais. Pourquoi…pourquoi n’est-elle pas comme ça à la maison ? Pourquoi ne sourit-elle jamais ainsi avec moi ? Alors que je fais tout pour la combler…
Pourquoi s’est-elle fermée à moi, sa mère, alors que devant d’autres, elle s’ouvre comme la plus jolie des fleures…

Je reste à la limite de la Grand Place, et aucun des enfants ne m’a encore vu. Je regarde perdue ma fille courir. Et soudainement, celle-ci s’arrête. Son sourire disparait. Et…ses yeux me regardent. Ils me fixent… Un sentiment de malaise me paralyse encore plus. Quelque chose de noir la reprend, me la reprend. Mais qu’est-ce ?

-         ‘Man, je sais que tu es là. Dit-elle clairement.

Je sursaute. Je n’y crois pas. Personne ne le lui a dit, personne. Les enfants s’arrêtent eux aussi, peu à peu, regardent Elianne, ou moi. Je reste figée.
-         Je sais que tu es là, avec ta peur, ton angoisse. Je les sens. Tu vois, je sais m’en sortir toute seule. Retourne à la maison, je vais bien.

Elle parle froidement, d’une voix chargée de rancune, et de tristesse. Je retrouve mon Elianne noire, muette et triste. Mon cœur se serre, et j’ai soudainement envie de pleurer. Mon enfant m’en veut, m’en veut terriblement. Je ne comprends pas tout…mais je sais qu’elle m’en veut.
-         Ma chérie, j’ai si peur pour toi…
-         Maman, je le sais. C’est ce qui m’étouffe à la maison.
Je me serre les mains, sous la gêne. J’aimerai qu’elle m’explique plus…mais me rend compte qu’elle a déjà tout dit.
-         Maman, pourquoi j’arrive à tourner la page et pas vous ?

Voilà, c’est ça. Elianne nous avait devancés, moi et Valimir. Elle a depuis longtemps accepté son sort, tandis que nous restons dans le passé, à avoir continuellement peur pour elle. Nous avons peur, oui… Et cette canne que nous l’obligions à prendre… Cette canne symbolisant notre peur à moi et son père. Elle n’a pas besoin de ça, elle a besoin d’un cadre…normal. Comme lorsqu’elle joue avec ses amis. D’un cadre où elle est aveugle oui, mais pas handicapée.
Je décide de continuer mon chemin. Je traverse la Grand-Place.

-         Où vas-tu ? Demande-t-elle.
-         Je vais chez Miam’ ! Rentrez avec Kimi’, on retournera ensemble chez nous.
-         D’accord ‘Man. Dit Connor.

Et je continue mon chemin. Mon cœur, s’en fût légèrement plus léger. Je sais maintenant qu’il me faudra être forte pour définitivement accepter ma fille comme elle est, ce n’est que comme ça que je pourrais l’aider. Ma tête s’allège, et je me sens mieux. C’est pas trop tôt.

J’arrive à la porte de chez mon amie, et j’y toque, après avoir passé le petit portail. Mon amie m’ouvre la porte, Tiw dans les bras.

-         Moinon ?
-         Oui, je viens te rendre visite. Souris-je.
-         Ha…bien, entre, je t’en prie.

Miam’ appelle d’une voix forte son mari, que j’entends maugréer plus loin. J’en rigole un peu, et mon hôte me guide vers le salon bleu. Tiw a grandit lui aussi… Il bondit de partout, plein d’énergie, mais se colle quand même à sa précieuse maman. Il me fait un peu penser à Colin.
-         Qu’est-ce que tu fais là ? Demande-t-il curieux de sa voix fluette.
-         Je viens voir ta maman.
-         Pourquooooi ?
-         Et bien, j’ai des choses à lui dire.
-         D’habitude je te vois pas ici.
-         Oui, je sais Tiw.
-         Moinon ! S’exclama un énorme lézard. Mais qu’est-ce que tu fais là ?!
-         Héééé ! Kiart ! ça fait un bail dis-moi…
-         Tu ne nous as pas ramené la petite Elianne ?
-         Non, la « petite Elianne » est dehors, à jouer avec ta fille. Souris-je.
-         Bon, on va aller discuter entre filles. Dit Miam’ en prenant Tiw et le confiant à son père. Alors laissez-nous tranquilles hein ?
-         Noooon… Gémit le garnement.
-         Allez p’tit d’homme, nous on va aller jouer aux voitures ! C’est bien plus intéressant que de discuter ! Répliqua Kiart en emportant son enfant.
-         Naaaaaan… Chouina Tiw.
-         Mais si tu vas voir !

Miamimwa m’ouvre la porte du salon, et m’invite à m’assoir sur un fauteuil. Elle me propose du thé, mais je refuse poliment.
-         Alors, qu’est-ce qui t’amène ici ? Se pose-t-elle en me regardant.
-         …bah j’avais envie de te voir.
-         Non, t’as quelque chose à me raconter, je le sais.
A quoi ça sert de mentir à ses amies ? Je vous le demande ! Alors je me lance. Je lui raconte cette courte scène qui venait de se jouer il n’y a pas un quart d’heure de cela à la Grand-Place. Je m’épanche aussi sur mes ressentis, mes émotions, mes tracas, et la sacrieur me regarde, m’écoute attentivement. A la fin de mon récit, elle esquisse un sourire en murmurant un « Tu changeras jamais… ». Elle finit par aller se chercher du thé, et nous décidons de parler d’autre chose. Nous reprenons vite goût à nos discutions d’antan qui se basent sur nos opinions, des ragots, les choses débiles qui nous sont arrivées. Je lui raconte la dernière bêtise de Colin et Connor, et elle ma raconte le calvaire de Tiw qui ne veut pas la quitter d’une semelle.

-         C’est triste pour lui ! Il…il préfère rester à la maison plutôt que d’aller jouer.
-         J’avoue ne pas avoir ce problème avec mes enfants… Souris-je. T’inquiètes, il a juste un complexe d’Œdipe trop prononcé… la taquine-je.
-         Rho non, dis pas ça…
-         Moi je ne pense pas avoir ce cas… Mes garçons sont plus attachés à leur sœur qu’à moi. Tu devrais les entendre ! « On se mariera avec Elianne ! »
-         Bah moi c’est « Je me marierai avec toi Maman. »
-         Il y a juste Colin qui aime bien s’endormir dans notre lit à Vlad’ et moi… Elianne nous fuit, et Connor n’est absolument pas émotif. Dis-je avec une pointe de désespoir dans la voix.
-         Tu ne lui as pas transmit ton gène ? Me pique mon amie.
-         C’est bon hein !

Miamimwa rit un peu, et je la suis. Nous finissons par parler du temps, et nous chantons quelques louanges au beau temps revenu. Les heures passent, et Kiart finit par revenir avec Tiw : c’est l’heure du gouter. Alors nous partageons un gouter, tous les quatre dans le salon. Tiw raconte l’histoire de ses voitures d’une passion sans égale en mettant quelques miettes de-ci de-là sur la soyeuse moquette. Puis on toque à la porte, et une fois que Miam’ l’a ouverte quatre mômes de plus déboulent dans le salon pour dévorer les brioches et les fruits. Elianne a repris sa canne et marche assurément. J’hésite, puis je vais m’assoir à ses côtés.

-         Tu veux que je te prenne ta canne ? Demande-je.

Ma petite me regarde… Quelques secondes s’échappent, et elle finit par me prendre la main en souriant. Sourire qui me fait brûler d’une douce flamme.
-         Non merci ‘Man… je préfère l’avoir près de moi ici.
Je lui sers sa main, et me sert du lait. Kiart vient s’assoir de l’autre coté de ma fille et entame une discussion avec elle. Miamimwa me sourit, Tiw s’agitant sur ses genoux. Colin vient faire de même et me raconte leur après-midi : le chat, le cache-cache… Connor rit avec Kimi.
La bonne humeur ambiante me gonfle d’une gratitude immense envers les Dieux. Faudra que je raconte ça à mon mari.
L’après-midi touche à sa fin, et j’annonce aux trois du Gondor que nous devons rentrer à la maison. C’est une grande déception générale qui m’accueille, et je dois redoubler de force pour les tirer devant la porte d’entrée. Elianne et Kimi s’échangent un collier avant de partir, Connor s’agrippe à la porte, seul Colin est fin prêt.

Nous finissons par sortir, je dis au revoir à Miam’ et Kiart, et nous empruntons le chemin du retour. Connor et Colin partent devant, en courant. Elianne reste à mes côtés, vérifiant de sa canne, le sol où elle met les pieds. Un silence nous englobe toutes les deux, mais c’est un silence léger. Nous profitons toutes deux de la présence de l’autre. Nous traversons la Grand-Place, où j’aperçois Ninar, Kami’ et Shola dans une discussion très animée. Je les salue d’un geste, et nous regagnons notre rue. A la maison nous attend Valimir, un peu inquiet de notre absence, mais devant la bonne humeur générale qui cueille notre demeure, il reste heureux de nous retrouver. Connor lui raconte notre journée, complété par Colin. Elianne reste en retrait, mais reste là, tandis que je prépare à manger.
La journée se finit dans une discussion avec mon cher Vlad’. Nous sommes restées à table tandis que les petits sont allés se coucher. Vlad’ apprend ce qui s’est passé avec Elianne, et se réjouis de ne pas avoir perdu sa chère et tendre princesse. Nous débarrassons la table en continuant de bavarder, puis nous montons nous coucher. Nous vérifions que nos anges dorment toujours, les lumières s’éteignent. Les draps remontent jusqu’à nous, et nous nous endormons, tranquilles, après une dernière étreinte.

Ce fût une belle journée.


_ _ _
Voilà, ça fait un petit moment que je continue petit à petit ce texte )o) J'espère qu'il vous plaira... Il n'est pas exceptionnel mais bon :')
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